- Written by: Patrick Landry Amouguy
- 23 mai 2026
Face au défi de l’Intelligence artificielle (IA), le professeur Nalova Lyonga accélère la numérisation des Eniet. Grâce à un don technologique majeur du Japon et de l’Institut international de l’Unesco pour le renforcement des capacités en Afrique (Unesco-IICBA), le Cameroun déploie des équipements de pointe pour moderniser la formation des enseignants.
Un cap décisif vient d’être franchi dans la modernisation de l’appareil éducatif camerounais. Le ministre de l’enseignement secondaire (Minesec), le professeur Nalova Lyonga, a officiellement réceptionné un important don technologique destiné à accélérer la transformation numérique au sein des Écoles normales d’instituteurs de l’enseignement technique (Eniet). La cérémonie officielle de rétrocession s’est déroulée le 22 mai 2026 dans l’enceinte de la salle de conférence du Distance centre learning à Yaoundé.
L’événement a mobilisé un prestigieux parterre de diplomates et de hauts dignitaires, parmi lesquels le représentant de l’ambassadeur du Japon au Cameroun, le directeur du bureau régional de l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), ainsi que le directeur de l’Institut international pour le renforcement des capacités en Afrique (IICBA). Le gouvernement était également représenté par le ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures chargé du Commonwealth, le secrétaire d’État auprès du Minesec chargé de l’Enseignement normal, et le secrétaire général du Minesec.
Le déploiement national
Cette dotation matérielle de haut niveau, structurée en huit catégories d’équipements informatiques de pointe, vise à équiper de manière exhaustive huit institutions normales stratégiques réparties à travers le territoire national. Le lot comprend notamment neuf ordinateurs portables, 48 ordinateurs de bureau, des projecteurs LCD, huit tableaux interactifs, ainsi que des serveurs PC avec leur hub central. Pour pallier les contraintes énergétiques locales, le partenariat a intelligemment intégré deux systèmes de secours solaires complets, garantissant une continuité de service et une totale autonomie énergétique aux salles de formation.
Lors des allocutions, le directeur du bureau régional de l’Unesco a réaffirmé que l’éducation restait le moteur du développement. Il a salué à ce titre l’agilité des réformes pédagogiques camerounaises. Le représentant de la diplomatie japonaise, principal prédisposé aux financements de l’opération, a souligné que cet investissement ciblait en priorité la mise à niveau technique des formateurs tout en sécurisant les espaces d’apprentissage connectés.
La vision ministérielle
Prenant la parole, la ministre des Enseignements secondaires a qualifié cette coopération tripartite de priorité mondiale permettant de démocratiser un accès équitable aux technologies de l’information pour la jeunesse. Tout en saluant l’appui technique de l’Unesco-IICBA, elle a profité de cette tribune pour inviter les partenaires internationaux à étendre leur assistance financière vers la construction et l’équipement d’ateliers pédagogiques lourds.
Défendant son concept phare de « Science pour la production », le professeur Nalova Lyonga a rappelé que l’objectif ultime de cette numérisation est de former des diplômés autonomes, aptes à créer leurs propres unités de production et leurs propres emplois. Face aux inquiétudes légitimes de la communauté éducative quant aux bouleversements majeurs de l’Intelligence artificielle, la ministre s’est voulue résolument rassurante et visionnaire en affirmant que le choix de l’IA ne signifiait pas la perte des emplois et que la peur de la technologie artificielle ne devrait jamais freiner le développement du pays. La cérémonie s’est achevée par une invite stricte adressée aux chefs d’établissements, enseignants et étudiants bénéficiaires, sommés de veiller à un usage optimal, responsable et durable de ce précieux patrimoine technologique.
Celcom MINESEC
