Le verbe ewondo

Le verbe ewondo est un mot qui exprime une existence, une manière d’être, une position, une action ou un mouvement.

L’ewondo regroupe ses verbes en trois catégories:

– les verbes d’existence; 

– les verbes d’état et de position; 

– les verbes d’action et de mouvement.

 

1. Les verbes d’existence

On appelle verbe d’existence les verbes qui traduisent soit une existence proprement dite, soit une identité.L’ewondo compte cinq (05) verbes d’existence:

bə́ (avoir été): exprimant l’existence passée;

nə (être): exprimant l’existence actuelle;

sə́ (n’être pas): exprimant la négation de l’existence actuelle;

ngə́lə (être encore): exprimant l’existence continuée;

m̀báá (être toujours): exprimant la permanence de l’existence.

 

2. Les verbes d’état et de position 

Les verbes d’état et de position sont des verbes qui montrent que le sujet est dans un état ou une position donnée. On peut les identifier et les ranger en quatre (04) sous-catégories:

(1) les verbes d’une syllabe à ton haut-bas,

(2) les verbes d’une syllabe à ton bas-haut,

(3) les verbes de deux syllabes dont la première est à ton haut et la deuxième à ton bas,

(4) les verbes de deux syllabes dont la première est à ton bas et la deuxième à ton haut

 

a. les verbes d’une syllabe à ton haut-bas

Exemple: bô (être couché), yô (être ouvert), lû (être incliné), etc.

 

b. les verbes d’une syllabe à ton bas-haut

Exemple: dǐ (être fermé), dǔ (être trempé), tǐ (être attaché), və̌ (être vivant), bǎ (être collé), etc.

 

c. les verbes de deux syllabes dont la première est à ton haut et la deuxième à ton bas

Exemple: tála (être éveillé), tə́lə (être debout), yə́mə (être serré), sóno (être accroupi), vúdu (être courbé), sígi (être adossé), etc.

 

d. les verbes de deux syllabes dont la première est à ton bas et la deuxième à ton haut

Exemple: bələ́ (être en possession de), bəgə́ (être porté), fədə́ (être fermé), kələ́ (être accroché), toá (être assis), etc.

 

3. Les verbes d’action et de mouvement

Ils traduisent une action ou un mouvement. On peut les ranger en six (06) sous-groupes, à savoir:

(1) les verbes d’une syllabe à ton haut: tsíg (couper), dí (manger)…;

(2) les verbes d’une syllabe à ton bas: kə (aller), bɔ (faire)…;

(3) les verbes de deux syllabes à ton bas: wulu (marcher), duuban (se baptiser)…;

(4) les verbes de trois syllabes à ton bas: bulubu (se multiplier), yəgələ (supplier)…;

(5) les verbes de deux syllabes dont la première syllabe est à ton haut: kɔ́bɔ (parler), bə́de (lever, soulever)…;

(6) les verbes de trois syllabes dont la première syllabe est à ton haut: vógolo (écouter), búdubu (se couvrir), bóbolo (tenter, tester)…

 

La forme du verbe ewondo

L’ewondo regorge des verbes à l’infinitif et des verbes conjugués.

 

1. Les verbes à l’infinitif

Ils sont constitués d’une base verbale à laquelle on adjoint un préfixe nominal (â-).

préfixe nominal (PN)+base verbale (BV)

Exemple: âtil (écrire), âkaŋ (remercier), âlí (défricher), âkɔ́bɔ (parler), âyə́ge (étudier), âlíndi (tirer)…

 

Remarque: Le préfixe nominal (â-) et la base verbale forment un nominal de la classe 16. Mais, en ewondo, on utilise généralement les bases verbales des verbes: til (écrire), kaŋ (remercier), lí (défricher), kɔ́bɔ (parler), yə́ge (étudier), líndi (tirer)…

 

2. Les verbes conjugués

Ils peuvent être constitués soit:

– d’un préfixe verbal pourvu d’un pronom personnel qui, après élision devant le marqueur du présent /a/, se rattache à la base verbale

pronom personnel (PP) + marqueur du présent /a/ + base verbale (BV)

        mə + a + til > matil (j’écris)

        bǐ + a + til > byǎtil (nous écrivons)

 

– d’un préfixe verbal constitué d’un pronom personnel qui, après élision devant le marqueur du présent /a/ et rattaché au verbe /yi/ (vouloir), séparés de la base verbale

pronom personnel (PP) + marqueur du présent /a/ + yi + base verbale (BV)

        mə + a + yi + til > mayi til (j’écris)

        bǐ + a + yi + til > byǎyi til (nous écrivons)

 

– d’un préfixe verbal qui peut être soit séparé, soit rattaché à la base verbale dans la conjugaison à la troisième personne avec le nom

        mod a til(l’homme écrit)      

        bod til (les gens écrivent)

        mə ngátil (j’avais écrit)

 

– d’un pronom personnel (préfixe verbal) séparé d’un préfixe verbal et rattaché à la base verbale dans la conjugaison à la troisième personne avec le nom

        mod a ngátil(l’homme avais écrit)

        bod bə́ ngátil (les gens avaient écrit)

 

– de la base verbale et un suffixe

        tiligí (écris)

        tiligán (écrivez)

 

– d’un préfixe, de la base verbale et d’un suffixe

        ńtílígí (écrivons – à deux)

       ńtílígán (écrivons – à plusieurs)

 

Vous pouvez également lire: 

Le système de concordance ewondo

 

Notes et références

ABEGA Prosper, Tonologie de la langue ewondo: l’ewondo sans les tons est une langue morte, Presses de l’UCAC, 1998.

ABESSOLO NNOMO Thierry et ETOGO MBEZELE Luc, Éléments de grammaire ewondo, Tome 1, 1982.

ESSONO Jean-Marie, Langue et culture ewondo, Belles lettres, 2000.

ESSONO Jean-Marie, Phonétique-phonologie et morphophonologie, Cameroon university press, 2006, Pp. 35-104.

MEKE MEKE Michel, Ǹláŋán ai ǹtilán ǹkɔ́bɔ́ Ewondo, Collection PROPELCA n°128, novembre 2003.

NGUEFFO Noé et SADEMBOUO Etienne, Phonétique pratique – classe de 6ème, Collection PROPELCA n°41, 2010.

NGUEFFO Noé et SADEMBOUO Etienne, Phonétique pratique – classe de 5ème, Collection PROPELCA n°42, 2010.

Z. LOLO Simon, Ewondo y’ana – Ayege bifas 40, 2006.

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