Paix par le dialogue apaisé et républicain : L’apôtre et le mendiant de la paix en accord parfait

Tout au long de son existence, chaque nation, chaque peuple voit le cours de son histoire s’émailler de périodes plus ou moins fastes, plus ou moins douloureuses, entre joie de vivre communicative et inquiétudes généralisées. Au cours de l’une de ces périodes, l’on n’a à peine une pensée pour un éventuel danger. Les ressources sont assez facilement accessibles, et l’autre, c’est-à-dire le semblable, n’est point pris pour représenter une quelconque menace.

 

Mais il y a également, malheureusement, des périodes de vaches maigres, où tout semble aller de travers, avec des ressources rares ou inaccessibles. Ces moments sont propices à l’exacerbation de la compétition entre personnes, entités ou organisations. C’est la lutte pour la survie, avec des conséquences souvent désastreuses. Dans son histoire, le Cameroun a connu et bravé ces turbulences.

Nous constatons néanmoins que depuis une bonne décade, notre pays traverse une phase agitée, caractérisée par un niveau de violence jamais connu jusqu’ici. Dans l’Extrême-Nord, nous avons des prédateurs bassement matérialistes du Boko Haram, qui se prétendent d’une spiritualité fondamentaliste. Du côté du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, d’autres prédateurs de richesses naturelles sévissent, lesquels se prétendent séparatistes.

Ces agressions d’une violence aveugle s’accompagnent de tentatives d’antagonisation de nos fondements sociologiques. L’on a ainsi voulu, et même l’on s’attelle encore à vouloir opposer les nordistes aux sudistes, les anglophones aux francophones, les chrétiens aux musulmans. Il n’est pas jusqu’aux référents moraux qui n’aient été tentés par les démons de la scission, voire des précepteurs de conscience d’une même obédience qui n’aient radicalement pris fait et cause pour l’une ou l’autre des visions en opposition.

Cependant, la suite continue au jour d’aujourd’hui, de démontrer que les justificatifs à ces désastreuses dérives n’étaient que de spécieuses arguties du reste superficielles, tant les attaches familiales, la conscience d’appartenance à un seul peuple sont de loin plus fortes que les motifs de clivages subjectifs et importés.

Nous avons pourtant de vrais sujets de préoccupation, ceux qui méritent de mobiliser toute notre attention et toutes nos énergies. Ils n’ont pas besoin du crépitement des armes pour être connus et reconnus ; ils n’ont pas non plus besoin de la déflagration des bombes ou de l’épanchement de sang pour trouver une solution. Ces problèmes sont existentiels. Ils ne s’expriment et ne s’examinent le mieux que dans le cadre apaisé du dialogue républicain.

C’est à ce dialogue qu’appelle le Président de la République depuis septembre 2019. C’est pour donner suite à la déconfliction que les centres de désarmement, de démobilisation et de réintégration ont été créés. C’est à ce dialogue de paix et de réconciliation qu’appelle le Souverain Pontife en séjour dans notre pays.

Parce qu’au-delà des rapports de force sur le terrain, au-delà des situations transitoires ou durables établies par la violence illégale ou la force légitime, l’aspiration à la paix véritable est irrévocable de l’état d’esprit du Camerounais. Une paix des cœurs qui passe par la rencontre des volontés, la disposition à l’ouverture, le respect de la différence de vision et l’acceptation du projet médian.

En des termes différents mais à la quête du même idéal, l’Apôtre, Évêque du Diocèse de Rome, et le Mendiant de la Paix, Président de la République du Cameroun, s’accordent pour faire entendre, en pleine vogue de gigantesques fracas et de grands tourments de par le monde, la voix de la raison, la voix de l’humanité, la voix de la Paix. La Paix au Cameroun. La Paix dans le monde.

CAPITAINE DE VAISSEAU ATONFACK GUEMO

CHEF DIVCOM

REPERES N°1452 du 20 avril 2026

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