- Written by: Patrick Landry Amouguy
- 9 juin 2026
Ce document offre une cartographie administrative rigoureuse des langues du Cameroun. Conçu pour les élèves du secondaire, les étudiants et les enseignants de LCN, ce cours complet permet de localiser scientifiquement chaque langue, dialecte et parler au sein du territoire camerounais.
Introduction générale
La classification des langues du Cameroun
Il existe au Cameroun trois phylums de langues : NILO-SAHARIEN, AFRO-ASIATIQUE (ou Chamito-Sémitique) et NIGER-KORDOFAN.
1. Le phylum NILO-SAHARIEN
Ce phylum linguistique regroupe des communautés historiquement établies dans les zones de savanes sahéliennes et les plaines semi-arides du Grand Nord. Au Cameroun, son implantation s’organise principalement à travers la région de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, où ses locuteurs cohabitent activement avec les populations du phylum Afro-asiatique. Les communautés s’y rattachant possèdent des structures traditionnelles pastorales ou agricoles et de fortes dynamiques de mobilité transfrontalière vers le bassin du Tchad. Ce phylum est subdivisé au Cameroun en deux sous-phylums distincts : SAHARIEN et CHARI-NIL.
1.1. Le sous-phylum SAHARIEN
Rattaché à la branche occidentale du phylum Nilo-Saharien, cet ensemble linguistique est le moins représenté sur le territoire national. Il se caractérise par une faible diversification interne et une localisation exclusivement circonscrite à la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Ce sous-phylum ne comprend qu’une seule langue unique, dotée d’une forte assise historique et culturelle dans la zone sahélienne :
– le kanuri [002] : est la langue du peuple Kanuri, une communauté sédentaire traditionnellement établie au sein des plaines sahéliennes et des bassins d’échanges du bassin du lac Tchad. Au Cameroun, son implantation historique s’organise de manière prépondérante dans la région de l’Extrême-Nord, s’étendant à l’ouest le long des frontières nigérianes au nord de Mora entre les villages frontaliers de Limani, Boundéri, Gancé et Ganse (arrondissement de Mora) ainsi que dans les localités de Kerawa, Amchidé et Kolofata-Centre au sein de l’arrondissement de Kolofata (département du Mayo-Sava). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée liée aux axes commerciaux historiques et s’articule à travers un large réseau de concessions, se déployant plus à l’est dans les quartiers et périphéries de Maroua (comme Dougoï et Hardé) et les localités de Bogo-Ville, Ouro-Zangui et Moré (département du Diamaré), dans l’arrondissement de Waza autour des villages de Waza-Station, Ngouma et Zina (département du Logone-et-Chari), et jusqu’à Mindif-Centre, Dir et Guidigis-Escale (département du Mayo-Kani), tandis que son aire d’expression innerve des enclaves de peuplement s’étendant vers le sud jusqu’aux villages de Biou, Kéring et Badjouma dans l’arrondissement de Figuil (département du Mayo-Louti) au sein de la région du Nord.
1.2. Le sous-phylum CHARI-NIL
Rattaché à la branche du Soudanien central du phylum Nilo-Saharien, cet ensemble linguistique constitue le second bloc minoritaire du territoire national. Sa présence au Cameroun est strictement circonscrite à la région du Nord, à la lisière des grands foyers linguistiques du bassin du Tchad. Ce sous-phylum ne comprend qu’une seule langue unique, caractérisée par une importante extension transfrontalière et une forte cohésion interne :
– le sara [003] : est la langue du peuple Sara, une communauté d’agriculteurs sédentaires et de pêcheurs traditionnels historiquement établie au sein des plaines fluviales et des zones de savanes boisées. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière dense et continue à travers le département du Mayo-Rey sur la frange orientale de l’arrondissement de Rey-Bouba autour des villages de Madingring, Baïboko et Gaba, ainsi que dans les arrondissements de Tcholliré (notamment à Gounna, Manha et Gambou) et de Touboro (le long des communautés frontalières de Mbaï-Mboum, Vina et Ouro-Sidi). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement linéaire liée aux axes de communication majeurs et aux centres d’échanges, s’articulant de façon unie le long de la route reliant Garoua à Figuil à travers les villages de Kong-Kong, Kéring et Badjouma (arrondissement de Figuil dans le département du Mayo-Louti), tandis que son aire d’expression innerve activement les quartiers urbains de la ville de Garoua au sein du département de la Bénoué.
2. Le phylum AFRO-ASIATIQUE
Il se compose également de deux sous-phylums de langues: le SÉMITIQUE et le TCHADIQUE.
2.1 Le sous-phylum de langues SÉMITIQUE
Rattaché à la branche occidentale de la famille afro-asiatique, cet ensemble linguistique constitue un bloc unitaire et singulier au sein du paysage national. Sa présence au Cameroun est intimement liée aux dynamiques pastorales et migratoires transfrontalières du bassin du lac Tchad. Ce sous-phylum ne comprend qu’une seule langue unique, caractérisée par une importante extension régionale et une forte cohésion sociolinguistique :
– l’arabe [005] : est la langue du peuple Arabe Choa (ou Shuwa), une communauté d’éleveurs pastoralistes traditionnels, de commerçants et d’agriculteurs historiquement établie au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des zones argileuses inondables du bassin du lac Tchad. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière dense, compacte et continue à travers la quasi-totalité du département du Logone-et-Chari, notamment au sein des arrondissements de Kousséri, de Logone-Birni, de Goulfey, de Blangoua, de Fotokol, de Hile-Alifa, de Waza et de Zina. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée liée aux couloirs de transhumance et aux marchés à bétail ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un vaste réseau de concessions sédentaires et de campements ruraux s’étendant à l’ouest dans le département du Mayo-Sava à travers les localités frontalières de Kolofata, Limani, Boundéri, Magdémé et Kossa (arrondissements de Kolofata et de Mora), tout en innervant activement vers le sud les plaines du département du Diamaré et du Mayo-Kani autour des villages de Petté, Fadaré, Bogo, Mindif et Guidigis.
.
2.2. Le sous-phylum TCHADIQUE
Le sous-phylum tchadique représente l’une des familles linguistiques les plus denses et fragmentées de l’Extrême-Nord du Cameroun. Il se structure en quatre familles : la famille TCHADIQUE OUEST, la famille TCHADIQUE CENTRE-OUEST, la famille TCHADIQUE CENTRE-EST et la famille TCHADIQUE EST.
2.2.1. La famille TCHADIQUE OUEST
Rattaché à la branche occidentale de la famille afro-asiatique, cet ensemble linguistique constitue un bloc unitaire et singulier au sein du paysage national. Sa présence au Cameroun est intimement liée aux dynamiques pastorales et migratoires transfrontalières du bassin du lac Tchad. Ce sous-phylum ne comprend qu’une seule langue unique, caractérisée par une importante extension régionale et une forte cohésion sociolinguistique :
– le hausa [101] : est la langue du peuple Hausa, une communauté de commerçants urbains, d’artisans et de transporteurs historiquement établie au sein des grands centres d’échanges sahéliens et des réseaux marchands transsahariens. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière localisée à travers des îlots urbains structurés au sein des arrondissements de Garoua Ier, IIe et IIIe (département de la Bénoué) ainsi que de Guider, Figuil et Mayo-Oulo (département du Mayo-Louti). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée mais hautement connectée, liée exclusivement aux dynamiques marchandes de ces centres urbains et à la proximité des gares routières ; son aire d’expression s’articule de façon isolée autour de ces enclaves citadines spécifiques sans former de bloc continu, se matérialisant principalement au sein des villages, cantons et quartiers-villes pivots de Gara-Guider (canton du Lamidat de Guider), de Less Mayo Louti (canton de Figuil-Ville), de Djalingo et de Dourbeye (canton du Lamidat de Mayo-Oulo), tout en servant de véhicule de communication pour les réseaux d’échange de bétail et de biens manufacturés qui transitent par ces deux départements septentrionaux.
2.2.2. La famille TCHADIQUE CENTRE
La famille tchadique centre représente l’une des branches linguistiques les plus denses et fragmentées de l’Extrême-Nord du Cameroun. Elle se subdivise en deux sous-familles : la sous-famille TCHADIQUE CENTRE OUEST et la sous-famille TCHADIQUE CENTRE EST.
2.2.2.1. La sous-famille TCHADIQUE CENTRE OUEST
La sous-famille tchadique centre ouest représente l’un des ensembles linguistiques les plus massifs, denses et fragmentés du paysage national du Cameroun. Elle se structure en trois branches principales : la branche MARGI-GBWATA, la branche DABA et la branche MAFA-WANDALA.
2.2.2.1.1. La branche MARGI-GBWATA
La branche margi-gbwata représente l’un des ensembles linguistiques les plus spécifiques et fragmentés de l’Extrême-Nord du Cameroun. Elle se structure en deux sous-branches : la sous-branche MARGI et la sous-branche GBWATA.
2.2.2.1.1.1. La sous-branche MARGI
Ce groupe de la branche margi-gbwata se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des reliefs escarpés et des plateaux volcaniques de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la frange frontalière occidentale du département du Mayo-Tsanaga. Son implantation historique s’étire le long de la ligne de crête et de la frontière internationale avec le Nigeria, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations des monts Mandara et le complexe linguistique transfrontalier Kamwe. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des blocs claniques autonomes, des chefferies de montagne et des communautés rituelles de forgerons, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de terrasse (mil, sorgho, maïs), le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques d’échanges marchands transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de trois langues nationales distinctes : le psikye, le hya et le bana.
– le psikye [191] : est la langue du peuple Kapsiki (ou Psikye), une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des reliefs escarpés, des plateaux volcaniques et des denses massifs montagneux des monts Mandara. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière continue de vastes secteurs du département du Mayo-Tsanaga au sein de l’arrondissement de Mogodé tout en présentant des extensions et enclaves au sud-ouest de l’arrondissement de Mokolo et à la jonction de l’arrondissement de Bourrha. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en trois dialectes interconnectés :
• le psikye (proprement dit) : parlé par les clans autonomes des massifs frontaliers occidentaux — notamment les blocs claniques Tenzine, Talaka, la communauté rituelle des Guvda (forgerons) et les lignages fondateurs locaux de Roumzou et Rhumsiki — au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus occidental de la langue, s’étendant le long de la frontière avec le Nigeria et à l’intérieur de l’arrondissement de Mogodé en zone de contact avec les réseaux Kamwe. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique de crêtes, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Mogodé-Ville, Rhumsiki, Roumzou et leurs localités rurales rattachées ;
• le zlenge : parlé par les communautés des contreforts septentrionaux — principalement portées par le clan fondateur de Sir (allié aux lignées de Goudour) et les lignages de piémont — au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique s’organise sur les reliefs de transition à la frontière de l’arrondissement de Mokolo, s’étendant en zone de contact direct avec l’aire linguistique Mafa. Ce dialecte se déploie le long de vallées cultivées et de pentes isolées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages de Sir, Djingliya-Sud et leurs localités rattachées ;
• le wula : parlé par les clans des plaines et collines orientales — principalement portés par les lignages autonomes de la chefferie historique de Oula (Wula), le clan Humsee et les communautés agricoles de Oupay et Mogodé-Plaine — au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique dessine la partie orientale du pays kapsiki, s’étendant à la jonction des arrondissements de Mogodé et de Bourrha. Ce dialecte se déploie le long de savanes arborées et autour des marchés locaux, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de chefferies traditionnelles secondaires englobant précisément les villages historiques de Oupay, Mogodé-Plaine et leurs localités rattachées ;
– le hya [192] : est la langue du peuple Hya, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et le long des lignes de crête frontalières des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière très localisée et exclusive au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la portion occidentale de l’arrondissement de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte liée à l’isolement des reliefs et au faible poids démographique de la communauté ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau de petits hameaux de crête et de concessions rurales s’étendant en zone de contact direct avec les populations Psikye, Hidé et le réseau Kamwe du Nigeria, se concentrant précisément autour du village de référence d’Amsa (comprenant les secteurs d’Amsa-Centre, Amsa-Frontière et Amsa-Nord) et de ses contreforts montagneux secondaires rattachés ;
– le bana [193] : est la langue du peuple Bana, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des reliefs accidentés, des piémonts et des plaines environnantes des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière dense et continue au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la quasi-totalité de l’arrondissement de Bourrha. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les lignes de crête frontalières et les marchés locaux ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un vaste réseau de concessions de piémont et de hameaux ruraux s’étendant en zone de contact direct avec les populations Kapsiki, Jimi et le complexe linguistique Kamwe du Nigeria, se concentrant précisément autour des villages de référence de Guili, Gamboura et Foubouré, ainsi que dans leurs localités et espaces agricoles rattachés.
2.2.2.1.1.2. La sous-branche GBWATA
Rattaché à la section méridionale de la sous-famille Tchadique Centre Ouest, cet ensemble linguistique constitue un bloc dynamique et fluvial au sein du paysage national. Sa présence au Cameroun est intimement liée aux réseaux hydrographiques du fleuve Bénoué et de la rivière Faro, ainsi qu’aux plaines de piémont reliant la région de l’Extrême-Nord à celle du Nord. Ce groupe se partitionne sur le terrain en trois groupes : le groupe GBWATA NORD, le groupe GBWATA CENTRE, le groupe GBWATA SUD.
2.2.2.1.1.2.1. Le groupe GBWATA NORD
Ce groupe de la branche margi-gbwata se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des piémonts de transition septentrionaux de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la quasi-totalité du département du Mayo-Tsanaga et débordant légèrement vers le nord-ouest du département du Mayo-Louti dans la région du Nord. Son implantation historique s’étire le long de la ligne de crête et de la frontière internationale avec le Nigeria, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations des monts Mandara et les complexes linguistiques de la plaine nigériane. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de cantons et des communautés de crête hautement structurées, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de terrasse (mil, sorgho, maïs), le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou migratoires transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de cinq langues nationales distinctes : le jimjimen, le gude, le zizilivékén, le sharwa et le tsuvan.
– le jimjimen [211] : est la langue du peuple Jimi, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des piémonts et des collines frontalières des monts Mandara. Son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière localisée au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la portion méridionale de l’arrondissement de Bourrha. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les reliefs de crête et la proximité de la plaine nigériane ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales et de hameaux de colline s’étendant en zone de contact direct avec les populations Gude, Holma et les réseaux linguistiques du Nigeria, se concentrant précisément autour du village de référence de Bourrha-Djimi (comprenant son centre-bourg, ses piémonts agricoles et ses extensions frontalières) et de ses contreforts montagneux secondaires rattachés ;
– le gude [212] : est la langue du peuple Gude, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des piémonts et des collines frontalières des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière dense et structurée au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la portion centrale et occidentale de l’arrondissement de Bourrha. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les reliefs de crête et la proximité du complexe linguistique transfrontalier nigérian ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un vaste réseau de concessions de piémont, de hameaux de plaine et de marchés locaux s’étendant en zone de contact direct avec les populations Bana, Nzanyi et les réseaux linguistiques du Nigeria, se concentrant précisément autour des villages de référence de Bourrha-Ville, Mousgoy et Duvangar (comprenant leurs centres-bourgs, leurs piémonts agricoles et leurs extensions frontalières) ainsi que de leurs contreforts montagneux secondaires rattachés ;
– le zizilivékén [213] : est la langue du peuple Zizilivakan, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et le long des lignes de crête frontalières des monts Mandara, localisée principalement au cœur du département du Mayo-Tsanaga, dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière très localisée et restreinte le long de la bande frontalière avec le Nigeria, s’étendant à l’intérieur des terres en zone de contact direct avec l’aire linguistique des populations Bana et Jimi. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement isolée et s’articule de façon unie à travers un réseau de petits hameaux de crête et de concessions agricoles de piémont qui innervent la circonscription, s’exprimant précisément dans l’arrondissement de Bourrha autour du village de référence de Guili (notamment sa périphérie occidentale, ses piémonts agricoles et ses extensions frontalières), le long du réseau traditionnel reliant les contreforts montagneux secondaires en direction du pôle de Jilbu au Nigeria, ainsi qu’au cœur des concessions rurales et des petits hameaux rattachés où elle demeure hautement minoritaire et menacée en raison de son faible poids démographique ;
– le sharwa [214] : est la langue du peuple Tchévi, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des piémonts de transition septentrionaux, localisée principalement au cœur du département du Mayo-Tsanaga, dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière localisée le long des reliefs frontaliers, s’étendant à l’intérieur des terres en zone de contact direct avec les aires culturelles voisines des monts Mandara et des plaines du Nord. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions agricoles et de hameaux ruraux qui innervent deux circonscriptions régionales, s’exprimant précisément dans l’arrondissement de Bourrha (au sud de la commune) autour des villages et collines rattachés, tout en débordant activement vers le sud dans la région du Nord le long du réseau traditionnel de l’arrondissement de Mayo-Oulo (département du Mayo-Louti) à travers les communautés et espaces de piémont interconnectés ;
– le tsuvan [215] : est la langue du peuple Tchédé, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des piémonts de transition septentrionaux, localisée principalement au cœur du département du Mayo-Tsanaga, dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière très localisée le long des reliefs frontaliers, s’étendant à l’intérieur des terres en zone de contact direct avec les aires culturelles voisines des monts Mandara et des plaines du Nord. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions agricoles et de hameaux ruraux qui innervent deux circonscriptions régionales, s’exprimant précisément dans l’arrondissement de Bourrha autour du village de référence de Téléki et de ses collines rattachées, tout en débordant activement vers le sud dans la région du Nord le long du réseau traditionnel de l’arrondissement de Mayo-Oulo (département du Mayo-Louti) à travers les communautés et espaces de piémont interconnectés.
2.2.2.1.1.2.2. Le groupe GBWATA CENTRE
Ce groupe de la branche margi-gbwata se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des plaines de piémont de la région du Nord au Cameroun, occupant la frange frontalière du département du Mayo-Louti et s’étendant vers le nord du département de la Bénoué. Son implantation historique s’étire le long de la frontière internationale avec le Nigeria, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations montagnardes des monts Mandara et les plaines de la Bénoué. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de cantons et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de subsistance (mil, maïs, arachide), le petit élevage de basse-cour et d’intenses dynamiques d’échanges marchands transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une unique langue nationale : le njanyi.
– le njanyi [220] : est la langue du peuple Nzanyi, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des plaines de piémont du bassin frontalier, localisée principalement au cœur de la région du Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière continue le long de la frontière avec le Nigeria, s’étendant à l’intérieur des terres en zone de contact direct avec les réseaux linguistiques gbwata (bata) et fali. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions agricoles et de hameaux ruraux qui innervent deux départements majeurs, s’exprimant précisément dans le département du Mayo-Louti au sein de l’arrondissement de Mayo-Oulo autour de la zone de référence de Doumo et à l’ouest du canton de Dourbeye, tout en s’étendant le long du réseau traditionnel du département de la Bénoué à travers les plaines de piémont des arrondissements de Dembo et de Basheo.
2.2.2.1.1.2.3. Le groupe GBWATA SUD
Ce groupe de la branche margi-gbwata se déploie de manière prédominante le long des lits majeurs, des vallées fluviales et des plaines hydrographiques de la région du Nord au Cameroun, occupant la frange frontalière du département de la Bénoué et s’étendant vers le nord du département du Faro. Son implantation historique s’étire le long du réseau fluvial et de la frontière internationale avec le Nigeria, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations de la plaine et les grands réseaux pastoraux. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de rive et leurs systèmes de subsistance basés sur la pêche fluviale, l’agriculture de décrue (sorgho, maïs) et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou migratoires transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une unique langue nationale : le gbwata.
– le gbwata (ou bata) [230] : est la langue du peuple Bata (Gbwata), une communauté de pêcheurs sédentaires et d’agriculteurs traditionnellement établie le long des lits majeurs, des vallées fluviales et des plaines hydrographiques de la haute Bénoué et du Faro. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région du Nord au Cameroun, occupant de manière continue de vastes secteurs du département de la Bénoué au sein des arrondissements de Demsa et de Garoua tout en présentant des extensions dans le département du Faro au sein de l’arrondissement de Béka. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les réseaux fluviaux qui marquent la frontière politique naturelle avec le Nigeria et s’articule à travers un réseau de concessions de rive réparti en deux dialectes interconnectés :
• le gbwata (proprement dit) : parlé par les communautés de pêcheurs sédentaires traditionnellement installées le long des grands axes fluviaux de la région du Nord. Ce dialecte se ramifie sur le terrain en trois parlers locaux majeurs :
o le demsa : parlé par la communauté des Gbwata pêcheurs (ou Bata). Ce groupe se localise principalement au sein de l’arrondissement de Demsa dans le département de la Bénoué (région du Nord). Au Cameroun, ce parler se concentre majoritairement au sein du village de référence de Demsa-Bata (parfois subdivisé entre son centre-bourg et ses extensions fluviales), s’étendant le long du lit majeur et des plaines inondables de la frontière nigériane, ainsi que dans les localités rurales et petits hameaux de rive qui lui sont directement rattachés ;
o le kokoumi : parlé par la communauté des Gbwata pêcheurs (ou Bata). Ce groupe se localise principalement au sein de l’arrondissement de Garoua dans le département de la Bénoué (région du Nord). Au Cameroun, ce parler se concentre majoritairement au sein du village de référence de Kokoumi-Bata (parfois subdivisé entre son centre-bourg et ses extensions fluviales), s’étendant le long du lit majeur et des rives du fleuve Bénoué, ainsi que dans les localités rurales et petits hameaux de rive qui lui sont directement rattachés ;
o le faro : parlé par la communauté des Gbwata pêcheurs (ou Bata). Ce groupe se localise principalement au sein de l’arrondissement de Béka dans le département du Faro (région du Nord). Au Cameroun, ce parler se concentre majoritairement au sein du village de référence de Jelepo (parfois subdivisé entre son centre-bourg et ses extensions fluviales), s’étendant le long du lit majeur et des plaines hydrographiques de la basse vallée de la rivière Faro, ainsi que dans les localités rurales et petits hameaux de rive qui lui sont directement rattachés ;
• le ndeewe : parlé par la communauté historique des Gbwata agriculteurs au sein de la région du Nord (département de la Bénoué). Son aire d’expression historique s’organisait à l’intérieur des terres et en retrait des axes fluviaux, s’étendant de manière prépondérante dans les secteurs ruraux des arrondissements de Demsa et de Garoua. Ce dialecte se déployait le long de terroirs agricoles éloignés du lit majeur, où son usage s’articulait autrefois autour d’un réseau restreint de concessions rurales ; il est désormais considéré comme moribond sur le territoire national suite à un basculement linguistique massif de la communauté locale vers le fulfulde.
2.2.2.1.2. La branche DABA
La branche daba représente l’un des ensembles linguistiques les plus spécifiques et fragmentés de l’Extrême-Nord du Cameroun. Elle se divise en deux groupes : le groupe DABA NORD et le groupe DABA SUD.
2.2.2.1.2.1. Le groupe DABA NORD
Ce groupe de la branche daba se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des vallées fluviales des monts Mandara dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la portion sud-orientale du département du Mayo-Tsanaga. Son implantation historique s’étire le long des reliefs accidentés de l’arrière-pays de Mokolo, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations montagnardes environnantes. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de cantons et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de terrasse (mil, sorgho, maïs), le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques d’échanges marchands au sein des marchés de piémont. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une unique langue nationale : le buwal-gavar.
– le buwal-gavar [240] : est la langue du peuple Buwal et Gavar, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des vallées fluviales des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la portion sud-orientale de l’arrondissement de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le cours d’eau qui traverse la communauté et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions traditionnelles et de hameaux de piémont, se concentrant précisément dans la majeure partie du canton de Gavar (entièrement traversé par le Mayo-Gavar) ainsi qu’autour du village pivot de Gadala et de ses localités rurales rattachées.
2.2.2.1.2.1. Le groupe DABA SUD
Ce groupe de la branche daba se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des dômes granitiques et des plaines de piémont de la zone de transition septentrionale entre les régions du Nord et de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la totalité de la frange septentrionale du département du Mayo-Louti et s’étendant vers le sud-est du Mayo-Tsanaga ainsi que le sud-ouest du Diamaré. Son implantation historique s’étire le long des reliefs de liaison et des axes routiers régionaux, s’organisant de manière compacte au carrefour des aires culturelles des monts Mandara et des plaines de la Bénoué. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de cantons et des lamidats historiques, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de subsistance (mil, sorgho, arachide, coton), le petit élevage de basse-cour et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou de transhumance. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de quatre langues nationales distinctes : le besleri, le daba, le mazagway et le mbédam.
– le besleri [251] : est la langue du peuple Hina (ou Mina), une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des reliefs accidentés et des vallées de piémont des monts Mandara. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière continue de vastes secteurs du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la majeure partie de la commune de Hina au sud de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le jingjing : parlé par les clans des contreforts méridionaux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique s’organise sur les reliefs et les plateaux qui dessinent la bordure sud-orientale de l’espace communal, s’étendant à proximité des zones d’échange. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de vallées cultivées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les concessions rurales et les villages pivots de Hina-Marbak, Mofou-Hina, Zouaye et leurs petites localités rattachées ;
• le gamdugun : parlé par les lignages des massifs occidentaux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique constitue le domaine limitrophe du territoire de la communauté, s’étendant de manière prépondérante dans la portion sud-ouest de la commune de Hina. Ce dialecte se déploie le long d’espaces géographiques accidentés et de pentes isolées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de concessions rurales et de petits hameaux de montagne englobant précisément les villages de Gamdugun-Ville, Djakor, Mowo-Hina et leurs espaces de piémont interconnectés ;
– le daba [252] : est la langue du peuple Daba, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des dômes granitiques et des plaines de piémont de la zone de transition septentrionale. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région du Nord au Cameroun, occupant de manière continue tout le nord du département du Mayo-Louti au sein de l’arrondissement de Mayo-Oulo, tout en présentant des extensions et des enclaves dans la région de l’Extrême-Nord au sein du département du Mayo-Tsanaga (arrondissements de Hina et de Bourrha) et du département du Diamaré (arrondissement de Ndoukoula). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les reliefs de liaison et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le kanakana : parlé par les clans des massifs septentrionaux et occidentaux au sein des régions du Nord et de l’Extrême-Nord (départements du Mayo-Louti et du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus étendu de la langue, s’étendant depuis le septentrion de la commune de Mayo-Oulo jusqu’aux contreforts de la frontière et des communes voisines. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique de crêtes et de vallées cultivées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages pivots de Douroum, Garoua-Daba, Mandama, Pologozom et leurs petits hameaux de montagne interconnectés ;
• le tpala : parlé par les communautés des plaines et des collines orientales au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Diamaré). Son aire d’expression historique s’organise sur les plateaux de piémont qui dessinent la bordure orientale du pays daba, s’étendant de manière prépondérante dans l’arrière-pays du Diamaré. Ce dialecte se déploie le long de reliefs adoucis et de plaines de culture, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages de Ndoukoula-Ville, Laba, Biou, Soudou et leurs espaces agricoles rattachés ;
– le mazagway [253] : est la langue du peuple Mazagway (ou Mousgoy), une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des piémonts de transition septentrionaux, localisée principalement à la frontière des régions du Nord et de l’Extrême-Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière continue le long des reliefs reliant les deux provinces, s’étendant à l’intérieur des terres en zone de contact direct avec les aires culturelles daba et hina. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions agricoles et de hameaux ruraux qui innervent deux circonscriptions régionales, s’exprimant précisément dans la région du Nord au sein de l’arrondissement de Guider (département du Mayo-Louti) autour du village centre de Mousgoy-Guider et des localités de Mousgoy-Plaine, Koubani et Gollo, tout en débordant activement vers le nord le long du réseau traditionnel de l’arrondissement de Hina (département du Mayo-Tsanaga) à travers les communautés de piémont interconnectées de Mousgoy-Hina, Madgaba et Zouaye ;
– le mbédam [254] : est la langue du peuple Mbédam, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des reliefs isolés et des denses massifs montagneux des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière très localisée et exclusive au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément à la frontière nord-orientale de la commune de Hina tout en étant administrativement rattachée à la portion méridionale de l’arrondissement de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte et enclavée, liée à son fort isolement géographique et à son faible poids démographique ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau très limité de concessions rurales et de hameaux de crête englobant précisément les villages de référence de Mbédam-Mokolo, Mbédam-Hina, Zouaye-Mbédam et leurs petits espaces de piémont rattachés, où elle est désormais considérée comme une langue en voie de disparition. Cette dynamique d’extinction accélérée s’explique par un phénomène de glottophagie et d’assimilation culturelle, marqué par le délaissement de la langue maternelle par les jeunes générations au profit du mafa (langue hégémonique de l’arrondissement de Mokolo) et du fulfulde (langue véhiculaire des échanges économiques régionaux), ainsi que par l’exode des locuteurs vers les centres urbains et les marchés de plaine où le mbédam ne possède aucune fonction sociale ou commerciale.
2.2.2.1.3. La branche MAFA-WANDALA
La branche mafa-wandala représente l’un des ensembles linguistiques les plus denses et fragmentés de l’Extrême-Nord du Cameroun. Elle se structure en deux sous-branches : la sous-branche MAFA et la sous-branche WANDALA.
2.2.2.1.3.1. La sous-branche WANDALA
La sous-branche wandala représente l’un des ensembles linguistiques les plus denses et fragmentés de l’Extrême-Nord du Cameroun. Elle se structure en trois groupes : le groupe WANDALA EST, le groupe WANDALA CENTRE et le groupe WANDALA OUEST.
2.2.2.1.3.1.1. Le groupe WANDALA EST
Ce groupe de la sous-branche wandala se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des plateaux volcaniques et des plaines sahéliennes de piémont de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la totalité de la frange septentrionale du département du Mayo-Tsanaga et s’étendant vers le département du Mayo-Sava. Son implantation historique s’étire le long de la frontière internationale avec le Nigeria, s’organisant de manière compacte au carrefour des aires culturelles tchadiques et des anciens royaumes sahéliens. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de cantons hautement hiérarchisées et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de terrasse (mil, sorgho, maïs), le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou de transhumance transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de deux langues nationales distinctes : le wandala et le gélaxdaxa.
– le wandala [111] : est la langue du peuple Mandara (ou Wandala), une communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants historiquement liée à l’ancien et puissant royaume ou sultanat du Mandara établi au sein des plaines sahéliennes de piémont et des denses massifs montagneux. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière continue de vastes secteurs du département du Mayo-Sava (arrondissements de Mora et de Kolofata) tout en présentant des extensions continues dans le département du Mayo-Tsanaga (arrondissement de Mokolo). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les anciens centres urbains du royaume et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en trois dialectes interconnectés :
• le wandala (proprement dit) : parlé par les clans fondateurs et les lignages aristocratiques au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Sava). Son aire d’expression historique constitue le cœur politique du pays mandara, s’étendant autour de l’ancienne capitale du sultanat. Ce dialecte se déploie le long des plaines de piémont et des denses quartiers d’échanges, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages et centres-bourgs de Mora-Sultanat, Memé, Doulo, Kolofata-Ville et leurs localités rurales rattachées ;
• le mura : parlé par les communautés des contreforts montagneux et des hauts massifs au sein de la région de l’Extrême-Nord (départements du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique s’organise sur les reliefs escarpés et les crêtes qui dominent la plaine de Mora, s’étendant à la frontière des arrondissements de Mora et de Mokolo. Ce dialecte se déploie le long d’espaces géographiques accidentés et de terrasses cultivées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages de Mura-Montagne, Podoko-Nord, Zilmou et leurs petits hameaux de montagne isolés ;
• le malgwa : parlé par les groupes de plaines et des secteurs hydrographiques septentrionaux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Sava). Son aire d’expression historique dessine la frange septentrionale et frontalière du pays mandara, s’étendant vers les zones de transition du bassin du lac Tchad en contact direct avec l’aire kanouri. Ce dialecte se déploie le long de savanes arbustives et de plaines argileuses, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages de Limani, Amchidé, Ganse et leurs localités transfrontalières interconnectées ;
– le gélvaxdaxa [112] : (répertorié jusqu’à présent sous l’appellation de guélebda) est la langue du peuple Gélvaxdaxa, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et des lignes de crête frontalières des monts Mandara, localisée principalement au cœur du département du Mayo-Tsanaga, dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière très localisée le long de la bande frontalière avec le Nigeria, s’étendant à l’intérieur des terres au sud de la ville d’Ashigashia au sein de l’arrondissement de Mayo-Moskota. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte et enclavée, liée à son fort isolement géographique et à son faible poids démographique sur le territoire national ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau très limité de concessions de montagne et de hameaux ruraux se concentrant précisément autour du village de référence de Guélebda-Centre, des localités de Guélebda-Frontière, Mabas, Vreket et de leurs contreforts montagneux rattachés, tandis qu’elle demeure plus activement parlée au sein des marchés transfrontaliers nigérians. Au Cameroun, elle est désormais considérée comme une langue en voie de disparition en raison d’un phénomène d’assimilation culturelle et de glottophagie, marqué par le délaissement progressif de la langue par les locuteurs au profit du wandala (langue de prestige historique) et du mafa (langue hégémonique du département).
2.2.2.1.3.1.2. Le groupe WANDALA CENTRE
Ce groupe de la sous-branche wandala se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des piémonts de transition de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la frange centrale du département du Mayo-Sava. Son implantation historique s’étire le long des reliefs accidentés de l’arrière-pays de Mora, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations de la plaine et les massifs montagnards environnants. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de montagne et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de terrasse (mil, sorgho, maïs), le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques d’échanges marchands au sein des marchés locaux. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une unique langue nationale : le parékwa.
– le parékwa [113] : est la langue du peuple Parékwa (ou Podoko), une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des vallées de piémont des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Sava, précisément à l’ouest et au sud-ouest de la ville de Mora dans la portion montagneuse de l’arrondissement de Mora. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne, de terrasses cultivées et de marchés de piémont qui innervent la circonscription, s’exprimant précisément à travers les grandes chefferies traditionnelles et les structures villageoises territoriales qui dessinent l’intégralité des cantons historiques de Gouvaka, de Godigong et d’Oudjila, ainsi que dans leurs petites localités rurales et hameaux de crête directement rattachés.
2.2.2.1.3.1.3. Le groupe WANDALA OUEST
Ce groupe de la sous-branche wandala se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des reliefs escarpés et des hauts plateaux de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la frange frontalière occidentale du département du Mayo-Tsanaga. Son implantation historique s’étire le long de la ligne de crête et de la frontière internationale avec le Nigeria, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations des monts Mandara et les complexes linguistiques transfrontaliers de la plaine nigériane. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de montagne et des systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de terrasse (mil, sorgho, maïs), le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou de refuge transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de trois langues nationales distinctes : le gevoko, le hdi et le mabas.
– le gevoko [121] : est la langue du peuple Gevoko, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et le long des lignes de crête frontalières des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière très localisée et exclusive au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la portion nord-occidentale de l’arrondissement de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte liée à l’isolement des reliefs et à sa nature transfrontalière ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions de montagne et de hameaux ruraux s’étendant en zone de contact direct avec les réseaux linguistiques du Nigeria, se concentrant précisément au nord de la localité de Tourou autour du village frontière de Ngossi-Centre, des quartiers et extensions de crête de Ngossi-Frontière, Gvoko-Montagne, Chinene et de leurs contreforts montagneux secondaires rattachés ;
– le hidé [121] : est la langue du peuple Hidé, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et le long des lignes de crête frontalières des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière très localisée et exclusive au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la portion occidentale de l’arrondissement de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte liée à l’isolement des reliefs et à sa nature transfrontalière ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions de montagne et de hameaux de crête s’étendant en zone de contact direct avec les populations Mafa, Psikye et les réseaux linguistiques du Nigeria, se concentrant précisément autour du village de référence de Tourou (comprenant les secteurs d’Amchidé-Tourou, Tourou-Centre et Tourou-Frontière) ainsi que dans ses contreforts montagneux secondaires rattachés ;
– le mabas [123] : est la langue du peuple Mabas, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et le long des lignes de crête frontalières des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière très localisée et exclusive au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la portion occidentale de l’arrondissement de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte liée à l’isolement des reliefs et à son faible poids démographique sur le territoire national ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau très limité de concessions de montagne et de hameaux ruraux s’étendant en zone de contact direct avec les réseaux linguistiques du Nigeria, se concentrant précisément autour du village frontière de Mabas (comprenant ses différents quartiers de crête et ses extensions agricoles de piémont) ainsi que dans ses contreforts montagneux secondaires rattachés.
2.2.2.1.3.2. La sous-branche MAFA
La sous-branche mafa représente l’un des ensembles linguistiques les plus denses et fragmentés de l’Extrême-Nord du Cameroun. Elle se structure en trois groupes : le groupe MAFA NORD-OUEST, le groupe MAFA NORD-EST et le groupe MAFA SUD.
2.2.2.1.3.2.1. Le sous-groupe MAFA NORD-EST
Ce groupe de la sous-branche mafa se déploie de manière prédominante au sein des hauts massifs montagneux, des reliefs escarpés et des plateaux volcaniques de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la frange septentrionale du département du Mayo-Tsanaga. Son implantation historique s’étire le long des lignes de crête et des piémonts de transition, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations des monts Mandara et les plaines de Mora et de Tokombéré. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des blocs claniques autonomes et des chefferies de montagne, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de terrasse (mil, sorgho, maïs), le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques d’échanges marchands au sein des marchés locaux. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de deux langues nationales distinctes : le pélasla et le mbuko.
– le pélasla [141] : est la langue du peuple Pélasla, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux, des vallées encaissées et des piémonts de transition des monts Mandara. Cette langue est localisée principalement au cœur du département du Mayo-Sava, dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière continue la majeure partie de la commune de Tokombéré tout en présentant des extensions denses dans l’arrondissement de Mora. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les reliefs escarpés et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en cinq dialectes interconnectés :
• le pélasla (proprement dit) : parlé par les clans historiques des massifs centraux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Sava). Son aire d’expression historique constitue le cœur culturel de la communauté, s’étendant au sein de l’arrondissement de Tokombéré. Ce dialecte se déploie le long des reliefs de crête, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément l’intégralité du canton de Mayo-Ouldémé, incluant les villages de Ouldémé-Centre, Ouldémé-Montagne, Sava-Ouldémé, Mada-Ouldémé ainsi que leurs espaces agricoles rattachés ;
• le ndreme : parlé par les communautés des contreforts méridionaux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Sava). Son aire d’expression historique s’organise sur les chaînons montagneux qui dominent la plaine, s’étendant dans la portion sud du canton de Mora-Massif (arrondissement de Mora). Ce dialecte se déploie le long d’espaces géographiques accidentés donnant sur la dépression de Mayo-Plata vers l’est, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages pivots de Kourgui-Montagne, Zilmou, Plata, Goudour-Mora et leurs hameaux de crête rattachés ;
• le mberem : parlé par les lignages des massifs orientaux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Sava). Son aire d’expression historique s’enracine parallèlement au flanc sud du canton de Mora-Massif (arrondissement de Mora). Ce dialecte se déploie le long de reliefs de liaison dominant la plaine et tournés vers les zones d’échanges de l’est, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de concessions rurales englobant précisément les villages de Mora-Massif (secteur sud), Doulo-Montagne, Tagawa, Wandala-Mura et leurs petites localités de piémont interconnectées ;
• le demwa : parlé par les clans des hauts sommets au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Sava). Son aire d’expression historique dessine la zone culminante du pays pélasla, s’étendant également dans la portion sud du canton de Mora-Massif (arrondissement de Mora). Ce dialecte se déploie le long de versants abrupts et de plateaux d’altitude orientés au nord vers le sommet du massif et donnant sur la dépression de Mayo-Plata, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Demwa-Massif, Gadavra, Mouzoua, Kouladjé et leurs concessions de crête isolées ;
• le hurza : parlé par les communautés isolées de la plaine au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Sava). Son aire d’expression historique constitue une enclave géographique singulière, s’étendant dans la zone de transition située entre le Mayo-Sava et le Mayo-Ouldémé. Ce dialecte se déploie le long d’inselbergs et de reliefs adoucis, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel dominant le marché de Mémé, englobant précisément les villages historiques de Hurza-Plaine, Hurza-Montagne, Mémé-Hurza, Mbando (canton de Mémé, arrondissement de Mora) ainsi que leurs espaces agricoles environnants ;
– le mbuko [132] : est la langue du peuple Mbuko, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des plaines de piémont des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Diamaré, précisément à l’est de la commune de Méri dans la portion nord-occidentale de l’arrondissement de Méri. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les dynamiques de descente vers les zones basses ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de terrasses cultivées et de concessions de plaine s’étendant le long du bassin hydrographique du Mayo-Ranéo, se concentrant précisément à travers les structures villageoises et territoriales qui dessinent l’intégralité du canton historique de Doulek, englobant les villages de Mbuko-Massif, Doulek-Plaine, Mayo-Ranéo, Galdala et leurs espaces agricoles rattachés ;
2.2.2.1.3.2.2. Le groupe MAFA NORD-OUEST
Ce groupe de la sous-branche mafa se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs montagneux, des zones de collines et des piémonts de transition de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la frange septentrionale du département du Mayo-Tsanaga. Son implantation historique s’étire le long des reliefs accidentés des monts Mandara, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations de la plaine et les massifs montagnards environnants. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de montagne et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de terrasse (mil, sorgho, maïs), le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques d’échanges marchands au sein des marchés locaux. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une unique langue nationale : le matal.
– le matal [140] : est la langue du peuple Matal, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des reliefs escarpés du rebord occidental des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Sava, précisément dans la portion méridionale et montagneuse de l’arrondissement de Mora, en continuité géographique directe avec le sud du massif parékwa. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief accidenté et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne et de terrasses cultivées, se concentrant précisément à travers les structures villageoises et territoriales qui dessinent l’intégralité des cantons historiques de Baldama et de Zouelva, englobant les villages pivots de Matal-Massif, Baldama-Centre, Zouelva-Ville, Grose et leurs petits hameaux de crête directement rattachés.
2.2.2.1.3.2.2. Le groupe MAFA NORD SUD
Rattaché à la branche méridionale du groupe Mafa, cet ensemble linguistique constitue le bloc le plus vaste, le plus dense et le plus complexe au sein du septentrion national. Sa présence au Cameroun est intimement liée aux dynamiques de peuplement et d’ancrage culturel des communautés des hauts massifs centraux des monts Mandara jusqu’aux piémonts et plaines sédimentaires orientales. Ce sous-groupe se partitionne directement sur le terrain en quinze langues majeures caractérisées par des dynamiques démographiques et territoriales propres : le wuzlam, le muyang, le mada, le melokwo, le zalgwa-minew, le gemzek, le merey, le dugwor, le giziga-nord, le giziga-sud, le mofu-duvangar, le mofu-gudur, le baldamu, le cuvok, le mefele et le mafa.
– le wuzlam [151] : est la langue du peuple Wuzlam (ou Ouldémé), une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des reliefs escarpés qui forment l’armature des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Sava, précisément dans la portion occidentale et montagneuse de l’arrondissement de Tokombéré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief de son habitat originel et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne et de terrasses cultivées, se concentrant précisément à travers les structures villageoises et territoriales qui dessinent l’intégralité du canton historique de Mayo-Ouldémé, englobant les villages pivots de Wuzlam-Massif, Ouldémé-Centre, Sava-Ouldémé, Mada-Ouldémé et leurs petits hameaux de crête directement rattachés ;
– le muyang [152] : est la langue du peuple Muyang, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux isolés (inselbergs) et des plaines de piémont de la zone de transition septentrionale. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Sava, précisément dans la portion nord-orientale de l’arrondissement de Tokombéré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief insulaire et les dynamiques de descente vers les zones basses ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions de montagne et de hameaux de culture qui dessinent l’intégralité des cantons historiques de Mouyengué et de Palbara-Goudouba, se concentrant précisément autour des massifs pivots de Muyang, de Mougouba, de Guadagouada et de Palbarar, tout en peuplant de plus en plus les plaines environnantes rattachées ;
– le mada [153] : est la langue du peuple Mada, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des reliefs escarpés du rebord oriental des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Sava, précisément dans la portion centrale et montagneuse de l’arrondissement de Tokombéré, en continuité géographique directe entre le massif Wuzlam au nord et le massif Zélgwa au sud. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief accidenté et les dynamiques de descente vers les zones basses ; son aire d’expression s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne, de terrasses cultivées et de hameaux de piémont, se concentrant précisément à travers les structures villageoises et territoriales qui dessinent l’intégralité du canton historique de Madakalkoss, englobant précisément les villages pivots de Mada-Massif, Kalkoss, Ouzal, Mada-Plaine, Wandai, Makalingai, Gouria et leurs petits espaces agricoles rattachés ;
– le mélokwo [154] : est la langue du peuple Mélokwo, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des reliefs isolés (inselbergs) et des denses massifs montagneux s’élevant au milieu de la plaine, à l’est des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière très localisée et exclusive au sein du département du Mayo-Sava, précisément dans la portion orientale de l’arrondissement de Tokombéré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte et structurée par l’espace compris entre les cours d’eau du Mayo-Mangafé et du Mayo-Ranéo ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de terrasses cultivées et de concessions de piémont qui dessinent le canton de Makalingay, se concentrant précisément autour des villages de référence de Mokyo-Centre, Mélokwo-Massif, Mokyo-Plaine, Zouelva-Mélokwo, Giriandou, Maoudé, Ldamtsai ainsi que de leurs petits espaces agricoles rattachés ;
– le zélgwa-minew [161] : est la langue du peuple Zélgwa, Minew et Gemzek, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des reliefs escarpés des monts Mandara. Cette langue est localisée principalement à la frontière des départements du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga, dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière continue la portion méridionale de l’arrondissement de Tokombéré tout en présentant des extensions occidentales dans l’arrondissement de Koza. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les lignes de crête et les plateaux d’altitude, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le zélgwa : parlé par la communauté des Zélgwa au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Sava). Son aire d’expression historique s’organise sur le rebord oriental des monts Mandara, au nord de Méri, s’étendant à la fois sur la plaine voisine à l’est et sur le plateau à l’ouest. Ce dialecte se déploie le long de reliefs accidentés et de terrasses cultivées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément l’intégralité du canton de Sérawa (arrondissement de Tokombéré), incluant les villages de Zélgwa-Massif, Sérawa-Centre, Mora-Moko, Goudour-Zélgwa et leurs localités rurales rattachées ;
• le minew : parlé par la communauté des Minew au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus occidental de la langue, s’étendant sur le rebord opposé des monts Mandara à une dizaine de kilomètres des massifs orientaux. Ce dialecte se déploie le long d’espaces géographiques de crêtes et de pentes isolées, où son usage s’articule de façon unie au sein de l’arrondissement de Koza autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément l’intégralité du canton de Gaboua, incluant les villages de Gaboua-Centre, Minew-Montagne, Kourgui-Koza et leurs petits hameaux rattachés ;
– le dugwor [162] : est la langue du peuple Dugwor (ou Mofu-Dugwor), une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement rattachée à l’aire culturelle mofu, établie à l’origine au sein de petits massifs montagneux et de plateaux granitiques avant de descendre vers les plaines de piémont. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière compacte la portion occidentale de l’arrondissement de Méri au sein du département du Diamaré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief historique et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le dugwor (proprement dit) : parlé par les clans du foyer historique septentrional au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Diamaré). Son aire d’expression historique s’organise sur le massif de Dugwor au sud du Mayo-Ranéo, s’étendant désormais vers les espaces bas. Ce dialecte se déploie le long de reliefs accidentés et de terrasses de piémont, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Ɗugwor-Centre (ou Dugur), Tchaloudjéké, Tchakidjebe, Mowasi, Mongro et Wese (portion ouest du canton de Tchéré) ;
• le mikiri : parlé par la communauté Mikere, un sous-groupe du peuple Dugwor au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Diamaré). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus méridional de la langue, s’enracinant sur le massif jumeau de Mékeri avant de s’étendre vers la plaine adjacente. Ce dialecte se déploie le long d’inselbergs isolés et de vallées cultivées, où son usage s’articule de façon unie au sein de l’arrondissement de Méri autour d’un réseau restreint de concessions rurales englobant précisément les villages de Mékeri-Massif, Mékeri-Plaine, Douvangar-Mikiri et leurs espaces agricoles rattachés;
– le merey [163] : est la langue du peuple Merey, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des reliefs escarpés des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Diamaré, précisément dans la portion occidentale et montagneuse de l’arrondissement de Méri. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief de son habitat originel ; son aire d’expression s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne et de terrasses cultivées, se concentrant précisément à travers les structures villageoises et territoriales qui dessinent l’intégralité du canton historique de Méri (immédiatement à l’ouest de la ville de Méri), englobant les villages pivots de Merey-Massif, Méri-Montagne, Goudour-Merey, Zouelva-Merey et leurs petits hameaux de crête directement rattachés) ;
– le gemzek [164] : est la langue du peuple Gemzek, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des reliefs escarpés des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Sava, précisément dans la portion méridionale et montagneuse de l’arrondissement de Tokombéré, juste au nord de la commune de Méri. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief de son habitat originel et les dynamiques de descente vers les zones basses ; son aire d’expression s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne, de terrasses cultivées et de hameaux de piémont qui s’étendent sur le rebord oriental des massifs, la plaine voisine à l’est et le plateau à l’ouest, se concentrant précisément à travers les structures villageoises et territoriales qui dessinent le canton historique de Sérawa, englobant les villages pivots de Gemzek-Massif, Gemzek-Plaine, Mahoula, Zouelva et leurs petits espaces agricoles rattachés ;
– le giziga [171] : est la langue du peuple Giziga, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des inselbergs granitiques et des vastes plaines de la lisière sahélienne. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière continue de grands secteurs des départements du Diamaré et du Mayo-Kani. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief et les dynamiques de plaine, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le giziga-nord : parlé par les clans des massifs septentrionaux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Diamaré). Son aire d’expression historique s’organise au nord de la ville de Maroua, sur les reliefs escarpés et les espaces bas adjacents. Ce dialecte se déploie le long de terrasses cultivées et de plaines de piémont, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les massifs de Tchéré et de Mogazang, la plaine de Dogba, ainsi que l’intégralité des cantons de Tchéré, Goudola et Mambang (arrondissement de Méri) ;
• le giziga-sud : parlé par les communautés des grandes plaines méridionales au sein de la région de l’Extrême-Nord (départements du Diamaré et du Mayo-Kani). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus méridional et étendu de la langue, s’étendant largement au sud de Maroua dans la grande plaine du Diamaré. Ce dialecte se déploie autour de dômes rocheux isolés et de vastes terroirs agricoles, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales reliant l’arrondissement de Maroua aux arrondissements de Mindif, Kaélé et Moutourwa, englobant précisément les localités pivots de Loutou, Moutourwa-Ville, Midjivin, Diamaré-Sud et leurs espaces de culture rattachés ;
– le mofu-duvangar [173] (ou mofu du Nord) : est la langue du peuple Mofu (ou Mofow, Mofu-Diamaré), une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des reliefs escarpés des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Tsanaga à travers les portions méridionales et orientales de l’arrondissement de Mokolo, tout en présentant des extensions continues dans le département du Diamaré au sein de l’arrondissement de Gazawa. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief de son habitat originel, s’étendant depuis les massifs situés au sud du cours d’eau de la Tsanaga jusqu’aux confins du Mayo-Louti ; son aire d’expression s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne et de terrasses cultivées qui dessinent l’intégralité des cantons historiques de Mokong (Mofou-Nord) et de Moufou (Mofou-Sud), englobant les villages pivots de Duvangar-Massif, Mokong-Ville, Zidim, Mowo ainsi que leurs espaces agricoles de piémont interconnectés ;
– le mofu-gudur [174] (ou mofu du Sud) : est la langue du peuple Mofu-Gudur, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux, des éperons rocheux et des reliefs escarpés des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Tsanaga à travers les portions méridionales et orientales de l’arrondissement de Mokolo, tout en présentant des extensions continues dans le département du Diamaré au sein de l’arrondissement de Gazawa. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le relief de son habitat originel, s’étendant depuis les massifs situés au sud du cours d’eau de la Tsanaga jusqu’aux confins du Mayo-Louti ; son aire d’expression s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne et de terrasses cultivées qui dessinent l’intégralité des cantons historiques de Mokong et de Mofou, se concentrant précisément autour des villages pivots de Gudur-Massif, Mokong-Ville, Zidim, Mowo, Gazawa-Mofu et de leurs petits espaces agricoles de piémont rattachés ;
– le baldamu [175] : est la langue du peuple Baldamu, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et des lignes de crête avant de migrer vers les plaines sahéliennes de basse altitude. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière très localisée et exclusive au sein du département du Diamaré, précisément dans la portion septentrionale de l’arrondissement de Bogo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte et enclavée, liée à son fort isolement géographique et à son faible poids démographique sur le territoire national ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau très limité de concessions russes et de petits hameaux de culture englobant précisément le village de référence de Baldama-Bogo et de ses petits espaces de piémont rattachés, où elle n’est plus parlée que par une poignée de natifs. Elle est désormais considérée comme une langue en voie d’extinction rapide s’expliquant par un phénomène de glottophagie et d’assimilation culturelle, marqué par le délaissement de la langue maternelle par les jeunes générations au profit du fulfulde (langue véhiculaire des échanges économiques régionaux) ;
– le cuvok [181] : est la langue du peuple Cuvok, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et des reliefs escarpés des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière très localisée et exclusive au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément dans la portion orientale de l’arrondissement de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte liée à l’isolement des reliefs et s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de terrasses cultivées et de concessions de piémont, se concentrant précisément autour des villages de référence de Tchouvok-Centre, Zamay-Cuvok, Mofou-Zamay, Gawar-Zamay, Ldamtsai, Upai-Cuvok ainsi que de leurs petits espaces de culture directement rattachés ;
– le mefele [182] : est la langue du peuple Mefele, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs montagneux et des reliefs escarpés des monts Mandara. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière localisée au sein du département du Mayo-Tsanaga, précisément au cœur de l’arrondissement de Mokolo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et disjointe en deux enclaves territoriales distinctes séparées par l’aire hégémonique mafa de la ville de Mokolo (bien que le mefele couvre partiellement certains faubourgs de la cité), s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le mefele (proprement dit) : parlé par les clans du secteur méridional au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus étendu de la langue, s’organisant au sud et au sud-est de la ville de Mokolo. Ce dialecte se déploie le long de reliefs accidentés et de terrasses cultivées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages pivots de Sirak, Muhour, Mefele-Montagne, Gba-Mefele, Ldamtsai, Upai-Mefele, Zamay-Mefele et leurs espaces de piémont rattachés ;
• le shugule : parlé par la communauté établie au sein de l’enclave septentrionale dans la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus restreint de la langue, localisé de manière isolée à environ dix kilomètres au nord-ouest de Mokolo. Ce dialecte se déploie le long d’espaces géographiques de crêtes et de pentes de transition, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de concessions rurales englobant précisément les villages pivots de Sougoulé (Shugule), Sougoulé-Frontière, Malam-Shugule, Mavoumay, Wouro-Shugule et leurs petits hameaux de montagne interconnectés ;
– le mafa [183] : est la langue du peuple Mafa, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des hauts massifs montagneux, des reliefs escarpés et des plateaux volcaniques des monts Mandara. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière continue de vastes secteurs du département du Mayo-Tsanaga où elle s’impose de façon hégémonique depuis la ville de Mokolo jusqu’à la frange septentrionale du territoire. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement dense et s’articule à travers un vaste réseau de concessions traditionnelles réparties en trois dialectes interconnectés :
• le mokolo : parlé par les clans des massifs centraux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique constitue le cœur démographique de la langue, s’étendant de manière prépondérante dans l’arrondissement de Mokolo (y compris en zone urbaine) et se prolongeant activement dans l’arrondissement de Koza. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique de crêtes et de vallées cultivées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les centres-bourgs et villages pivots de Mokolo-Ville, Koza-Centre, Ldamtsai, Upai, Mafa-Koulda et leurs localités de piémont rattachées ;
• le magumaz : parlé par les communautés des reliefs occidentaux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique s’organise sur la bordure frontalière, s’étendant spécifiquement au nord-ouest de l’arrondissement de Mokolo. Ce dialecte se déploie le long d’espaces géographiques accidentés et de versants abrupts, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions russes englobant précisément les villages de Magoumaz, Ziver, Ouzal, Mofo-Magoumaz et leurs petits hameaux de montagne isolés ;
• le soulede : parlé par les clans des plateaux et collines nord-orientales au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Mayo-Tsanaga). Son aire d’expression historique dessine la portion septentrionale du pays mafa, s’étendant à la jonction des arrondissements de Soulédé-Roua et de Koza. Ce dialecte se déploie le long de reliefs adoucis et de plaines de culture de terrasse, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de chefferies traditionnelles secondaires englobant précisément les villages historiques de Soulédé-Centre, Roua, Goudour-Soulédé, Tchévi et leurs espaces agricoles rattachés ;
2.2.2.2. La sous-famille TCHADIQUE CENTRE EST
La sous-famille tchadique centre est représente l’un des ensembles linguistiques les plus denses et fragmentés des plaines sahéliennes et du bassin du lac Tchad au Cameroun. Elle se structure en cinq branches : la branche KADA, la branche MUNJUK, la branche YEDINA, la branche MANDAGE et la branche MIDA’A.
2.2.2.2.1. La branche KADA
Ce groupe de la sous-famille tchadique centre est se déploie de manière prédominante au sein des plaines, des denses zones de savane et des piémonts de transition des régions du Nord et de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la totalité de la frange septentrionale du département du Mayo-Louti et s’étendant vers les confins méridionaux du Diamaré et du Mayo-Kani. Son implantation historique s’enracine le long des bassins hydrographiques et des axes routiers régionaux, s’organisant de manière compacte au carrefour des aires culturelles des plaines sahéliennes et des reliefs de liaison. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de cantons et leurs systèmes de subsistance basés sur la riziculture, l’agriculture céréalière (mil, sorgho) et le petit élevage, combinés à d’intenses dynamiques d’échanges marchands. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une unique langue nationale : le kada
– le gédar [102] : langue du peuple Guidar, est parlé par une communauté d’agriculteurs sédentaires établie dans les plaines, savanes et piémonts de la zone frontalière entre le Cameroun et le Tchad. Son aire de diffusion s’étend de manière continue dans le département du Mayo-Louti (Région du Nord) et s’étire à l’est vers le Mayo-Kani (Région de l’Extrême-Nord). Géographiquement structuré par les axes d’échanges régionaux, son usage s’articule à travers deux grands secteurs interconnectés. Le secteur occidental s’organise dans le Nord autour de la grande chefferie et du carrefour routier de Guider (incluant Biou, Libé, Gara-Guider) tout en irriguant les concessions agricoles de Figuil (Lam, Bidzar, Mayo-Louti-Centre). À l’est, le secteur oriental se déploie le long de la plaine sahélienne de l’Extrême-Nord, dynamisé par les grands marchés de piémont et les concessions rurales des arrondissements de Kaélé (Lara, Gadas, Moussourtouk) et de Moutourwa (Midjivin, Louti, Goudour-Guidar).
2.2.2.2.2. La branche MUNJUK
Ce groupe de la sous-famille tchadique centre est se déploie de manière prédominante au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des plaines d’inondation du fleuve Logone et des zones lacustres de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la quasi-totalité du département du Mayo-Danay et s’étendant vers les départements du Logone-et-Chari et du Diamaré. Son implantation historique s’enracine le long de la frontière internationale avec le Tchad, s’organisant de manière compacte au carrefour des anciens systèmes de principautés fortifiées et des grands réseaux de pêche continentale. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires (marquées historiquement par les architectures de terre en obus), leurs systèmes de subsistance basés sur la pêche fluviale, la riziculture, l’agriculture céréalière de décrue (mouskouari) et d’intenses dynamiques d’échanges marchands transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une unique langue nationale : le munjuk.
– le munjuk [103] : est la langue du peuple Musgu (ou Mousgoum), une communauté d’agriculteurs sédentaires, de pêcheurs traditionnels et d’éleveurs historiquement établie au sein des vastes plaines sahéliennes de basse altitude, des plaines inondables du Logone et des zones argileuses du bassin du lac Tchad. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant de manière continue tout le nord du département du Mayo-Danay au sein des arrondissements de Maga, de Yagoua (Yele) et de Kaï-Kaï, tout en présentant des extensions denses dans les départements du Logone-et-Chari et du Diamaré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les cours d’eau, les digues de rétention halieutique et les grands marchés de poissons, s’articulant à travers un vaste réseau de concessions de rive réparti en deux dialectes interconnectés :
• le mpus : parlé par les clans des plaines inondables septentrionales au sein de la région de l’Extrême-Nord (départements du Mayo-Danay, du Logone-et-Chari et du Diamaré). Son aire d’expression historique s’organise le long du fleuve Logone, s’étendant depuis le pôle de Pouss vers les zones inondables du nord. Ce dialecte se déploie le long de reliefs adoucis et de plaines de digues, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément la ville de Pouss, les localités de Maga-Centre, Guirvidig, les secteurs de l’arrondissement de Zina et les concessions de l’arrondissement de Bogo ;
• le beege : parlé par les communautés des plaines inondables méridionales au sein de la région de l’Extrême-Nord (départements du Mayo-Danay, du Logone-et-Chari et du Diamaré). Son aire d’expression historique s’enracine au sud du bloc précédent, le long des zones hydrographiques frontalières. Ce dialecte se déploie le long de berges fluviales et de bas-fonds cultivés, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions de rive reliant précisément les villages pivots de Djafga, Begué, Kaï-Kaï-Ville, Tekélé ainsi que leurs espaces de pêche et de culture rattachés à travers les arrondissements de Zina et de Bogo.
2.2.2.2.3. La branche YEDINA
Ce groupe de la sous-famille tchadique centre est se déploie de manière prédominante au sein de l’espace insulaire, des archipels lacustres et des rives marécageuses du lac Tchad dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la frange la plus septentrionale du département du Logone-et-Chari. Son implantation historique s’enracine au carrefour des frontières internationales avec le Tchad, le Niger et le Nigeria, s’organisant de manière compacte autour des réseaux de navigation et des îles intérieures du bassin tchadien. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises insulaires sédentaires, leur maîtrise séculaire de la construction d’embarcations en eau douce, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur la pêche de grande eau, l’élevage de bovins (Kouri) adaptés aux milieux aquatiques et d’intenses dynamiques d’échanges marchands transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une unique langue nationale : le yedina.
– le yedina [104] : est la langue du peuple Yedina (ou Boudouma), une communauté de pêcheurs navigants et d’éleveurs traditionnellement établie au sein de l’espace insulaire, des archipels lacustres et des rives marécageuses du bassin du lac Tchad. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte et exclusive à l’extrême nord du département du Logone-et-Chari, spécifiquement au sein de l’arrondissement de Blangoua. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les réseaux de navigation et les îles intérieures du lac qui marquent la frontière internationale liquide avec le Tchad, le Niger et le Nigeria ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un vaste réseau de campements ruraux temporaires et de concessions insulaires sédentaires se concentrant précisément autour des villages de référence de Blangoua-Lac, Ngalia, Kofia, Kadjigalorum, Kinesserom, Koulfoua, Galaram ainsi que de leurs petits hameaux aquatiques et espaces de pêche directement rattachés.
2.2.2.2.4. La branche MIDA’A
Ce groupe de la sous-famille tchadique centre est se déploie de manière prédominante au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des vastes plaines d’inondation du fleuve Logone dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la portion centrale et méridionale du département du Logone-et-Chari. Son implantation historique s’enracine le long du réseau fluvial et de la frontière internationale avec le Tchad, s’organisant de manière compacte au carrefour des anciens systèmes de cités-états fortifiées de la confédération Sao. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures urbaines traditionnelles sédentaires régies par des sultanats historiques et de grandes chefferies de cantons, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture céréalière de décrue (mouskouari), le commerce fluvial, la pêche et le petit élevage. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de deux langues nationales distinctes : le jina et le majéra.
– le jina [261] : est la langue du peuple Jina, une communauté d’agriculteurs sédentaires, de pêcheurs traditionnels et d’éleveurs établie au sein des vastes plaines sahéliennes de basse altitude et des zones argileuses inondables de l’arrière-pays. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sud du département du Logone-et-Chari. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les zones de décrue et les couloirs de transhumance, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le jina (proprement dit) : parlé par les clans fondateurs et les lignages historiques au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Logone-et-Chari). Son aire d’expression historique constitue le cœur démographique de la langue, s’étendant de manière continue dans la portion centrale et méridionale de l’arrondissement éponyme. Ce dialecte se déploie le long des plaines d’inondation, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Zina-Ville, Laha, Jina-Plaine, Gamsé et leurs localités rurales rattachées ;
• le muhule : parlé par les communautés des secteurs septentrionaux au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Logone-et-Chari). Son aire d’expression historique s’organise de manière plus restreinte sur les terres fermes et les bourrelets de berges, s’étendant à la jonction frontalière dans la portion nord de l’arrondissement de Logone-Birni. Ce dialecte se déploie le long de savanes arbustives et de terroirs de piémont, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de concessions rurales englobant précisément les villages de Muhule-Centre, Madiako, Walam, Kala-Kafra et leurs petits hameaux rattachés ;
– le majéra [262] : est la langue du peuple Majera, une communauté d’agriculteurs sédentaires, de pêcheurs traditionnels et d’éleveurs établie au sein des vastes plaines sahéliennes de basse altitude et des plaines d’inondation du fleuve Logone. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte à la frontière des départements du Logone-et-Chari et du Mayo-Danay, précisément à l’extrémité méridionale de l’arrondissement de Logone-Birni au sein de l’arrondissement de Zina. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les cours d’eau frontaliers et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions traditionnelles de rive et de hameaux de culture, se concentrant précisément autour du village de référence de Majéra ainsi que des localités pivots de Majéra-Fluvial, Gamsé-Majéra, Diagari, Laha-Majéra et de leurs espaces agricoles rattachés.
2.2.2.2.5. La branche MANDAGE
La sous-branche mandage représente l’un des ensembles linguistiques les plus denses et fragmentés du bassin sahélien de l’Extrême-Nord du Cameroun. Elle se structure en deux sous-branches : la sous-branche MANDAGE SUD et la sous-branche MANDAGE NORD.
2.2.2.2.5.1. Le groupe MANDAGE SUD
Ce groupe de la branche mandage se déploie de manière prédominante au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des plaines d’inondation du fleuve Logone dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la portion centrale et méridionale du département du Logone-et-Chari. Son implantation historique s’enracine le long du réseau fluvial et de la frontière internationale avec le Tchad, s’organisant de manière compacte au carrefour des anciens systèmes de cités-états fortifiées de la confédération Sao. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures urbaines traditionnelles sédentaires régies par des sultanats historiques et de grandes chefferies de cantons, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture céréalière de décrue (mouskouari), le commerce fluvial, la pêche et le petit élevage. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de deux langues nationales distinctes : le lagwan et le msér.
– le lagwan [271] : est la langue du peuple Lagwan, une communauté d’agriculteurs sédentaires, de pêcheurs et de commerçants traditionnellement établie au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des plaines d’inondation du fleuve Logone. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au cœur du département du Logone-et-Chari, précisément dans la portion centrale et septentrionale de l’arrondissement de Logone-Birni. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le réseau fluvial et s’étend à l’ouest du lit majeur du fleuve Logone jusqu’à la frontière nigériane ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau séculaire de cités traditionnelles sédentaires et de campements de pêcheurs se concentrant précisément autour du grand sultanat historique de Logone-Birni, ainsi que des villages pivots de Logone-Gana, Madiako, Walam, Kala-Kafra, Gamsé, Diagari et de leurs espaces agricoles et fluviaux rattachés ;
– le msér [272] : est la langue du peuple Mser, une communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants traditionnellement établie au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des zones de confluence fluviale. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au nord du département du Logone-et-Chari, précisément au cœur de l’arrondissement de Kousséri et s’étendant vers la frange septentrionale de l’arrondissement de Logone-Birni. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le carrefour d’échanges avec la capitale tchadienne (N’Djaména, ancienne Fort-Lamy) et s’articule de façon unie autour d’un réseau séculaire de cités fortifiées et de concessions urbaines, se concentrant précisément autour du grand sultanat historique de Kousséri ainsi que des villages pivots de Malia, Farcha-Kotoko, Kala-Maloum, Am-Sindir et de leurs espaces agricoles rattachés.
2.2.2.2.5.2. Le groupe MANDAGE NORD
Ce groupe de la branche mandage se déploie de manière prédominante au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des plaines argileuses inondables du bassin du lac Tchad dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la portion septentrionale du département du Logone-et-Chari. Son implantation historique s’enracine le long des réseaux hydrographiques et de la frontière internationale avec le Nigeria et le Tchad, s’organisant de manière compacte au carrefour des anciens systèmes de cités-états fortifiées de la confédération Sao. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures urbaines traditionnelles sédentaires régies par des sultanats historiques et de grandes chefferies de cantons, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture céréalière de décrue (mouskouari), le commerce transfrontalier, la pêche de grande eau et l’élevage bovin. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de quatre langues nationales distinctes : l’afadé, le maslam, le malgbe et le mpadé.
– l’afade [281] : est la langue du peuple Afade, une communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants traditionnellement établie au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des plaines argileuses inondables du bassin du lac Tchad. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au nord du département du Logone-et-Chari, précisément dans la portion méridionale de l’arrondissement de Makari et débordant légèrement vers les franges limitrophes de l’arrondissement de Logone-Birni. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les anciens réseaux des cités Sao et s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions urbaines et de hameaux ruraux, se concentrant précisément autour du grand centre-bourg historique d’Afadé ainsi que des villages pivots de Malia, Kala, Farcha-Afadé, Am-Sindir et de leurs espaces agricoles de décrue rattachés ;
– le maslam [282] : est la langue du peuple Maslam, une communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants traditionnellement établie au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des plaines argileuses du bassin du lac Tchad. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au cœur du département du Logone-et-Chari, à l’intersection des réseaux d’échanges routiers et fluviaux de la plaine sahélienne. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les anciens centres de peuplement et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le maslam (proprement dit) : parlé par les clans fondateurs au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Logone-et-Chari). Son aire d’expression historique constitue le cœur culturel de la communauté, se déployant le long de la grande plaine herbeuse, où son usage s’articule de façon unie autour de la chefferie et du grand centre-bourg traditionnel de Maltam, englobant les localités de Maltam-Sultanat, Maltam-Escale, Ngama et de leurs petits hameaux agricoles rattachés ;
• le sahu : parlé par les lignages des secteurs méridiens au sein de la région de l’Extrême-Nord (département du Logone-et-Chari). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus éclaté de la langue, s’étendant à la fois dans la portion méridionale de l’arrondissement de Makari, tout en débordant activement vers le sud et l’est le long du réseau traditionnel des arrondissements de Goulfey et de Kousséri, s’exprimant précisément à travers les villages pivots de Sahu-Makari, Walia, Kala-Sahu, Farcha-Sahu, Am-Sindir et de leurs concessions rurales interconnectées ;
– le malgbe [283] : est la langue du peuple Malgbe, une communauté d’agriculteurs sédentaires, de pêcheurs traditionnels et de commerçants établie au sein des vastes plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des plaines d’inondation du fleuve Chari. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au nord-est du département du Logone-et-Chari, précisément au cœur de l’arrondissement de Goulfey et s’étendant de façon continue à travers toute sa portion méridionale. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le cours d’eau transfrontalier et s’articule de façon unie à travers un réseau séculaire de cités fortifiées et de concessions de rive, se concentrant précisément autour du grand sultanat historique de Goulfey-Ville, ainsi que des villages pivots de Goulfey-Gana, Mara, Kabetoua, Doli, Amdourman, Degaya, Séguelé et de leurs espaces fluviaux et agricoles rattachés le long du Chari ;
– le mpadé [284] : est la langue du peuple Mpade, une communauté d’agriculteurs sédentaires, de pêcheurs de grande eau et de commerçants transfrontaliers traditionnellement établie au sein des vastes plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arbustives et des plaines argileuses du bassin du lac Tchad. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte et continue à travers toute l’extrémité nord du département du Logone-et-Chari, dans une zone directement voisine des rives du lac. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement étendue et s’articule de façon unie à travers un vaste réseau de sultanats historiques, de cités fortifiées et de concessions de rive qui innervent plusieurs circonscriptions, s’exprimant précisément dans la portion septentrionale de l’arrondissement de Makari (autour du grand sultanat historique de Makari-Ville, de Bodo, de Woulki et de Sgoulba), dans l’intégralité des arrondissements de Fotokol (autour des villages pivots de Fotokol-Centre, Sagme et Soueram) et de Hilé-Alifa (autour des localités de Hilé-Alifa, Ngouma et Blangoua-Sud), tout en s’étendant le long du réseau traditionnel du nord de l’arrondissement de Goulfey (à travers les communautés de Goulfey-Gana et de Kabetoua).
2.2.3. La famille TCHADIQUE SUD
Ce groupe de la famille afro-asiatique se déploie de manière prédominante au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des plaines d’inondation du fleuve Logone et des vastes plaines herbeuses de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la totalité du département du Mayo-Danay et s’étendant vers les confins orientaux du Diamaré. Ce groupe est représenté par une unique branche nationale : la branche MASANA.
2.2.3.1. La branche MASANA
Ce groupe de la famille tchadique sud se déploie de manière prédominante au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arborées et des vastes plaines d’inondation du fleuve Logone dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la totalité du département du Mayo-Danay et s’étendant vers les confins orientaux du Diamaré. Son implantation historique s’enracine le long du réseau fluvial et de la frontière internationale avec la République du Tchad, s’organisant de manière compacte au carrefour des grands axes d’échanges du bassin du Mayo-Kebbi. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires, leur maîtrise séculaire de l’agriculture céréalière de décrue, l’élevage de gros bétail et la pêche de rive, combinés à de fortes mobilités et dynamiques culturelles transfrontalières. Ce sous-groupe se structure directement sur le terrain en deux groupes distincts : le groupe MASANA SUD et le groupe MASANA NORD.
2.2.3.1.1. Le groupe MASANA NORD
Rattaché à la branche méridionale de la famille afro-asiatique, cet ensemble linguistique constitue une entité territoriale et culturelle de premier plan dans les plaines d’inondation de la vallée du Logone. Sa présence au Cameroun est intimement liée à l’histoire des peuples d’agriculteurs, de pêcheurs et de grands éleveurs de bétail du fleuve, aux dynamiques d’échanges du bassin du Mayo-Danay ainsi qu’aux mobilités transfrontalières séculaires avec la république du Tchad. Ce sous-groupe se structure directement sur le terrain en trois langues interconnectées : le masana, le zumaya et le museyna.
– le masa [291] : est la langue du peuple Masa, une communauté d’agriculteurs sédentaires, de pêcheurs traditionnels et d’éleveurs historiquement établie au sein des plaines sahéliennes de basse altitude et des plaines d’inondation du fleuve Logone. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière dense et continue dans toute la portion méridionale du département du Mayo-Danay, à travers les arrondissements de Yagoua, de Kalfou, de Wina, de Vélé (Yele) et de Guéré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le réseau hydrographique et s’articule à travers un vaste réseau de concessions de rive réparti en deux dialectes interconnectés :
• le masa-centre : parlé par les clans sédentaires le long du lit majeur du fleuve Logone (département du Mayo-Danay). Son aire d’expression historique s’étire de façon linéaire le long de la frontière tchadienne, s’articulant du nord au sud autour de quatre parlers locaux interconnectés :
o le yagwa : usité de manière prépondérante au sein de la commune de Yagoua-Centre, s’étendant à travers les villages de Danay, Ndanzo, Toukou et leurs espaces de culture rattachés.Le domo : usité le long des berges fluviales autour du village pivot de Domo, incluant les localités de Domo-Masa, Miogaye et leurs campements de pêche ;
o le walya : usité dans la zone d’inondation frontalière autour des villages de Walya, Goumadji, Bongor-Cameroun et leurs bas-fonds rizicoles rattachés ;
o le bugudum : usité à l’extrémité sud du bloc fluvial autour du village de référence de Bougoudoum, incluant les localités de Djong, Kossa et leurs espaces de rive ;
• le masa-ouest : parlé par les communautés de l’arrière-pays et des plaines herbeuses occidentales (département du Mayo-Danay). Son aire d’expression historique s’organise à distance du fleuve, s’articulant autour de deux parlers principaux :
o le viri : usité au sein de l’arrondissement de Wina, se concentrant précisément autour des villages pivots de Wina-Centre, Djong, Bosgwa et leurs concessions agricoles de plaine ;
o le gizay : usité au sein de l’arrondissement de Guéré, englobant les structures villageoises et territoriales de Guéré-Ville, Gounou, Kalfou-Gizay et leurs terroirs pastoraux ;
– le zumaya [292] : est la langue du peuple Zumaya, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des plaines sahéliennes de piémont. Au Cameroun, son implantation historique s’organise au cœur de la région de l’Extrême-Nord, se déployant de manière extrêmement localisée au sein du département du Diamaré, précisément à la frontière orientale de l’arrondissement de Maroua en direction de la commune de Bogo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement restreinte et résiduelle ; son aire d’expression s’articule de façon unie autour d’un réseau très limité de concessions rurales et de hameaux de plaine, se concentrant précisément le long de l’axe routier régional autour de la localité de Ouro-Lamordé au sein du canton historique d’Ouro-Zangui, où elle est désormais considérée comme moribonde ou éteinte face à l’hégémonie linguistique absolue du fulfulde ;
– le musey [293] : est la langue du peuple Musey, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des plaines sahéliennes de la zone de transition orientale. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Danay, précisément à l’est de la localité de Guéré dans la portion méridionale de son arrondissement. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par la ligne frontalière et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions traditionnelles et de hameaux de plaine englobant précisément les villages pivots de Gounou, Kalfou-Gizay, Guéré-Est, Gounou-Gaya, Gobo, Dom, Gisey et leurs espaces agricoles rattachés, en continuité directe avec l’aire linguistique musey de la république du Tchad voisine ;
2.2.3.1.2. Le groupe MASANA SUD
Ce groupe de la branche masana se déploie de manière prédominante au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes arborées et des denses réseaux hydrographiques frontaliers à la frontière des régions du Nord et de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la frange méridionale du département du Mayo-Danay et s’étendant largement vers les départements de la Bénoué et du Mayo-Rey. Son implantation historique s’enracine le long des lignes de démarcation fluviales, s’organisant de manière compacte au carrefour des axes de contact avec les populations de l’arrière-pays et les complexes linguistiques de la république du Tchad. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des blocs claniques autonomes, ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture céréalière, la pêche continentale et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou migratoires transfrontaliers. Ce sous-groupe se structure directement sur le terrain autour d’une seule et unique langue nationale : le zime.
– le zime [294] : est la langue du peuple Zime, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des plaines, des denses zones de savane et des bassins hydrographiques de la zone frontalière. Au Cameroun, son implantation historique s’organise au cœur de la région du Nord, se déployant de manière prépondérante le long de la frontière tchadienne au sein du département de la Bénoué et du département du Mayo-Rey. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le réseau fluvial et les aires protégées, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en trois dialectes interconnectés :
• le peve : parlé par les clans du secteur septentrional à cheval sur l’arrondissement de Bibemi (département de la Bénoué) et l’arrondissement de Rey-Bouba (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression s’organise le long de plaines de culture et de reliefs de transition, où son usage s’articule de façon unie autour des villages pivots de Bibemi-Centre, Gounou, Louti, Minda et leurs espaces de culture rattachés ;
• le taari : parlé par les communautés du secteur central au sein de l’arrondissement de Rey-Bouba (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression historique s’enracine à l’ouest du Parc National de Bouba-Ndjida, se déployant le long de savanes arborées et de terroirs agricoles traditionnels où son usage s’articule de façon unie autour des villages pivots de Rey-Bouba-Ville, Gambala, Mayo-Louti-Sud, Tchévi et leurs concessions rurales interconnectées ;
• le lame : parlée par les lignages du secteur oriental au sein de l’arrondissement de Rey-Bouba (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression historique se localise à l’est du Parc de Bouba-Ndjida, dans la région de Djibao (dzipao). Ce dialecte se déploie le long d’espaces de piémont et de plaines de chasse, où son usage s’articule de façon unie autour des villages pivots de Djibao-Centre, Dzipao-Massif, Koum, Wouro-Lamé et leurs petits hameaux agricoles directement rattachés ;
2.2.4. La famille TCHADIQUE EST
Rattaché à la famille afro-asiatique, cet ensemble linguistique constitue une entité territoriale et culturelle hautement singulière, profondément ancrée dans les savanes semi-arides, les massifs résiduels et les zones d’inondation transfrontalières du bassin moyen du Chari. Sa présence au Cameroun est intimement liée à l’histoire des petits groupes de réfugiés et de migrants, aux dynamiques d’alliances pastorales et de commerce nomade des plaines orientales ainsi qu’aux mobilités frontalières intenses le long du fleuve Logone. Cette branche se structure officiellement autour d’une branche de langue : la branche KWANG.
2.2.5.1. La branche KWANG
Ce groupe de la sous-famille tchadique est se déploie de manière prédominante au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des savanes semi-arides et des zones de piémont de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, occupant la portion sud-orientale du département du Mayo-Danay. Son implantation historique s’enracine le long du fleuve Logone et de la frontière internationale avec la République du Tchad, s’organisant de manière compacte au carrefour des grands axes migratoires et des réseaux d’échanges du bassin du Mayo-Kebbi. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires, leur maîtrise séculaire de l’agriculture céréalière de décrue, le petit élevage de caprins et d’intenses dynamiques de pêche fluviale ou de mobilités transfrontalières à forte valeur économique et culturelle. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par une seule et unique langue nationale : le kera.
– le kera [105] : est la langue du peuple Kera, une communauté d’agriculteurs sédentaires et de pêcheurs traditionnellement établie au sein des savanes semi-arides, des plaines d’inondation et des zones de piémont transfrontalières. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière discontinue à travers de petits groupes isolés et dispersés dans la portion méridionale du département du Mayo-Danay au sein de l’arrondissement de Wina, tout en présentant des enclaves de peuplement dans le département du Diamaré au sein de l’arrondissement de Ndoukoula. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée ; son noyau principal et le plus compact se concentre à proximité immédiate de la frontière tchadienne, juste au sud de la localité de Viri, s’articulant de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément les villages pivots de Wina-Kera, Viri-Sud, Gounou-Kera, Kera-Frontière, Mogrom-Kera, Djong-Kera et leurs espaces agricoles et fluviaux rattachés.
3. Le phylum NIGER-KORDOFAN
Ce phylum se déploie de manière prédominante à travers les denses massifs forestiers, les savanes arbustives, les hauts plateaux de l’Ouest et les plaines sahéliennes du Cameroun, constituant le bloc linguistique le plus vaste, le plus dense et le plus complexe du patrimoine national. Sur le plan de la classification générale, ce phylum se divise en deux grands sous-phylums : le sous-phylum NIGER-CONGO (le seul sous-phylum représenté sur le territoire du Cameroun) et le sous-phylum KORDOFANIEN (exclusivement localisé dans la région du Kordofan au Soudan et totalement absent de l’aire de peuplement d’Afrique centrale).
3.1. Le sous-phylum NIGER-CONGO
Ce sous-phylum se déploie de manière prédominante à travers l’ensemble des zones éco-géographiques du Cameroun, s’étendant des savanes sahéliennes septentrionales jusqu’aux denses massifs forestiers méridionaux. Son implantation historique structure la quasi-totalité des mosaïques culturelles du pays, s’organisant de manière compacte au carrefour des grandes vagues migratoires et des dynamiques de peuplement de l’Afrique subsaharienne. Ce sous-phylum est représenté au Cameroun une multitude langues nationales distinctes, réparties en trois grandes familles linguistiques : la famille OUEST-ATLANTIQUE, la famille ADAMAWA-OUBANGUIEN et la famille BENOUÉ-CONGO.
3.1.1. La famille OUEST-ATLANTIQUE
Rattaché au sous-phylum des langues Niger-Congo, cet ensemble linguistique constitue une entité territoriale et culturelle, profondément ancrée dans l’histoire des mobilités pastorales et de la diffusion de l’islam en Afrique subsaharienne. Sa présence au Cameroun est intimement liée à l’histoire des grandes migrations des éleveurs nomades et des commerçants transfrontaliers, aux dynamiques d’intégration socio-économique dans les savanes et les plateaux de l’Adamaoua, ainsi qu’à la constitution d’un puissant réseau d’échanges interethniques à travers tout le territoire national. Cette famille linguistique se structure officiellement au Cameroun autour d’une seule et unique langue noyau caractérisée par une hégémonie véhiculaire absolue, une vitalité démographique exceptionnelle et une extension géographique transnationale : le fulfulde.
– le fulfulde [001] : est la langue du peuple Peul (ou Fulbé), une communauté d’éleveurs pastoraux, d’agriculteurs et de commerçants historiquement liée à l’expansion des lamidats et des chefferies théocratiques au sein des savanes et des plateaux septentrionaux. Au Cameroun, son implantation historique constitue la principale langue véhiculaire et transfrontalière du grand Septentrion, s’étendant de manière continue à travers les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les axes de transhumance et les centres urbains historiques, s’articulant à travers un vaste réseau de concessions traditionnelles et de lamidats réparti en trois grands dialectes interconnectés :
• le fuunaangere (« peul de l’Est », ou peul de Maroua) : parlé par les communautés des plaines sahéliennes et des piémonts septentrionaux au sein de la région de l’Extrême-Nord. Son aire d’expression historique s’organise autour des grands réseaux de marchés de bétail et s’articule de façon unie à travers le département du Diamaré (Maroua, Bogo, Gari, Pette), le département du Mayo-Danay (Yagoua, Kalfou, Yele), le département du Mayo-Tsanaga (Mokolo) et le département du Mayo-Kani (Mindif, Moulvouday, Guidigis, Kaélé) ;
• le hiirnaangere (« peul de l’Ouest », ou peul de Garoua) : parlé par les clans des grandes vallées fluviales et des plaines arbustives au sein de la région du Nord. Son aire d’expression historique s’enracine le long du bassin de la Bénoué et s’articule de façon unie à travers le département du Mayo-Louti (Figuil), le département de la Bénoué (Dembo, Garoua, Pitoa, Bibemi, Tcheboa, Lagdo), le département du Mayo-Rey (Rey-Bouba) et le département du Faro (Béka) ;
• le hooseere (« peul de la montagne ») : parlé par les pasteurs des hauts plateaux et des zones d’altitude au sein de la région de l’Adamaoua. Son aire d’expression historique couvre l’intégralité du plateau de l’Adamaoua, s’articulant de façon unie autour des centres principaux de Ngaoundéré, Banyo, Tibati et Meiganga, et englobant le département du Faro-et-Déo (Galim-Tignère, Tignère), le département de la Vina (Ngaoundéré), le département du Mbéré (Meiganga, Djohong, Dir), le département du Djerem (Tibati) et le département du Mayo-Banyo (Banyo, Bankim).
3.1.2. La famille ADAMAWA-OUBANGUIEN
La famille adamawa-oubanguien représente l’une des familles linguistiques les plus diversifiées et étendues de la région de l’Adamaoua et du Nord du Cameroun. Il se structure en deux sous-familles : la sous-famille ADAMAOUA et la sous-famille OUBANGUIENNE.
3.1.2.1. La sous-famille ADAMAOUA
Ce groupe de la famille adamawa-oubanguienne se déploie de manière prédominante au sein des hauts plateaux d’altitude, des denses zones de savane et des reliefs accidentés des régions de l’Adamaoua et du Nord au Cameroun, occupant la quasi-totalité des départements de la Vina, du Faro-et-Déo, du Faro et du Mayo-Rey. Son implantation historique s’enracine le long des grands réseaux hydrographiques de la haute Bénoué, du Faro et de la Vina, s’organisant de manière compacte au carrefour des anciens systèmes de chefferies traditionnelles et des lamidats sahéliens. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises sédentaires, leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture céréalière de savane (maïs, mil, sorgho), l’élevage bovin et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou de transhumance. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par plusieurs langues nationales distinctes, officiellement réparties en sept branches de langues : la branche SAMBA, la branche DAKA, la branche KOBO-DII, la branche MUMUYE, la branche MBUM, la branche FALI, la branche NIMBARI et le groupe des langues isolées.
3.1.2.1.1. La branche SAMBA
Rattaché à la branche de l’Adamaoua de la famille nigéro-congolaise, cet ensemble linguistique constitue une entité territoriale et culturelle hautement spécialisée des savanes arborées d’altitude et des contreforts montagneux transfrontaliers. Sa présence au Cameroun est intimement liée à l’histoire des chefferies guerrières et des groupes de cultivateurs de montagne, aux dynamiques d’échanges du bassin du Faro ainsi qu’aux fortes mobilités économiques et de parenté avec la république fédérale du Nigeria. Ce groupe se structure directement sur le terrain autour d’une seule et unique langue noyau caractérisée par une forte cohésion structurale et une extension frontalière majeure : le samba.
– le samba [300] : est la langue du peuple Samba (ou Chamba), une communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de guerriers historiquement liée à de puissantes chefferies traditionnelles et à de vastes réseaux migratoires transfrontaliers. Au Cameroun, son implantation historique présente une configuration géographique unique et éclatée, caractérisée par une disjonction territoriale majeure d’environ 400 kilomètres entre son foyer originel des savanes septentrionales et des enclaves méridionales de type Grassfields. Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles et de chefferies autonomes réparti en cinq dialectes interconnectés :
• le samba leeko : parlé par les clans pivots du berceau historique au sein de la région du Nord (département du Faro). Son aire d’expression s’organise de manière compacte dans l’espace géographique délimité par les monts Alantika d’une part, le fleuve Faro et le Mayo-Déo de l’autre, s’étendant spécifiquement dans la portion méridionale de l’arrondissement de Béka. Ce dialecte s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Laro, Bantadjé, Kobi et leurs espaces agricoles rattachés ;
• le deenu : parlé par les communautés des contreforts montagneux au sein de la région du Nord (département du Faro). Son aire d’expression s’enracine parallèlement au flanc des monts Alantika, s’étendant également dans la portion sud de l’arrondissement de Béka. Ce dialecte se déploie le long de reliefs accidentés, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages de Deenu-Massif, Voko-Samba, Kosséla et leurs petits hameaux de culture rattachés ;
• le bangla : parlé par les lignages des vallées fluviales au sein de la région du Nord (département du Faro). Son aire d’expression dessine les plaines d’inondation situées entre les monts Alantika, le Faro et le Mayo-Déo, localisée dans le sud de l’arrondissement de Béka. Ce dialecte se déploie le long des rives et des terroirs de savane, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Bangla-Centre, Gounou-Samba, Mayo-Déo-Rive et leurs plaines de culture interconnectées ;
• le wangai : parlé par les clans de la frontière internationale au sein de la région du Nord (département du Faro). Son aire d’expression constitue le point de contact direct avec le Nigeria, s’étendant à l’extrême sud-ouest de l’arrondissement de Béka, toujours enclavé entre les monts Alantika, le Faro et le Mayo-Déo. Ce dialecte se déploie le long des voies de passage et des lignes de crête, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel centré sur le poste-frontière et le village pivot de Wangai, incluant ses quartiers et extensions agricoles rattachés ;
• le daganjonga : parlé par les communautés issues de la grande migration historique des cavaliers chamba au XIXe siècle, installées au sein de la région du Nord-Ouest. Son aire d’expression constitue une enclave linguistique singulière et totalement disjointe, située à plus de 400 kilomètres des monts Alantika, en périphérie de la plaine de Ndop. Ce dialecte se déploie au sein des hauts plateaux, où son usage s’articule de façon unie autour de grandes chefferies traditionnelles de premier ordre (fondoms) englobant précisément les villages et chefferies de Balikumbat, Baligasim, Baligashu (arrondissement de Balikumbat, département de Ngoketunjia) ainsi que le village de Baligam (arrondissement de Santa, département de la Mezam).
3.1.2.1.2. La branche DAKA
Sa présence au Cameroun est intimement liée à l’histoire des chefferies guerrières et des groupes de cultivateurs de montagne, aux dynamiques d’échanges du bassin du Faro ainsi qu’aux fortes mobilités économiques et de parenté avec la république fédérale du Nigeria. Ce groupe se structure directement sur le terrain autour d’une seule et unique langue noyau caractérisée par une forte cohésion structurale et une extension frontalière majeure : le daga-mumi.
– le daga-mumi : est la langue du peuple Daka (ou Chamba Daka), une communauté historiquement agricole et de montagne, partageant une parenté culturelle étroite avec les Samba Leko mais s’en distinguant radicalement sur le plan linguistique. Sur le plan territorial, cette langue présente une situation tout à fait particulière puisque les enquêtes de l’ALCAM ont révélé qu’il n’existe aucun village sédentaire ni communauté stable de locuteurs natifs établis de manière permanente sur le territoire national, son aire de diffusion historique se situant exclusivement de l’autre côté de la frontière, au sein de l’État d’Adamawa en République fédérale du Nigeria. Au Cameroun, sa présence se limite ainsi à des mobilités individuelles et temporaires liées aux marchés, à la transhumance ou aux liens de parenté, qui s’infiltrent discrètement le long de la ligne frontalière de l’arrondissement de Beka, dans le département du Faro, au sein de la région du Nord.
3.1.2.1.3. La branche KOBO-DII
Cet ensemble linguistique de l’Adamaoua central se déploie de manière prédominante au sein des départements du Faro, de la Bénoué et de la Vina dans les régions du Nord et de l’Adamaoua du Cameroun. Son implantation historique s’étend des plaines de la haute Bénoué septentrionales jusqu’aux contreforts occidentaux des monts Alantika et des plateaux de l’Adamaoua. Ce groupe se partitionne sur le terrain en deux groupes : le groupe KOBO-DII SUD et le groupe KOBO-DII NORD.
3.1.2.1.3.1. Le groupe KOBO-DII SUD
Rattaché à la sous-famille de l’Adamaoua du sous-phylum nigéro-congolais, cet ensemble linguistique constitue une entité territoriale et culturelle de premier plan dans les zones montagneuses, les piémonts et les vallées du bassin de la Vina. Sa présence au Cameroun est intimement liée à l’histoire des peuples d’agriculteurs, de chasseurs et de grands cultivateurs de plaine du plateau de l’Adamaoua, aux dynamiques d’échanges de la haute Bénoué ainsi qu’aux mobilités transfrontalières séculaires avec la république fédérale du Nigeria. Ce sous-groupe se structure directement sur le terrain en quatre langues interconnectées : le peere, le duupa, le dugun et le dii.
– le peere [302] : est la langue du peuple Peere, une communauté d’agriculteurs sédentaires et d’éleveurs traditionnellement établie au sein des zones de savane, des denses vallées fluviales et des plaines de piémont qui bordent la falaise de l’Adamaoua. Au Cameroun, son implantation historique s’organise de manière prépondérante dans la région de l’Adamaoua, s’étendant à travers le nord-ouest du département du Faro-et-Déo, tout en présentant des ramifications continues vers les départements de la Vina et du Mayo-Banyo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les axes fluviaux et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en trois dialectes interconnectés :
• le peere muure : parlé par les clans pivots du berceau septentrional au sein de la région de l’Adamaoua (département du Faro-et-Déo). Son aire d’expression historique s’organise de manière compacte au nord-ouest de la commune de Tignère, couvrant l’intégralité de l’arrondissement de Mayo-Baléo. Ce dialecte se déploie le long des plaines de culture et des terroirs de savane, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages pivots de Gadjiwan, Aimé, Mayo-Baléo-Centre, Dode, Karnou et leurs espaces agricoles rattachés ;
• le zongbi : parlé par les communautés des plaines orientales au sein de la région de l’Adamaoua (département de la Vina). Son aire d’expression historique s’étire au sud-est de la ville de Tignère, s’organisant à la lisière des axes pastoraux. Ce dialecte se déploie le long de collines adoucies et de bas-fonds de culture, où son usage s’articule de façon unie au sein de l’arrondissement de Ngaoundéré autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages pivots de Djombi, Wouro-Zónbi, Sassa-Mbersi, Ngaouyanga ainsi que leurs petits hameaux environnants ;
• le dan muure : parlé par les lignages du secteur méridional au sein de la région de l’Adamaoua (département du Mayo-Banyo). Son aire d’expression historique constitue la frange la plus australe de la langue, s’enracinant de manière localisée au nord-est de la ville de Banyo. Ce dialecte se déploie le long d’espaces géographiques de transition et de collines cultivées, où son usage s’articule de façon unie au sein de l’arrondissement de Banyo autour d’un réseau traditionnel reliant précisément les localités de Sambolabo, Gandi, Banyo-Nord, Mba-Peere et les petits espaces agricoles directement rattachés ;
– le duupa [330] : est la langue du peuple Duupa, une communauté traditionnellement établie au sein des reliefs accidentés et des zones de piémont du massif et des monts Vokré. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région du Nord, s’organisant à l’origine de manière regroupée au sein des montagnes situées à l’est de la localité de Poli, dans le département du Faro. Sur le terrain, l’usage de la langue présente aujourd’hui une configuration géographiquement transformée par une dynamique migratoire majeure ; la grande majorité de sa population locutrice est descendue des massifs montagneux pour s’établir durablement en zone de plaine. Ce nouveau noyau de peuplement se concentre désormais de façon linéaire le long d’un axe routier stratégique, s’articulant de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément les villages pivots de Mango, Mberic, ainsi que les espaces de peuplement rattachés aux secteurs de Bimlerou, Balengi ou Gbakipa, le long de la voie reliant l’intersection de Lobi — carrefour routier majeur sur l’axe Ngaoundéré-Garoua — à la ville de Poli ;
– le dugun [341] : est la langue du peuple Dugun, également désigné sous le nom de Pa’no, une communauté traditionnellement établie au sein des plaines de la haute vallée de la Bénoué et des zones de piémont. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière discontinue à cheval sur deux circonscriptions administratives majeures. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement étirée vers le sud-est de la localité de Poli ; son noyau principal et le plus compact se concentre dans le département du Faro au sein de l’arrondissement de Poli, tout en présentant des enclaves de peuplement dans le département de la Bénoué au sein de l’arrondissement de Lagdo. Cet espace de peuplement s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément les villages pivots de Gounougou, Lagdo-Dugun, Poli-Saa, ainsi que les communautés de Gouna et leurs espaces agricoles et fluviaux rattachés ;
– le dii [342] : est la langue du peuple Dii, une communauté d’agriculteurs sédentaires et d’artisans traditionnellement établie au sein des vastes plaines arbustives, des bassins hydrographiques et des piémonts de transition qui s’étendent au pied de la falaise de l’Adamaoua. Au Cameroun, son implantation historique constitue l’un des blocs linguistiques les plus étendus des savanes de liaison, couvrant une grande partie des plaines de la Bénoué réparties de manière continue entre la région du Nord (département du Mayo-Rey) et la région de l’Adamaoua (département de la Vina). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les lits majeurs des rivières et les dynamiques de peuplement de piémont, s’articulant à travers un vaste réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le nyok : parlé par les clans pivots des massifs et des zones de transition d’altitude (départements du Mayo-Rey et de la Vina). Son aire d’expression historique s’organise le long des reliefs de la Falaise et s’étend vers la haute Vina au sein de l’arrondissement de Mbé et de l’arrondissement de Ngaoundéré (notamment sur le plateau de Nganha). Ce dialecte, qui conserve une forte charge ésotérique et rituelle, est considéré par les autres locuteurs dii comme une langue secrète. Son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages pivots de Mbé-Centre, Nganha, Gouache, Wouro-Doni et leurs hameaux de crête rattachés ;
• le goom : parlé par les communautés des grandes plaines alluviales et des bassins hydrographiques inférieurs (départements du Mayo-Rey et de la Bénoué). Son aire d’expression historique se concentre à l’est de la localité de Poli, se déployant le long des plaines fertiles du Mayo-Sala et du Mayo-Rey au sein de l’arrondissement de Tcholliré, tout en remontant vers les terres de la haute Bénoué au sein de l’arrondissement de Lagdo. Ce dialecte se déploie le long de terroirs agricoles séculaires, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales reliant précisément les villages pivots de Tcholliré-Ville, Gambala, Mayo-Sala-Centre, Lagdo-Samba et leurs espaces de culture interconnectés
3.1.2.1.3.2. Le groupe KOBO-DII NORD
Rattaché à la sous-famille de l’Adamaoua du sous-phylum nigéro-congolais, cet ensemble linguistique constitue une entité territoriale et culturelle de premier plan dans les zones montagneuses, les piémonts et les vallées du bassin du Faro. Sa présence au Cameroun est intimement liée à l’histoire des peuples d’agriculteurs, de chasseurs et de grands cultivateurs de montagne des monts Alantika, aux dynamiques d’échanges de la haute Bénoué ainsi qu’aux mobilités transfrontalières séculaires avec la république fédérale du Nigeria. Ce sous-groupe se structure directement sur le terrain en six langues interconnectées : le longto, le doayo, le kobo, le koma, le gimnime et le kompana.
– le doayo [303] : est la langue du peuple Doayo, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des massifs rocheux, des éperons granitiques et des plaines de piémont. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Faro, précisément dans la portion septentrionale de l’arrondissement de Poli, tout en présentant des extensions vers le département de la Bénoué. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par le contraste entre le relief et les zones basses, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le marke : parlé par les clans établis au sein des plaines alluviales septentrionales (département de la Bénoué). Son aire d’expression historique s’organise au nord-ouest du foyer initial, se déployant le long de vastes terroirs agricoles et de savanes arbustives où son usage s’articule de façon unie au sein de l’arrondissement de Tchéboa, englobant précisément les villages pivots de Marke, Ngong, Lagdo-Ouest et leurs espaces de culture rattachés ;
• le teere : parlé par les communautés montagnardes du foyer historique occidental (département du Faro). Son aire d’expression s’enracine directement au cœur des monts qui s’élèvent à l’ouest de la ville de Poli. Ce dialecte se déploie le long de reliefs accidentés et de collines escarpées, où son usage s’articule de façon unie au sein de l’arrondissement de Poli autour d’un réseau traditionnel reliant les villages pivots de Poli-Massif, Fignolé, Gongon et leurs petits hameaux de montagne directement rattachés ;
– le longto [301] : est la langue du peuple Longto (ou Voko), une communauté traditionnellement établie au sein d’un écosystème contrasté mêlant les reliefs des massifs montagneux et les étendues de plaine. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière continue depuis les hauteurs jusqu’aux abords des aires protégées du département du Faro. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement étirée vers le sud-ouest de la localité de Poli ; son noyau principal et le plus compact se concentre dans l’arrondissement de Poli. Cet espace de peuplement s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément le lamidat et village pivot de Voko, ainsi que les localités et espaces agricoles rattachés de Boko, Gobeyo, et les campements s’étendant jusqu’aux franges de la Réserve du Faro ;
– le kobo [311] : est la langue du peuple Kobo, une communauté singulière constituant l’unique groupe traditionnellement connu sous l’ethnonyme de « Vere » sur le territoire camerounais. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région du Nord, s’organisant le long des zones frontalières et des contreforts montagneux du département du Faro. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement localisée dans la portion septentrionale de l’arrondissement de Béka ; son noyau principal et le plus compact se concentre au nord de la localité de Tchamba. Cet espace de peuplement s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément les villages pivots de Vougba, Kobi, Laro-Kobo, Vemba, et leurs espaces agricoles rattachés ;
– le koma ndera [312] : est la langue du peuple Koma, une communauté traditionnellement établie au sein des zones de piémont et des contreforts montagneux frontaliers. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière localisée dans la portion septentrionale du département du Faro. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée dans la zone nord-ouest de la localité de Tchamba, au sein de l’arrondissement de Béka. Cet espace de peuplement s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément les villages pivots de Vandou, Ndera, Libiki, Gari, et leurs espaces agricoles et montagnards rattachés ;
– le gimnime [321] : est la langue du peuple Gimnime, une communauté d’agriculteurs sédentaires et d’éleveurs traditionnellement établie au sein des reliefs escarpés et des plaines de piémont. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Faro, précisément dans la portion centrale des monts Alantika et une partie de la plaine du Faro au sein de l’arrondissement de Béka. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par l’altitude et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
• le gimbe : parlé par la communauté des Gimbe au sein de la région du Nord (département du Faro). Son aire d’expression historique s’organise au cœur de la zone des hautes altitudes, se déployant de manière prépondérante dans les massifs montagneux situés à l’ouest de la localité de Tchamba au sein de l’arrondissement de Béka. Ce dialecte se déploie le long de versants abrupts, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de crête englobant précisément les villages de Wangay-Montagne, Libé, Gara-Gimbe, Kobi-Frontière et leurs petits hameaux ruraux s’étendant vers la frontière avec la République fédérale du Nigeria ;
• le ritibe : parlé par la communauté des Ritibe au sein de la région du Nord (département du Faro). Son aire d’expression historique constitue le domaine des basses plaines, se concentrant de manière continue au sud-ouest de Tchamba. Ce dialecte se déploie le long des rives fluviales et des terroirs de savane, où son usage s’articule de façon unie au sein de l’arrondissement de Béka autour d’un réseau restreint de concessions de rive englobant précisément les villages pivots de Wangay-Plaine, Tchamba-Rive, Biou-Ritibe, Faro-Plaine et leurs espaces agricoles directement rattachés ;
– le kompana [322] : est la langue du peuple Kompana, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des hauts massifs montagneux et des reliefs accidentés des monts Alantika. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Faro, précisément dans la portion centrale de l’arrondissement de Béka. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement enclavée et fortement structurée par le relief ; son aire d’expression demeure essentiellement cantonnée aux zones de haute altitude et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions de montagne qui ne déborde sur les terres basses qu’au niveau du village pivot de Saptou situé à leur pied, englobant précisément les localités de Saptou-Plaine, Kompana-Massif, Wangay-Est, Kobi-Kompana et leurs petits espaces agricoles de piémont rattachés.
3.1.2.1.4. La branche MBUM
Ce groupe de la sous-famille adamoua se déploie de manière prédominante au sein des hauts plateaux, des plaines de savane et des vallées fluviales des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Est au Cameroun. Son implantation historique s’enracine le long des grands axes migratoires et des réseaux hydrographiques du grand Septentrion, s’organisant de manière compacte au carrefour des anciens lamidats et des royaumes traditionnels. Ce groupe se structure directement sur le terrain en deux groupes distinctes : le groupe MBUM NORD et le groupe MBUM SUD.
3.1.2.1.4.1. Le groupe MBUM NORD
Ce groupe de la branche mbum se déploie de manière prédominante au sein des vastes plaines alluviales, des savanes arbustives et des zones dépressionnaires de la région de l’Extrême-Nord et du Nord au Cameroun. Il se structure directement sur le terrain en trois langues interconnectées : le tupuri, le mundang et le mambay.
– le tupuri [304] : parlé par le peuple Tupuri, une communauté d’agriculteurs sédentaires, d’éleveurs et de commerçants traditionnellement établie au sein des plaines sahéliennes de basse altitude, des zones argileuses inondables et des savanes herbeuses. Au Cameroun, son implantation historique constitue l’un des blocs linguistiques les plus denses du pays sahélien, s’étendant de manière continue à travers les départements du Mayo-Kani et du Mayo-Danay dans la région de l’Extrême-Nord, le long de la frontière avec la République du Tchad. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement compacte liée à un fort dynamisme démographique ; son aire d’expression s’articule de façon unie à travers le sud-est de la plaine de Moulvouday, s’exprimant précisément au sein des arrondissements de Moulvouday, Kaélé, Porhi, Taïbong et Guidigis (département du Mayo-Kani), ainsi que dans les arrondissements de Kar-Hay, Kalfou, Datcheka et Tchatibali (département du Mayo-Danay), englobant un vaste réseau de concessions de plaine, de marchés régionaux et de terroirs rattachés ;
– le mundang [305] : est la langue du peuple Mundang, une communauté d’agriculteurs sédentaires, d’éleveurs et de tisserands traditionnellement établie au sein des vastes plaines sahéliennes, des zones de savane arborée et des bassins hydrographiques frontaliers. Au Cameroun, son implantation historique majeure se déploie dans la région de l’Extrême-Nord, s’organisant de manière compacte au cœur du département du Mayo-Kani, tout en présentant des extensions discontinues et de moindre masse dans la région du Nord, le long de la frontière tchadienne. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les anciens réseaux de chefferies et s’articule de façon unie à travers deux secteurs territoriaux distinctes : le secteur principal du Mayo-Kani (Région de l’Extrême-Nord), où la population s’organise de manière dense et majoritaire au sein de la plaine sahélienne, s’exprimant précisément à travers les structures villageoises et les concessions rurales des arrondissements de Mindif, de Moulvouday et de Kaélé, incluant les villages pivots de Léré-Cameroun, Boboyo, Djidoma et leurs terroirs de culture de coton rattachés ; le second est le secteur périphérique de la Bénoué (Région du Nord), où la communauté forme une enclave linguistique transfrontalière située au sud du cours d’eau du Mayo-Kébbi, se concentrant de manière continue dans la portion orientale de l’arrondissement de Bibemi jusqu’à la ligne frontalière avec la République du Tchad, englobant les localités de Figuil-Mundang, Mayo-Kébbi-Rive et leurs espaces agricoles interconnectés ;
– le mambay [306] : est la langue du peuple Mambay, une communauté d’agriculteurs sédentaires et de pêcheurs traditionnellement établie au sein des plaines alluviales et des zones de savane arbustive qui bordent les cours d’eau frontaliers à la jonction des régions du Nord et de l’Extrême-Nord au Cameroun. Son implantation historique, à proximité immédiate de la frontière tchadienne, s’articule de façon unie à travers deux secteurs territoriaux interconnectés : d’une part, le secteur principal de l’arrondissement de Bibemi (département de la Bénoué) à son extrémité septentrionale, où la communauté s’enracine spécifiquement au sein de la région de Djaloumé autour des villages pivots de Djaloumé-Centre, Mayo-Kébbi-Mambay et Goré ; d’autre part, le secteur de l’arrondissement de Figuil (département du Mayo-Louti) à son extrême sud-est, où son usage irrigue un réseau restreint de concessions rurales englobant précisément les localités de Lam-Mambay, Bidzar-Mambay et leurs petits hameaux de culture rattachés.
3.1.2.1.4.2. Le groupe MBUM SUD
Rattaché à la branche de l’Adamaoua de la famille nigéro-congolaise, cet ensemble linguistique constitue une entité territoriale et culturelle de premier plan dans les hauts plateaux de la région de l’Adamaoua et les plaines de transition du bassin de la haute Bénoué. Sa présence au Cameroun est intimement liée à l’histoire des peuples d’agriculteurs, de forgerons et de grands producteurs céréaliers, aux dynamiques d’échanges des réseaux de savane ainsi qu’aux mobilités transfrontalières séculaires avec la république du Tchad et la République centrafricaine. Ce sous-groupe se structure directement sur le terrain en quatres langues interconnectées : le dama, le momo, le mbum, le pana, le karang, le kali-dek, le kuo, le gbete, le pam et le ndai.
– le dama [307] : est une langue éteinte du peuple Dama, une communauté d’agriculteurs traditionnellement établie au sein des plaines de savane et des bassins hydrographiques de la région du Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organisait de manière exclusive et très localisée au sein du département du Mayo-Rey, précisément dans les zones de plaine rattachées à l’arrondissement de Rey-Bouba. Sur le terrain, l’usage de la langue s’est éteint à la suite d’un phénomène de glottophagie et d’assimilation culturelle, marqué par le délaissement progressif du parler ancestral par les populations locales au profit du fulfulde (langue véhiculaire régionale des échanges économiques et religieux) et des langues mbum environnantes, effaçant ainsi son usage au sein des villages historiques du canton ;
– le mono [308] : est la langue du peuple Mono, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des plaines de savane et des vallées fluviales de la région du Nord au Cameroun. Son implantation historique se déploie de manière très localisée au nord de la commune de Rey-Bouba, au sein du département du Mayo-Rey, s’étendant spécifiquement le long du bassin hydrographique du Mayo-Godi et se concentrant autour du village pivot de Kongrong. Sur le terrain, la langue se trouve aujourd’hui dans une situation de bilinguisme transitoire hautement défavorable et tend vers une extinction rapide. Ce déclin s’explique par un phénomène d’assimilation culturelle et de glottophagie, les locuteurs ayant massivement délaissé le mono pour adopter le fulfulde comme unique langue de communication quotidienne, tant dans les échanges économiques que dans le cercle familial ;
– le mbum [351] : est la langue du peuple Mbum, une communauté d’agriculteurs sédentaires et d’artisans dont le système politique s’articulait traditionnellement autour de chefferies centralisées (bélaka) au sein des savanes d’altitude. Au Cameroun, son implantation historique présente une configuration discontinue et fragmentée, s’organisant en un réseau d’îlots linguistiques répartis entre les communes de Ngaoundéré, Ngaoundal et Tibati à travers deux régions administratives. Dans la région de l’Adamaoua, son usage s’articule de façon unie au sein du département de la Vina (arrondissements de Ngaoundéré et de Mbé), du département du Djerem (arrondissements de Ngaoundal et de Tibati) et du département du Faro-et-Déo (arrondissement de Tignère), englobant les villages pivots de Mboum-Massif, Ngaoundal-Carrefour et Tibati-Ville. Dans la région du Nord, l’aire d’expression se déploie le long des couloirs de contact au sein du département du Mayo-Rey (arrondissement de Touboro) et du département du Faro (arrondissement de Poli), où elle irrigue un réseau traditionnel de concessions et de terroirs agricoles interconnectés ;
– le karang [352] : est la langue du peuple Karang, une communauté d’agriculteurs sédentaires et d’éleveurs traditionnellement établie au sein des plaines de savane, des denses vallées fluviales et des bassins hydrographiques transfrontaliers. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Rey, précisément à travers les arrondissements de Touboro et de Tcholliré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les axes d’échanges et les lignes frontalières, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en cinq dialectes interconnectés :
• le touboro : parlé par les clans pivots du carrefour commercial méridional au sein de la région du Nord (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression historique s’organise autour du bassin cotonnier, s’étendant au cœur de l’arrondissement de Touboro. Ce dialecte se déploie le long des plaines de culture, où son usage s’articule de façon unie autour de la chefferie et de la ville de Touboro-Centre, englobant les villages de Mba-Karang, Madingring et leurs espaces agricoles rattachés ;
• le sorombeo : parlé par les communautés des secteurs occidentaux au sein de la région du Nord (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression historique s’enracine à la lisière des réserves de faune, s’étendant dans l’arrondissement de Tcholliré. Ce dialecte se déploie le long de savanes arbustives et de terroirs de chasse, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel reliant précisément les villages pivots de Sorombéo, Gounou-Karang, Mayo-Sala-Nord et leurs petits hameaux de culture rattachés ;
• le nzakambay : parlé par les lignages des plaines orientales s’étirant vers la ligne frontalière au sein de la région du Nord (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression constitue une zone de contact dynamique, localisée dans la portion est de l’arrondissement de Touboro. Ce dialecte se déploie le long de bas-fonds cultivés et de couloirs de transhumance, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales reliant précisément les villages de Nzakan, Mba-Nzakambay, Viri-Karang et leurs espaces rattachés en continuité directe avec la République du Tchad ;
• le sakpu : parlé par les clans des zones de transition et de collines au sein de la région du Nord (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression historique dessine les franges méridionales du pays karang, s’étendant à la jonction de l’arrondissement de Touboro et des confins de la falaise de l’Adamaoua. Ce dialecte se déploie le long d’espaces géographiques accidentés, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Sakpou, Djong-Karang, Man-Sakpu et leurs concessions russes interconnectées ;
• le ngomi : parlé par les communautés établies le long des axes fluviaux au sein de la région du Nord (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression constitue la bordure septentrionale de la langue, s’étendant entre l’arrondissement de Tcholliré et le nord de l’arrondissement de Touboro. Ce dialecte se déploie le long des berges et des plaines de décrue, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint englobant précisément les villages de Ngomi-Centre, Tchevi-Karang, Mayo-Rey-Ngomi et leurs espaces de culture de contre-saison directly rattachés ;
– le pana [353] : est la langue du peuple Pana, une communauté d’agriculteurs sédentaires et d’éleveurs traditionnellement établie au sein des zones de savane herbeuse, des plaines de piémont et des bassins hydrographiques transfrontaliers. Au Cameroun, son implantation historique s’organise de manière continue à cheval sur la frontière internationale, se déployant principalement à l’est de la région de l’Adamaoua et s’étendant vers les plaines méridionales de la région du Nord. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les couloirs d’échanges avec la République du Tchad et la République centrafricaine, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles et de hameaux de plaine englobant précisément l’intégralité du canton et des structures territoriales de l’arrondissement de Bélel (département de la Vina), tout en irriguant de manière dense le réseau traditionnel des concessions rurales de l’arrondissement de Touboro (département du Mayo-Rey) autour des villages pivots de Bélel-Pana, Mba-Pana, Touboro-Est, Gounou-Pana et de leurs espaces agricoles rattachés ;
– le kali-dek [354] : parlé par le peuple Kali-Dek (ou simplement Kali), une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des zones de savane arbustive, des denses vallées fluviales et des plaines de piémont de la zone de transition forestière. Au Cameroun, son implantation historique présente une configuration discontinue et fragmentée, s’organisant en un réseau d’îlots linguistiques distincts répartis à cheval sur les régions de l’Adamaoua et de l’Est. Sur le terrain, son aire d’expression s’articule de façon unie à travers le secteur oriental du département de la Vina au sein de l’arrondissement de Bélel (englobant les villages de Bélel-Kali et Wouro-Kali) et de la commune de Ngaoundéré (autour des localités de Dankali et Sassa-Mbersi), s’étend vers le sud au cœur du département du Mbéré dans l’arrondissement de Meiganga (incluant les villages pivots de Lokoti, Gunte et Meiganga-Nord), et descend de manière continue dans la portion septentrionale du département du Lom-et-Djérem autour des structures villageoises et des concessions rurales des arrondissements de Garoua-Boulaï (autour de Bindiba et Gado-Badzéré) et de Bétaré-Oya (incluant les localités de Tapare, Ndokayo et Bétaré-Oya-Nord), reliant précisément ces communautés et leurs espaces agricoles interconnectés ;
– le kuo [355] : est la langue du peuple Kuo (ou Koh), une communauté traditionnellement établie au sein des savanes arborées et des zones de transition de l’Adamaoua et de l’Est, dont l’implantation historique au Cameroun se déploie de manière discontinue sous forme d’îlots de peuplement et de groupes isolés s’organisant à cheval sur deux régions administratives. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée, se structurant d’une part dans la Région de l’Adamaoua, au sein de la portion orientale du département de la Vina (arrondissement de Mbé et à l’est de l’arrondissement de Ngaoundéré) et du département du Mbéré (arrondissement de Meiganga), et d’autre part dans la Région de l’Est, au sein de la portion septentrionale du département du Lom-et-Djérem (arrondissements de Garoua-Boulaï et Bétaré-Oya), s’articulant de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément les villages pivots de Sorombéo, Gaza, Mambal, et leurs espaces agricoles et pastoraux rattachés ;
– le gbété [356] : est la langue du peuple Kepere, une communauté d’agriculteurs sédentaires, de chasseurs et de pêcheurs traditionnellement apparentée au grand groupe Mbum de l’Adamaoua. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région de l’Est, s’organisant de manière localisée au sein du département du Lom-et-Djérem, précisément dans la portion septentrionale de l’arrondissement de Bélabo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée en deux grands îlots territoriaux bien distincts, séparés par le cours du fleuve Sanaga. Son aire d’expression s’articule à travers un réseau de concessions forestières et de chefferies de cantons réparti en trois dialectes interconnectés :
• le gbété (proprement dit) : parlé par les clans du foyer historique occidental (département du Lom-et-Djérem). Son aire d’expression s’organise à l’ouest du lit de la Sanaga, se déployant le long de terroirs de savane arborée et de plaines de culture au sein du canton traditionnel de Kepere-Woutchaba, où son usage s’articule de façon unie autour du village pivot de Woutehaba (Woutchaba) ainsi que de ses petits hameaux et espaces agricoles rattachés ;
• le vana : parlé par les lignages et les communautés du foyer historique oriental (département du Lom-et-Djérem). Son aire d’expression s’enracine à l’est du fleuve Sanaga, se déployant le long de denses massifs forestiers et de lisières de réserves au sein du groupement traditionnel de Kepere-Dengdeng. Ce dialecte s’articule de façon unie autour du grand village de référence de Deng-Deng et irrigue les concessions rurales des localités de Lom-Pangar, Ouami, Déoulé, Kambo-Cassi et leurs campements de pêche interconnectés ;
– le pam [361] : est la langue du peuple Pam, une communauté de très faible extension numérique traditionnellement établie au sein des savanes arborées et des plaines environnantes du Mayo-Rey. Au Cameroun, son implantation historique se déploie de manière très restreinte dans la région du Nord, s’organisant de façon isolée et concentrée dans le département du Mayo-Rey au sein de l’arrondissement de Tcholliré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement hyper-localisée ; son noyau unique se structure à proximité immédiate et aux environs de la localité de Tcholliré, s’articulant de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément les villages pivots de Voko-Pam, Mayo-Ladi, et leurs espaces agricoles et forestiers rattachés ;
– le ndai [362] : est la langue du peuple Ndai, une communauté de très faible extension numérique dont l’implantation historique se déploie de manière résiduelle dans la région du Nord, au sein du département du Mayo-Rey. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement hyper-localisée et précaire, s’agissant d’une langue presque éteinte qui ne compte plus aujourd’hui que quelques rares locuteurs restants. Son ultime noyau de peuplement se structure aux environs de la localité de Tcholliré, au sein de l’arrondissement de Tcholliré, s’articulant de façon unie autour d’un réseau traditionnel de concessions rurales et de hameaux de culture englobant précisément les villages pivots de Galke, Pormi, et leurs espaces agricoles rattachés ;
3.1.2.1.5. La branche MUMUYE
Ce groupe de la sous-famille adamoua se déploie de manière prédominante au sein des hauts reliefs escarpés, des zones de collines et des plaines de piémont de la région du Nord au Cameroun, occupant la frange la plus occidentale du département du Faro. Son implantation historique s’enracine le long des lignes de crête des monts Alantika et de la frontière internationale avec la République fédérale du Nigeria, s’organisant de manière compacte au carrefour des grands axes de contact et des réseaux de parenté transfrontaliers. Ce groupe se structure directement sur le terrain autour d’une seule et unique langue : le mome.
– le mome [395] (ou nya kopo, littéralement « langue de la montagne ») : est une langue éteinte ou moribonde, autrefois parlée par une communauté d’agriculteurs sédentaires des massifs d’altitude de la falaise de l’Adamaoua. Au Cameroun, son implantation historique résiduelle se localise exclusivement au sein de la région de l’Adamaoua, précisément dans l’arrondissement de Tignère (département du Faro-et-Déo). Sur le terrain, l’existence de ce parler historique n’a pu être attestée et documentée que de manière résiduelle auprès d’un unique informateur d’origine samba, lequel tenait cette langue maternelle directement de sa lignée utérine. L’usage de cette langue s’est effacé à la suite d’un phénomène de glottophagie et d’assimilation culturelle, marqué par le délaissement définitif du parler ancestral par les dernières générations au profit du fulfulde (langue véhiculaire régionale des échanges économiques et religieux) et des parlers samba environnants, faisant ainsi disparaître son usage au sein des concessions traditionnelles et des villages historiques de la région de Tignère.
3.1.2.1.6. La branche FALI
Ce groupe de la sous-famille adamoua se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs rocheux, des éperons granitiques et des plaines de piémont de la région du Nord au Cameroun, occupant la quasi-totalité du département du Mayo-Louti et s’étendant vers les confins septentrionaux de la Bénoué. Ce groupe se partitionne directement sur le terrain en deux groupes distincts : le groupe FALI NORD et le groupe FALI SUD.
3.1.2.1.6.1. Le groupe FALI NORD
Ce groupe de la branche fali se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs rocheux, des éperons granitiques et des plaines de piémont de la région du Nord au Cameroun, occupant la portion septentrionale du département de la Bénoué et s’étendant vers le département du Mayo-Louti. Son implantation historique s’enracine le long des contreforts des monts du Tinguelin et de la haute vallée de la Bénoué, s’organisant de manière compacte au carrefour des grands axes de contact avec les réseaux sahéliens et les complexes linguistiques de la république du Tchad. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires, leur maîtrise exceptionnelle de l’architecture des greniers en terre, la culture céréalière de savane, et la conservation de sites majeurs d’art rupestre, combinées à de fortes traditions d’autonomie politique. Ce sous-groupe se structure directement sur le terrain en une langue majeure interconnectée : le fali-Nord.
– le fali-nord [371] : est la langue des communautés Fali septentrionales, un peuple d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établi au sein des denses massifs rocheux, des éperons granitiques et des plaines de piémont. Au Cameroun, son implantation historique majeure se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département du Mayo-Louti et s’étendant vers la frange septentrionale du département de la Bénoué. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les lignes de crête et les vallées intermontagneuses, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en trois dialectes interconnectés :
• le fali-dourbeye : parlé par les clans du secteur occidental au sein de la région du Nord. Son aire d’expression historique s’organise autour des reliefs qui entourent la localité de Dourbeye, à l’ouest de Mayo-Oulo. Ce dialecte se déploie le long d’espaces accidentés et de terrasses cultivées, où son usage s’articule de façon unie à cheval sur l’arrondissement de Mayo-Oulo (département du Mayo-Louti) et l’arrondissement de Garoua (département de la Bénoué), englobant les villages pivots de Dourbeye-Centre, Mayo-Oulo-Ouest, Gara-Fali et leurs espaces agricoles rattachés ;
• le fali-bossoum : parlé par les communautés des massifs orientaux au sein de la région du Nord (département du Mayo-Louti). Son aire d’expression s’enracine à l’est de Mayo-Oulo et s’étend au nord de la localité de Bossoum, au sein de l’arrondissement de Mayo-Oulo. Ce dialecte présente une forte fragmentation interne et se structure directement sur le terrain en cinq parlers locaux interconnectés :
o le buyum : usité autour du village de référence de Buyum, incluant ses quartiers de crête et ses petites terrasses de culture ;
o le raan : usité le long des contreforts rocheux autour de la localité de Raan, englobant ses concessions familiales isolées ;
o le batum : usité au sein du groupement traditionnel de Batum, reliant les hameaux de montagne aux plaines de piémont ;
o le reusi : usité dans la zone de transition collinaire autour du village pivot de Reusi et de ses terroirs agricoles ;
o le bésum : usité au cœur de la zone de Bossoum-Nord (Bésum), structurant le réseau des concessions rurales environnantes ;
• le bveri : parlé par les lignages des reliefs de liaison au sein de la région du Nord (département du Mayo-Louti). Son aire d’expression historique s’organise de manière compacte au sein du massif du Peské-Bori, une zone stratégique située géographiquement entre Mayo-Oulo et Guider, juste au sud de Bossoum. Ce dialecte se déploie le long de versants abrupts et de vallées de piémont, où son usage s’articule de façon unie à la jonction de l’arrondissement de Mayo-Oulo et de l’arrondissement de Guider, reliant précisément les villages pivots de Peské, Bori, Bossoum-Sud et leurs petits espaces de culture directement rattachés.
3.1.2.1.6.2. Le groupe FALI SUD
Rattaché à la branche de l’Adamaoua de la famille nigéro-congolaise, cet ensemble linguistique constitue une entité territoriale et culturelle majeure dans les plaines de la Bénoué et les massifs rocheux qui ceinturent la cuvette de Garoua. Sa présence au Cameroun est historiquement liée aux vagues d’implantation des communautés d’agriculteurs sédentaires, de bâtisseurs et de potiers, aux dynamiques d’échanges sociolinguistiques le long des axes fluviaux ainsi qu’aux relations séculaires avec les peuples de la plaine sahélienne de la région du Nord. Ce sous-groupe se structure directement sur le terrain en une langue majeure interconnectée : le fali-Sud.
– le fali-sud [372] : est la langue des communautés Fali méridionales, un peuple d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établi au sein des denses massifs rocheux, des éperons granitiques et des plaines de piémont. Au Cameroun, son implantation historique majeure se déploie dans la région du Nord, s’organisant de manière compacte au sein du département de la Bénoué. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les lignes de crête et les vallées intermontagneuses, s’articulant à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en trois dialectes interconnectés :
• le fali-tinguelin : parlé par les clans établis au sein du massif éponyme dans la région du Nord (département de la Bénoué). Son aire d’expression historique s’organise autour des reliefs du Tinguelin et s’articule du nord au sud autour de trois parlers locaux interconnectés :
o le ram : usité de manière prépondérante dans le secteur nord-oriental, se concentrant précisément autour du village pivot de Tsolaram ;
o le toro : usité le long des contreforts nord-occidentaux, s’étendant à travers les structures villageoises et territoriales du massif de Hossere Toro ;
o le mango : usité dans la zone méridionale du massif, se déployant autour du village de référence de Ndoudja ;
• le kaang : parlé par les communautés des reliefs septentrionaux au sein de la région du Nord (département de la Bénoué). Son aire d’expression historique s’organise de manière compacte dans la région montagneuse du Hossere Bapara, couvrant l’intégralité de la portion nord de l’arrondissement de Pitoa, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel reliant les villages de Bapara, Pitoa-Nord et leurs espaces de culture rattachés ;
• le fali-bélé : parlé par les lignages des petits massifs isolés situés au sud de la localité de Dembo (département de la Bénoué). Ce dialecte se déploie le long d’inselbergs et de vallées cultivées au sein de l’arrondissement de Dembo, où il présente une segmentation interne et se structure directement sur le terrain en deux parlers locaux interconnectés :
o le gbélé : usité au sein du groupement traditionnel de Gbélé, englobant les concessions de piémont et les petits hameaux rattachés ;
o le puuri : usité au cœur de la zone de Puuri, structurant le réseau des concessions rurales environnantes et leurs espaces agricoles.
3.1.2.1.7. La branche NIMBARI
Ce groupe de la sous-famille adamoua se déploie de manière résiduelle au sein des départements de la Bénoué et du Mayo-Louti dans la région du Nord du Cameroun. Son implantation historique s’étend des zones de contact de la plaine de Pitoa jusqu’aux confins orientaux du bassin inférieur de la Bénoué, marquant les zones de transition entre les contreforts rocheux et les réseaux de transhumance. Sur le terrain, ce groupe est considéré comme éteint ou dormant au niveau de sa langue d’origine, mais l’identité ethnique de son peuple survit. Il s’articule autour d’une unique entité historique : le nimbari.
– le nimbari [393] : est une langue en voie d’extinction, voire éteinte, du peuple Nimbari, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des plaines et des reliefs de transition de la vallée de la Bénoué. Au Cameroun, son implantation historique s’organise de manière très localisée dans la région du Nord, s’étendant à la frontière des départements de la Bénoué et du Mayo-Louti. Sur le terrain, l’usage résiduel de la langue se situe à proximité de la commune de Pitoa, s’articulant à travers un réseau très restreint de concessions rurales et de hameaux de plaine à cheval sur l’arrondissement de Pitoa et l’arrondissement de Figuil, notamment autour des localités de Nimbari-Centre, Badjouma et Goré. Le déclin irréversible de cette langue s’explique par un phénomène de glottophagie et d’assimilation culturelle, les locuteurs ayant massivement délaissé le parler ancestral au profit du fulfulde (langue véhiculaire régionale des échanges économiques) et du fali, effaçant ainsi son usage quotidien au sein des familles.
3.1.2.1.7. Le groupe des langues isolées / en voie d’extinction
– le gey [391] : est une langue éteinte du peuple Gey, une communauté d’agriculteurs traditionnellement établie au sein des plaines de savane et des bassins hydrographiques de la région du Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organisait de manière exclusive et très localisée au sein du département de la Bénoué, précisément dans les zones de plaine situées à l’est de la commune de Pitoa. Sur le terrain, si la communauté conserve un reste d’identité ethnique fort — marqué notamment par la présence d’un représentant officiel attitré auprès du lamido de Tchéboa dont ils relèvent traditionnellement —, la langue s’est intégralement éteinte. Cette disparition complète s’explique par un phénomène de glottophagie et d’assimilation culturelle, les populations locales ayant totalement délaissé leur parler ancestral au profit du fulfulde, qui est devenu leur unique langue de communication quotidienne, familiale et économique ;
– le duli [392] : est une langue éteinte du peuple Duli, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des plaines de savane et des zones de confluence fluviale de la région du Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organisait de manière exclusive et très localisée au sein du département de la Bénoué, précisément dans les espaces ruraux s’étendant à proximité de la ville de Pitoa, à cheval sur l’arrondissement de Pitoa et l’arrondissement de Garoua. Sur le terrain, l’usage de la langue s’est intégralement effacé à la suite d’un phénomène de glottophagie et d’assimilation culturelle, marqué par le délaissement précoce du parler ancestral par les populations locales au profit du fulfulde (langue véhiculaire régionale des échanges économiques et politiques), faisant ainsi disparaître son usage quotidien au sein des concessions traditionnelles et des villages historiques de la plaine de la Bénoué ;
– l’oblo [394] : est une langue éteinte du peuple Oblo, une communauté d’agriculteurs traditionnellement établie au sein des plaines de savane et des vallées de la région du Nord au Cameroun. Son implantation historique s’organisait de manière exclusive et très localisée au sein du département du Mayo-Rey, précisément dans les espaces ruraux situés à proximité de la commune de Tcholliré. Sur le terrain, l’usage de la langue s’est intégralement effacé à la suite d’un phénomène de glottophagie et d’assimilation culturelle, marqué par le délaissement progressif du parler ancestral par les populations locales au profit du fulfulde (langue véhiculaire régionale des échanges économiques et administratifs), faisant ainsi disparaître son usage quotidien au sein des concessions traditionnelles et des villages historiques du pays oblo.
3.1.2.2. La sous-famille OUBANGUIENNE
Ce groupe de la famille adamawa-oubanguienne se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs forestiers, des zones de transition de savane arbustive et des vastes plaines de piémont des régions de l’Est et de l’Adamaoua au Cameroun, occupant la quasi-totalité des départements du Lom-et-Djérem, de la Kadey, du Haut-Nyong et du Mbéré. Bien que cette famille soit extrêmement vaste à l’échelle du continent africain, sa présence sur le territoire national n’est représentée que par une seule et unique branche linguistique : la branche OUEST-OUBANGUIENNE.
3.1.2.2.1. La branche OUEST-OUBANGUIENNE
Ce groupe de la branche oubanguienne se déploie de manière prédominante au sein des départements du Lom-et-Djérem, de la Kadey et de la Boumba-et-Ngoko dans la région de l’Est, ainsi que dans le département du Mbéré dans la région de l’Adamaoua au Cameroun. Son implantation historique s’étend des savanes arborées de transition de l’Adamaoua jusqu’aux lisières de la grande forêt dense semi-décidue du Sud-Est, s’organisant de manière compacte au carrefour des grands axes migratoires, des dynamiques nomades de la forêt et des réseaux commerciaux d’Afrique centrale. Les communautés qui s’y rattachent sont réputées pour leurs traditions de chasse forestière, de cueillette séculaire, leurs structures de sédentarisation progressive ou villageoises traditionnelles, l’agriculture vivrière itinérante et d’intenses dynamiques de parenté transfrontalières. Ce groupe est constitué au Cameroun de trois langues majeures : le baka, le gbaya et le bangando.
– le baka [309] : est la langue du peuple Pygmée Baka, une communauté de chasseurs-cueilleurs séculaires, maîtres de la pharmacopée traditionnelle et des dynamiques de la forêt tropicale dense. Au Cameroun, son implantation historique constitue le plus vaste espace linguistique de type forestier du pays, s’étendant de manière continue à travers toute la zone forestière du Sud-Est et du Sud profond. Dans la région de l’Est, son usage s’articule de façon unie au sein du département du Haut-Nyong (arrondissements de Dimako, de Doumé, d’Abong-Mbang, de Lomié et de Ngoïla), du département de la Boumba-et-Ngoko (arrondissements de Moloundou, de Yokadouma et de Gari-Gombo) et du département de la Kadey (arrondissements de Ndélélé et de Mbang), englobant les campements pivots de Ndjongo, Mayos et Salapoumbé. Dans la région du Sud, l’aire d’expression s’enracine profondément au cœur du département du Dja-et-Lobo (arrondissements de Bengbis, de Meyomessala, de Sangmélima, de Djoum, d’Oveng et de Mintom), où elle irrigue un réseau traditionnel de campements de forêt interconnectés autour des localités de référence de Mintom-Centre, Djoum-Périphérie et Lele ;
– le gbaya [381] : est la langue du peuple Gbaya, une vaste communauté d’agriculteurs sédentaires, de chasseurs et de cueilleurs venus historiquement de la République centrafricaine, ayant pénétré d’est en ouest tout le sud de la région de l’Adamaoua. Au Cameroun, son implantation historique constitue l’un des blocs linguistiques les plus étendus des savanes de transition et de la zone forestière, s’étendant sur trois régions administratives à travers six départements. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée par les grands axes migratoires et les centres-bourgs régionaux, s’articulant à travers un vaste réseau de concessions traditionnelles réparties en huit dialectes interconnectés :
• le yayuwe : parlé par les clans pivots du centre de la région de l’Adamaoua (département du Mbéré). Son aire d’expression historique constitue le cœur démographique de la langue, s’étendant de manière prépondérante dans l’arrondissement de Meiganga (y compris en zone urbaine) et se prolongeant activement dans les arrondissements de Djohong et de Dir, où il s’articule autour des villages de Meiganga-Ville, Djohong-Centre, Dir-Gare et leurs terroirs de savane arborée ;
• le lay : parlé par les communautés des secteurs occidentaux et des zones de transition d’altitude (département du Djerem et du Faro-et-Déo). Son aire d’expression s’organise de manière continue dans la portion orientale de l’arrondissement de Ngaoundal, s’étend à l’arrondissement de Tibati et déborde sur la frange méridionale de l’arrondissement de Tignère, englobant les structures villageoises et les concessions rurales de Tibati-Nord, Ngaoundal-Rive et Tignère-Sud ;
• le mbodomo : parlé par les lignages des plaines forestières septentrionales de la région de l’Est (département du Lom-et-Djérem). Son aire d’expression historique s’enracine principalement au sein de l’arrondissement de Bétaré-Oya et s’étend autour de la zone de Ngoura, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Bétaré-Oya-Nord, Ngoura-Centre et leurs espaces d’exploitation agricole et minière rattachés ;
• le baginda : parlé par les clans établis le long des axes routiers et des lisières de savane de la région de l’Est (département du Lom-et-Djérem). Son aire d’expression s’organise de manière compacte aux portes d’entrée de la province, se déployant le long de vastes terroirs agricoles au sein de l’arrondissement de Garoua-Boulaï, reliant précisément les villages pivots de Garoua-Boulaï-Centre, Bindiba, Gado-Badzéré et leurs concessions rattachées ;
• le dooka : parlé par les communautés des secteurs septentrionaux au sein de la région du Nord (département du Mayo-Rey). Son aire d’expression constitue l’enclave la plus boréale de la langue, s’étendant dans la portion méridionale de l’arrondissement de Touboro, où son usage s’articule le long de plaines de culture et de bas-fonds herbeux autour des villages de Mba-Dooka, Touboro-Sud et leurs petits hameaux agricoles limitrophes ;
• le gaymona : parlé par les lignages de la frange centrale de la zone forestière de la région de l’Est (département du Lom-et-Djérem). Son aire d’expression historique s’organise autour du grand pôle urbain et des axes de contact de l’arrondissement de Bertoua, se déployant le long de savanes arbustives et de clairières cultivées où son usage s’articule autour des localités de Bertoua-Périphérie, Deng-Deng-Sud et leurs espaces ruraux interconnectés ;
• le mbusuku : parlé par les clans du bassin méridional de la zone de transition de la région de l’Est (département de la Kadey). Son aire d’expression historique s’enracine de manière continue à la lisière des savanes, s’étendant de façon exclusive dans l’arrondissement de Ketté, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel reliant précisément les concessions rurales de Ketté-Ville, Boubara, Taulé et leurs espaces de cultures vivrières rattachés ;
• le yangele : parlé par les communautés des denses massifs forestiers orientaux de la région de l’Est (département de la Kadey). Son aire d’expression dessine la bordure frontalière du pays gbaya, occupant l’intégralité des arrondissements de Batouri et de Ndélélé, où son usage s’articule à travers un réseau de chefferies traditionnelles et de campements reliant les villages de Batouri-Centre, Ndélélé-Ville, Gari-Gombo-Nord et leurs espaces agricoles de forêt dense ;
– le bangando [382] : est la langue du peuple Bangando, une communauté d’agriculteurs sédentaires, de chasseurs et de cueilleurs de la zone forestière, historiquement liée aux dynamiques de peuplement et d’échanges du bassin de la haute Sangha. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Est, s’organisant de manière très localisée à l’extrémité méridionale du département de la Boumba-et-Ngoko, précisément au cœur de l’arrondissement de Moloundou. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement linéaire, entièrement structurée par l’axe de communication terrestre régional ; son aire d’expression s’articule de façon unie le long du réseau routier transfrontalier, s’étendant de manière continue depuis la ville et chef-lieu de Moloundou jusqu’à la localité de Lokomo, englobant précisément les villages pivots de Moloundou-Ville, Mbangé, Kika, Yenga, Lokomo et leurs concessions ruraux, campements de forêt et espaces agricoles directement rattachés.
3.1.3. La famille BENOUÉ-CONGO
La famille benoué-congo représente l’une des familles linguistiques les plus diversifiées et étendues de la région du Centre, du Sud, de l’Est, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Il ne s’articule pas sur le territoire national en embranchements macro-continentaux, mais se structure directement sur le terrain en quatre groupes génétiques : la sous-famille JUKUNOÏDE, la sous-famille CROSS RIVER, la sous-famille BENDI et la sous-famille BANTOÏDE.
3.1.3.1. La sous-famille JUKUNOÏDE
Ce groupe de la famille Benoué-Congo se déploie de manière prédominante au sein du département de la Menchum, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des contreforts montagneux frontaliers jusqu’aux vallées forestières reculées de la haute rivière Katsina, à la lisière immédiate de la frontière avec le Nigeria. Ce groupe est constitué d’un noyau de langues vivantes comprenant : le njukun, le kutep, l’uhuum-gigi, le kum, le beezen nsaa et le mbembe. À cet ensemble s’ajoutent trois langues résiduelles ou moribondes documentées lors des enquêtes de terrain : le busua, le bishuo et le bikya.
– le njukun [701] : est la langue du peuple Jukun, une communauté d’agriculteurs et de commerçants profondément ancrée dans les traditions des Grassfields occidentaux et historiquement liée aux descendants de l’ancien royaume de Kwararafa. Au Cameroun, son implantation se déploie de manière continue à l’extrémité nord du département de la Menchum au sein de l’arrondissement de Furu-Awa (Région du Nord-Ouest), au-delà de la Réserve forestière de Fungom. Dans cette zone de montagnes, son usage s’articule de façon unie autour des villages pivots de Ntjieka, Furu-Turuwa et Furu-Sambari. L’aire d’expression s’enracine également plus à l’est, semble-t-il, dans le département de la Donga Mantung (Région du Nord-Ouest) au nord de la circonscription coutumière de Misaje, pour s’étendre à proximité immédiate de la frontière nigériane ;
– le kutep [702] : est la langue du peuple Kuteb, une communauté de cultivateurs et d’artisans fortement attachée aux rites agraires des hauts plateaux et réputée pour sa spiritualité traditionnelle articulée autour du culte des ancêtres. Au Cameroun, son implantation historique se concentre le long de la zone frontalière à l’extrémité occidentale de l’arrondissement de Furu-Awa (département de la Menchum, Région du Nord-Ouest). Dans cette région accidentée de forêt-savane, son usage s’organise de manière continue à proximité immédiate de la frontière nigériane, s’articulant de façon unie autour des villages pivots de Badji, Mufu et Kumbo-Kutep, qui font face aux vastes plaines d’expression kuteb de l’État de Taraba au Nigeria ;
– l’uhuum-gigi [703] : est la langue du groupe Yukuben, une communauté de cultivateurs et de tisseurs de paille profondément intégrée au complexe culturel de la vallée de la Katsina Ala. Au Cameroun, son implantation historique borde de manière continue la frontière nigériane, s’établissant à l’ouest de l’arrondissement de Furu-Awa (département de la Menchum, Région du Nord-Ouest). Dans cet espace de transition entre vallées forestières et collines, son usage s’articule de façon unie autour des villages pivots de Furu-Nwa, Shibong et Bassang, maintenant un réseau d’échanges constants avec les communautés Yukuben de l’État de Taraba au Nigeria ;
– l’akum [707] : est la langue du peuple Anyer (ou Akum), une communauté transfrontalière de cultivateurs intimement liée aux écosystèmes forestiers de la haute vallée de la Katsina Ala. Au Cameroun, son implantation historique se déploie de manière continue le long de la frontière nigériane, s’établissant à cheval sur les arrondissements de Furu-Awa et de Wum (département de la Menchum, Région du Nord-Ouest). Dans cette zone de collines reculées, son usage s’articule de façon unie au cœur du village pivot d’Akum, une localité binationale et inter-arrondissements qui sert de passerelle culturelle avec les communautés Anyer de l’État de Taraba au Nigeria ;
– le beezen nsaa [708] : est la langue de la communauté Beezen, un sous-groupe du peuple Anyer constitué de cultivateurs et de pêcheurs traditionnels de la vallée de la Katsina Ala. Au Cameroun, son implantation historique s’établit de manière continue le long de la frontière nigériane, se déployant à cheval sur les arrondissements de Furu-Awa et de Wum (département de la Menchum, Région du Nord-Ouest). Dans cet espace forestier de transition, son usage s’articule de façon unie au sein du village pivot de Kpwep (Beezen), une localité carrefour maintenant des liens familiaux et culturels étroits avec les villages Anyer voisins et les communautés de l’État de Taraba au Nigeria ;
– le mbembe [709] : est la langue de la communauté Mbembe, un peuple de cultivateurs de palmiers à huile et de commerçants fluviaux, réputé pour son organisation sociale clanique et ses liens profonds avec la vallée de la Donga. Au Cameroun, son implantation historique s’établit de manière continue à l’extrémité nord-est du département de la Donga Mantung (Région du Nord-Ouest). Dans cette zone de transition vers les plaines nigérianes, son usage s’articule de façon unie à travers tout l’est de l’arrondissement d’Ako, englobant le chef-lieu d’Ako ainsi que les villages pivots d’Abonkpa, Berabe et Akwaja, qui structurent le réseau d’échanges avec les Mbembe de l’État de Taraba au Nigeria ;
– le busuu [887] : langue de la communauté Busuu, un peuple dont la culture et l’histoire locale restent intimement liées aux paysages accidentés et frontaliers de l’arrondissement de Furu-Awa. Au Cameroun, son implantation s’est faite de manière isolée, au sein du village de (Furu-) Nangwa (département de la Menchum, Région du Nord-Ouest). Dans cette zone reculée et difficile d’accès, son usage est aujourd’hui extrêmement fragile : devenue résiduelle, la langue ne subsiste plus que dans l’intimité de réseaux mémoriels très restreints. Elle est parlée par moins d’une vingtaine de personnes, ce qui en fait l’un des patrimoines linguistiques les plus gravement menacés de la région ;
– le bishuo [888] : est la langue de la communauté Bishuo, un peuple dont la culture et l’histoire locale restent intimement liées aux paysages accidentés et frontaliers de l’arrondissement de Furu-Awa. Au Cameroun, son implantation s’est faite de manière isolée, au sein du département de la Menchum, dans la Région du Nord-Ouest. Dans cette zone reculée et difficile d’accès, son usage est aujourd’hui extrêmement fragile : devenue résiduelle, à l’image du busuu voisin, la langue ne subsiste plus que dans l’intimité de réseaux mémoriels très restreints. Elle est parlée par un nombre infime de locuteurs, ce qui en fait l’un des patrimoines linguistiques les plus gravement menacés de la région ;
– le bikya [889] : est la langue de la communauté Bikya, un peuple dont la culture et l’histoire locale restent intimement liées aux paysages accidentés et frontaliers de l’arrondissement de Furu-Awa. Au Cameroun, son implantation s’est faite de manière isolée, au sein du département de la Menchum, dans la Région du Nord-Ouest. Dans cette zone reculée et difficile d’accès, son usage est aujourd’hui extrêmement fragile : devenue résiduelle, à l’image du bishuo voisin, la langue ne subsiste plus que dans l’intimité de réseaux mémoriels très restreints. Elle est parlée par un nombre infime de locuteurs, ce qui en fait l’un des patrimoines linguistiques les plus gravement menacés de la région.
3.1.3.2. La sous-famille CROSS RIVER
Ce groupe de la famille Benoué-Congo se déploie de manière prédominante au sein du département de la Manyu, dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des denses massifs forestiers frontaliers jusqu’aux plaines marécageuses du bassin du fleuve Cross, à la lisière immédiate de la frontière avec le Nigeria. Ce groupe est constitué d’un noyau de langues vivantes comprenant : le korop et l’efik.
– le korop [704] : est la langue du peuple Korop, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée à l’ouest de la commune de Mundemba, au cœur du département du Ndian. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement linéaire et périphérique, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule le long des réseaux hydrographiques et des pistes forestières de cette bande frontalière. Elle s’étend ainsi de manière continue à l’ouest du chef-lieu départemental, englobant précisément les villages de Ekon I (ou Korobi), d’Erat (ou Ekon II), d’Ikondokondo (ou Ekundukundu), d’Akpassang (ou Ikondokondo II), de Nkworo, d’Ekon Akebet et d’Ekong Anaku ;
– l’efik [704] : est la langue du peuple Efik, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges marchands et les systèmes culturels de la zone côtière et estuarienne de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière dense dans le département du Ndian. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et insulaire, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria et l’environnement des mangroves. Son aire d’expression s’articule le long des réseaux hydrographiques et des zones de pêche de cette bande frontalière maritime. Elle s’étend ainsi de manière continue dans l’angle sud-est du département, englobant précisément les arrondissements de Kombo-Abedimo, d’Isangele, d’Idabato, de Kombo-Itindi, d’Ekondo-Titi et de Mundemba, où elle est couramment désignée sous l’appellation « isangele ».
3.1.3.3. La sous-famille BENDI
Ce groupe de la famille Benoué-Congo se déploie de manière prédominante au sein du département de la Manyu, dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des denses massifs forestiers frontaliers jusqu’aux zones montagneuses et reculées de l’arrondissement d’Akwaya, à la lisière immédiate de la frontière avec le Nigeria. Ce groupe est constitué d’une langue : le boki.
– le boki [706] : est la langue du peuple Boki, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée dans le département de la Manyu. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement linéaire et périphérique, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule le long des massifs montagneux et des pistes forestières de cette bande frontalière. Elle s’étend ainsi de manière continue dans l’angle sud-est de l’arrondissement d’Akwaya, englobant précisément les communautés du canton Boki.
3.1.3.4. La sous-famille BANTOÏDE
Ce vaste ensemble du sous-phylum Benoué-Congo se déploie de manière prédominante dans les régions de l’Adamaoua, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des hauts plateaux de l’Adamaoua et des Grassfields jusqu’aux denses forêts équatoriales méridionales, marquant une zone de transition linguistique majeure à la frontière avec le Nigeria. Elle s’articule autour de deux branches : MAMBILOÏDE et BANTOU.
3.1.3.4.1. La branche MAMBILOÏDE
Ce groupe de la sous-famille Bantoïde se déploie de manière prédominante au sein du département du Mayo-Banyo (notamment les arrondissements de Banyo et Bankim), dans la région de l’Adamaoua au Cameroun. Son implantation historique s’étend des hauts plateaux de l’Adamaoua jusqu’aux plaines de transition de la Mapé, à la lisière immédiate de la frontière avec le Nigeria. Ce groupe est constitué de treize langues : le mambila, le vute, le kwanja, le nizaa, le kamkam, le njoyame, le twendi, le njanga, le njerep, le yeni, le kasabe, le luo et le bung.
– le mambila [710] : est la langue du peuple Mambila, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des hauts plateaux et des zones de transition de la dorsale camerounaise. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière localisée dans le sud-ouest du département du Mayo-Banyo, principalement au sein des arrondissements de Banyo et de Bankim. Elle se prolonge de manière périphérique dans la région du Nord-Ouest, au cœur du département de la Donga-Mantung, plus précisément dans l’arrondissement de Nwa. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement morcelée par le relief, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria et les versants des monts Mambila. Son aire d’expression s’articule à travers un réseau de terroirs de montagne et de plaines d’altitude réparti en quatre dialectes interconnectés :
• le ju baare : parlé par les communautés du foyer septentrional. Son aire d’expression est principalement centrée sur la zone de Gembu au Nigeria, mais déborde de manière continue sur le territoire camerounais le long des lignes de crêtes, s’articulant autour de petites implantations et de campements pastoraux frontaliers ;
• le ju ba : parlé par les lignages et les groupes du foyer central de la plaine. Son aire d’expression s’enracine au cœur de la plaine tikar, se déployant de façon unie autour des chefferies et des terroirs agricoles majeurs de l’arrondissement de Bankim, notamment les villages de Somié, Atta, Bandam, Songkolong et Tchamba ;
• le torbi : parlé par les clans et les localités des contreforts occidentaux. Son aire d’expression s’organise le long de la retombée des monts Mambila vers la plaine, irriguant les concessions rurales et les communautés de la zone de Banyo, structurées autour des localités de Torbi (le village éponyme) et des hameaux traditionnels environnants ;
• le langa : parlé par les communautés du versant méridional. Son aire d’expression s’étend de manière linéaire vers le sud, connectant les espaces ruraux et les réseaux d’échanges de l’arrondissement de Nwa dans la Donga-Mantung, englobant précisément les villages de Sabongari et de Ly ;
– le vute [720] : est parlé par la communauté Vute, une population rurale réputée pour ses structures de chefferies traditionnelles sédentaires et ses systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière et de rente de savane forestière (manioc, maïs, igname, cacao), la petite chasse et la pêche continentale. Au niveau régional, l’épicentre camerounais de cette langue se caractérise par une très large dispersion géographique à cheval sur trois régions administratives, couvrant les plaines et savanes arborées de la région du Centre, les hauts plateaux de la région de l’Adamaoua ainsi que les franges forestières de la région de l’Est. Sur le plan départemental et local, son aire de diffusion s’organise principalement dans le département du Mbam-et-Kim (arrondissements de Yoko, Ngoro, Ntui et Mbangassina), et s’étend d’une part dans la Haute-Sanaga (arrondissements de Nanga-Eboko, Mbandjock et Minta), d’autre part dans le Mayo-Banyo (arrondissement de Banyo) et le Djérem (arrondissement de Tibati), et enfin dans le Lom-et-Djérem (arrondissement de Bélabo). La langue se concentre principalement dans un réseau étendu de localités et de chefferies sédentaires comme Yoko, Linté, Ngoro Centre, Tibati et Mbandjock dans leurs régions respectives. Il se structure en neuf dialectes :
• le mbanjo : parlé par la communauté Vute Ngoro, une population rurale sédentaire de la plaine du Mbam. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante au sein du territoire de l’arrondissement de Ngoro, se structure directement autour du pôle historique, administratif et village de référence de Ngoro Centre (arrondissement de Ngoro, département du Mbam-et-Kim, région du Centre), ainsi que dans des établissements agricoles et des carrefours d’échanges locaux à l’instar de Labo, de Massassa, de Nyabidi et d’Ondouano ;
• le ngoro : parlé par la communauté Ngoro, une population rurale sédentaire de la plaine du Mbam. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante au sein du territoire de l’arrondissement de Ngoro, se structure directement autour du pôle historique, administratif et village de référence de Ngoro Centre (arrondissement de Ngoro, département du Mbam-et-Kim, région du Centre), ainsi que dans des établissements agricoles et des carrefours d’échanges locaux à l’instar de Labo, de Massassa, de Nyabidi et d’Ondouano ;
• le nujum : parlé par la communauté Vute Nujum, un sous-groupe culturel occupant les savanes arborées du Mbam occidental. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante à l’intersection de la portion nord-occidentale de l’arrondissement de Ngoro et du sud-ouest de l’arrondissement de Yoko, se structure directement autour du pôle historique et village de référence de Linté (arrondissement de Yoko, département du Mbam-et-Kim, région du Centre), ainsi que dans des localités de piémont et des campements de contact environnants à l’instar de Yassem, de Nyamoko, de Lengba et de Koundjoungou (arrondissement de Ngoro) ;
• le wawa : parlé par la communauté Wawa (parfois classée comme entité propre), une population frontalière et d’altitude isolée sur l’escarpement. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante au sein de la portion ouest de l’arrondissement de Banyo, se structure directement autour d’un réseau de villages perchés le long des hauts plateaux qui mènent vers la frontière avec le Nigeria à l’instar de Gandoua, de Mbenguedje, de Mbassewa et d’Oumyari (arrondissement de Banyo, département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua) ;
• le bamnyo : parlé par la communauté Vute Bamnyo, un sous-groupe septentrional établi sur les hauts plateaux de l’Adamaoua. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante au sein de la portion centrale de l’arrondissement de Banyo, se structure directement autour du pôle historique, commercial et carrefour de référence de Banyo Centre (arrondissement de Banyo, département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua), ainsi que dans les chefferies de troisième degré et établissements agropastoraux périphériques à l’instar de Mbé, de Djem, de Gandoua et de Dembesse ;
• le kumbere : parlé par la communauté Vute Kumbere, une population sédentaire de transition agropastorale. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante au sein de la portion nord-ouest de l’arrondissement de Yoko, se structure directement autour du pôle historique et village de référence de Sangbé (arrondissement de Yoko, département du Mbam-et-Kim, région du Centre), ainsi que dans des localités de savane arborée à l’instar de Matsari et de Sola Bitom, et le long des axes de transhumance du bassin de la Mékay comme Medjenba et Gongotoua ;
• le nudoo : parlé par la communauté Vute Nudoo, un sous-groupe établi dans les plaines de contact de la Sanaga. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante au sein de la portion sud-ouest de l’arrondissement de Ntui, se structure directement autour du pôle historique et village de référence de Yangba (arrondissement de Ntui, département du Mbam-et-Kim, région du Centre), ainsi que dans des établissements agricoles et des localités de piémont environnantes à l’instar de Biatsota, de Déa, de Bindo et de Gassuel ;
• le nugane : parlé par la communauté Vute Nugane, la composante établie à la lisière des confins forestiers septentrionaux. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante au sein de la portion nord de l’arrondissement de Yoko, se structure directement autour du pôle historique et village de référence de Doumé (souvent désigné Doumé-Vute ; arrondissement de Yoko, département du Mbam-et-Kim, région du Centre), ainsi que dans des localités environnantes à l’instar de Léna, de Kong et de Mba’am, et au niveau des points de contact le long des axes routiers orientaux de l’arrondissement comme Koundé et Mangaï ;
• le nduvum : parlé par la communauté Vute Nduvum, la population la plus septentrionale de l’aire vute. Ce sous-groupe, localisé de manière prépondérante au sein de la portion centrale et méridionale de l’arrondissement de Tibati, se structure directement autour du pôle historique et nœud de transport de Tibati Centre (arrondissement de Tibati, département du Djérem, région de l’Adamaoua), ainsi que dans des localités riveraines du lac de retenue à l’instar de Mbamti et de Mankim, et des établissements agropastoraux majeurs du Djérem comme Sassila et Mikaï ;
– le nizaa [730] : est la langue du peuple Nizaa, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques et les réseaux d’échanges des savanes arborées de l’Adamaoua. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie de manière éclatée en deux grands îlots territoriaux distincts au sein de la région : le foyer le plus important s’organise au sud de l’arrondissement de Tignère et au cœur de l’arrondissement de Galim-Tignère (département du Faro-et-Déo), s’articulant autour du village pivot de Galim et de ses dépendances agricoles, tandis que le second îlot se structure plus au sud, dans la portion septentrionale de l’arrondissement de Banyo (département du Mayo-Banyo), englobant la localité de référence de Sambolabbo ainsi que les terroirs ruraux rattachés ;
– le kwanja [741] : est la langue du peuple Kwanja, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la lisière forestière de l’Adamaoua. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière localisée au sein du département du Mayo-Banyo, principalement entre les communes de Banyo et de Bankim. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée, s’étendant à l’ouest jusqu’à Mbondjanga et à l’est jusqu’à la rivière Mbam. Son aire d’expression s’articule le long des réseaux hydrographiques et des zones de piémont dans la portion nord-est de la plaine Tikar, se structurant de façon unie autour du carrefour historique de Nyamboya. Elle se répartit en deux dialectes interconnectés :
• le sundani : parlé par les clans du foyer septentrional. Son aire d’expression englobe les espaces pastoraux et agricoles de la zone de Banyo, s’articulant autour des villages de Yimbéré, Mayo-Djinga, Nyawa, Mayo-Séni et Pangari ;
• le ndung : parlé par les lignages et les communautés du foyer méridional. Son aire d’expression s’étend de manière continue à travers les plaines arborées de la commune de Bankim, s’enracinant pleinement au sein de la grande localité de Nyamboya et de ses terroirs ruraux rattachés ;
– le bung [742] : est la langue du peuple Bung, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques et les systèmes agraires de la plaine Tikar, aujourd’hui en voie d’extinction ou probablement éteinte. Au Cameroun, son implantation historique principale se déployait dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière très localisée au sein du département du Mayo-Banyo. Sur le terrain, l’usage résiduel de la langue présente une configuration géographiquement résiduelle et fragmentée. Son aire d’expression s’articulait de façon unie autour du carrefour historique de Nyamboya, au cœur de l’arrondissement de Bankim, ainsi que dans ses petits hameaux et espaces agricoles rattachés ;
– le kamkam [743] : est la langue du peuple Kamkam (également connu sous le nom de Bungnu), une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la plaine frontalière. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière localisée au sein du département du Mayo-Banyo, principalement sur les piémonts et les zones de transition des monts Mambila. Sur le terrain, l’usage de cette langue non standardisée présente une configuration géographiquement linéaire, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule le long des réseaux de pistes et des plaines d’altitude de la plaine du Mambila, se déployant de façon unie autour des petits hameaux ruraux, des espaces agricoles et des points d’échanges de cette bande frontalière ;
– le njoyame [750] : est la langue du peuple Njoyame (connu dans la littérature sous le nom de Ndoro), une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques et les réseaux d’échanges culturels de la plaine frontalière. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière très localisée au sein du département du Faro-et-Déo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente aujourd’hui une configuration géographiquement résiduelle et périphérique, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression résiduelle s’articule le long des réseaux hydrographiques du haut Mayo-Déo, se déployant de façon unie à l’extrême sud de l’arrondissement de Mayo-Baléo et au nord de celui de Galim-Tignère, englobant précisément le village pivot de Dodéo ainsi que ses petits hameaux et espaces agricoles rattachés ;
– le twendi [770] : est la langue du peuple Twendi, une communauté historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques et les systèmes agraires de la plaine Tikar, aujourd’hui confrontée à une situation de bilinguisme défavorable face au kwanja. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière très localisée au sein du département du Mayo-Banyo, au cœur de l’arrondissement de Bankim. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement résiduelle et en net recul. Son aire d’expression s’articule le long des pistes de communication régionales, englobant précisément les villages de Sanga, situé au nord de Bankim, et de Chamba, localisé sur l’axe routier reliant Nyamboya à Somié, ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés où elle semble de moins en moins utilisée ;
– le njanga [760] : est la langue du peuple Njanga, une communauté historiquement ancrée dans les dynamiques culturelles de la région, aujourd’hui en situation critique d’extinction. Au Cameroun, son implantation historique résiduelle se déploie de manière extrêmement localisée au sein du département du Mbéré. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement confinée et résiduelle ; son usage est désormais exclusivement réservé au chef du village et à son notable au sein de la localité pivot de Mbomanga. En raison de dynamiques de mariages interethniques, l’ensemble des locuteurs natifs a progressivement abandonné sa langue d’origine pour adopter le sundani, une variante dialectale du kwanja ;
– le njerep [780] : est la langue du peuple Njerep, une communauté historiquement ancrée dans les dynamiques culturelles et les systèmes agraires de la plaine Tikar, aujourd’hui en situation critique d’extinction avec seulement six locuteurs natifs recensés au Cameroun. Au Cameroun, son implantation historique résiduelle se déploie dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière extrêmement localisée au sein du département du Mayo-Banyo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement résiduelle et confinée. Son aire d’expression s’articule exclusivement au cœur de l’arrondissement de Bankim, se déployant de façon unie au sein du village pivot de Somié ainsi que dans ses petits hameaux et espaces agricoles rattachés ;
– le yeni [791] : est la langue du peuple Yeni, une communauté historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques de la plaine Tikar, aujourd’hui officiellement éteinte. Au Cameroun, son implantation historique d’origine se déployait dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière très localisée au sein du département du Mayo-Banyo. Sur le terrain, l’usage de la langue a totalement disparu, laissant place à une configuration purement mémorielle. Son ancienne aire d’expression s’articulait de façon unie au cœur de l’arrondissement de Bankim, s’étendant à travers les terroirs ruraux et les espaces agricoles aujourd’hui investis par d’autres communautés linguistiques de cette zone de transition ;
– le kasabe [792] : est la langue du peuple Kasabe, une communauté historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques de la plaine Tikar, aujourd’hui officiellement éteinte. Au Cameroun, son implantation historique d’origine se déployait dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière très localisée au sein du département du Mayo-Banyo. Sur le terrain, l’usage de la langue a totalement disparu, laissant place à une configuration purement mémorielle. Son ancienne aire d’expression s’articulait de façon unie au cœur de l’arrondissement de Bankim, s’étendant à travers les terroirs ruraux et les espaces agricoles aujourd’hui investis par d’autres communautés linguistiques de cette zone de transition ;
– le luo [793] : est une langue complètement éteinte, autrefois parlée par la communauté Luo. Au niveau régional, l’épicentre camerounais historique de cette langue se concentrait au sein de la région de l’Adamaoua, au cœur de la plaine des Tikar. Sur le plan départemental et local, son aire de diffusion exclusive se localisait dans la portion septentrionale de l’arrondissement de Bankim, au sein du département du Mayo-Banyo, où elle était concentrée de manière ultra-restreinte autour du pôle historique et village de référence d’Atta. Son extinction définitive est intervenue le 5 novembre 1995 suite au décès de son dernier locuteur, un homme centenaire nommé Bogon ; le chercheur Bruce Connell, revenu sur le terrain en novembre 1996 pour approfondir ses notes, n’a pu que constater sa disparition, scellant ainsi la perte de cette langue dont les descendants n’avaient conservé aucun usage.
3.1.3.4.2. La branche BANTOU
Ce groupe de la sous-famille Bantoïde se déploie de manière prédominante à travers les zones de forêts denses, de savanes de transition et les hauts plateaux de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Centre, du Sud, de l’Est et du Littoral au Cameroun. Son implantation historique s’étend des massifs montagneux frontaliers et des chefferies des Grassfields jusqu’aux vastes bassins fluviaux de la Sanaga et de la côte équatoriale, se structurant localement autour de huit sous-branches distinctes : la sous-branche JARAWAN, la sous-branche TIVOÏDE, la sous-branche EKOÏDE, la sous-branche NYANG, la sous-branche BEBOÏDE, la sous-branche GRASSFIELD, la sous-branche MBAM et la sous-branche ÉQUATORIAL.
3.1.3.4.2.1. La sous-branche JARAWAN
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante le long des zones frontalières de la région de l’Est et de la région du Nord au Cameroun. Son implantation historique s’étend des savanes arborées de la haute vallée de la Bénoué jusqu’aux confins forestiers septentrionaux du bassin de la Lom, à la lisière immédiate de la frontière avec le Nigeria, pays qui concentre l’épicentre démographique majeur de cet ensemble. Représentant un groupe linguistique résiduel hautement menacé ou éteint sur le territoire national, il se caractérisait traditionnellement par des structures villageoises sédentaires et des systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière, la petite chasse et la pêche continentale. Il se structure en trois langues distinctes : le mbonga, le ngong-nagumi.
– le mbonga [806] : est la langue du peuple Mbonga, une communauté historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques et les réseaux d’échanges de la zone forestière et de transition de la haute vallée de la Lom. Au Cameroun, son implantation historique se déploie dans la région de l’Est, s’organisant de manière localisée au sein du département du Lom-et-Djérem. Sur le terrain, l’usage de cette langue en danger présente une configuration géographiquement restreinte et périphérique. Son aire d’expression s’articule le long des réseaux hydrographiques et des pistes rurales de la zone septentrionale de l’arrondissement de Bétaré-Oya, se déployant de façon unie autour de la commune historique de Bétaré-Oya, de ses petits hameaux et de ses espaces d’orpaillage ou de cultures vivrières rattachés ;
– le ngong-nagumi [807] : Le ngong-nagumi est une unité linguistique aujourd’hui officiellement éteinte, issue d’une communauté historiquement ancrée dans les chefferies et les réseaux d’échanges de la haute vallée de la Bénoué (Région du Nord, Cameroun), entre le fleuve Faro et les monts de Poli. Son ancienne aire d’expression englobait le village pivot de Ngong, ultime vestige d’un royaume autrefois puissant et aujourd’hui entouré de populations de langues adamawa et fulfulde. Bien que la littérature scientifique ait historiquement distingué deux entités, leur convergence géographique justifie leur regroupement au sein d’une seule unité composée de deux foyers mémoriels. Le foyer ngong n’était plus attesté en 1974 que par deux derniers locuteurs natifs auprès de qui une liste de deux cents mots a été recueillie, avant son extinction définitive due à l’adoption généralisée du fulfulde. Le foyer nagumi, quant à lui, n’est plus accessible que par un relevé de vocabulaire réalisé par Strümpell en 1922, documentant une communauté parente qui partageait le même espace territorial et dont le village de « Gong » marquait l’un des principaux points d’ancrage.
3.1.3.4.2.2. La sous-branche TIVOÏDE
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante le long de la frontière nigériane, s’étendant à cheval sur trois régions administratives à travers les reliefs accidentés de l’Adamaoua, les hauts plateaux du Nord-Ouest et les zones forestières denses du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’organise depuis les savanes d’altitude du Mayo-Banyo jusqu’aux vallées enclavées de la Menchum et de la Manyu, à la lisière immédiate de la frontière avec le Nigeria où se situe le foyer démographique central de cette famille. Cette sous-branche est représentée sur le territoire national par un réseau de treize langues distinctes : le njwande, le tiv, l’esimbi, l’amasi, l’ugaré, le batomo, le caka, l’iyive, l’iceve, l’evand, l’assumbo, l’eman, l’ihatum.
– le njwande [801] : est la langue du peuple Njwandè, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des savanes de l’Adamaoua. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région de l’Adamaoua, s’organisant de manière très localisée au sein du département du Mayo-Banyo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement résiduelle et en recul. Son aire d’expression s’articule de façon unie autour du grand centre historique et pôle urbain de Banyo, ainsi que de ses petits hameaux et espaces agricoles rattachés. Bien que quelques groupes de même origine ethnique soient historiquement installés dans les communes de Tignère et de Galim-Tignère (département du Faro-et-Déo), ces derniers ont subi un processus d’assimilation culturelle face aux populations Mbum voisines, dont ils ont intégralement adopté la langue ;
– le tiv [802] : est la langue du peuple Tiv, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques et les réseaux d’échanges de la zone forestière et de transition de la boucle de la Cross River, dont le foyer démographique majeur se situe au Nigeria. Au Cameroun, son implantation historique présente une configuration géographiquement ultra-restreinte et résiduelle au sein de la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière isolée dans le département de la Manyu. Sur le terrain, l’usage de la langue ne persiste que de façon marginale au cœur de l’arrondissement d’Akwaya. Son aire d’expression se réduit exclusivement à un unique village pivot, la localité de Injobo (ou Njawbaw), nichée au sein du canton traditionnel de Messaga entre le village de Yive, situé dans l’aire iyive, et celui de Bangundu, rattaché à l’aire ugaré, englobant ses petits espaces agricoles rattachés où elle ne compte plus qu’un très faible nombre de locuteurs natifs ;
– l’esimbi [803] : est la langue du peuple Esimbi, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des vallées et des massifs montagneux de la Menchum. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière compacte et entièrement localisée à l’ouest de la commune de Wum, au cœur du département de la Menchum. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement dense et homogène, fortement structurée par les couloirs hydrographiques et les reliefs de cette zone frontalière. Son aire d’expression s’articule le long des axes de communication locaux, se déployant de façon unie à travers les territoires de l’arrondissement de Menchum Valley, où elle englobe précisément les espaces ruraux et les terroirs agricoles structurés autour du pôle historique et village pivot de Benakuma ;
– le manta [804] : est la langue du peuple Manta, une communauté historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des zones de transition forestières et collinaires du Sud-Ouest. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur de l’arrondissement d’Akwaya, et s’étendant vers le sud jusqu’à l’arrondissement de Mamfe. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement linéaire et étirée, entièrement structurée par la limite départementale avec la Momo (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression s’articule sur une quarantaine de kilomètres le long des pistes et des réseaux hydrographiques du canton traditionnel de Mbulu, englobant précisément une vingtaine de villages et leurs terroirs agricoles interconnectés, depuis les localités de Alunti, Batabi, Amasi (qui constitue son principal foyer dialectal), Alunfa et Bantakpa au nord, jusqu’au village pivot et centre de référence de Manta situé plus au sud ;
– l’ugaré [891] : est la langue du peuple Ugaré, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires septentrionaux de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule le long des massifs forestiers et des vallées d’accès particulièrement difficile du canton de Messaga Ekol, englobant précisément les villages de Ballin (chef-lieu du canton), Assaka, Bakinjaw, Bagundu et Bombe, où les populations locales sont traditionnellement regroupées par l’administration sous l’appellation globale de « mesaka » ;
– le batomo [892] : est la langue du peuple Batomo, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires septentrionaux de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule le long des massifs forestiers et des vallées d’accès particulièrement difficile de cette bande frontalière, s’étendant à l’ouest du chef-lieu d’arrondissement pour englober précisément le village pivot de Batomo ainsi que ses petits hameaux et espaces agricoles rattachés ;
– le caka [893] : est la langue du peuple Caka, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département du Manyu, au cœur des territoires septentrionaux de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule au sud du canton Messaga, le long des massifs forestiers et des vallées d’accès particulièrement difficile de cette bande frontalière, englobant précisément les villages de Asaka, Basaka et Batanga, où les populations locales sont traditionnellement regroupées par l’administration sous l’appellation globale de « mesaka » ;
– l’iyive [894] : est la langue du peuple Iyive, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires septentrionaux de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule au nord-est du chef-lieu d’arrondissement, le long des massifs forestiers et des vallées d’accès particulièrement difficile de cette bande frontalière, englobant précisément les villages de Yive I et Yive II, où les populations locales sont traditionnellement regroupées par l’administration sous l’appellation globale de « asumbo » ;
– l’iceve [895] : est la langue du peuple Iceve, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria et parlée par des populations administratives regroupées sous l’appellation globale de « asumbo » ; son aire d’expression s’articule à travers des vallées d’accès particulièrement difficile et fait office de langue commune aux clans Oliti (au nord du chef-lieu) et Ochebe (au sud du chef-lieu), englobant précisément une douzaine de villages forestiers et leurs terroirs agricoles interconnectés ;
– l’evand [896] : est la langue du peuple Evand, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria et parlée par des populations administratives regroupées sous l’appellation globale de « asumbo » ; son aire d’expression s’articule à travers des vallées d’accès particulièrement difficile et se déploie de manière continue au sud-est du canton Asumbo, englobant précisément les villages de Atolo et de Matene 1 sur le territoire camerounais, tout en s’articulant en réseau avec la localité jumelle de Matene 2 située immédiatement du côté nigérian ;
– l’assumbo [897] : est la langue du peuple Asumbo, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule à travers des vallées d’accès particulièrement difficile et se déploie dans la partie centrale du canton Asumbo, englobant précisément une demi-douzaine de villages forestiers situés au sud-est du chef-lieu d’arrondissement, où la communauté locale est parfois désignée au sens strict sous l’appellation de « Oku » ;
– l’eman [898] : est la langue du peuple Eman, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria, parlée par la communauté des Ama et rattachée à des populations administratives regroupées sous l’appellation globale de « asumbo » ; son aire d’expression s’articule à travers des vallées d’accès particulièrement difficile au sud-est du canton Asumbo, englobant précisément les villages de Amanavil, Amaiyo, Akalabo et Akalam Gomo, qui se déploient en zone de transition entre les aires linguistiques de l’asumbo, du caka, de l’ihatum et du manta ;
– l’ihatum [899] : est la langue du peuple Ihatum, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière accidentée de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires de l’arrondissement d’Akwaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et enclavée, entièrement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria, parlée par des populations administratives regroupées sous l’appellation globale de « asumbo » ; son aire d’expression s’articule à travers des vallées d’accès particulièrement difficile au sud-est du canton Asumbo, englobant précisément les villages de Ossatu et de Kanye (ou Akala Boh) ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés. Son espace d’expression se situe ainsi à la croisée des chemins, ceinturé géographiquement par l’eman à l’ouest, le batomo à l’est, le caka au nord et le manta au sud.
3.1.3.4.2.3. La sous-branche EKOÏDE
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante le long de la ligne frontalière internationale dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’organise au cœur des massifs forestiers denses et des zones de piémont du département de la Manyu, s’étendant depuis les confins occidentaux de l’arrondissement d’Akwaya jusqu’aux vastes bassins fluviaux de l’arrondissement d’Eyumodjock, à la lisière immédiate de la frontière avec le Nigeria où se situe l’autre versant démographique de cette famille linguistique. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles hautement sédentaires et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière forestière (manioc, igname, banane-plantain), la petite chasse et la récolte de produits de la forêt. Cette sous-branche est représentée au Cameroun par une unique unité-langue majeure : l’ejagham.
– l’ejagham [808] : est la langue du peuple Ejagham, une communauté transfrontalière historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière de la boucle de la Cross River. Au Cameroun, son implantation historique se déploie entièrement dans la région du Sud-Ouest, couvrant de manière dense, au sein du département de la Manyu, tout l’arrondissement d’Eyumodjock (cantons Ekwe et Keaka) et la portion méridionale de l’arrondissement de Mamfé (canton Obang). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement homogène et compacte, fortement structurée par la frontière internationale avec le Nigeria. Son aire d’expression s’articule le long des axes routiers et des réseaux fluviaux frontaliers, se structurant en trois grands blocs dialectaux interconnectés :
• l’ejagham-ouest : localisé de manière prépondérante le long de la frontière avec le Nigeria, s’étendant du poste-frontière d’Ekok jusqu’aux communautés sédentaires du canton Ekwe au sein de l’arrondissement d’Eyumodjock. Il se compose de deux parlers :
o l’etung : parlé par la communauté Etung, une population rurale établie le long de la bande frontalière avec le Nigeria. Ce sous-groupe, localisé à l’extrême ouest de l’arrondissement d’Eyumodjock, se structure directement autour du poste-frontière, pôle commercial et ville de référence de Ekok, ainsi que dans des établissements forestiers, des campements de transit et des points de contact douaniers le long de la route transafricaine ;
o l’ekwe : parlé par la communauté Ekwe, une population rurale des massifs forestiers profonds. Ce sous-groupe se structure directement autour du réseau de villages traditionnels du canton Ekwe, s’étendant depuis les environs de la localité d’Ekok jusqu’aux limites septentrionales de l’arrondissement, englobant précisément les localités de piémont et les campements de brousse sédentaires de Otu, de Nsan et de Eshobi ;
• l’ejagham-est : localisé vers l’intérieur des terres du département de la Manyu, il couvre l’essentiel de l’arrondissement d’Eyumodjock et s’étire jusqu’au sud-ouest de l’arrondissement de Mamfé. Il se structure en deux parlers :
o le keaka : parlé par la communauté Ejagham Keaka, une importante population de plaine établie au cœur des bassins forestiers de l’arrondissement d’Eyumodjock. Ce sous-groupe se structure le long de l’axe routier reliant Mamfé à la frontière nigériane, s’articulant de façon unie autour du pôle historique d’Eyumodjock Centre, ainsi que dans les carrefours d’échanges et les localités de Ndebaya, de Kembong et de Ossing ;
o l’obang : parlé par la communauté Ejagham Obang, une population forestière établie au cœur de reliefs accidentés. Ce sous-groupe, localisé au sud-ouest de l’arrondissement de Mamfé, se structure directement autour d’un réseau d’établissements agricoles ceinturant la ville de Mamfé, englobant précisément les villages traditionnels de Obang Centre, de Nchang, de Bakebe et de Egbekaw ;
• le babong-mbakem : parlé par la communauté Ejagham Inokun, un sous-groupe linguistique et culturel servant de transition géographique et structurelle. Localisé au sein de la portion centrale de l’arrondissement d’Eyumodjock, il se structure directement autour du pôle historique et des villages de référence de Babong et de Mbakem (situés tous deux au cœur du canton d’Inokun), ainsi que dans des exploitations agricoles périphériques et des carrefours de brousse reliant l’ejagham-ouest à l’ejagham-est.
3.1.3.4.2.4. La sous-branche NYANG
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département de la Manyu, dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des contreforts montagneux et des forêts denses encadrant la ville de Mamfé jusqu’aux plaines fluviales et bassins intérieurs de la Manyu, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière forestière (manioc, igname, banane-plantain), la petite chasse et la récolte de produits de la forêt. Cette sous-branche est représentée au Cameroun par un ensemble de trois langues distinctes : le kenyang, le denya et le kendem.
– le kenyang [881] : se répartit en deux ensembles territoriaux disjoints et inégaux : le plus grand, au nord dans le département de la Manyu (Région du Sud-Ouest), couvre la majeure partie de l’arrondissement de Mamfe avec le bas-kenyang à l’ouest, vers Mamfe, et le haut-kenyang à l’est : canton de Tinto (arrondissements d’Upper Bayang et d’Akwaya) ; le plus petit, au sud, dans le département de la Mémé, est isolé entre l’aire ejagham au nord et le bantu côtier au sud ; il correspond approximativement au canton « Upper Balong », constituant l’angle occidental de l’arrondissement de Nguti (département du Koupé-Manengouba, Région du Sud-Ouest). Cette langue se structure en deux dialectes :
• le bas-kenyang (ou le kenyang nten) : est localisé dans la partie septentrionale de l’aire banyang, au sein de la Région du Sud-Ouest. Il constitue le dialecte de référence et se structure principalement dans le département de la Manyu, où son usage s’étend à travers les arrondissements de Mamfé et d’Eyumodjock. Ce parler de plaine s’articule autour d’un vaste réseau d’environ 53 villages sédentaires et de carrefours d’échanges majeurs. Il englobe d’une part les communautés périphériques de la ville de Mamfé comme Besongabang, Egbekaw, Nchang et Lashu, et d’autre part les localités situées le long de l’axe routier de l’arrondissement d’Eyumodjock telles qu’Ossing, Kembong et Ndebaya ;
• le haut-kenyang (ou le kenyang mfay) : est localisé dans la partie orientale et montagneuse de l’aire banyang, au cœur de la Région du Sud-Ouest. Il est parlé au sein de l’arrondissement d’Upper Bayang, dans le département de la Manyu, où son usage s’étire le long des reliefs forestiers accidentés de la haute vallée de la Manyu. Ce dialecte regroupe environ 45 communautés et villages traditionnels structurés en grands ensembles claniques historiques comme les Awanchi, les Bauchi ou les Mbang. Son pôle historique et politique de référence se concentre autour du grand canton de Tinto (comprenant Tinto Town, Tinto Mbu et Tinto Kerieh), tandis que son réseau d’établissements agricoles intègre des localités de piémont majeures à l’instar de Tali, Bachuo Akagbe, Fotabe, Bakebe, Mbinjong, Defang et Numba ;
– le denya [882] : une langue parlée par le peuple Anyang (ou Agnang), une communauté de forestiers et d’agriculteurs sédentaires historiquement établie le long de reliefs accidentés et de cours d’eau au cœur de la forêt tropicale dense. Cette langue est localisée principalement dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre le département de la Manyu, s’étendant à travers les parties centrale et méridionale de l’arrondissement d’Akwaya ainsi que la partie septentrionale de l’arrondissement de Mamfé (englobant la réserve forestière nationale et le parc national de Takamanda jusqu’à proximité de la frontière nigériane), et elle touche de manière limitrophe la frontière de la région du Nord-Ouest adjacente. Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule autour d’un réseau d’établissements ruraux isolés, de villages traditionnels et de pôles de référence majeurs, englobant les communautés enclavées de la réserve forestière comme Takamanda, les localités du canton de Mbulu à l’instar de Basho, les zones de contact montagneuses comme le village de Numba au sein du canton de Kendem, ainsi que les établissements agricoles ceinturant la zone nord de Mamfé. Cette langue se structure en quatre dialectes :
• le takamanda : est localisé dans les parties centrale et méridionale de l’arrondissement d’Akwaya, au sein du département de la Manyu dans la région du Sud-Ouest. Concentré au cœur du village historique et chef-lieu de canton éponyme, son usage s’étend à travers les communautés de la réserve forestière et du parc national de Takamanda. Sur le terrain, il se structure autour d’un réseau de villages forestiers enclavés au cœur de la zone protégée, à l’instar d’Obonyi I, II, III et de Kekpani, ainsi que de localités périphériques et frontalières comme Nfakwe, Takpe, Okpambe et la communauté isolée de Matene ;
• le basho: est localisé au sein de l’arrondissement d’Akwaya, au sein du département de la Manyu dans la région du Sud-Ouest. Concentré au cœur du village historique et chef-lieu de canton éponyme, son usage s’étend à travers les communautés forestières du canton de Mbulu, situées à l’est du parc national de Takamanda. Sur le terrain, il se structure autour d’un réseau de villages forestiers isolés au cœur du territoire Anyang, à l’instar de Basho, de Basho I, Basho II et de Mbulu, ainsi que de localités périphériques et de campements agricoles sédentaires établis le long du complexe forestier de Takamanda-Mone ;
• le bitieku : est localisé dans la région du Sud-Ouest, à la frontière administrative avec la région du Nord-Ouest. Concentré au cœur du village historique et carrefour de Numba (ou Mekenti), son usage s’étend à travers les communautés forestières rattachées au clan Betieku au sein du canton de Kendem, dans la partie septentrionale de l’arrondissement d’Upper Bayang (département de la Manyu). Sur le terrain, il se structure autour d’un réseau de villages et de localités de contact de montagne au cœur du territoire Anyang, à l’instar d’Ayukaba Betieku et de Numba, ainsi que de localités périphériques et de clairières agricoles sédentaires établies à la limite territoriale des parlers Kendem et Kenyang ;
• le bajwa: est localisé dans la portion septentrionale de la région du Sud-Ouest, au sein du département de la Manyu, et tire son nom du clan éponyme Bajwa établi de manière prépondérante dans la zone nord de l’arrondissement de Mamfé ainsi que dans la haute vallée au nord de la rivière Manyu. Sur le terrain, l’usage de ce parler se structure directement autour d’un réseau de villages traditionnels et de clairières agricoles sédentaires imbriqués avec le territoire forestier d’Akwaya, englobant le pôle central de Bajwa (le village de référence), ainsi que les localités associées de Bajwa I, Bajwa II, Agborkem (zone nord) et Mme ;
– le kendem [883] : est la langue du peuple Kendem, une communauté de taille restreinte localisée dans les villages de Kendem et de Bokwa, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone de transition entre les Grassfields et la plaine de la Manyu. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Sud-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Manyu, au cœur des territoires de l’arrondissement d’Upper Bayang. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement stratégique mais resserrée, entièrement structurée par l’axe routier reliant Batibo à Mamfé, parlée par des populations administratives regroupées au sein du canton de Bachuo-Akagbe ; son aire d’expression s’articule à travers un espace linéaire de contact commercial, englobant précisément les villages de Kendem et de Bokwa ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés. Son espace d’expression se situe ainsi à la croisée des chemins, ceinturé géographiquement par trois aires linguistiques : le denya au nord-ouest, le kenyang au sud et l’aire grassfields (moghamo) au nord-est.
3.1.3.4.2.5. La sous-branche BEBOÏDE
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein des départements de la Menchum et du Donga-Mantung, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des plateaux d’altitude et des savanes herbeuses des Grassfields jusqu’aux massifs forestiers accidentés et vallées isolées de la bordure septentrionale, s’organisant à proximité immédiate de la zone frontalière nigériane. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière de montagne (maïs, arachide, tubercules), le petit élevage et l’exploitation des palmeraies de transition. Cette sous-branche s’organise en deux grands groupes : le groupe BEBOÏDE OUEST et le groupe BEBOÏDE EST.
3.1.3.4.2.5.1. Le groupe BEBOÏDE OUEST
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département du Donga-Mantung (notamment à travers les arrondissements de Misaje et d’Aku), dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des hauts plateaux savanicoles des Grassfields jusqu’aux vallées encaissées s’organisant à proximité immédiate de la zone frontalière nigériane. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de montagne, les cultures vivrières de contrebas et les réseaux d’échanges coutumiers transfrontaliers. Ce groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de six langues distinctes : le naki, le bu, le misong, le koshin, le mungong et le cung.
– le naki [876] : est la langue du peuple Naki, une communauté localisée dans les villages de Mekaf (ou Bunaki), de Bukpang II et de Leba, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone forestière et herbeuse de la bordure septentrionale. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière étendue à cheval sur le département de la Menchum, au cœur des territoires de l’arrondissement de Furu-Awa et du reste de l’arrondissement de Wum. Sur le terrain, l’usage de la langue présente la configuration géographique la plus vaste de tout le groupe beboïde-ouest, entièrement structurée par la lisière forestière, s’étirant depuis le village pivot de Mekaf au sud jusqu’à englober toute l’orée orientale de la Réserve Forestière de Fungom, ainsi que la chefferie de Nse à sa bordure occidentale (où elle prend localement l’appellation de nsaa) ; son aire d’expression s’articule à travers des plaines et des contreforts de transition, englobant précisément les villages de Mekaf, de Bukpang II et de Leba ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés ;
– le bu [877] : est la langue du peuple Bu, une communauté de taille localisée dans les villages de Bu, de Za et de Ngwen, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la plaine septentrionale de Fungom. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière territorialisée au sein du département de la Menchum, au cœur des territoires de l’arrondissement de Fungom. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement groupée et restreinte, entièrement structurée par un réseau dense de trois localités sédentaires situées au nord de Fungom ; son aire d’expression s’articule à travers un espace de savanes de piémont, englobant précisément les villages de Bu, de Za et de Ngwen ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés ;
– le misong [878] : est la langue du peuple Missong, une communauté localisée dans les villages de Missong, de Munken, d’Aba, de Mundabi et de Mufu, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires du bassin central de Fungom. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Menchum, au cœur des territoires de l’arrondissement de Fungom. Sur le terrain, l’usage de la langue (parfois désignée sous l’appellation de Dzaiven Boka) présente une configuration géographiquement centrale et charnière, entièrement entourée par les autres aires linguistiques du groupe beboïde-ouest ; son aire d’expression s’articule autour du village pivot de Missong, englobant précisément les villages de Missong, de Munken, d’Aba, de Mundabi et de Mufu ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés ;
– le koshin [879] : est la langue du peuple Koshin, une communauté localisée dans les villages de Koshin et de Fang, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des vallées de piémont du sud-est. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Menchum, au cœur des territoires de l’arrondissement de Fungom. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et terminale, constituant l’angle sud-est de l’ensemble beboïde-ouest ; son aire d’expression s’articule à travers un espace de reliefs accidentés, englobant précisément les villages de Koshin et de Fang ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés ;
– le mungong [885] : est la langue du peuple Mungong, une communauté de taille restreinte localisée dans le village de Mungong, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des hauts plateaux et des savanes d’altitude du Boyo. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département du Boyo, au cœur des territoires de l’arrondissement de Bum. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement périphérique et adossée aux reliefs, entièrement structurée par sa position septentrionale par rapport à l’aire linguistique majeure du bum ; son aire d’expression s’articule à travers un espace de transition herbeux et de vallées d’altitude, englobant précisément le village de Mungong ainsi que ses terroirs agricoles rattachés. Son espace d’expression se situe ainsi à la lisière des sous-groupes régionaux, ceinturé géographiquement par le bum au sud et les parlers de la Menchum au nord et à l’ouest ;
– le cung [886] : est la langue du peuple Cung, une communauté de taille restreinte localisée dans le village de Cung, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des zones de transition et des reliefs accidentés du Boyo. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département du Boyo, au cœur des territoires de l’arrondissement de Bum. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement enclavée et intermédiaire, entièrement structurée par sa position septentrionale dans l’arrondissement ; son aire d’expression s’articule à travers un espace linéaire de vallées et de contreforts montagneux, englobant précisément le village de Cung ainsi que ses terroirs agricoles rattachés. Son espace d’expression se situe ainsi à la croisée des chemins, ceinturé géographiquement par le koshin à l’ouest et le mungong à l’est.
3.1.3.4.2.5.2. Le groupe BEBOÏDE EST
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein des départements du Donga-Mantung (notamment à travers l’arrondissement de Misaje) et du Bui (arrondissement de Noni), ainsi que dans le département de la Menchum (arrondissement de Furu-Awa), dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des hauts plateaux savanicoles des Grassfields jusqu’aux massifs forestiers profonds et vallées de transition de la frontière septentrionale, s’organisant à proximité immédiate de la zone frontalière nigériane. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture de montagne (maïs, cultures vivrières de contrebas), la récolte de produits de la forêt et les réseaux d’échanges coutumiers transfrontaliers. Ce groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de huit langues distinctes : le bebe, le kemezung, le ncane, le nsari, le nooné, le busuu, le bishuo et le bikya.
– le bebe [871] : est la langue du peuple Bebe, une communauté localisée dans les villages de Bebe-Jatto, de Bebe-Kitte et de Bebe-Jamma, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires de la zone herbeuse et montagneuse de la Donga Mantung. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Donga Mantung, au cœur des territoires de l’arrondissement de Misaje. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique la plus septentrionale de tout l’ensemble beboïde-est, entièrement structurée par sa position frontalière et d’altitude dans la partie occidentale de l’arrondissement ; son aire d’expression s’articule à travers un espace de vallées et de plateaux traditionnels, englobant précisément les villages de Bebe-Jatto, de Bebe-Kitte et de Bebe-Jamma ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés ;
– le kemezung [872] : est la langue du peuple Kemezung, une communauté localisée dans le village de Dumbo (généralement désigné sous les appellations locales de Kimanjong ou Kumaju), historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des savanes de transition de la Donga Mantung. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Donga Mantung, au cœur des territoires de l’arrondissement de Misaje. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique excentrée et stratégique, entièrement structurée par sa position à l’angle sud-ouest de l’arrondissement ; son aire d’expression s’articule autour du centre urbain et agricole de Dumbo, englobant précisément le village de Dumbo ainsi que ses terroirs agricoles rattachés ;
– le ncane [873] : parlée par le peuple Ncane, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement organisée en chefferies autonomes au cœur de vallées fertiles. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-est) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend de manière prépondérante dans le département du Donga-Mantung, se cantonnant ainsi dans la partie méridionale (le sud) de l’arrondissement de Misaje. Son implantation territoriale s’étire le long d’une vallée traversée par la Ring Road, s’organisant à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule de façon unie autour d’un réseau structuré de cinq chefferies traditionnelles et de pôles de référence majeurs, se concentrant précisément au cœur des villages de Nkanchi, de Chunge, de Nfume, de Bem et de Kibbo ;
– le nsari [874] : est la langue du peuple Nsari, une communauté localisée de part et d’autre de la Ring Road entre Misaje et Nkambe, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des grands axes herbeux de la Donga Mantung. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Donga Mantung, au cœur des territoires de l’arrondissement de Misaje. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique linéaire et de transit, entièrement structurée par son étirement le long de l’axe routier régional majeur ; son aire d’expression s’articule le long de cette voie de communication commerciale, englobant précisément les localités établies entre Misaje et Nkambe ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés ;
– le nooné [875] : est la langue du peuple Noni, une communauté localisée dans la zone nord-ouest de Kumbo, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des hauts plateaux accidentés et des vallées montagneuses des Grassfields. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière étendue à cheval sur le département de la Bui au cœur des territoires de l’arrondissement de Noni et de l’arrondissement de Nkambe, ainsi que sur le département du Boyo au sein de l’arrondissement de Bum. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique vaste et transfrontalière au niveau départemental, entièrement structurée par les reliefs et les réseaux claniques traditionnels ; son aire d’expression s’articule à travers un espace montagneux de forte densité, englobant précisément le secteur nord-ouest de Kumbo ainsi que ses terroirs agricoles rattachés ;
– le busuu [887] : est la langue du peuple Busuu, une communauté de taille extrêmement restreinte historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des zones forestières et des vallées reculées de la Menchum. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Menchum, au cœur des territoires de l’arrondissement de Furu-Awa. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique résiduelle et en situation d’extinction critique, entièrement structurée par l’isolement de son implantation traditionnelle et accélérée par un phénomène d’assimilation linguistique où les derniers locuteurs abandonnent progressivement leur langue maternelle au profit du jukun, la langue locale dominante ; son aire d’expression s’articule à travers un espace très localisé, englobant précisément la communauté de Busuu ainsi que ses terroirs agricoles rattachés ;
– le bishuo [888] : parlé par la communauté Biyam, une population rurale sédentaire des massifs forestiers profonds, aujourd’hui en danger critique d’extinction. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-ouest) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire historique s’étend dans le département de la Menchum, se cantonnant ainsi le long de la zone frontière séparant l’arrondissement de Furu-Awa du Nigeria. Son implantation territoriale s’organise au cœur de reliefs isolés et enclavés, propices aux dynamiques d’assimilation linguistique. Sur le terrain, l’usage historique de cette langue s’est effondré face à l’expansion de la langue régionale jukun et se circonscrit de manière résiduelle au cœur de trois villages ruraux de forêt : Ntjieka, Furu-Turuwa et Furu-Sambari ;
– le bikya [889] : est la langue du peuple Bikya, une communauté de taille extrêmement restreinte localisée dans le village de Bikya, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des zones forestières et des vallées reculées de la Menchum. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Menchum, au cœur des territoires de l’arrondissement de Furu-Awa. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique résiduelle et en situation d’extinction critique, entièrement structurée par l’isolement de son implantation traditionnelle et accélérée d’une part par l’assimilation culturelle par le jukun, langue économiquement et politiquement dominante vers laquelle la population s’est massivement tournée au détriment du parler autochtone pour s’intégrer aux réseaux d’échanges locaux, et d’autre part par l’enclavement et l’isolement géographique aux abords de la Réserve Forestière de Fungom et de la frontière nigériane qui ont coupé le village traditionnel de Bikya d’un réseau de communication fluide avec le reste du pays, empêchant le maintien d’une masse critique de locuteurs ; son aire d’expression s’articule à travers un espace très localisé, englobant précisément le village traditionnel de Bikya ainsi que ses terroirs agricoles rattachés, et se trouve aujourd’hui en voie de disparition quasi-totale.
3.1.3.4.2.6. La sous-branche GRASSFIELD
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein des régions de l’Ouest et du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des hauts plateaux volcaniques et des vallées fertiles de l’Ouest jusqu’aux savanes herbeuses et massifs montagneux escarpés du Nord-Ouest, s’organisant au cœur de la zone montagneuse occidentale sédentaire. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles hautement centralisées autour de puissantes chefferies (Fons) et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière d’altitude (maïs, café, tubercules), l’artisanat d’art et d’importants réseaux d’échanges marchands intercommunautaires. Cette sous-branche s’organise en deux grands groupes : le groupe GRASSFIELD EST et le groupe GRASSFIELD OUEST.
3.1.3.4.2.6.1. Le groupe GRASSFIELD OUEST
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein des départements de la Momo, de la Menchum et du Boyo, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend le long d’une boucle routière stratégique (la Ring Road), reliant des plateaux escarpés et des zones de savanes herbeuses d’altitude jusqu’aux massifs de transition de la bordure nord-ouest. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires gouvernées par des chefferies coutumières (Fons) et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière d’altitude, l’artisanat du bois et de petits élevages de subsistance. Ce groupe se structure en trois sous-groupes de langues : le sous-groupe MOMO, le sous-groupe MENCHUM et le sous-groupe RING.
3.1.3.4.2.6.1.1. Le sous-groupe MOMO
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein des départements de la Momo, de la Menchum et du Boyo, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend le long d’une boucle routière stratégique (la Ring Road), reliant des plateaux escarpés et des zones de savanes herbeuses d’altitude jusqu’aux massifs de transition de la bordure nord-ouest. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires gouvernées par des chefferies coutumières (Fons) et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière d’altitude, l’artisanat du bois et de petits élevages de subsistance. Ce sous-groupe intègre langues suivantes : le njen, le ngwo, le basa, le konda, le widikum, le menka, l’ambele, le mundani, le ngamambo et le busam.
– le njen [805] : est la langue du peuple Njen, une communauté de taille restreinte historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires des collines et des vallées de transition de la Momo. Au Cameroun, son implantation historique principale se déploie dans la région du Nord-Ouest, s’organisant de manière localisée au sein du département de la Momo, au cœur des territoires de l’arrondissement de Batibo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique périphérique et concentrée, entièrement structurée par sa position territoriale spécifique dans le secteur sud-est de l’arrondissement ; son aire d’expression s’articule à travers un espace de piémonts traditionnels, englobant précisément les villages de référence de Njen et de Njen Town ainsi que leurs terroirs agricoles rattachés ;
– le ngwo [861] : parlé par le peuple Ngwo, une importante communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement rattachée au grand groupe culturel des Widikum et établie le long de reliefs montagneux accidentés. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre de manière prépondérante le département de la Momo, se cantonnant ainsi au sein de l’ensemble de la surface de l’arrondissement de Njikwa. Son implantation historique s’organise au cœur de vallées isolées et de versants escarpés à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue se structure en deux dialectes :
• le ngwo (proprement dit) : parlé au sein du département de la Momo (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région Nord-Ouest, s’étendant de manière exclusive à travers la partie centrale de l’arrondissement de Njikwa. Ce dialecte se déploie le long de reliefs montagneux escarpés et de vallées intérieures isolées, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de quartiers traditionnels interconnectés constituant l’agglomération et la chefferie de 2e degré de Ngwo (ou Ngwo Town) ainsi que le centre administratif de Njikwa Town, englobant spécifiquement les secteurs de Andondo, Nkun, Soh, Ngebenge, Koh, Sabri, Njwo et Kuttin ;
• l’okorobi : parlé au sein du département de la Momo (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région Nord-Ouest, s’étendant à travers la partie septentrionale de l’arrondissement de Njikwa. Ce dialecte se déploie le long de reliefs montagneux escarpés et de massifs forestiers de transition, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de communautés villageoises traditionnelles sédentaires et de clairières agricoles, se concentrant précisément au cœur du village-centre et pôle historique de Okorobi (ou Okorobi Town), de la localité limitrophe de Bako, ainsi que des petits campements agricoles et clairières de contact de Fang-Koshin et Nujin établis le long des collines menant vers le territoire de Fungom ;
– le basa [862] : est la langue du peuple Basa, une communauté historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires du département de la Momo. Son implantation historique est localisée dans le secteur nord-ouest de la Région du Nord-Ouest, s’étendant à travers la zone montagneuse septentrionale de l’arrondissement de Njikwa. Ce parler se déploie le long de reliefs escarpés et de versants de haute altitude, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint d’un village-centre et de ses campements ruraux sédentaires, se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle et du village de référence de Basa (ou Bassa) ainsi que des clairières agricoles périphériques qui lui sont rattachées ;
– le konda [863] : parlé par le peuple Konda, une petite communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement rattachée au grand groupe culturel des Widikum et établie le long de reliefs montagneux et forestiers. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre le département de la Momo, se cantonnant ainsi au sein de l’arrondissement de Njikwa. Son implantation historique s’organise au cœur de vallées intérieures enclavées et de versants escarpés à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue se structure en quatre dialectes :
• le konda (proprement dit) : parlé au sein du département de la Momo (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région Nord-Ouest, s’étendant à travers la portion sud-ouest de l’arrondissement de Njikwa. Ce dialecte se déploie le long de reliefs montagneux escarpés et de vallées intérieures isolées, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint d’un village-centre et de ses campements ruraux sédentaires, se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle et du village enclavé de Konda (ou Konda Town) ainsi que des clairières agricoles périphériques qui lui sont rattachées ;
• le bako : parlé au sein du département de la Momo (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région Nord-Ouest, s’étendant à travers la portion montagneuse de l’arrondissement de Njikwa. Ce dialecte se déploie le long de crêtes accidentées et de hauts plateaux forestiers, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint d’un village-centre sédentaire, se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle et du village montagneux de Bako ainsi que de ses hameaux ruraux environnants ;
• l’ikweri : parlé au sein du département de la Momo (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région Nord-Ouest, s’étendant à travers une zone de forte rupture de relief de l’arrondissement de Njikwa. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement montagneux, forestier et particulièrement enclavé, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de clairières agricoles sédentaires se structurant directement autour du village-centre et de la chefferie traditionnelle d’Ikweri ;
• le banya : parlé au sein du département de la Momo (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région Nord-Ouest, s’étendant à la frange périphérique de l’arrondissement de Njikwa. Ce dialecte se déploie le long de reliefs forestiers abrupts et de versants de haute altitude hautement isolés, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un petit noyau d’établissements agricoles ruraux se concentrant exclusivement au cœur de la chefferie traditionnelle et du village enclavé de Banya ;
– le widikum [864] : est la langue du peuple Widikum, une très importante communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement organisée en puissantes chefferies indépendantes et établie le long de vastes plateaux et de vallées fertiles des Grassfields. Cette langue couvre de manière prépondérante le département de la Momo (Région du Nord-Ouest), s’étendant à travers les arrondissements de Mbengwi, de Batibo, de Widikum-Menka et de Ngie. Son implantation historique s’organise au cœur de reliefs vallonnés et de plaines de piémont hautement connectées, à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte vitalité démographique, rassemble une communauté globale d’environ et se structure en huit dialectes interconnectés :
• le ngishe : se déploie de manière localisée au sud-est de l’arrondissement de Ngie, constituant le principal centre de communication et de relations extérieures de cette circonscription. Ce dialecte se développe le long de collines verdoyantes et de reliefs de transition autour d’un réseau de clairières agricoles sédentaires, se concentrant précisément au cœur du grand village-centre et pôle de référence d’Oshie, ainsi que des localités associées d’Acha, d’Andek (frange ouest) et de Banja ;
• le ngie : occupe traditionnellement tout le centre du département de la Momo au sein de l’arrondissement de Ngie, tout en débordant à l’ouest de l’arrondissement de Mbengwi et partiellement sur l’ouest de l’arrondissement de Batibo. Ce dialecte se déploie au sein d’un bassin de hauts plateaux et de vallées intérieures où son usage s’articule autour d’un réseau dense de 19 chefferies traditionnelles sédentaires, englobant les pôles administratifs et historiques d’Andek (chef-lieu de l’arrondissement), de Teze et d’Angong, ainsi que les localités d’Ajei, d’Abang, d’Abebung, d’Azem, de Bassibo, d’Esaw et de Ngie-Town ;
• le meta’ moghamo : constitue une unité dialectale majeure de l’ensemble widikum, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires du département de la Momo. Son aire d’expression historique est localisée dans le secteur oriental et méridional de la Région du Nord-Ouest, s’étendant à travers des zones de transition herbeuses et des plateaux de haute altitude. Ce vaste complexe linguistique se structure en deux parlers interconnectés :
o le meta’ : se déploie de manière prépondérante dans la partie orientale du département de la Momo, couvrant l’ensemble de l’arrondissement de Mbengwi. Son usage s’articule le long de reliefs montagneux adossés aux plaines de Bamenda autour d’un réseau dynamique de chefferies traditionnelles autonomes, englobant le pôle urbain de Mbengwi (chef-lieu du département de la Momo) ainsi que les localités de Zang-Tabon, Tuanyang, Tugi, Guzang (secteur nord), Ngie-Muwa et Nnei ;
o le moghamo : occupe toute la portion méridionale du département de la Momo, s’étendant sur l’ensemble de la zone orientale de l’arrondissement de Batibo. Il se déploie le long de l’axe routier stratégique reliant les Grassfields aux plaines forestières et forme un bloc démographique majeur qui s’articule autour du grand pôle commercial et routier de Batibo Town (siège de la chefferie supérieure), ainsi que des localités d’Ashong, Guzang (secteur sud), Kugwe (frange est), Bessi (frange nord), Ambo, Eshobi, Kurwei, Numben et Bamben ;
• l’iyirikum : constitue la variante dialectale la plus occidentale de l’ensemble widikum, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires du département de la Momo. Son aire d’expression historique se déploie à l’extrême ouest de l’arrondissement de Widikum-Menka, au cœur de reliefs forestiers abrupts marquant la transition vers la région du Sud-Ouest. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de campements agricoles sédentaires et de clairières isolées se structurant autour du village de référence d’Iyirikum (ou Illirikum), ainsi que des établissements périphériques rattachés d’Eka, de Mbufu et des zones de contact de la haute vallée de la rivière Momo ;
• le batibo : constitue la variante dialectale centrale de l’ensemble widikum, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires du département de la Momo. Son aire d’expression historique s’étend précisément au centre géographique de l’arrondissement de Widikum-Menka, le long de la haute vallée de la rivière Momo. Sur le terrain, son usage s’articule autour d’un réseau d’établissements ruraux de piémont se concentrant au cœur du village historique de Batibo-Widikum (à distinguer de la ville de Batibo située dans l’arrondissement voisin), ainsi que des localités et hameaux associés de Boffe, de Diche et de Widikum Town ;
• le kugwe : constitue la variante dialectale méridionale de l’ensemble widikum, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires du département de la Momo. Son aire d’expression historique s’étend à travers la portion sud de l’arrondissement de Widikum-Menka, le long de zones de ruptures de pentes et de vallons enclavés. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint de communautés villageoises traditionnelles sédentaires s’organisant autour de la chefferie locale de Kugwe, ainsi que des établissements ruraux rattachés d’Ambombo, d’Oshie-Widikum et de Kugwe-Down ;
• le besi : constitue la variante dialectale orientale de l’ensemble widikum, historiquement ancrée dans les dynamiques socio-économiques, les réseaux d’échanges culturels et les systèmes agraires du département de la Momo. Son aire d’expression historique se déploie sur la frange est de l’arrondissement de Widikum-Menka, le long des contreforts montagneux marquant la limite avec le territoire moghamo. Sur le terrain, son usage s’articule autour d’un petit noyau de clairières agricoles formant un isolat linguistique de contact se concentrant de manière exclusive au cœur du village traditionnel de Besi (ou Bessi), ainsi que de ses hameaux de culture associés de Besi-Up et de Besi-Valley ;
– le menka [865] : est la langue du peuple Menka, une petite communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie sur des versants escarpés et des zones de forêts denses très enclavées. Cette langue est localisée au sein du département de la Momo (Région du Nord-Ouest), s’étendant à l’ouest de l’arrondissement de Mbengwi, au nord-ouest de l’arrondissement de Batibo et au sein de l’arrondissement de Widikum-Menka. Son implantation historique s’organise au cœur de reliefs isolés et accidentés, à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une population globale de 12 500 locuteurs et s’articule autour d’un réseau unifié de villages traditionnels et de clairières agricoles sédentaires, englobant les localités de Baraka, de Kaninbom, d’Efang, d’Echibit, de Mpeng, de Tabonchum, de Larinji, d’Onka, d’Achama Up & Down et d’Ishia, et elle se structure en deux variantes dialectales :
• le menka (proprement dit) : est parlé au sein du département de la Momo (Région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans le secteur occidental de la région du Nord-Ouest, s’étendant de manière exclusive au cœur du canton traditionnel de l’arrondissement de Widikum-Menka. Ce dialecte se déploie au sein de versants escarpés et de zones de forêts denses très enclavées, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de villages traditionnels et de clairières agricoles sédentaires, se concentrant précisément autour du pôle de référence et de la chefferie traditionnelle de Menka, ainsi que des communautés associées de Baraka, de Kaninbom, d’Efang, d’Echibit, de Mpeng, de Tabonchum, de Larinji, d’Onka, d’Achama Up & Down et d’Ishia;
• l’atong : se déploie de manière adjacente à la frange nord de l’arrondissement de Widikum-Menka et à la bordure occidentale de l’arrondissement de Ngie. Ce dialecte de transition se développe au cœur de massifs de haute altitude légèrement forestiers autour d’un petit réseau de cinq villages de montagne et de clairières de contact, se concentrant précisément autour du pôle de référence d’Akanunku, de la localité historique éponyme d’Atong), ainsi que des communautés traditionnelles d’Anjing, d’Emua (ou Emuah) et d’Ekaw (ou Ekao) ;
– l’ambele [866] : est la langue du peuple Ambele, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie le long de versants montagneux accidentés et de massifs forestiers de transition. Cette langue est localisée au sein du département de la Momo (Région du Nord-Ouest), se cantonnant à l’extrême ouest de l’arrondissement de Widikum-Menka. Son implantation historique s’organise à l’est des grands massifs montagneux et barrières forestières d’Ala Hati, d’Eti Bogat, d’Aktekon et de Dyog-Ete qui séparent naturellement ce département de celui de la Manyu, situé dans la Région voisine du Sud-Ouest. Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule autour d’un réseau d’une dizaine de villages traditionnels et de clairières agricoles sédentaires de la commune de Widikum-Boffe, englobant les localités de Big Ambele, d’Olorunti, de Menda (ou Mantoh), d’Anjake (ou Tajim), d’Egbeasho (ou Egbeachuk), de Barambichang I et II, d’Awi, de Tambang, de Tanka et de Lapu, et elle se structure en deux variantes dialectales :
• l’ambele (proprement dit) : est parlé au sein du département de la Momo (Région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans le secteur occidental de la région du Nord-Ouest, s’étendant à travers le canton traditionnel de l’extrême ouest de l’arrondissement de Widikum-Menka. Ce dialecte se déploie le long de reliefs forestiers abrupts de transition, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour de la chefferie traditionnelle et du grand pôle de référence de Big Ambele, ainsi que de la ceinture de villages sédentaires et de clairières de piémont rattachés à ce noyau historique ;
• le bifang : est parlé au sein du département de la Momo (Région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans le secteur occidental de la région du Nord-Ouest, s’étendant à la frange nord-ouest de l’arrondissement de Widikum-Menka, à la frontière avec le département de la Menchum. Ce dialecte se déploie le long de reliefs montagneux abrupts et de vallons enclavés, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint de communautés villageoises traditionnelles sédentaires et de clairières de piémont, se concentrant précisément au cœur du village-centre et pôle historique de Bifang, ainsi que des hameaux de culture et des petits établissements ruraux environnants qui lui sont directement rattachés;
– le mundani [867] : parlé par le peuple Mundani, une importante communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement organisée en chefferies souveraines et établie le long de versants escarpés et de vallées de haute altitude. Cette langue est localisée principalement dans la région du Sud-Ouest du Cameroun où son aire linguistique couvre de manière prépondérante le département du Lebialem au sein de l’ensemble de l’arrondissement d’Alou (ainsi que la frange septentrionale de l’arrondissement de Fontem), tout en touchant de manière limitrophe les frontières administratives des départements de la Momo et de la Manyu. Son implantation historique s’organise au cœur des monts Bamboutos et de reliefs forestiers abrupts à distance de la zone frontalière nigériane immédiate, où l’habitat se structure en chefferies de montagne autonomes. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte cohésion culturelle et s’articule de façon unie autour d’un réseau dense de villages traditionnels et de pôles de référence majeurs, englobant précisément les grandes chefferies de Bamumbu (le pôle le plus vaste), de Bechati, de Folepi, de Besali, de Bangang, de Ngi, de Ntheng et d’Azi. ;
– le ngamambo [868] : une langue parlée par le peuple Mbu, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie sur des versants escarpés et des plateaux des Grassfields. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale (plus précisément le secteur central et méridional) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend de manière fragmentée à travers trois départements de la région, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique singulière et s’articule de façon unie autour de trois dialectes distincts :
• le mbu: localisé au sud-est de la chefferie de Bali, au sein de la partie occidentale de l’arrondissement de Santa du département de la Mezam, où l’usage de la langue se concentre de manière prépondérante au cœur de la chefferie traditionnelle supérieure et du grand village de référence de Bafuchu (ou Bafutshu-Mbu) ;
le nja: localisé à la frange orientale du pôle urbain de Bamenda, au sein de l’arrondissement de Bamenda (ou Bamenda III) du département de la Mezam, où la communauté se réduit de façon exclusive aux habitants de la localité historique de Banja (ou Banja-Mbu) et du village de Nja ;
le ngamengyen: localisé dans la portion méridionale du département, au sein de la partie sud-est de l’arrondissement de Mbengwi du département de la Momo où l’usage de la langue englobe directement les habitants et les clairières agricoles de la communauté de Ngembo ;
– le busam [869] : une langue parlée par le peuple Busam, une petite communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie le long de versants escarpés et de vallées forestières de transition. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale (plus précisément le secteur occidental) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend au sein du département de la Momo, se cantonnant à la frange périphérique de l’arrondissement de Widikum-Menka. Son implantation historique s’organise au cœur de reliefs accidentés à distance de la zone frontalière nigériane immédiate, formant une zone de contact avec les parlers de l’arrondissement de Batibo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente un fort enclavement géographique et s’articule exclusivement de façon unie autour d’un réseau très restreint de villages traditionnels et de clairières agricoles sédentaires rattachés administrativement à la commune de Batibo, se concentrant précisément au cœur des localités de Bifang, d’Ambambo et de Dinku.
3.1.3.4.2.6.1.2. Le sous-groupe MENCHUM
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département de la Menchum (principalement à travers l’arrondissement de Menchum Valley et la zone du Lower Fungom), tout en s’étendant partiellement dans le département de la Mezam (arrondissement de Bafut), dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étire le long des vallées fluviales encaissées, des reliefs accidentés de moyenne altitude et des plaines de piémont qui marquent la transition entre les hauts plateaux herbeux des Grassfields et les forêts denses de basse altitude, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies autonomes et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture vivrière de vallée (maïs, manioc, taro, fruits), la petite exploitation forestière et la pêche fluviale, s’articulant autour du grand axe d’échanges de la route de Wum. Situé dans la région du Nord-Ouest, ce sous-groupe compte deux langues principales : le befang et le modele.
– le befang [851] : une langue parlée par le peuple Befang, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie le long de reliefs accidentés, de massifs montagneux et de profondes vallées fluviales. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale et centrale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend de manière transdépartementale à cheval sur deux départements, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Son implantation historique s’étire depuis les gorges encaissées de la Menchum au sud jusqu’aux plaines de piémont au nord. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique bipartite et se structure en quatre dialectes :
• le ge (ou befang proprement dit) : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant de manière exclusive à travers la portion centrale de l’arrondissement de Menchum Valley (chef-lieu : Benakuma). Ce dialecte se déploie autour du grand carrefour commercial et pôle historique de Befang (ou Befang Town), où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de quartiers et de localités sédentaires comprenant la chefferie de référence de Befang-Centre, ainsi que les quartiers et clairières de culture de Beba-Befang, Abe et Nze-Befang ;
• l’okomanjang : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant à travers la portion nord-est de l’arrondissement de Menchum Valley. Ce dialecte se déploie le long de reliefs forestiers et de clairières de basse altitude, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint de communautés villageoises et de campements ruraux se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle de Okoromanjang (ou Okoromanjang Town), ainsi que des établissements agricoles périphériques de Okoromanjang-Down et de ses hameaux de culture rattachés ;
• le bangwe : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant à travers la portion nord-ouest de l’arrondissement de Menchum Valley. Ce dialecte se déploie le long de crêtes accidentées et de vallons enclavés, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un petit noyau d’établissements ruraux se concentrant de manière exclusive au cœur de la chefferie traditionnelle et du village majeur de Bangwi (ou Bangwe), englobant les quartiers de Bangwi-Centre et les clairières de contact de Mude et de Baku ;
• l’obang : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie centrale de la région Nord-Ouest, s’étendant à la frange périphérique de la partie septentrionale de l’arrondissement de Bafut. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de haute rupture de relief, caractérisé par les vertigineuses gorges de la Menchum, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage présente un fort enclavement géographique et s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de communautés villageoises traditionnelles sédentaires se structurant directement autour du village-centre et de la chefferie supérieure d’Obang (ou Obang Town), incluant les établissements de Obang-Valley, Obang-Gorge et les clairières agricoles adjacentes ;
– le modele [852] : est la langue du peuple Modele, une petite communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie sur des versants accidentés et des plateaux de piémont. Cette langue est localisée au sein du département de la Menchum (Région du Nord-Ouest), se cantonnant à la frange nord du territoire befang au sud de l’aire de l’esimbi, au sein de l’arrondissement de Menchum Valley. Son implantation historique s’organise au cœur de reliefs savanicoles et forestiers, à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique resserrée autour de deux villages pivots et se structure en trois dialectes :
• l’ushe : est parlé au sein du département de la Menchum (Région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de l’arrondissement de Menchum Valley. Ce dialecte se déploie le long de versants accidentés et de plateaux de piémont, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour du pôle de référence et du village traditionnel de Modele ainsi que de ses terroirs agricoles rattachés ;
• l’ushaku : est parlé au sein du département de la Menchum (Région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de l’arrondissement de Menchum Valley. Ce dialecte se déploie le long de versants accidentés et de plateaux de piémont, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un noyau sédentaire se concentrant exclusivement au cœur du village traditionnel de Mukuru ainsi que de ses terroirs agricoles rattachés ;
• l’ide : est parlé au sein du département de la Menchum (Région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de l’arrondissement de Menchum Valley. Ce dialecte de transition se développe au cœur de massifs de piémont autour d’un réseau restreint de clairières de contact se concentrant au cœur du village traditionnel d’Ide ainsi que de ses hameaux ruraux environnants qui lui sont directement rattachés.
3.1.3.4.2.6.1.3. Le sous-groupe RING
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein des départements du Boyo, du Bui, de la Mezam et du Mentchum, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étire le long des sections centrale, septentrionale et orientale de la boucle routière de la Ring Road, englobant de hautes chaînes volcaniques, des plateaux escarpés et de fertiles vallées d’altitude, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures socio-politiques hautement centralisées et structurées autour de puissantes et prestigieuses chefferies traditionnelles (Fons) et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture intensive des Grassfields (maïs, haricot, tubercules, café), l’artisanat du bois et du métal, ainsi que des dynamiques d’échanges séculaires. Ce sous-groupe se divise en quatre ensembles : l’ensemble RING OUEST, l’ensemble RING CENTRE, l’ensemble RING EST et l’ensemble RING SUD.
3.1.3.4.2.6.1.3.1. L’ensemble RING OUEST
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département de la Menchum, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend le long de la section occidentale et septentrionale de la boucle routière de la Ring Road, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate au cœur de hauts plateaux volcaniques et de savanes d’altitude des Grassfields. Cet ensemble, dont les communautés s’articulent autour de puissantes chefferies traditionnelles basées sur l’agriculture vivrière, est représenté au Cameroun par un complexe de dialectes interconnectés centré sur la langue aghem.
– l’aghem [810] : une langue parlée par le peuple Aghem (ou peuple de Wum), une importante communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement organisée en une puissante chefferie supérieure et établie au cœur des hauts plateaux savanicoles des Grassfields. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-ouest) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre de manière prépondérante le département de la Menchum, se cantonnant ainsi au sein de l’arrondissement de Wum (notamment le long du grand canton d’Aghem) et s’étendant partiellement vers l’arrondissement voisin de Fungom. Son implantation historique s’organise au sein d’un vaste complexe de savanes d’altitude et de collines herbeuses à distance de la zone frontalière nigériane immédiate, constituant le pôle démographique et politique majeur du groupe Ring Ouest. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte vitalité et se structure en une macro-variété (ou cluster) intégrant officiellement sept parlers ou dialectes interconnectés :
• l’aghem (proprement dit) : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant de manière exclusive à travers la portion centrale de l’arrondissement de Wum. Sur le terrain, son usage s’articule autour d’un vaste réseau urbain et rural englobant la ville-carrefour de Wum (le chef-lieu du département), ainsi que les grandes chefferies et quartiers traditionnels de Zang, Naikom, Magha, Kesa et Wum-Town ;
• le kumfutu : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant à la frange nord-ouest de l’arrondissement de Wum. Ce dialecte se déploie le long de collines herbeuses accidentées marquant la transition vers le bassin forestier inférieur, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule autour d’un réseau très restreint d’un village-centre sédentaire, se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle et du village de référence de Kumfutu, incluant les quartiers et clairières de culture de Kumfutu-Town, Kumfutu-Down et Azi-Kumfutu ;
• le kuk : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant à travers la portion nord de l’arrondissement de Wum. Ce dialecte se déploie au sein de la zone accidentée du Lower Fungom, caractérisée par une mosaïque de parlers enclavés, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint d’un village-centre sédentaire, se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle de 2e degré et du village de référence de Kuk, englobant les quartiers d’habitation et les clairières agricoles rattachés de Kuk-Town, Kuk-Up et Bung-Kuk ;
• le cha’ : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant de manière adjacente à la frontière administrative délimitant les arrondissements de Wum et de Fungom. Ce dialecte se déploie au cœur de reliefs rocheux et de vallons herbeux isolés, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule autour d’un petit noyau d’établissements ruraux sédentaires se concentrant de manière exclusive au cœur de la chefferie traditionnelle et du village de référence de Cha’, englobant les secteurs de Cha’-Centre et ses campements périphériques de culture rattachés ;
• le nyos : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant à travers la portion septentrionale (l’est) de l’arrondissement de Wum, à la limite du territoire de Fungom. Ce dialecte se déploie autour d’un environnement de cratères volcaniques profonds et de reliefs escarpés, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage présente un fort enclavement géographique et s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de communautés de piémont se concentrant principalement au cœur de la chefferie traditionnelle et du village historique de Nyos, englobant les quartiers d’habitation reconstruits de Nyos-Town et ses campements ruraux périphériques ;
• le wi-isu : parlé au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant de manière bipartite à travers la zone nord de l’arrondissement de Wum (pour le sous-groupe Weh) et la partie occidentale de l’arrondissement de Fungom (pour le sous-groupe Esu). Ce sous-groupe linguistique se déploie le long d’une bande herbeuse de transition d’altitude, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage présente une configuration géographiquement éclatée mais culturellement homogène, s’articulant autour des deux grands pôles villageois et chefferies supérieures de Weh (comprenant les quartiers traditionnels rattachés à la commune de Wum) et de Esu (ou Isu, le grand centre agricole, commercial et historique de l’arrondissement de Fungom, englobant ses propres clairières de peuplement de piémont) ;
3.1.3.4.2.6.1.3.2. L’ensemble RING CENTRE
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein des départements du Boyo, de la Menchum, du Mezam et du Bui, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend le long de la section centrale et orientale de la boucle routière de la Ring Road, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate au cœur de hauts plateaux accidentés, de massifs volcaniques et de vallées fertiles d’altitude des Grassfields. Cet ensemble, dont les communautés d’agriculteurs sédentaires s’articulent autour de puissantes chefferies traditionnelles et de royaumes centralisés hautement structurés, est représenté au Cameroun par un continuum de cinq langues interconnectées : le mmem, le kom, le bum, le babanki et l’ebkuo.
– le mmem [821] : est parlé par le peuple Mmem, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement organisée autour de la chefferie traditionnelle d’altitude du Fondom de Mmen (ou chefferie de Bafumen), un pôle politique et spirituel majeur au cœur des Grassfields. Localisée principalement dans la partie septentrionale et centrale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, son aire linguistique s’étend de manière transdépartementale à cheval sur deux circonscriptions. Son implantation historique se structure au sud-est de Wum dans la partie méridionale de l’arrondissement de Fungom (département de la Menchum) et s’étire le long de l’axe routier stratégique de Fundong à travers les parties occidentales des arrondissements de Njinikom et de Fundong (département du Boyo). Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule de façon unie à distance de la zone frontalière nigériane immédiate, se concentrant précisément autour du palais du Fon et du grand pôle historique et village de référence de Bafumen (ou Mmen Town) situés dans la commune de Zhoa, ainsi que des quartiers agricoles et des localités de piémont environnants qui lui sont rattachés ;
– le kom [822] : une langue parlée par peuple Kom, une très importante et prestigieuse communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement organisée en un puissant royaume centralisé (le royaume de Kom) gouverné par un Fon supérieur. La langue est localisée prépondéramment dans la partie centrale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, couvrant la quasi-totalité du département du Boyo avec une forte densité démographique au sein de l’arrondissement de Fundong (ainsi que les arrondissements associés de Belo et Njinikom). Son implantation historique s’organise sur de hauts plateaux accidentés et de fertiles vallées d’altitude, s’étendant également vers l’ouest sur les zones limitrophes de l’arrondissement de Wum, dans le département voisin de la Menchum. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité et s’articule autour d’un vaste réseau de chefferies et de pôles de référence majeurs, englobant la capitale historique de Laikom (le siège royal), le centre urbain de Fundong, ainsi que les grandes communautés villageoises de Belo, Njinikom, Abasakiri et Wjinikijem ;
– le bum [823] : pratiqué par le peuple Bum, il désigne une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement structurée autour de la chefferie supérieure et d’envergure du Fondom de Bum (ou royaume de Bum) au cœur des savanes d’altitude. Cette langue est localisée principalement dans le secteur centre-nord de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend de manière exclusive dans le département du Boyo, se cantonnant dans l’ensemble de la surface de l’arrondissement de Bum. Son implantation territoriale s’organise au cœur de vallées herbeuses à distance de la zone frontalière nigériane immédiate, constituant un îlot linguistique stable au nord du pays Kom. Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule de façon unie autour d’un réseau structuré de villages traditionnels et de clairières agricoles, se concentrant précisément au cœur du palais du Fon, du chef-lieu et pôle commercial de Fonfuka, ainsi que des villages historiques et sièges de référence de Su-Bum et de Laa-Bum ;
– le babanki [824] : cette langue est parlée par le peuple Babanki, une communauté d’agriculteurs sédentaires et d’artisans d’art historiquement réputée pour ses traditions de sculpture sur bois au cœur des Grassfields. Localisée principalement dans la partie centrale de la région du Nord-Ouest, son aire linguistique couvre de manière prépondérante le département de la Mezam, se cantonnant ainsi au sein de la partie nord-est de l’arrondissement de Tubah (au nord de la ville de Bamenda). Son implantation historique s’organise sur les contreforts montagneux et les plaines d’altitude, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration bipartie et s’articule de façon unie autour de deux grands pôles villageois et chefferies traditionnelles de référence : Babanki Tungo (ou Kejom Keku, le village-centre) et Babanki Kebo (ou Kejom Ketingo), englobant leurs quartiers et clairières agricoles rattachés ;
– l’ebkuo [825] : est la langue du peuple Oku, une importante communauté d’agriculteurs sédentaires, d’apiculteurs et de guérisseurs traditionnels, historiquement organisée autour de la puissante chefferie indépendante du Fondom d’Oku (ou royaume d’Oku). Elle se situe principalement dans le secteur nord-est de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire s’étend de manière transdépartementale à cheval sur deux départements. Son implantation historique englobe de hauts reliefs volcaniques, s’étendant à la frange occidentale de l’arrondissement de Jakiri et à l’ensemble de l’arrondissement d’Oku (département du Bui), tout en débordant vers l’ouest dans les arrondissements de Belo et de Fundong (département du Boyo). Sur le terrain, l’usage de la langue est intimement lié à un environnement de très haute altitude, s’articulant aux abords immédiats du mont Oku et du lac Oku autour d’un réseau dense de sous-chefferies et de villages traditionnels rattachés au palais du Fon et au grand pôle d’Elak-Oku (le chef-lieu).
3.1.3.4.2.6.1.3.3. L’ensemble RING EST
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département du Bui, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend le long de la section orientale de la boucle routière de la Ring Road, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate au cœur de hauts plateaux et de montagnes des Grassfields. Cet ensemble, dont les communautés s’articulent autour d’une puissante chefferie traditionnelle centralisée basée sur l’agriculture vivrière, est représenté au Cameroun par une langue majeure : le lamnso’.
– le lamnso’ [830] : est la langue du peuple Nso’, une très importante et prestigieuse communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants, historiquement organisée en un puissant royaume centralisé et guerrier (le royaume de Nso’) gouverné par un Fon suprême. Elle se situe principalement dans le secteur oriental de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire s’étend de manière exclusive au sein du département du Bui. Son implantation historique englobe de hauts plateaux savanicoles et des massifs montagneux accidentés, couvrant la totalité de la surface est des arrondissements de Kumbo, de Jakiri et de Mbven. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité et s’articule autour d’un vaste réseau de sous-chefferies et de villages traditionnels rattachés au palais du Fon et au grand pôle de Kumbo (ou Banso, la capitale historique et chef-lieu), englobant notamment les communautés historiques de Nkar, Mbiame, Tatum, Nseh, Djottin et le site sacré de Kovifem.
3.1.3.4.2.6.1.3.4. L’ensemble RING SUD
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département du Ngo-Ketunjia, dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend le long de la section méridionale de la boucle routière de la Ring Road, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate au cœur des vastes terres fertiles et des reliefs ceinturant la plaine de Ndop dans les Grassfields. Cet ensemble, dont les communautés d’agriculteurs sédentaires et d’artisans d’art s’articulent autour de puissantes chefferies autonomes très structurées, est représenté au Cameroun par un continuum de quatre langues interconnectées : le kenswei-nsei, le bamunka, le vengo et le wushi.
– le kenswei-nsei [841] : est la langue du peuple Nsei, une importante communauté d’agriculteurs sédentaires et de potiers traditionnels de grande renommée, historiquement organisée autour de la puissante chefferie indépendante du Fondom de Bamessing. Elle se situe principalement dans le secteur central de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire s’étend de manière exclusive au sein du département du Ngo-Ketunjia. Son implantation historique englobe les basses terres et les contreforts de la plaine de Ndop, couvrant l’ensemble de la surface centrale de l’arrondissement de Ndop. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte vitalité et s’articule entièrement autour du palais du Fon et de la grande communauté et village historique de référence de Bamessing (ou Nsei), englobant ses quartiers artisanaux et ses clairières agricoles rattachés ;
– le bamunka [842] ou niemeng : est la langue du peuple Bamunka, une dynamique communauté d’agriculteurs sédentaires, de pêcheurs et de commerçants, historiquement organisée autour de la prestigieuse chefferie centrale du Fondom de Bamunka. Elle se situe principalement dans le secteur centre-méridional de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire s’étend au cœur du département du Ngo-Ketunjia. Son implantation historique englobe les plaines inondables et les terres intérieures, couvrant le centre et le sud de l’arrondissement de Ndop. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une vitalité remarquable et s’articule autour du palais du Fon et du grand pôle urbain et historique de Bamunka (le chef-lieu de l’arrondissement de Ndop), englobant ses villages satellites et ses quartiers résidentiels rattachés ;
– le vengo [843] : est la langue du peuple Vengo, une prestigieuse communauté d’agriculteurs sédentaires, de sculpteurs sur bois et de gardiens de traditions rituelles, historiquement organisée autour de l’influent royaume et chefferie supérieure du Fondom de Babungo. Elle se situe principalement dans le secteur septentrional de la plaine de Ndop, au sein de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire s’étend de manière exclusive dans le département du Ngo-Ketunjia. Son implantation historique englobe des contreforts montagneux et des plaines fertiles, se cantonnant au nord de l’arrondissement de Ndop. Sur le terrain, l’usage de la langue est intimement lié à ce terroir préservé, s’articulant autour du palais du Fon et du grand pôle culturel et village historique de Babungo (ou Vengo), ainsi que de ses quartiers traditionnels et dépendances rattachés ;
– le wushi [844] : est la langue du peuple Wushi, une robuste communauté d’agriculteurs sédentaires et de forgerons traditionnels, historiquement organisée autour de la chefferie indépendante et centralisée du Fondom de Bamessi. Elle se situe principalement dans le secteur nord-oriental de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique est circonscrite au sein du département du Ngo-Ketunjia. Son implantation historique englobe les terres de transition de la plaine de Ndop, couvrant la surface majeure de l’arrondissement de Babessi. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration unie et s’articule aux abords des zones rizicoles autour du palais du Fon et du grand pôle historique et village de référence de Bamessi, englobant ses quartiers agricoles et ses clairières de savane rattachés.
3.1.3.4.2.6.2. Le groupe GRASSFIELD EST
Ce groupe majeur de la branche Bantoïde se déploie de manière prédominante à travers les hauts plateaux de la région de l’Ouest et les savanes montagneuses de la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend le long de la section orientale et méridionale des Grassfields, s’organisant à distance de la frontière nigériane au cœur de paysages volcaniques fertiles et de plaines alluviales. Cet ensemble, dont les communautés dynamiques s’articulent autour de chefferies hautement centralisées, de royaumes séculaires et d’un tissu commercial dense, se structure en quatre sous-groupes de langues interconnectées : le sous-groupe NGEMBA, le sous-groupe BAMILEKE-CENTRAL, NOUN et NORD.
3.1.3.4.2.6.2.1. Le sous-groupe NGEMBA
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département de la Mezam (avec des ramifications mineures vers les départements limitrophes), dans la région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend le long de la section méridionale et centrale des hauts plateaux des Grassfields, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate au cœur d’un relief montagneux accidenté, de vallées d’altitude et de la cuvette urbaine de Bamenda. Cet ensemble, dont les communautés d’agriculteurs sédentaires et d’artisans d’art renommés s’articulent autour de puissantes chefferies hautement centralisées gouvernées par des Fons, est représenté au Cameroun par un continuum de sept langues interconnectées : le bafut, le mundum, le mankon, le bambili, le nkwen-mendankwe, le pinyin, l’awing.
– le bafut [912] : est la langue du peuple Bafut, une très importante et prestigieuse communauté historiquement organisée en un royaume centralisé et guerrier (le royaume de Bafut) gouverné par un Fon de premier degré. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre la quasi-totalité de l’arrondissement de Bafut dans le département de la Mezam, tout en s’étendant par discontinuité vers le département de la Menchum et la région du Sud-Ouest. Son implantation historique s’organise sur de hauts reliefs et des vallées fertiles au nord de Bamenda, formant un pôle politique et culturel majeur des Grassfields. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité et se structure en deux dialectes :
• le bufe : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique correspond au cœur du territoire bafut, s’étendant à travers les collines et les plaines d’altitude de l’arrondissement de Bafut. Ce dialecte se déploie le long de vallées hautement cultivées et densément peuplées. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour du palais royal, de la chefferie supérieure et du grand pôle historique de Bafut (Bafut Town), englobant la totalité des quartiers traditionnels et des villages rattachés directement au trône du Fon ;
• le beba’ : parlé à travers une configuration géographique éclatée en deux îlots distincts à distance du noyau central. Son premier îlot d’expression historique se situe au sein du département de la Menchum (région du Nord-Ouest), se déployant dans un environnement de vallons enclavés autour de la chefferie traditionnelle et du village de Beba (ou Babadji) dans l’arrondissement de Menchum Valley. Son second îlot, encore plus isolé au nord, se situe dans la région du Sud-Ouest (département de la Manyu), où il se déploie au cœur d’un relief forestier et accidenté autour du village de Bombe au sein du canton Messaga (arrondissement d’Akwaya) ;
– le mundum [911] : est la langue du peuple Mundum, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement organisée autour de chefferies autonomes d’altitude au sein des Grassfields. Cette langue est localisée principalement dans la partie occidentale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique se situe de manière exclusive dans le département de la Mezam, se cantonnant ainsi à la frange ouest de l’arrondissement de Bafut aux confins de la Momo. Son implantation historique s’organise au cœur de reliefs savanicoles et de collines escarpées, formant une zone de contact avec les parlers de la vallée de la Mezam. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique scindée et se structure en deux dialectes :
• l’anyang : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la portion occidentale de la vallée, s’étendant à travers la plaine d’altitude de l’arrondissement de Bafut. Ce dialecte se déploie le long de collines verdoyantes et de plaines fertiles de contrebas. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle et du grand village de référence de Mundum I, englobant ses quartiers d’habitation et ses clairières agricoles rattachés ;
• le mberewi : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée de manière adjacente à la frontière ouest de l’arrondissement de Bafut, aux confins du département de la Momo. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de crêtes et de vallons enclavés de haute altitude. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle autonome et du grand village de référence de Mundum II, englobant ses quartiers résidentiels accidentés et ses clairières de culture de piémont ;
– le mankon [913] : est la langue du peuple Mankon, une puissante et influente communauté d’agriculteurs et de commerçants, historiquement organisée en un très grand royaume centralisé (le royaume de Mankon). Cette langue est localisée principalement dans la partie centrale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre de manière prépondérante le cœur du département de la Mezam, s’étendant à la fois sur de hauts plateaux et sur l’espace urbain de l’arrondissement de Bamenda II. Son implantation historique s’organise sur de fertiles vallons et des crêtes stratégiques, formant le noyau politique de la cuvette de Bamenda. Sur le terrain, la langue affiche une immense vitalité et se structure en six dialectes interconnectés :
• le mangkunge : parlé au cœur de la ville de Bamenda (département de la Mezam). Son aire d’expression historique correspond au noyau urbain et central de l’arrondissement de Bamenda II. Ce dialecte se déploie le long des grands axes marchands et administratifs. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour du palais royal, de la chefferie supérieure et du grand village-centre de Mankon (Mankon Town), englobant les quartiers historiques d’Alakuma et de Mile 2 ;
• le shomba: parlé au sein du département de la Mezam. Son aire d’expression historique est localisée sur les contreforts montagneux à l’ouest de la ville de Bamenda, au sein de l’arrondissement de Bamenda II. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de collines agricoles. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour du palais du Fon, de la sous-chefferie traditionnelle et du village de référence de Chomba (Shomba), englobant ses quartiers d’habitation et ses clairières de culture ;
• le songwa: parlé au sein du département de la Mezam. Son aire d’expression historique se situe également à l’ouest de la ville de Bamenda, s’étendant de manière adjacente au territoire Shomba dans l’arrondissement de Bamenda II. Ce dialecte se déploie le long de versants verdoyants et de vallées maraîchères. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour de la sous-chefferie traditionnelle et du village historique de Nsongwa (Songwa), englobant ses quartiers résidentiels et ses dépendances agricoles ;
• le mbutu: parlé au sein du département de la Mezam. Son aire d’expression historique est localisée au sud-ouest de la ville de Bamenda, s’étirant le long des zones limitrophes de l’arrondissement de Bali. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de savanes arborées et de plaines de transition. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour de la chefferie traditionnelle autonome et du village enclavé de Mbutu (Mubutu), englobant ses exploitations agricoles et ses quartiers d’habitation rattachés ;
• le njong: parlé au sein du département de la Mezam. Son aire d’expression historique se situe au sud-est de la ville de Bamenda, s’étendant à la frange nord de l’arrondissement de Santa. Ce dialecte se déploie sur des reliefs accidentés formant une frontière naturelle avec les parlers voisins. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour de la sous-chefferie traditionnelle et du village de référence de Njong, englobant ses quartiers d’habitation et ses clairières de culture de piémont ;
• le bagangu : parlé au sein du département de la Mezam. Son aire d’expression historique est localisée au sud de la ville de Bamenda, s’étendant sur les hauts plateaux et les versants septentrionaux des monts de l’arrondissement de Santa. Ce dialecte se déploie au cœur d’un paysage de crêtes herbeuses de haute altitude. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour de la chefferie traditionnelle autonome et du grand village de référence de Akum (Bagangu), englobant ses quartiers d’habitation d’altitude et ses clairières maraîchères ;
– le bambili [914] : est la langue du peuple Bambili, une dynamique communauté d’agriculteurs et d’artisans, historiquement organisée autour de chefferies indépendantes associées aux plaines d’altitude. Cette langue est localisée principalement dans la partie nord-orientale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique se situe de manière prépondérante dans le département de la Mezam, se cantonnant ainsi le long de l’axe de la Ring Road au sein de l’arrondissement de Tubah. Son implantation historique s’organise sur de hauts plateaux savanicoles et des vallons fertiles, formant une zone de contact avec le domaine linguistique ngemba central. Sur le terrain, l’usage de ce parler présente une configuration de gémellité territoriale et se structure en deux dialectes :
• le mbili : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la portion méridionale de l’arrondissement de Tubah, se déployant sur des collines d’altitude le long du corridor universitaire. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie avec une forte identité culturelle autour du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle et du grand village de référence de Bambili (Bambili Town), englobant ses quartiers d’habitation et ses clairières agricoles rattachés ;
• le mbui : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée plus au nord, s’étendant à travers la portion centro-septentrionale de l’arrondissement de Tubah. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de plaines herbeuses et de vallées maraîchères très fertiles. Sur le terrain, son usage s’articule en étroite symbiose avec sa voisine immédiate autour du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle et du grand village-sœur de Bambui (Bambui Town), englobant ses quartiers résidentiels et ses dépendances agricoles rattachés ;
– le nkwen-mendankwe [915] : est la langue des peuples Nkwen et Mendankwe, deux communautés d’agriculteurs sédentaires et de maraîchers historiquement structurées en chefferies autonomes d’altitude. Cette langue est localisée principalement dans la partie centrale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique se situe de manière prépondérante dans le département de la Mezam, se cantonnant ainsi au sein de l’arrondissement de Bamenda III. Son implantation historique s’organise sur la section nord-est et les sommets montagneux escarpés encadrant la ville de Bamenda, formant une zone de contact avec les parlers des plaines de Tubah. Sur le terrain, l’usage de ce parler présente une configuration géographique bipartie et se structure en deux dialectes :
• le nkwèn: parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée plus au nord de la cuvette urbaine de Bamenda, s’étendant à travers la plaine d’altitude de l’arrondissement de Bamenda III. Ce dialecte se déploie le long d’axes de communication majeurs et de terres agricoles fertiles. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie avec une forte identité culturelle autour du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle et du grand village inséré de Nkwen (Nkwen Town), englobant ses quartiers d’habitation historiques et ses clairières de culture rattachés ;
le mendankwe : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée plus au sud de l’aire Nkwen, s’étendant de manière spectaculaire dans le cirque montagneux de Menda-Nkwe au sein de l’arrondissement de Bamenda III. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de falaises rocheuses, de collines verdoyantes et de terrasses maraîchères de très haute altitude. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle et du grand village de haute altitude de Mendankwe, englobant ses quartiers d’habitation accidentés et ses clairières agricoles rattachés ;
– le pinyin [916] : est la langue du peuple Pinyin, une importante communauté d’agriculteurs issue historiquement d’une scission migratoire avec le royaume de Mankon. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique se situe de manière prépondérante dans le département de la Mezam, se cantonnant ainsi à la frange sud-ouest de l’arrondissement de Santa. Son implantation historique s’organise au cœur des versants accidentés des monts Santa, formant une zone de transition avec les parlers de la Momo et des hauts plateaux de l’Ouest. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique étendue et se structure en deux dialectes :
• le pinyin (proprement dit) : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie sud-ouest de l’arrondissement de Santa, se déployant le long de vallées fertiles et de versants montagneux au sud-ouest de Bamenda. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie avec une forte identité culturelle autour du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle et de la constellation des cinq entités territoriales formant le clan villageois de Pinyin, se matérialisant à travers le pôle de référence de Pinyin Town et le grand quartier et village satellite de Buchi ;
• l’alatining : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la portion centrale et méridionale de l’arrondissement de Santa, s’étendant au sud de la ville de Bamenda. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de collines verdoyantes et de plaines maraîchères de haute altitude. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un noyau d’établissements sédentaires se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle et du grand village de référence d’Alatining (Alatening), englobant ses quartiers d’habitation et ses clairières agricoles rattachés ;
– l’awing [917] : est la langue du peuple Awing, une solide communauté d’agriculteurs et de gardiens de traditions sacrées, historiquement organisée autour d’un Fondom indépendant et respecté. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique se situe de manière exclusive dans le département de la Mezam, se cantonnant ainsi à l’extrémité sud-orientale de l’arrondissement de Santa. Son implantation historique s’organise au cœur de crêtes montagneuses et de reliefs accidentés, formant une zone de contact avec les langues des hauts plateaux de la région de l’Ouest (département des Bamboutos). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique resserrée et se structure en deux dialectes :
• le mbwe’wi : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie méridionale de la région, s’étendant à travers la portion sud-est de l’arrondissement de Santa. Ce dialecte se déploie le long de versants volcaniques accidentés et de plaines d’altitude fertiles, aux abords immédiats du site sacré du lac Awing. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau structuré d’établissements sédentaires, se concentrant précisément au cœur du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle et du grand village-centre d’Awing (Awing Town), englobant les quartiers d’habitation historiques de Meve, Ala’amene et Nepele ;
• le bamukumbit : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique est localisée à la frange périphérique de la plaine de Ndop, s’étendant de manière adjacente à la frontière sud-est de l’arrondissement de Santa aux confins du Ngo-Ketunjia. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de collines et de vallons enclavés, à distance de la zone urbaine de Bamenda. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un noyau d’établissements ruraux se concentrant exclusivement au cœur de la chefferie traditionnelle autonome et du village de Bamukumbit (ou Mengi), englobant ses quartiers d’habitation et ses clairières agricoles rattachés.
3.1.3.4.2.6.2.2. Le sous-groupe BAMILEKE-CENTRAL
Ce groupe de la branche Bantoue (groupe Grassfield Est) se déploie de manière ultra-prédominante au sein de l’ensemble des départements de la région de l’Ouest au Cameroun (Mifi, Koung-Khi, Hauts-Plateaux, Ndé, Haut-Nkam, Menoua, Bamboutos), tout en s’étendant par continuité territoriale dans le département du Lebialem (région du Sud-Ouest). Son implantation historique s’organise au cœur des hautes terres volcaniques et des vallées fertiles des Grassfields occidentaux, caractérisées par l’une des plus fortes densités démographiques du pays et un habitat structuré en concessions familiales (bosses) dispersées. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures socio-politiques hautement centralisées autour de puissantes chefferies supérieures de premier et second degrés (royaumes coutumiers dirigés par les Fons), ainsi que pour leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture intensive d’altitude (cultures maraîchères, café, maïs), un artisanat d’art exceptionnel et un dynamisme commercial de premier plan à l’échelle nationale. Ce sous-groupe constitue le bloc linguistique le plus massif de la région de l’Ouest et est représenté par un ensemble de langues nationales hautement interconnectées : le kwa’, le nda’nda’, le ngombale, le megaka, le ngomba, le ngyemboon, le yemba, le nwe, le ghomala’ et le fe’efe’e.
– le kwa’ [901] : est la langue du peuple Bakoua, une communauté d’agriculteurs sédentaires et de bâtisseurs traditionnels historiquement structurée autour de chefferies autonomes des Grassfields et de leurs zones de transition forestière. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale de la région de l’Ouest du Cameroun ainsi que dans les zones adjacentes de la région du Littoral, s’étendant de manière transrégionale et transdépartementale. Son implantation historique s’organise sur les contreforts montagneux du département du Ndé (canton Batongtou au sein de l’arrondissement de Bazou) et s’étire à travers les plaines de l’est du département du Nkam (arrondissements de Nkondjock et du Nord-Makombé). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographique éclatée le long des lignes de crêtes et des bassins agricoles, se structurant en deux dialectes principaux :
• le kwa’(proprement dit) : parlé au sein du département du Ndé (région de l’Ouest) et du département du Nkam (région du Littoral). Son aire d’expression historique est localisée dans la portion centrale et méridionale du territoire bakoua, s’étendant à travers les collines et les vallées de l’arrondissement de Bazou et du Nord-Makombé. Ce dialecte se déploie le long de reliefs accidentés et de clairières forestières. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour de la chefferie traditionnelle et du grand village de référence de Bakoua (Bakoua Town), englobant ses quartiers d’habitation et ses clairières de culture rattachés ;
• le mbyam : parlé au sein du département du Ndé (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique est localisée à la frange périphérique nord-orientale du territoire, se cantonnant dans la partie nord-est du canton Batongtou. Ce dialecte se déploie au cœur d’un environnement de pentes fertiles et de piémonts herbeux. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de clairières agricoles et de chefferies de lignages, se concentrant précisément au cœur des communautés et villages de référence de Mban, Takaka, Tongavé et San, englobant leurs concessions familiales et leurs zones de cultures vivrières rattachées ;
– le nda’nda’ [905] : est la langue du peuple Nda’nda’, une dynamique communauté d’agriculteurs sédentaires et de commerçants des Grassfields, historiquement structurée en un tissu de chefferies autonomes interconnectées. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale et centrale de la région de l’Ouest du Cameroun, s’étendant de manière transdépartementale sur quatre circonscriptions. Son implantation historique englobe un relief de collines, de vallons fertiles et de hautes terrasses volcaniques, couvrant l’est de l’arrondissement de Bana (Haut-Nkam), l’arrondissement de Bazou et le nord de l’arrondissement de Bangangté (Ndé), les arrondissements de Bayangam et de Demdeng (Koung-Khi), ainsi que l’arrondissement de Bangou (Hauts-Plateaux). Sur le terrain, l’usage de la langue se structure en trois dialectes :
• le nda’nda’-ouest : parlé au sein des départements du Haut-Nkam, du Ndé et des Hauts-Plateaux (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur le flanc occidental du territoire nda’nda’, le long de versants accidentés et de plaines maraîchères de haute altitude. Sur le terrain, ce bloc se déploie à travers trois parlers distincts:
o le ca’ : dont l’usage s’articule de façon unie à l’est de l’arrondissement de Bana, se concentrant précisément autour du grand village et de la chefferie traditionnelle de Bana et de ses quartiers de culture ;
o le shingu : dont l’usage s’articule autour des palais des Fons, des chefferies traditionnelles et des villages de référence de Batchingou (arrondissement de Bangangté) et de Bangou-Carrefour au sud de l’arrondissement de Bangou ;
o le nyep : dont l’usage s’articule de façon unie au cœur de la chefferie supérieure et du grand pôle villageois de Bangou (arrondissement de Bangou), englobant ses concessions familiales et ses dépendances agricoles ;
• le nda’nda’-est: parlé au sein des départements du Ndé et du Koung-Khi (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique couvre la frange orientale et septentrionale du massif, s’épanouissant dans un environnement de crêtes et de vallons boisés. Sur le terrain, ce bloc se déploie à travers trois parlers locaux:
o le gwe : pratiqué par le peuple Bangwa, dont l’usage s’articule entièrement autour du palais du Fon, de la chefferie traditionnelle et du grand village de référence de Bangwa (arrondissement de Bangangté) ;
o le dengfap : parlé au sein de la localité de Bangang-Fokam (ou Bangang-Takam), dans l’arrondissement de Bangangté (département du Ndé), et également au cœur de la chefferie traditionnelle de Bandrefam, située dans l’arrondissement de Bayangam (département du Koung-Khi) ;
o le twefap : parlé au cœur de la chefferie traditionnelle de Batoufam, située également dans l’arrondissement de Bayangam (département du Koung-Khi) ;
• le nda’nda’-sud: localisé dans la partie ouest et nord du département du Ndé (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’étire le long de plaines caféières et de plateaux intermédiaires, s’articulant sur le terrain à travers trois parlers locaux:
o le mena : parlé par les Bamena, dont l’usage s’articule directement au cœur de la chefferie traditionnelle et de la localité de Bamena (arrondissement de Bangangté) ;
o le lek : parlé par les Balengou, dont l’usage s’articule de façon unie au sein de la chefferie traditionnelle et de la localité de Balengou (arrondissement de Bazou) ;
o le zua : parlé par les Bazou, dont l’usage se concentre exclusivement autour de la chefferie supérieure et du pôle urbain de Bazou (arrondissement de Bazou) ;
– le ngombale [920] : la langue du peuple Ngombale, une communauté d’agriculteurs sédentaires et de maraîchers des Grassfields, historiquement organisée en un réseau de chefferies supérieures indépendantes. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément le secteur nord-ouest) de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend au cœur du département des Bamboutos, se cantonnant à travers la partie septentrionale de l’arrondissement de Mbouda et l’ensemble de l’arrondissement de Babadjou. Son implantation historique englobe les hauts plateaux fertiles et les versants volcaniques accidentés adossés aux contreforts des monts Bamboutos, constituant une zone d’intense production agricole. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte vitalité et se structure en trois dialectes :
• le penyu : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les reliefs montagneux de la portion occidentale de la région, s’étendant de manière exclusive à travers la zone de l’arrondissement de Babadjou. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie au cœur du village-centre, du groupement traditionnel et de la chefferie de Penyu, ainsi que de ses quartiers de culture et dépendances agricoles environnants ;
• le babadjou : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant à travers l’ensemble de la plaine d’altitude et des versants de l’arrondissement de Babadjou. Sur le terrain, son usage forme le bloc démographique central de la langue et s’articule autour d’un vaste réseau de quartiers ruraux se concentrant précisément au cœur de la chefferie supérieure de Babadjou (ou Babadjou Town, le pôle politique de référence) et de ses communautés périphériques rattachées ;
• le bamessingue : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant de manière exclusive à travers la zone nord de l’arrondissement de Mbouda. Ce dialecte se déploie le long de collines et de vallons intermédiaires reliés à l’axe routier principal. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau structuré de concessions familiales se concentrant de manière exclusive au cœur du groupement traditionnel et de la chefferie de Bamessingue (ou Bamessingué) ;
– le megaka [930] : parlé par le peuple Bagam (ou Megaka), une communauté d’agriculteurs sédentaires et de riziculteurs des Grassfields, historiquement organisée en chefferies autonomes au cœur de plaines alluviales. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-est) de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique se situe de manière exclusive dans le département des Bamboutos, se cantonnant ainsi à travers l’ensemble du sud de l’arrondissement de Galim. Son implantation historique englobe les basses plaines fertiles et les bassins fluviaux de la Manye, à proximité immédiate du lac de retenue de Bamendjing. Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule de façon unie autour d’un réseau structuré de trois grands pôles villageois, de chefferies traditionnelles de 2e degré et de clairières agricoles sédentaires, se concentrant précisément au cœur des localités de Bagam, de Galim (le chef-lieu d’arrondissement) et de Bamendjing ;
– le ngomba [940] : la langue du peuple Ngomba, une importante communauté d’agriculteurs sédentaires et d’artisans des Grassfields, historiquement organisée en un réseau de chefferies supérieures indépendantes. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément le secteur central) de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend au cœur du département des Bamboutos, se cantonnant de manière exclusive à travers la partie méridionale (le sud) de l’arrondissement de Mbouda. Son implantation historique englobe de hauts plateaux fertiles et des collines volcaniques hautement interconnectés par le réseau routier régional. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte vitalité et se structure en trois dialectes principaux :
• le bamete : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les reliefs montagneux de la portion centrale de la région, s’étendant à travers la zone sud de l’arrondissement de Mbouda. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau structuré de concessions familiales se concentrant précisément au cœur des deux grandes chefferies traditionnelles et groupements de Babete (ou Bamete) et de Bamendjo ;
• le bamesso : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie septentrionale de la région, s’étendant de manière exclusive à travers la zone sud-est de l’arrondissement de Mbouda. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint d’un village-centre sédentaire, se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle de 2e degré et de la localité de Bamesso ainsi que de ses dépendances agricoles périphériques ;
• le bamendjinda : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique couvre la portion méridionale de la plaine de Mbouda, s’épanouissant dans un environnement de vallons hautement fertiles. Sur le terrain, ce bloc se déploie à travers un réseau de quartiers traditionnels et de clairières agricoles interconnectés se concentrant précisément au cœur des deux chefferies supérieures et groupements de Bamendjinda et de Bamenkombo ;
– le ngyemboon [951] : la langue du peuple Ngyemboon, une importante communauté d’agriculteurs sédentaires et de commerçants des Grassfields, historiquement organisée en puissants groupements et chefferies traditionnelles de montagne. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément le secteur occidental) de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend de manière transdépartementale, couvrant de façon prépondérante le sud-ouest du département des Bamboutos et débordant sur la frange nord-ouest du département de la Menoua. Son implantation historique s’organise au cœur des hauts reliefs escarpés et des fertiles vallées volcaniques des monts Bamboutos. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte vitalité et se structure en cinq dialectes principaux :
• le batcham : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’étend de manière exclusive au centre de l’arrondissement de Batcham. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau dense de quartiers traditionnels se concentrant précisément au cœur de la chefferie supérieure et de l’agglomération de Batcham (le chef-lieu) ;
• le bamougong : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans la partie occidentale de la région, s’étendant à l’est de l’arrondissement de Batcham. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions familiales se concentrant précisément au cœur du groupement traditionnel et de la chefferie de Bamougong ainsi que de ses clairières agricoles environnantes ;
• le balessing : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique couvre la portion méridionale du massif, s’étendant au sud de l’arrondissement de Batcham. Sur le terrain, ce bloc s’articule de façon unie autour d’un réseau de collines sédentaires se structurant directement autour du palais du Fon, du groupement traditionnel et de la grande chefferie de Balessing ;
• le bangang : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique est caractérisée par des reliefs de haute altitude adossés aux crêtes, s’étendant à l’ouest de l’arrondissement de Batcham. Sur le terrain, son usage forme un bloc démographique majeur qui s’articule autour du vaste réseau de quartiers ruraux de la chefferie supérieure de Bangang ;
• le balatchi : parlé au sein des départements des Bamboutos et de la Menoua (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique présente une configuration transfrontalière, s’étendant au nord de l’arrondissement de Babadjou (Bamboutos) et au nord-ouest de l’arrondissement de Penka-Michel (Menoua). Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de piémont se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle et du village de référence de Balatchi ;
– le yemba [952] : la langue du peuple Yemba, une très importante et dynamique communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants des Grassfields, historiquement organisée en puissants royaumes et chefferies traditionnelles hautement centralisés. Cette langue est localisée principalement dans la partie occidentale (plus précisément le secteur sud-ouest) de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre la majeure partie du département de la Menoua. Son implantation historique s’organise au cœur d’un paysage de falaises abruptes, de hauts plateaux fertiles et de versants volcaniques accidentés adossés aux contreforts des monts Bamboutos. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité démographique et se structure en cinq dialectes principaux :
• le yemba-central : parlé au sein du département de la Menoua (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique couvre le cœur politique et géographique de la langue, s’étendant au nord de l’arrondissement de Dschang, dans l’ensemble de l’arrondissement de Fongo-Tongo et à la frange septentrionale de l’arrondissement de Fokoué. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un vaste réseau urbain, rural et de grandes chefferies traditionnelles supérieures de 1er et 2e degrés, se concentrant précisément au sein de la chefferie de Foto, de la ville de Dschang, et des localités de Fongo-Ndeng, Fotetsa, Foreke-Dschang, Fongo-Tongo, Fossong-Elelem, Fotomena, Fokoué et de la grande chefferie de Bamendou ;
• le yemba-ouest : parlé au sein du département de la Menoua (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les hauteurs escarpées qui dominent la plaine des oiseaux, s’étendant sur les hauteurs de l’arrondissement de Santchou et la frange occidentale de l’arrondissement de Dschang. Ce dialecte se déploie le long de reliefs accidentés de forte rupture de pente, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de chefferies de montagne englobant précisément les localités de Fondomera, Fompap, Fontsa-Toula et Fossong-Wentcheng ;
• le yemba-sud : parlé au sein du département de la Menoua (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique est localisée dans une zone de collines et de vallons intermédiaires, s’étendant de manière exclusive à la frange méridionale (le sud) de l’arrondissement de Fokoué. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint d’un pôle historique sédentaire, se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle supérieure et du groupement de Fomopea ainsi que de ses dépendances agricoles périphériques ;
• le yemba-est : parlé au sein du département de la Menoua (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique couvre une importante plaine maraîchère de haute altitude, s’épanouissant sur l’ensemble de la surface de l’arrondissement de Nkong-Ni (ou Nkong-Zem). Sur le terrain, ce bloc dialectal constitue l’un des foyers démographiques les plus denses de la région, s’articulant autour d’un réseau structuré de chefferies autonomes et de concessions familiales interconnectées se concentrant précisément au cœur des chefferies de Bafou, de Baleveng et de la localité de Kong-Zem ;
• le yemba sud-ouest : parlé au sein du département de la Menoua (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les contreforts herbeux marquant la transition géographique vers les plaines voisines, se cantonnant à la frange occidentale (l’ouest) de l’arrondissement de Penka-Michel. Sur le terrain, son usage forme un isolat linguistique de contact s’articulant de façon unie autour d’un petit noyau d’établissements ruraux sédentaires qui se concentre de manière exclusive autour du palais du Fon, du groupement traditionnel et de la chefferie supérieure de Baloum ;
– le nwe [953] : la langue du peuple Bangwa, une importante et dynamique communauté d’agriculteurs sédentaires et d’artisans d’art des Grassfields, historiquement organisée en puissants royaumes et chefferies traditionnelles de montagne. Cette langue est localisée principalement dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre la plus grande partie du département du Lebialem à travers l’ensemble des arrondissements de Fontem, d’Alou et de Wabane. Son implantation historique s’organise au cœur d’un paysage accidenté de falaises escarpées, de crêtes herbeuses et de vallées de haute altitude adossées aux contreforts méridionaux des monts Bamboutos. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte cohésion et se structure en trois parlers locaux interconnectés qui se succèdent géographiquement du nord-est au sud-ouest :
• le bamok : parlé au sein du département du Lebialem (région du Sud-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les hauteurs montagneuses de la portion septentrionale du massif, s’étendant de manière exclusive à travers la zone nord de l’arrondissement d’Alou et débordant sur l’arrondissement de Wabane. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de chefferies de montagne et de clairières de culture, se concentrant précisément au cœur du groupement traditionnel et de la chefferie de Bamok ainsi que de ses hameaux ruraux environnants ;
• le fossimobing : parlé au sein du département du Lebialem (région du Sud-Ouest). Son aire d’expression historique couvre la portion centrale du territoire nwe, s’épanouissant dans une zone intermédiaire de collines et de vallons profonds. Sur le terrain, ce dialecte s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de communautés villageoises traditionnelles sédentaires se structurant directement autour du palais du Fon, du groupement traditionnel et de la grande chefferie de Fossimondi (ou Fossimobing) ;
• le fontem : parlé au sein du département du Lebialem (région du Sud-Ouest). Son aire d’expression historique occupe toute la portion sud-ouest du département, s’étendant à travers la vallée centrale et basse de l’arrondissement de Fontem. Ce dialecte de référence forme le bloc démographique et urbain majeur de la langue, s’articulant autour d’un vaste réseau de quartiers et de concessions familiales interconnectés qui innerve la ville de Fontem (le chef-lieu du département), la chefferie supérieure de Lebang (ou Fontem Town) ainsi que les communautés de piémont adjacentes ;
– le ghomala’ [960] : la langue du peuple Bamiléké-Ghomálá’, une très importante et dynamique communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants des Grassfields, historiquement organisée en un tissu de puissantes chefferies supérieures hautement centralisées. Cette langue est localisée au cœur de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend de manière transdépartementale pour couvrir la quasi-totalité des départements de la Mifi (à l’exception de l’extrême-sud), des Hauts-Plateaux et du Koung-Khi, tout en débordant sur la frange orientale du département de la Menoua et la lisière méridionale du département des Bamboutos. Son implantation historique englobe un paysage de hauts plateaux volcaniques fertiles, de collines herbeuses et de vallons profonds caractérisés par une très forte densité de population. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité démographique et s’articule autour de quatre grands blocs dialectaux :
• le ghomala’-central : parlé au sein des départements du Koung-Khi et des Hauts-Plateaux (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur le flanc central du massif, s’épanouissant au cœur de grandes chefferies traditionnelles de premier degré. Sur le terrain, ce bloc se déploie à travers quatre parlers distincts :
o le jo : dont l’usage s’articule entièrement autour de la chefferie supérieure, du palais du Fon et des villages de Pété et de Demdeng, situés au sein de l’arrondissement de Poumougne (ou Bandjoun) dans le département du Koung-Khi ;
o le yogam : pratiqué par les communautés de l’arrondissement de Bayangam (département du Koung-Khi), s’articulant de façon unie autour du pôle historique et de la chefferie supérieure de Bayangam ;
o le we : dont l’usage est localisé au cœur de la chefferie traditionnelle supérieure et de la localité de Bahouan, située à la frange nord de l’arrondissement de Bamendjou (département des Hauts-Plateaux) ;
o le hom : parlé par les communautés de l’arrondissement de Baham (département des Hauts-Plateaux), se concentrant directement autour du grand pôle culturel et du village de référence de Baham ;
• le ghomala’-nord : parlé au sein du département de la Mifi (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique couvre la portion septentrionale de la plaine, s’épanouissant dans un environnement urbain et périurbain en pleine expansion. Sur le terrain, ce bloc se déploie à travers deux parlers locaux :
o le fu’sap : pratiqué au sud du département de la Mifi, dont l’usage s’articule de façon unie au cœur de la chefferie supérieure de premier degré de Bafoussam et de l’arrondissement de Bafoussam I ;
o le lang : pratiqué au nord du département de la Mifi, s’étendant à travers le réseau de quartiers traditionnels et de concessions familiales de l’arrondissement de Bafoussam II (pôle de Baleng) ;
• le ghomala’-sud : parlé au sein du département des Hauts-Plateaux (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’étire le long de plaines caféières et de reliefs accidentés de la portion sud-ouest de la circonscription, s’articulant sur le terrain à travers trois parlers locaux :
o le te’ : parlé par les Batié, dont l’usage s’articule directement au cœur de la chefferie traditionnelle supérieure et de la localité de Batié (arrondissement de Batié) ;
o le pa’ : parlé par les Bapa, se concentrant précisément autour de la chefferie traditionnelle et du village de Bapa, situé dans la zone de l’arrondissement de Bangou ;
o le denkwop : parlé par les Badenkop, s’articulant de façon unie au sein du groupement traditionnel et de la localité de Badenkop, située également dans l’arrondissement de Bangou ;
• le ghomala’-ouest (ou le ngemba) : parlé à cheval sur quatre départements (Bamboutos, Menoua, Hauts-Plateaux et Mifi). Son aire d’expression historique présente une configuration transfrontalière très étendue, s’organisant le long des contreforts occidentaux et des zones de contact linguistique des Grassfields. Sur le terrain, son usage s’articule autour d’un réseau dense de cinq parlers locaux :
o le fu’da : parlé au sein de la chefferie traditionnelle de Bafunda, s’étendant à cheval sur la limite administrative des arrondissements de Mbouda et de Batcham (département des Bamboutos) ;
o le sa : pratiqué par les Bansoa, dont l’usage s’articule entièrement au cœur du grand groupement traditionnel et de la localité de Bansoa (arrondissement de Penka-Michel, département de la Menoua) ;
o le meka : pratiqué par les Bameka, s’étendant de manière exclusive au sein de la chefferie supérieure et de la localité de Bameka (arrondissement de Bamendjou, département des Hauts-Plateaux) ;
o le monjo : dont l’usage forme le bloc démographique de l’arrondissement de Bamendjou (département des Hauts-Plateaux), se structurant directement autour du palais du Fon et de la chefferie de Bamendjou ;
o le mugum : parlé par les Bamougoum, s’articulant de façon unie autour d’un vaste réseau de quartiers ruraux et périurbains se concentrant au cœur de la grande chefferie supérieure de Bamougoum (arrondissement de Bafoussam III, département de la Mifi) ;
– le fe’e fe’e [970] : la langue du peuple Bamiléké-Fe’efe’, une très importante et dynamique communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants des Grassfields, historiquement organisée en puissants royaumes et chefferies traditionnelles autonomes. Cette langue est localisée au sein de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre de manière exclusive l’intégralité du département du Haut-Nkam (chef-lieu : Bafang). Son implantation historique englobe un paysage de collines escarpées, de vallons fertiles et de plateaux intermédiaires de forte densité de peuplement, marquant la transition vers les plaines littorales. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité démographique et se structure en deux grands blocs dialectaux :
• le fe’efe’e-central : parlé au sein du département du Haut-Nkam (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique couvre le cœur politique, administratif et géographique de la langue, s’épanouissant le long de l’axe routier central. Sur le terrain, ce bloc se déploie à travers quatre parlers locaux distincts :
o le nka’ : dont l’usage s’articule directement au cœur du grand groupement traditionnel et de la chefferie supérieure de Banka (arrondissement de Banka) ;
o le fa’ : le parler de référence de la communauté, dont l’usage s’articule entièrement autour de la ville de Bafang (chef-lieu du département) et de ses quartiers traditionnels ;
o le njee-poantu : dont l’usage s’articule de façon unie autour des deux grandes chefferies supérieures de Bandja et de Babouantou, au sein de l’arrondissement de Bandja ;
o le nee : pratiqué par les communautés de la portion orientale, se concentrant précisément autour du palais du Fon et de la chefferie supérieure de Bana (arrondissement de Bana) ;
• le fe’efe’e-nord : parlé au sein du département du Haut-Nkam (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les reliefs montagneux et les versants accidentés de la frange septentrionale de la circonscription, s’articulant sur le terrain à travers quatre parlers locaux :
o le la’fi : dont l’usage s’articule de façon unie au cœur de la chefferie traditionnelle et de la localité de Balafi, située dans l’arrondissement de Bandja ;
o le tugni : pratiqué par les Fotouni, se concentrant de manière exclusive autour du groupement traditionnel et de la grande chefferie de Fotouni (arrondissement de Bandja) ;
o le mkwet : dont l’usage innerve le réseau de concessions de la chefferie supérieure et du village de Fondjomekwet (arrondissement de Bandja) ;
o le nti : dont l’usage se circonscrit de manière unie autour de la chefferie traditionnelle et du village de Fondani (arrondissement de Bandja).
3.1.3.4.2.6.2.3. Le sous-groupe NOUN
Ce sous-groupe de la sous-branche Grassfield Est de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département du Noun et de la frange orientale du département des Bamboutos dans la Région de l’Ouest, ainsi qu’à travers le département de Ngoketunjia et la frange méridionale du département de la Mezam dans la Région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étend des vastes plaines alluviales et des plateaux savanicoles encadrant le bassin du Noun jusqu’aux fertiles plaines rizicoles de la dépression de Ndop, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures sociopolitiques hautement centralisées — caractérisées par de puissants États traditionnels et des chefferies de premier et second degrés à l’instar du Royaume Bamoun ou de la chefferie supérieure de Bali-Nyonga — et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture intensive de plaine (riz, maïs, maraîchage), la pêche fluviale, un artisanat de cour exceptionnel et de grands réseaux d’échanges marchands. Ce groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de huit langues distinctes : le mengambo, le shupamem, le bangolan, le mboyakum, le ngoobechop, le chuufi, le mungaka et le medumba.
– le mengambo [902] : une langue parlée par la communauté Bamenyam, une petite population d’agriculteurs sédentaires des Grassfields dont le parler constitue une variété résiduelle hyper-localisée en raison de son exposition aux blocs linguistiques environnants. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-est) de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique résiduelle se situe de manière exclusive dans le département des Bamboutos, se cantonnant ainsi au sein de la chefferie supérieure et du groupement traditionnel de Bamenyam, situé dans la zone nord de l’arrondissement de Galim. Son implantation historique s’organise au cœur d’une plaine de transition, à distance de la zone frontalière nigériane immédiate, formant un isolat stable face à l’expansion des parlers bamiléké voisins. Sur le terrain, son usage quotidien et la mémoire collective de la communauté se circonscrivent de façon unie autour de cet unique village-centre de Bamenyam et de ses quartiers de culture rattachés ;
– le shupamem [991] : la langue du peuple Bamoun (ou Pamem), une très importante, historique et prestigieuse communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans d’art et de commerçants des Grassfields, unifiée depuis plusieurs siècles au sein d’un puissant royaume centralisé (le Royaume Bamoun) régi par le Sultan. Cette langue est localisée principalement dans la partie orientale de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre la quasi-totalité du département du Noun, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Son implantation historique s’étend sur d’immenses plateaux et des plaines savanicoles, s’arrêtant uniquement à la partie nord de la localité de Magba-Tikar (occupée par la langue tikari), tout en débordant à l’ouest dans l’arrondissement de Galim (département des Bamboutos) et au sud-ouest dans la localité de Bapi au sein de l’arrondissement de Bafoussam II (à l’extrémité nord du département de la Mifi). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité démographique et s’articule autour d’un réseau dense de chefferies de premier et second degrés qui innerve la capitale historique de Foumban (le siège du sultanat), le centre urbain de Foumbot, ainsi que les grands pôles de Koutaba, Bangourain, Malentouen, Massangam et Magba ;
– le bangolan [992] : une langue parlée par le peuple Bangolan, une communauté d’agriculteurs sédentaires des Grassfields historiquement organisée autour d’une chefferie traditionnelle autonome. Cette langue est localisée principalement dans la partie orientale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend de manière transdépartementale à la frontière de deux circonscriptions. Son implantation historique s’organise le long d’une bande herbeuse de transition d’altitude, s’étendant à l’est de l’arrondissement de Ndop (département de Ngo-Ketunjia) et débordant partiellement au sud de l’arrondissement de Jakiri (département du Bui), à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte cohésion culturelle et s’articule de façon unie autour d’un réseau très restreint d’un village-centre et de ses campements ruraux sédentaires, se concentrant précisément au cœur de la chefferie supérieure et du village de référence de Bangolan ;
– le mboyakum [993] ou chirambo : une langue parlée par le peuple Bambalang (historiquement désigné sous le nom de Cirambo ou Mboyakoum), une communauté d’agriculteurs sédentaires et de pêcheurs traditionnels des Grassfields. Cette langue est localisée principalement dans la partie orientale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre une portion définie du département de Ngo-Ketunjia, se cantonnant ainsi de manière exclusive au sud-ouest de l’arrondissement de Ndop. Son implantation historique s’organise le long des rives fertiles et des zones inondables du lac de retenue de Bamendjing, à distance de la frontière nigériane immédiate. Sur le terrain, son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de quartiers et de clairières agricoles sédentaires se concentrant précisément autour du grand pôle historique, du groupement traditionnel et de la chefferie supérieure de Bambalang (ou Mboyakum) ;
– le ngoobechop [994] ou bamali : une langue parlée par le peuple Bamali (ou Ngoobechop), une petite communauté d’agriculteurs sédentaires et de potiers traditionnels des Grassfields. Cette langue est localisée principalement dans la partie orientale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique se situe de manière exclusive dans le département de Ngo-Ketunjia, se cantonnant ainsi au sein de la partie méridionale (le sud) de l’arrondissement de Ndop. Son implantation historique s’organise au cœur de la plaine rizicole de Ndop, à distance de la frontière nigériane immédiate, adossée aux axes de circulation régionaux. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration resserrée et s’articule de façon unie autour d’un petit réseau de concessions familiales se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle de 2e degré et du village de référence de Bamali ;
– le chuufi [995] : une langue parlée par le peuple Bafanji (ou Chuufi), une communauté d’agriculteurs sédentaires et d’artisans des Grassfields historiquement organisée en chefferie indépendante. Cette langue est localisée principalement dans la partie orientale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre une portion restreinte du département de Ngo-Ketunjia, se cantonnant au sein de la partie méridionale (le sud) de l’arrondissement de Ndop. Son implantation historique s’organise sur des terres de basse vallée hautement fertiles, à distance de la zone frontalière nigériane immédiate, formant un isolat de plaine en contact avec les parlers du Noun voisin. Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule de façon unie autour d’un réseau de quartiers et de clairières agricoles sédentaires structuré directement autour du palais du Fon et du grand village-centre de Bafanji ;
– le mungaka [996] : une langue parlée par le peuple Bali-Nyonga, une communauté d’agriculteurs sédentaires des Grassfields historiquement issue de la grande migration des guerriers Chamba (famille Adamawa) qui ont progressivement adopté et transformé la langue locale de structure macro-bantu [persee.fr 15]. Cette langue présente une configuration géographique singulière et fragmentée, caractérisée par quatre îlots de population d’importance démographique inégale répartis de manière transrégionale à distance de la frontière nigériane : le plus massif correspond à l’arrondissement de Bali (département de la Mezam, région du Nord-Ouest), tandis que les trois autres correspondent à des villages isolés dont les habitants se réclament de la même origine historique. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte vitalité culturelle et se structure en quatre dialectes :
• le bali nyona : parlé au sein du département de la Mezam (région du Nord-Ouest), il constitue le noyau central de la langue et s’articule de façon unie autour de la grande chefferie supérieure de premier degré de Bali-Nyonga et du village de contact de Bawock ;
• le bapakum : parlé au sein du département de Ngo-Ketunjia (région du Nord-Ouest), son usage s’organise sur une hauteur surplombant la plaine de Ndop, se concentrant précisément au cœur des localités de Babessi (le chef-lieu d’arrondissement) et du grand village traditionnel de Baba I ;
• le ti : parlé au sein du département des Bamboutos (région de l’Ouest), son usage historique forme un isolat linguistique situé au sud du barrage de Bamendjing, s’articulant à cheval sur les arrondissements de Galim et de Mbouda au cœur de la localité de Bati ;
• le nde : parlé au sein du département de la Mifi (région de l’Ouest), son usage se circonscrit de manière exclusive à la frange nord de la circonscription, se concentrant précisément au cœur de la chefferie traditionnelle et du village de Bandeng (arrondissement de Bafoussam II) ;
– le medumba [997] : la langue du peuple Bamiléké-Medumba, une très importante et dynamique communauté d’agriculteurs sédentaires, d’artisans et de commerçants des Grassfields, historiquement organisée en un réseau dense de puissantes chefferies traditionnelles supérieures. Cette langue est localisée principalement dans la partie méridionale de la région de l’Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre la quasi-totalité du département du Ndé, s’organisant à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Son implantation historique englobe de hauts plateaux savanicoles fertiles et de larges vallées caféières, s’étendant sur l’ensemble de l’arrondissement de Bangangté, ainsi que dans les arrondissements de Bassamba et de Tonga. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité démographique et s’articule autour d’un vaste réseau de groupements traditionnels interconnectés, se concentrant de manière prépondérante autour de la grande chefferie supérieure de premier degré de Bangangté, ainsi qu’au cœur des palais des Fons et des localités de Bandounga, Tonga, Bahouac, Bangoulap et Bassamba.
3.1.3.4.2.6.2.4. Le sous-groupe NORD
Ce sous-groupe de la sous-branche Grassfield Est de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département de la Donga-Mantung (particulièrement à travers les arrondissements de Nkambé, de Ndu et de Nwa), dans la Région du Nord-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étire le long des hauts plateaux savanicoles les plus élevés des Grassfields orientaux jusqu’aux vallées escarpées et enclavées creusées par le bassin de la rivière Donga, s’organisant de manière transversale le long de la frontière internationale avec le Nigeria. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de clans et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture d’altitude (maïs, haricot, café), le petit élevage de montagne et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou culturels avec les populations transfrontalières nigérianes et l’aire tikar. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de cinq langues nationales distinctes : le limbum, le dzodinka, le yamba, le mbe’ et le mfumte.
– le limbum [903] : la langue du peuple Wimbum, une importante et dynamique communauté d’agriculteurs sédentaires des Grassfields, historiquement organisée en puissantes chefferies traditionnelles autonomes. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-est) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre de vastes surfaces du département du Donga-Mantung. Son implantation historique s’organise au cœur de hauts plateaux herbeux hautement connectés par le réseau routier régional, s’étendant sur l’ensemble de la partie orientale de l’arrondissement de Nkambé ainsi que sur la totalité de l’arrondissement de Ndu. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une exceptionnelle vitalité démographique et s’articule de façon unie à distance de la zone frontalière nigériane immédiate, englobant le grand pôle urbain de Nkambé (le chef-lieu du département), la ville d’altitude de Ndu, ainsi que les grandes chefferies historiques de Wat, Mbot et Ntumbaw ;
– le dzodinka [904] : une langue parlée par la petite communauté Dzodinka, une population d’agriculteurs sédentaires dont le territoire constitue une aire linguistique transfrontalière unique. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-est) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre une portion très restreinte du département du Donga-Mantung, se cantonnant à l’extrême-nord de l’arrondissement de Nwa. Son implantation historique s’organise au cœur de reliefs abrupts, s’établissant directement le long des rives de la rivière Donga qui matérialise la frontière internationale avec le Nigeria. Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule de façon unie autour d’un réseau hyper-localisé se concentrant de manière exclusive au cœur du village-centre de Adere, dont l’un des quartiers traditionnels s’étend de manière contiguë sur l’autre rive de la Donga, en territoire nigérian ;
– le yamba [906] : la langue du peuple Yamba, une communauté d’agriculteurs sédentaires des Grassfields, historiquement établie le long de versants montagneux et organisée en chefferies de clans. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-est) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique couvre une portion définie du département du Donga-Mantung, se concentrant au cœur de la partie centrale de l’arrondissement de Nwa (canton traditionnel Yamba). Son implantation historique se déploie à proximité de la bande frontalière nigériane à travers un paysage de hautes collines herbeuses. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte cohésion et se structure autour d’un vaste continuum regroupant plusieurs variantes villageoises :
• le ntong : parlé au sein du département du Donga-Mantung (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les lignes de crête et les versants limitrophes du haut-pays, s’étendant sur la frange septentrionale adossée à la frontière nigériane. Ce dialecte se déploie le long de reliefs escarpés et de hautes collines herbeuses, où son usage s’articule de façon unie autour d’une communauté de montagne englobant précisément la localité traditionnelle de Ntong ;
• le kwak : parlé au sein du département du Donga-Mantung (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les hauteurs accidentées qui dominent la bande frontalière orientale, s’étendant sur les versants de la frange nord-est de l’arrondissement de Nwa. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de forte rupture de pente, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles englobant précisément le village et la chefferie de Kwak ;
• le mfe : parlé au sein du département du Donga-Mantung (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise de manière prépondérante au cœur du territoire clanique, s’étendant sur l’espace central de l’arrondissement de Nwa et toute la partie montagneuse du canton Mbo au sud. Ce dialecte se déploie au sein d’un continuum géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour du centre administratif et d’un réseau de chefferies de montagne englobant précisément le chef-lieu de Nwa et ses environs ;
• le sam : parlé au sein du département du Donga-Mantung (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les bas-plateaux de contact écologique, s’étendant au niveau de la portion sud-ouest de la zone yamba. Ce dialecte se déploie au sein d’espaces vallonnés de forte cohésion sociale, où son usage s’articule de façon unie autour d’établissements ruraux traditionnels se structurant directement autour du village de Sam ;
– le mbe’ [907] : une langue parlée par le peuple Mbo de Nwa, une petite communauté d’agriculteurs sédentaires des massifs montagneux dont le parler est aujourd’hui dans une situation de bilinguisme déséquilibré, s’effaçant dans toutes ses fonctions extra-domestiques au profit de la langue véhiculaire tikari. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-est) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique résiduelle se situe dans le département du Donga-Mantung, se cantonnant ainsi au sein de la partie méridionale (le sud et le sud-ouest) de l’arrondissement de Nwa. Son implantation historique s’organise au cœur de reliefs isolés et forestiers du canton traditionnel Mbo, à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage natif de ce parler ne se structure pas en dialectes divergents, la mémoire linguistique collective se rattachant exclusivement à un réseau très restreint de clairières agricoles et de concessions traditionnelles sédentaires structuré autour de la chefferie de Mbo ;
– le mfumte [980] : la langue du peuple Mfumte, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie au sein de vallées enclavées et de massifs escarpés. Cette langue est localisée principalement dans la partie septentrionale (plus précisément la frange nord-est) de la région du Nord-Ouest du Cameroun, où son aire linguistique s’étend dans le département du Donga-Mantung, se cantonnant au sein du canton Mfumte de l’arrondissement de Nwa. Son implantation historique s’étire directement le long de la lisière frontalière avec le Nigeria, au cœur de reliefs accidentés qui favorisent le cloisonnement interne. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte variation locale et se décline en trois dialectes géographiques :
• le mfumte-centre : parlé au sein du département du Donga-Mantung (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les terres de moyenne altitude qui dessinent le cœur du territoire, s’étendant au centre de l’aire linguistique mfumte. Ce dialecte se déploie le long des vallées intermédiaires du canton, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles englobant précisément le grand village et la chefferie de référence de Lus ;
• le mfumte-nord : parlé au sein du département du Donga-Mantung (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les lignes de crête et les versants limitrophes, s’étendant sur la frange septentrionale adossée à la frontière nigériane. Ce dialecte se déploie le long de reliefs escarpés de forte rupture de pente, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de clairières agricoles englobant précisément les localités de Koffa et de Bom ;
• le mfumte-sud : parlé au sein du département du Donga-Mantung (région du Nord-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les bas-plateaux de contact écologique, s’étendant au niveau de la portion méridionale de la zone de transition. Ce dialecte se déploie au sein d’espaces vallonnés et de savanes arborées, où son usage s’articule de façon unie autour d’établissements ruraux isolés se structurant directement autour du village traditionnel de Mungong.
3.1.3.4.2.7. La sous-branche MBAM
Ce groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département du Mbam-et-Inoubou (particulièrement à travers les arrondissements de Bokito, de Bafia, de Ndikiniméki et d’Ombessa), dans la Région du Centre au Cameroun, tout en débordant sur les départements limitrophes du Nkam et de la Sanaga-Maritime dans la Région du Littoral. Son implantation historique s’étire le long des plaines fertiles et des vallées forestières s’étendant du bassin de la rivière Mbam jusqu’aux zones de transition savane-forêt, s’organisant de manière compacte au cœur de la zone de contact entre le Grand Sud forestier et l’aire des Grassfields. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de clans et leurs systèmes de subsistance basés sur une riche agriculture de basse altitude (cacao, maïs, manioc, igname), le petit élevage de basse-cour et de fortes dynamiques d’échanges sociolinguistiques ou rituels avec les populations bantoïdes et bamiléké environnantes. Cette sous-branche est représentée au Cameroun par un ensemble de treize langues nationales distinctes : le tikari, le ndemli, le tunen, le nomande, le ntomp, le nanyoke, le nigi, le bati, le nugunu, le nuasue, le nubaca, le dumbale et le tuki.
– le tikari [501] : la langue du peuple Tikar, une grande et historique communauté d’agriculteurs sédentaires et de pêcheurs, réputée pour ses traditions de poterie, ses systèmes de chefferies sacrées et son rôle central dans l’histoire des migrations des Grassfields. Cette langue présente une configuration territoriale unique au Cameroun, s’étendant à cheval sur quatre départements et quatre régions distinctes, s’organisant principalement le long de la vaste plaine Tikar et à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Son aire linguistique couvre la quasi-totalité de l’arrondissement de Ngambe-Tikar (département du Mbam-et-Kim, région du Centre), tout le sud de l’arrondissement de Bankim (département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua), l’arrondissement de Magba (département du Noun, région de l’Ouest), ainsi que la lisière sud-est de l’arrondissement de Nwa (département du Donga-Mantung, région du Nord-Ouest). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une forte cohésion culturelle malgré cet éclatement administratif et se segmente en cinq dialectes principaux :
• le twumwu : parlé au sein du département du Mayo-Banyo (région de l’Adamaoua). Son aire d’expression historique s’organise sur les terres fertiles qui composent le bas-pays, s’étendant sur l’ensemble de la portion méridionale (le sud) de l’arrondissement de Bankim. Ce dialecte se déploie le long des vastes étendues de la plaine Tikar, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés agricoles englobant précisément les localités de cette zone de plaine ;
• la tige : parlée au sein du département du Mbam-et-Kim (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise sur les zones boisées de contact écologique, s’étendant au cœur de l’arrondissement de Ngambé-Tikar. Ce dialecte se déploie le long de la portion centrale du massif forestier de transition, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de villages traditionnels englobant précisément les localités centrales de cet arrondissement ;
• le kong : parlé au sein du département du Mbam-et-Kim (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise de manière très localisée comme un isolat de contact linguistique, s’étendant à la frontière des aires culturelles voisines. Ce dialecte se déploie au sein d’une enclave géographique spécifique, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de concessions englobant précisément la périphérie est de l’arrondissement de Ngambé-Tikar ;
• le nditam : parlé au sein du département du Mbam-et-Kim (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise le long des axes d’échanges et de transit, s’étendant au sein de la partie sud de l’arrondissement de Ngambé-Tikar. Ce dialecte se déploie le long de voies de communication fluviales et routières, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de carrefours et de campements englobant précisément la localité de Nditam et ses environs immédiats ;
– le ndemli [502] : la langue du peuple Ndemba, une petite communauté d’agriculteurs sédentaires et de chasseurs historiquement établie au sein de massifs forestiers denses et le long de réseaux fluviaux enclavés. Cette langue est localisée principalement au cœur du département du Nkam, dans la région du Littoral au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone forestière de basse altitude s’étendant de manière compacte entre les localités de Yabassi, Yingui et Nkondjok, à distance de la zone frontalière nigériane immédiate. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et s’articule de façon unie à travers un réseau de cantons traditionnels répartis au sein de trois arrondissements : dans l’arrondissement de Yabassi où son usage se concentre de manière prépondérante le long des concessions et des clairières agricoles du canton de Bandem Rive Droite, dans l’arrondissement de Nkondjok avec une aire d’expression qui couvre l’intégralité du canton de Bandem Rive Gauche ainsi que la portion méridionale (le sud) du canton de Mbang et dans l’arrondissement de Yingui où son implantation innerve le réseau de concessions traditionnelles des cantons de Nkoktouna et de Ndem, tout en s’étendant vers la portion septentrionale (le nord) du canton de Yingui ;
– le tunen [511] /tunɛn/ : la langue du peuple Banen, une communauté traditionnelle historiquement établie au sein des zones de transition et des reliefs du bassin du Mbam et du Nkam. Cette langue est localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun, tout en débordant sur la région du Littoral. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte sur l’intégralité de l’arrondissement de Ndikinimeki et une partie de l’arrondissement de Bafia, tout en débordant vers le sud sur l’est de l’arrondissement de Yingui dans le département du Nkam. Sur le terrain, l’usage de la langue est réparti dans l’arrondissement de Ndikinimeki où son usage se concentre de manière prépondérante, dans l’arrondissement de Bafia avec une aire d’expression qui innerve notamment le réseau de concessions traditionnelles du canton Yambetta, et dans l’arrondissement de Yingui où son implantation pénètre la portion orientale (l’est) du département du Nkam. Cette langue est structurée en trois dialectes :
• le toboan : parlé au sein du département du Mbam-et-Inoubou (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines et plateaux qui dessinent la partie centrale du pays banen, s’étendant sur l’intégralité de l’arrondissement de Ndikiniméki et la frange occidentale de l’arrondissement de Makénéné. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions et de communautés de savane englobant précisément les localités de Ndikiniméki-Centre et de l’ouest de Makénéné ;
• le tuling : parlé à cheval sur les départements du Mbam-et-Inoubou (région du Centre) et du Nkam (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les zones forestières et les réseaux fluviaux du bas-pays, s’étendant sur la portion méridionale de l’arrondissement de Ndikiniméki et la zone centrale de l’arrondissement de Yingui. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de vallées enclavées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de campements et de villages fluviaux englobant précisément la localité d’Inoubou-sud, la partie nord de Nogbiakat et l’espace s’étendant de Yingui jusqu’aux rives de la Makombé ;
• le mese : parlé au sein du département du Mbam-et-Inoubou (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise de manière très localisée au sein d’une enclave géographique spécifique, s’étendant exclusivement au cœur du canton Yambetta dans l’arrondissement de Bafia. Ce dialecte se déploie au sein d’un espace restreint et homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’une unique communauté villageoise englobant précisément la seule localité de Ninguessen ;
– le nomande [512] : est la langue du peuple Mandi, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte sur le tiers ouest et nord de l’arrondissement de Bokito, tout en débordant légèrement sur l’ouest de l’arrondissement de Bafia. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement unifiée et s’articule de façon structurée à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de ces deux arrondissements, se concentrant de manière prépondérante le long des concessions et des plaines agricoles des secteurs ouest et nord de Bokito, tandis que son aire d’expression innerve le réseau de concessions traditionnelles de la portion limitrophe occidentale de Bafia ;
– l’atomp [513] : est la langue du peuple Botomp, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une enclave géographique restreinte s’étendant de manière très localisée à l’ouest de l’arrondissement de Bafia. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée et s’articule de façon structurée au sein d’une communauté villageoise spécifique de cet arrondissement, se fixant de manière exclusive le long des concessions et des habitations traditionnelles du quartier Ponek situé au cœur même du village de Bayamba ;
– le nigi [520] : est la langue majoritaire du peuple Yambetta, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une zone géographique définie s’étendant de manière prépondérante sur la partie occidentale de l’arrondissement de Bafia. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement dominante et s’articule de façon structurée à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de cette unité administrative, se concentrant de manière exclusive et majoritaire le long des concessions et des plaines agricoles qui composent l’intégralité du canton Yambetta ;
– le ninyo’o [514] : est la langue du peuple Nyokon, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une zone géographique définie s’étendant de manière compacte le long de la frontière occidentale de la région du Centre, s’établissant de façon prépondérante au sein de l’arrondissement de Makénéné. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de cette unité administrative, se concentrant au cœur des concessions et des terres agricoles des villages du canton de Makénéné Rural désignés sous les noms de Nyokon I, II, III et IV, tandis que son aire d’expression innerve le réseau d’habitations traditionnelles des localités voisines de Kinding-Nde et Kinding-Ndjabi ;
– le nigi [520] : est la langue majoritaire du peuple Yambetta, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une zone géographique définie s’étendant de manière prépondérante sur la partie occidentale de l’arrondissement de Bafia. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement dominante et s’articule de façon structurée à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de cette unité administrative, se concentrant de manière exclusive et majoritaire le long des concessions et des plaines agricoles qui composent l’intégralité du canton Yambetta ;
– le bati [530] : est la langue du peuple Bati, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie le long de la rive droite de la Sanaga entre les territoires Yambassa et Bakoko, localisée à cheval sur le département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre et le département de la Sanaga-Maritime dans la région du Littoral au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une zone géographique définie s’étendant à la frontière de ces deux régions, s’établissant de façon prépondérante au sein de l’arrondissement de Bokito et de l’arrondissement de Ndom. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de ces deux unités administratives, se concentrant au cœur des concessions et des plaines agricoles du Mbam-et-Inoubou pour sa partie septentrionale, tandis que son aire d’expression innerve le réseau d’habitations traditionnelles de la portion limitrophe de la Sanaga-Maritime.
– le nugunu [541] (ou gunu) : est la langue des Yambassa dits Gunu, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une zone géographique définie s’étendant à cheval sur la partie occidentale de l’arrondissement d’Ombessa et la partie nord-orientale de l’arrondissement de Bokito. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de ces deux unités administratives, se concentrant au cœur des concessions et des plaines agricoles du canton Gounou-nord à l’ouest d’Ombessa, tandis que son aire d’expression innerve le réseau d’habitations traditionnelles du canton Gounou-sud au nord-est de Bokito ;
– le nuasue [542] : est la langue des peuples du bloc Yambassa, une communauté traditionnelle historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin du Mbam. Cette langue est localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte sur le tiers central et oriental de l’arrondissement de Bokito. Sur le terrain, l’usage de la langue est réparti à travers l’arrondissement de Bokito où son usage se concentre de manière prépondérante au centre et au sud de la ville principale, au sud-est avec une aire d’expression qui innerve notamment le réseau de concessions traditionnelles du canton Élip à proximité du confluent des rivières Mbam et Sanaga, et au sud-ouest où son implantation pénètre le canton de Yangben. Cette langue est structurée en trois dialectes :
• le mmaala : parlé au sein du département du Mbam-et-Inoubou (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines et plateaux qui dessinent la partie centrale du territoire, s’étendant au centre et au sud de la ville de Bokito. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions et de communautés du peuple Mmala englobant précisément les localités urbaines et périurbaines de Bokito ;
• le nulibie : parlé au sein du département du Mbam-et-Inoubou (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise sur les zones forestières et les réseaux fluviaux du bas-pays, s’étendant au sud-est de la commune de Bokito sur l’ensemble du canton Élip, à proximité du confluent du Mbam et de la Sanaga. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de vallées fertiles, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de villages traditionnels du peuple Elip englobant précisément les onze localités historiques de Yambassa, Balamba, Bassolo, Boalondo, Bongando, Botatango, Botombo, Kilikoto, Kananga, Begni et Bondé ;
- le nyanben : parlé au sein du département du Mbam-et-Inoubou (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise de manière localisée au sein d’une enclave géographique spécifique, s’étendant exclusivement au cœur du canton de Yangben dans la portion sud-ouest de l’arrondissement de Bokito. Ce dialecte se déploie au sein d’un espace rural homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés agricoles du peuple Yangben englobant précisément les trois villages historiques de Yangben, Omendé et Batanga;
– le nubaca [543] : est la langue de la communauté de Bongo, un groupe traditionnel historiquement établi au sein des zones de transition et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisé principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une enclave géographique très restreinte située dans la partie méridionale de l’arrondissement de Bokito. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée et s’articule de façon structurée au sein d’une unique communauté villageoise, se fixant de manière exclusive le long des concessions et des habitations traditionnelles du village de Bongo situé directement au sud de la localité de Yangben ;
– le dumbule [544] : est la langue de la communauté de Mbolo, un groupe traditionnel historiquement établi au sein des zones de transition et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisé principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une enclave géographique très restreinte située dans la partie méridionale de l’arrondissement de Bokito. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée et s’articule de façon structurée au sein d’une unique communauté villageoise, se fixant de manière exclusive le long des concessions et des habitations traditionnelles du seul village de Mbolo situé au cœur du canton Yangben.
– le tuki [551] : est la langue du peuple Baki, une communauté traditionnelle historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin de la Sanaga. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région du Centre au Cameroun, où son implantation historique s’organise de manière continue le long de la boucle du fleuve Sanaga, s’étirant de façon compacte à travers trois départements majeurs : le Mbam-et-Inoubou (entre Ombessa et Ntui), le Mbam-et-Kim et la Lékié (au nord de la commune de Sa’a). Cette langue est structurée en sept dialectes :
- le tukombe : parlé à cheval sur les départements du Mbam-et-Inoubou et du Mbam-et-Kim. Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines qui dessinent la frontière interdépartementale, s’étendant sur la partie est de l’arrondissement de Bafia, l’arrondissement de Ngoro et la frange septentrionale de l’arrondissement de Mbangassina. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions et de communautés du peuple Bakombe englobant précisément les localités limitrophes de ces trois arrondissements ;
- le tungoro : parlé par le peuple Aki au sein du département du Mbam-et-Kim. Son aire d’expression historique s’organise sur les plateaux centraux du pays baki, s’étendant exclusivement au cœur de l’arrondissement de Ngoro. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de savanes arborées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de villages traditionnels du peuple Ngoro englobant précisément les localités de la zone centrale de cet arrondissement ;
- le tonjo : parlé au sein du département du Mbam-et-Kim. Son aire d’expression historique s’organise au cœur des terres plainières du moyen-pays, s’étendant au centre de l’arrondissement de Mbangassina. Ce dialecte se déploie au sein d’un espace rural homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés agricoles du peuple Bunju (ou Boudjou) englobant précisément les localités centrales de cette circonscription ;
- le tutsingo : parlé au sein du département du Mbam-et-Kim. Son aire d’expression historique s’organise de manière localisée au sein d’une enclave géographique spécifique, s’étendant exclusivement dans la portion méridionale (le sud) de l’arrondissement de Mbangassina. Ce dialecte se déploie le long de la bande frontalière interne de l’arrondissement, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles du peuple Batsingo englobant précisément les localités du secteur sud ;
- le tocenga (ou totchenga) : parlé à cheval sur les départements du Mbam-et-Kim et de la Lékié. Son aire d’expression historique s’organise sur les rives fertiles qui bordent le fleuve Sanaga, s’étendant principalement au sein de l’arrondissement de Ntui et à l’angle nord-est de l’arrondissement de Batchenga. Ce dialecte se déploie le long des axes fluviaux majeurs, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de carrefours et d’habitations du peuple Tiki dits Batchenga englobant précisément ces localités frontalières ;
- le tumbele : parlé au sein du département du Mbam-et-Kim. Son aire d’expression historique s’organise sur les plateaux de savane et les zones de contact forestier, s’étendant au sein de l’arrondissement de Ntui. Ce dialecte se déploie le long de voies de communication traditionnelles, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau d’établissements ruraux du peuple Bambele englobant précisément les villages de cette unité administrative ;
- le leti : parlé par le peuple Manguissa à cheval sur les départements de la Lékié et du Mbam-et-Inoubou. Son aire d’expression historique s’organise de part et d’autre du fleuve Sanaga, s’étendant de façon résiduelle sur sa rive nord, mais se concentrant principalement sur sa rive sud au sein de l’arrondissement de Sa’a. Ce dialecte se déploie de manière très restreinte comme une langue rituelle secrète, où son usage quotidien survit de façon unie autour d’une communauté manguissa bilingue englobant précisément les seuls villages de Nkol Ebassimbi et Nkolndzomo. La grande majorité du peuple Manguissa se caractérise par un bilinguisme traditionnel ayant abandonné le leti pour adopter le njowi, parler du dialecte eton de la langue beti-fang.
3.1.3.4.2.8. La sous-branche EQUATORIAL
Ce vaste groupe de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein des Régions du Centre, du Sud et de l’Est au Cameroun. Son implantation historique s’étend des grands plateaux méridiens jusqu’aux denses massifs de la forêt tropicale humide du bassin du Congo, s’organisant le long des frontières méridionales avec la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo. À l’échelle continentale, cette sous-branche se structure en deux grands ensembles : le groupe ÉQUATORIAL NORD et le groupe ÉQUATORIAL SUD. Au Cameroun, seul le groupe ÉQUATORIAL NORD est représenté.
3.1.3.4.2.8.1. Le groupe EQUATORIAL NORD
Ce vaste ensemble de la sous-branche ÉQUATORIALE de la branche Bantoue se déploie de manière continue à travers la zone forestière et les plaines de transition du Cameroun, couvrant une grande partie des Régions du Centre, du Sud, de l’Est, du Littoral et du Sud-Ouest. Son implantation historique s’enracine dans les écosystèmes forestiers du bassin du Congo et les bassins fluviaux de la Sanaga, du Nyong et du Ntem, s’organisant depuis les littoraux maritimes jusqu’aux denses massifs de la frontière orientale. Les communautés s’y rattachant se caractérisent par des structures sociales variées, allant des systèmes lignagers segmentaires aux chefferies traditionnelles, et développent des économies basées sur l’agriculture arboricole et vivrière de forêt (cacao, café, manioc, plantain), la pêche maritime ou continentale, et de grands réseaux d’échanges marchands. Ce groupe est représenté au Cameroun par cinq sous-groupes de langues distincts : le sous-groupe BAFIA, le sous-groupe CÔTIER, le sous-groupe BASAA-BETI, le sous-groupe MEKA et le sous-groupe KAKO.
3.1.3.4.2.8.1.1. Le sous-groupe BAFIA
Ce sous-groupe de la sous-branche Équatoriale (zone Guthrie A50) de la branche Bantoue se déploie de manière prédominante au sein du département du Mbam-et-Inoubou (particulièrement à travers les arrondissements de Bafia, de Deuk, de Kikii et de Kon-Yambetta), dans la Région du Centre au Cameroun, tout en s’étendant à l’est vers l’arrondissement de Ngoro dans le département du Mbam-et-Kim. Son implantation historique s’étire le long des plaines fertiles et des vallées forestières du bassin de la rivière Mbam, s’organisant de manière compacte au sein des zones de transition savane-forêt caractérisées par des sols propices à l’activité agricole. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de clans et leurs systèmes de subsistance basés sur une riche agriculture de basse altitude (cacao, maïs, manioc, igname), le petit élevage de basse-cour et de fortes dynamiques d’échanges sociolinguistiques ou rituels avec les populations de la sous-branche Mbam environnante. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de cinq langues nationales distinctes qui forment un continuum culturel et géographique : le tebeya, le lefa’, le dimbong, le ripey et le rikpa’.
– le tebeya [570] : est la langue du peuple Djanti, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Kim dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une enclave géographique restreinte s’étendant de manière très localisée à l’extrémité septentrionale de l’arrondissement de Ngoro. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée et s’articule de façon structurée à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de cette circonscription, se concentrant de manière prépondérante le long des concessions et des plaines agricoles de la portion septentrionale profonde de l’arrondissement de Ngoro à travers les villages historiques de Nyabidi, Nyafianga, Nyakengueng, Nyamoko et Nyandingui ;
– le lefa’ [581] : est la langue du peuple Balong, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin du Mbam. Cette langue est localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou, dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte sur l’intégralité de l’arrondissement de Deuk. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de cette unité administrative. Cette langue est structurée en trois dialectes :
- le tingong : parlé au sein du département du Mbam-et-Inoubou (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise sur les lignes de crête et les plateaux qui dessinent les secteurs septentrionaux du territoire, s’étendant sur une portion définie de l’arrondissement de Deuk. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions et de communautés du peuple Ba-Ngong englobant précisément les villages historiques de Deuk, Monabo, Néhot et Nikiteng ;
- le zakan : parlé au sein du département du Mbam-et-Inoubou (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines fertiles et les zones forestières du bas-pays, s’étendant de manière prépondérante sur la zone centrale de l’arrondissement de Deuk. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de vallées cultivées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de villages traditionnels englobant précisément les localités de ce secteur central telles que Boun, Bitang, Enanga, Mouko et Nassari ;
- le maja : parlé au sein du département du Mbam-et-Inoubou (région du Centre). Son aire d’expression historique s’organise de manière localisée au sein d’une enclave géographique spécifique, s’étendant au niveau de la portion limitrophe méridionale et occidentale de l’arrondissement de Deuk. Ce dialecte se déploie au sein d’un espace rural homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau d’habitations et de concessions englobant précisément les villages de cette zone de contact comme Ndoko, Nkolé, Mpagne et Niamaza ;
– le dimbong [582] : (code ALCAM : 582) est la langue du peuple Babong dit Kalong et du peuple Dii, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une enclave géographique très restreinte s’étendant de manière compacte sur la partie septentrionale de l’arrondissement de Kon-Yambetta. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée et s’articule de façon structurée à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de cette circonscription, se concentrant de manière prépondérante le long des concessions et des plaines agricoles de la portion septentrionale de l’arrondissement de Kon-Yambetta à travers les villages historiques de Dii et de Kalong (parfois désigné sous le nom de Mbong) ;
– le ripey [583] : est la langue du peuple Fanga dits Bape, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une enclave géographique très restreinte située à la périphérie de l’arrondissement de Kon-Yambetta. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée et s’articule de façon structurée au sein de trois communautés villageoises distantes de quelques kilomètres, se fixant de manière exclusive le long des concessions et des habitations traditionnelles de l’arrondissement de Kon-Yambetta à travers les villages historiques de Gah-Bape, Ken et Lakpwang, situés à environ dix kilomètres au nord-est du centre urbain ;
– le rikpa’ [584] : est la langue du peuple Bekpa’ (communément appelé bafia), une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des plaines fertiles du bassin du Mbam, localisée principalement au cœur du département du Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte sur les territoires majeurs du pays bafia, principalement dans les arrondissements de Bafia, de Kikii et de Kon-Yambetta. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement unifiée et s’articule de façon structurée à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de ces trois circonscriptions, se concentrant de manière prépondérante le long des concessions et des plaines agricoles de l’arrondissement de Bafia à travers les villages historiques de Donenkeng, Biatou, Lablé, Mokna, Dang et Goufan, tandis que son aire d’expression innerve activement le réseau d’habitations traditionnelles de l’arrondissement de Kikii avec les communautés de Kiki, Gah et Roumsou, ainsi que celui de Kon-Yambetta autour des localités de Guzang et Yambetta-Village.
3.1.3.4.2.8.1.2. Le sous-groupe CÔTIER
Ce groupe de la branche Bantoue (sous-branche Équatorial) se déploie de manière prédominante le long du littoral atlantique et des basses vallées fluviales, couvrant la quasi-totalité de la façade maritime de la région du Sud, du Littoral et du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’étire le long des plages sableuses, des estuaires et des réseaux de criques s’étendant de la frontière nigériane au nord de la péninsule de Bakassi jusqu’à la frontière équato-guinéenne au sud de Campo. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de cantons Sawa et leurs systèmes de subsistance basés sur la pêche maritime ou fluviale, l’agriculture côtière (palmier à huile, manioc, banane) et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou culturels liés à l’histoire coloniale et transatlantique. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de treize langues nationales distinctes : le yasa, le batanga, le duala, le mokpwé, le wumbuko, le bubia, l’isu, le bakole, le bubia, l’oroko et le lifo’-balong, le nsose, l’akoose et le mbo.
– le yasa [601] : est la langue du peuple Yasa, une communauté de pêcheurs et d’agriculteurs traditionnels historiquement établie le long du littoral atlantique et des estuaires fluviaux. Cette langue est localisée principalement au cœur du département de l’Océan, dans la région du Sud au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte sur toute la façade maritime de l’arrondissement de Campo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de cette unité administrative, se concentrant de manière prépondérante le long des concessions côtières et des plages de Campo à travers les villages historiques de Campo-Beach, Ebodi, Bongola, Bouandjo et Mintom, tandis que son aire d’expression innerve le réseau d’habitations traditionnelles s’étendant jusqu’à la frontière internationale avec la Guinée Équatoriale ;
– le batanga [602] : st la langue des peuples côtiers Batanga, une communauté de pêcheurs et d’agriculteurs traditionnels historiquement établie le long du littoral atlantique et des estuaires fluviaux. Cette langue est localisée principalement au cœur du département de l’Océan, dans la région du Sud au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte sur toute la façade maritime de l’arrondissement de Kribi. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de cette unité administrative. Cette langue est structurée en trois dialectes :
- le banoo: parlé au sein du département de l’Océan (région du Sud). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines littorales et les plages sableuses qui dessinent la partie centrale du territoire, s’étendant principalement au cœur de l’arrondissement de Kribi II. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique côtier continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions et de communautés du peuple Banoh englobant précisément les localités et quartiers centraux de la zone urbaine et périurbaine de Kribi ;
- le bapuku: parlé au sein du département de l’Océan (région du Sud). Son aire d’expression historique s’organise sur les rives fertiles et les embouchures fluviales du bas-pays, s’étendant de manière prépondérante dans la zone méridionale située au sud de la rivière Lobé. Ce dialecte se déploie le long de reliefs littoraux de transition et de mangroves, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de villages traditionnels et de campements de pêcheurs du peuple Bapuku englobant précisément les localités maritimes de ce secteur sud de Kribi II ;
- le batanga (proprement dit): parlé au sein du département de l’Océan (région du Sud). Son aire d’expression historique s’organise de manière localisée au sein d’une enclave géographique spécifique, s’étendant au niveau de la portion septentrionale (le nord) du littoral, vers les embouchures fluviales. Ce dialecte se déploie au sein d’un espace côtier homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau d’habitations et de concessions maritimes du clan des Bá Ndá englobant précisément les villages situés à proximité immédiate des estuaires du Nyong et de la Lokoundjé ;
– le duala [610] : est la langue du peuple Duala et d’autres clans Sawa, une communauté de pêcheurs, de commerçants et d’agriculteurs traditionnels historiquement établie le long du littoral atlantique, des estuaires et des grands réseaux fluviaux. Cette langue est localisée principalement au cœur des départements du Wouri, du Moungo, du Nkam et de la Sanaga-Maritime dans la région du Littoral au Cameroun, avec des extensions significatives dans le département du Fako dans la région du Sud-Ouest. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte tout autour de la métropole de Douala et de son arrière-pays aquatique. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises et de cantons traditionnels répartis au sein de ces unités administratives. Ce continuum linguistique est structuré en six dialectes principaux :
- le duala (proprement dit) : parlé au sein du département du Wouri (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines littorales et les berges de l’estuaire qui dessinent le cœur de la métropole, s’étendant de manière prépondérante au sein des espaces urbains et périurbains. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique côtier continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions et de communautés englobant précisément les quatre cantons historiques de Bell, Akwa (comprenant les villages de Boneleke, Bonalembe, Bonamouti, Bessengue, Bonangang, Bonadibong, Bonabwanja), Deido (avec Bonajinje, Bonatene, Bonamuduru, Bonantone, Bonateki) et Bèlè-Bèlè (regroupant Bonendale, Sodiko, Bojongo, Bonamatoumbè et Jébalè) ;
- le pongo : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines fertiles et les zones forestières de l’arrière-pays littoral, s’étendant principalement au cœur de l’arrondissement de Dibombari. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de plantations, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de villages traditionnels du peuple Pongo englobant précisément les localités de Bwajumba, Babenga, Bomono Ba Jedu, Bali, Ngodi, Yapaki, Njouki et Minyoungou ;
- le mungo : parlé à cheval sur les régions du Littoral et du Sud-Ouest. Son aire d’expression historique s’organise le long des rives fertiles et des plaines alluviales du bas-pays, s’étendant depuis la lisière de la province du Littoral jusqu’au département du Fako. Ce dialecte se déploie le long d’un cours d’eau majeur, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de campements agricoles et de concessions traditionnelles englobant précisément les localités et campements insulaires qui bordent le cours inférieur du fleuve Mungo.
- l’oli (ou ewodi) : parlé au sein du département du Nkam (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les rives forestières et les réseaux fluviaux enclavés, s’étendant de manière prépondérante dans l’arrondissement de Yabassi au sein du canton Wouri Bwele. Ce dialecte se déploie le long des berges du fleuve Wouri, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau d’habitations et de concessions fluviales du peuple Ewodi englobant précisément les villages historiques de Bona’Anja, Bonamengue, Boneko, Bonépéa, Bonindi, Bonjo, Bwene, Malamboa et Moundja-Moussadi ;
- le bodiman : parlé au sein du département du Nkam (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise de manière localisée au sein d’une enclave géographique spécifique, s’étendant exclusivement dans l’arrière-pays forestier de l’arrondissement de Yabassi, à l’est de l’aire Oli. Ce dialecte se déploie au sein d’un espace rural homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés du canton Bodiman englobant précisément les villages historiques de Dimbambang, Ndokboko, Bonamoussinga et Yoyo ;
- le malimba : parlé à cheval sur les départements de la Sanaga-Maritime et du Wouri (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les rives maritimes, les îles sablonneuses et les mangroves du bas-pays, s’étendant dans les arrondissements de Mouanko et de Dizangué ainsi que sur l’île de Manoka (Douala VI). Ce dialecte se déploie le long des rives et de l’estuaire du fleuve Sanaga, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de campements de pêcheurs et de concessions insulaires du peuple Malimba englobant précisément les localités côtières de Malimba-Gare, Mulongo, Mouanko-Beach, Bolounga, Yakalak et les campements de l’île de Manoka ;
– le mokpwé [621] : communément appelé bakweri, est la langue du peuple Bakpwe, une communauté d’agriculteurs et de pêcheurs traditionnels historiquement établie le long du littoral atlantique et sur les riches contreforts volcaniques. Cette langue est localisée principalement au cœur du département du Fako, dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte sur les versants est, sud et sud-ouest du Mont Cameroun. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement unifiée et s’articule de façon structurée à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de ce département, se concentrant de manière prépondérante le long des concessions et des plantations des arrondissements de Limbé (notamment à travers les villages historiques de Bimbia et Dikolo), de Muyuka (avec les communautés de Bova et Molyko) et de Tiko (autour des localités de Mutengene et Likomba), tandis que son aire d’expression innerve activement le réseau d’habitations traditionnelles de la portion orientale de l’arrondissement de Buéa (à travers les chefferies de Wondongo et Soppo) ;
– le wumbuko [622] : est la langue du peuple Bomboko, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie le long des contreforts volcaniques et des plaines fertiles de la côte camerounaise, localisée principalement à cheval sur le département du Fako et le département de la Mémé dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une zone géographique définie s’étendant de manière compacte sur les versants occidentaux du Mont Cameroun, s’établissant de façon prépondérante au sein de l’arrondissement de West-Coast et débordant légèrement vers le nord. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises réparties au sein de ces deux unités administratives, se concentrant au cœur des concessions et des plantations agricoles de l’arrondissement de West-Coast à travers les villages historiques de Bomana, Efolofo, Kotto 2 et Isongo, tandis que son aire d’expression innerve le réseau d’habitations de la localité de Mbonge Marumba au sein de l’arrondissement de Mbongue ;
– le bubia [623] : est la langue originelle du peuple Bobe, une communauté de pêcheurs et d’agriculteurs traditionnels historiquement établie le long du littoral atlantique et au pied des contreforts volcaniques de la façade maritime de la baie d’Ambas, localisée principalement au cœur du département du Fako dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une zone géographique définie s’étendant de manière compacte sur les arrondissements de Limbe I, Limbe II et Limbe III. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de communautés villageoises et de chefferies traditionnelles réparties au sein de ces trois circonscriptions, se concentrant de manière prépondérante le long des concessions côtières et des plages à travers les villages historiques de Bota, Wovia, Bobende, Isongo, Ngeme et Moliwe ;
– l’isu [624] : est la langue de la communauté d’Isubu, un groupe traditionnel historiquement établi le long du littoral atlantique et des réseaux fluviaux de la côte camerounaise. Cette langue est localisée principalement au cœur du département du Fako, dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une enclave géographique très restreinte située dans la partie méridionale de la zone côtière. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement concentrée et s’articule de façon structurée au sein d’un réseau de concessions maritimes, se fixant de manière exclusive le long des plages et des habitations traditionnelles de l’estuaire du Bimbia au sud de l’arrondissement de Tiko, à travers les villages historiques de Bimbia, Dikolo et Wondongo ;
– le bakole [625] : est la langue du peuple Bakole, une communauté de pêcheurs et d’agriculteurs traditionnels historiquement établie le long du littoral atlantique, des mangroves et des réseaux criques de la côte camerounaise. Cette langue est localisée principalement au cœur du département de Ndian, dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une zone géographique définie s’étendant de manière compacte sur la partie littorale de la péninsule de Bakassi. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de campements maritimes et de concessions insulaires, se concentrant de manière prépondérante le long des plages et des habitations qui composent l’intégralité de la moitié sud de l’arrondissement de Bamusso à travers les villages historiques de Bamusso, Bekumu, Kompina et Krueger ;
– l’oroko [630] : est la langue du peuple Oroko, une communauté d’agriculteurs et de pêcheurs traditionnels historiquement établie le long du littoral atlantique, des réseaux de criques et des contreforts montagneux des monts Rumpi. Cette langue est localisée principalement au cœur des départements du Ndian et de la Mémé, dans la région du Sud-Ouest au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant de manière compacte de la péninsule côtière jusqu’à l’arrière-pays forestier. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement étendue et s’articule à travers un vaste réseau de cantons et de communautés villageoises répartis au sein de ces deux départements. Ce continuum linguistique est structuré en deux grands dialectes principaux :
- l’oroko-ouest : parlé au sein du département du Ndian. Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines littorales, les mangroves et les reliefs qui dessinent la partie centrale du territoire, s’étendant sur les arrondissements de Mundemba, d’Ekondo-Titi et la portion septentrionale de Bamusso. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule autour de quatre parlers interconnectés :
o le dotanga : localisé précisément au nord-centre-est de l’arrondissement de Toko, s’articulant autour des villages historiques de Toko, Ndian et Ikassa ;
o le bima : localisé précisément au nord-est de l’arrondissement de Mundemba et dans la partie sud-ouest de l’arrondissement de Toko, englobant les villages traditionnels de Mundemba, Lipenja, Fabe et Banga ;
o le ngoro : localisé précisément au sud-est de l’arrondissement de Mundemba et au sud-est de l’arrondissement de Toko, se concentrant au cœur des concessions rurales de Ngoro, Isangele et Massaka ;
o le barondo : localisé précisément entre les marécages du Rio del Rey et le mont Rumpi, dans l’arrondissement d’Ekondo-Titi et de Bamusso, innerve le réseau des communautés de Ekondo-Titi, Lobe, Illoani et Kumbe ;
- l’oroko-est: parlé à cheval sur les départements du Ndian et de la Mémé. Son aire d’expression historique s’organise sur les zones forestières, les bassins agricoles et les centres urbains de l’arrière-pays, s’étendant sur les arrondissements de Dikome-Balue et d’Ekondo-Titi (Ndian), ainsi que sur Konye, Mbonge, Kumba I et Kumba III (Mémé). Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de vallées fertiles, où son usage s’articule autour de quatre parlers interconnectés :
o le bakundu : localisé précisément au nord de l’arrondissement de Konye, dans l’arrondissement de Kumba I, du centre au sud de l’arrondissement de Kumba III, et du centre-ouest au centre-est de l’arrondissement de Mbongue, regroupant les grands villages de Bombe, Baduma, Kindongi, Mbonge-Road et Mbalangi ;
o le mbonge : localisé précisément dans la frange ouest de l’arrondissement de Kumba II, la partie nord-ouest de l’arrondissement de Mbongue et du centre au sud de l’arrondissement de Konye, s’exprimant au cœur des localités de Mbonge-Marumba, Big Mbonge, Bole et Kombone ;
o l’ekombe : localisé précisément au sein des arrondissements de Kumba, de Mbongue et de Konye, s’articulant de façon unie autour du réseau traditionnel de Ekombe-Bonji, Ekombe-Three, et Mofako ;
o le lolue : localisé précisément dans la frange ouest de l’arrondissement de Konye et dans l’arrondissement de Dikome-Balue, structuré directement autour des villages de montagne de Dikome-Balue, Bona-Balue et Mofako-Balue ;
– le lifo’-balong [640] : est la langue du peuple Balong, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie au sein des zones forestières et des plaines fertiles de l’arrière-pays littoral. Cette langue est localisée principalement à cheval sur les départements de la Mémé et du Fako dans la région du Sud-Ouest, ainsi que sur le département du Moungo dans la région du Littoral au Cameroun. Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique s’étendant le long du bassin sédimentaire et volcanique de la plaine de la Mungo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et s’articule à travers un réseau de cantons et de communautés répartis au sein de ces différentes régions. Ce continuum linguistique est structuré en deux grands dialectes principaux :
- le lifo (ou nho) : parlé au sein du département de la Mémé (région du Sud-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines fertiles de l’arrière-pays, s’étendant à l’est de l’arrondissement de Kumba et à l’est de l’arrondissement de Konye. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions et de communautés villageoises englobant précisément les villages historiques de Lifo, Koba, Kokobuma, Mokonje et Kake ;
- le balong: parlé à cheval sur les départements de la Mémé, du Fako, du Koupé-Manengouba (région du Sud-Ouest) et du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les zones forestières et les réseaux fluviaux du bas-pays, s’étendant dans le sud-est de Kumba et le sud-ouest de l’arrondissement de Mbongue, le nord-est de l’arrondissement de Muyuka, le nord-ouest de l’arrondissement de Tombel, ainsi que l’intégralité des arrondissements de Mombo et de Mbanga. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de vallées fertiles, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau d’habitations et de concessions englobant précisément les villages de Balong-Mombe, Mbanga-Balong, Muyuka-Balong, Tombel-Balong, Bafun et Kombone-Balong ;
– le mbo [651] : est la langue du peuple Mbo, une communauté d’agriculteurs et de commerçants traditionnels historiquement établie le long des contreforts du massif du Manengouba et des plaines environnantes. Cette langue est localisée principalement à cheval sur trois régions majeures du Cameroun : le Littoral (département du Moungo), le Sud-Ouest (département du Koupé-Manengouba) et l’Ouest (départements de la Ménoua et du Haut-Nkam). Son implantation historique s’organise au sein d’une vaste zone géographique formant un vaste continuum linguistique au carrefour des aires culturelles sawa, bamiléké et des Grassfields. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et s’articule à travers un large réseau de cantons et de communautés villageoises réparties au sein de ces trois provinces administratives. Ce continuum linguistique est structuré en onze dialectes principaux :
- le bakem : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise au sein de l’arrondissement de Baré-Bakem, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles englobant les villages de Baré, Bakem, Baré-Hock et Mbouassoum ;
- l’eho mbo : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les collines fertiles de la haute vallée forestière, s’étendant de manière prépondérante dans l’arrondissement de Melong. Ce dialecte se déploie le long des plaines caféières, où son usage s’articule de façon unie autour des localités de Melong, Mbouroukou, Lelem et Mwami ;
- l’ehow mba : parlé de manière résiduelle le long des franges géographiques du bassin du Moungo, s’exprimant au sein d’un isolat communautaire stabilisé le long de collines de transition agro-écologique à proximité des villages de Mouandja et Mwasal ;
- le mka’ : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les flancs accidentés du mont Nlonako, s’étendant précisément au cœur de l’arrondissement de Nlonako. Ce dialecte se déploie de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales de la localité d’Eboné et des villages de Nlonako, Singa et Mangamba ;
- le mwanehas : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise le long des voies de communication et des plaines alluviales de l’arrondissement de Manjo. Son usage s’articule à travers un réseau de communautés villageoises agricoles englobant les localités de Manjo, Mouandé, Njolè et Mwanyam ;
- le babong : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les vastes plaines volcaniques du bas-pays, s’étendant de manière continue à travers les arrondissements de Loum, de Penja et de Njombé. Ce dialecte se déploie au sein d’un vaste espace de forte cohésion sociale entourant les villages de Loum-Urban, Penja, Njombé et Mombo-Babong ;
- le bongkeng : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique couvre les bassins sédimentaires de basse altitude à cheval sur Loum et Njombé-Penja, s’articulant autour du réseau traditionnel des villages de Bongkeng, Lala, Mbanga-Bongkeng et Mouanko-Bongkeng ;
- le miyangen : parlé au sein du département du Koupé-Manengouba (région du Sud-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise au cœur d’une enclave forestière de moyenne montagne, s’étendant de façon exclusive dans la portion orientale (l’est) de l’arrondissement de Nguti, se structurant directement autour du village traditionnel de Miyangen et des campements ruraux environnants ;
- le nkongho : parlé au sein du département du Koupé-Manengouba (région du Sud-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise le long de reliefs accidentés de la partie est de l’arrondissement de Nguti, s’articulant de façon unie autour du réseau de chefferies traditionnelles de montagne englobant les villages de Nkongho-Mbo, Nguti-East, Upper-Mbo et Banga-Mbo ;
- le nle mbuu : parlé à cheval sur les départements du Moungo (région du Littoral) et du Haut-Nkam (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les lignes de crête de forte rupture de pente, s’étendant sur la frange est de l’arrondissement de Melong, ainsi que dans les arrondissements de Kekem, de Bandja et de Banwa, structurant le réseau des villages de Kekem-Mbo, Bandja-Mbo, Banwa-Mbo et Melong II ;
- le nla mbo : parlé au sein du département de la Ménoua (région de l’Ouest). Son aire d’expression historique s’organise sur les bas-plateaux de contact écologique s’étendant spécifiquement dans la portion rurale de l’arrondissement de Santchou, s’exprimant au cœur du réseau d’agriculteurs des villages de Santchou-Rural, Fongdonera, Fompap et Fontsa ;
– l’akoose [652] : communément appelée bakossi, est la langue du peuple Bakpwe, une communauté d’agriculteurs et de commerçants traditionnels historiquement établie sur les flancs et les vallées fertiles des monts Manengouba et Kupe. Son aire linguistique principale se concentre dans le département du Koupé-Manengouba (région du Sud-Ouest), englobant notamment les arrondissements de Bangem et de Tombel, tout en s’étendant à l’est vers l’arrondissement de Manjo au sein du département du Moungo (région du Littoral). Cette langue se structure autour de deux dialectes majeurs :
- l’akoose (proprement dit) : principalement parlé par les grands clans traditionnels des Nninong, des Elung, des Mwambong et des Mwetan, ses locuteurs sont établis à travers les plaines forestières et les contreforts de l’arrondissement de Tombel, s’étendant vers le nord jusqu’aux zones de transition de l’arrondissement de Bangem. Il est formé de deux parlers interconnectés :
o le mwambong : localisé précisément dans la portion rurale de l’arrondissement de Tombel et s’étendant vers le nord jusqu’aux zones de transition de l’arrondissement de Bangem, s’exprimant au cœur du grand village de Nyasoso, qui constitue son pôle culturel traditionnel, ainsi que des localités de Ngusi et Mbulle ;
o le nnenong : localisé précisément sur les hauteurs et au cœur des contreforts montagneux occidentaux de l’arrondissement de Bangem, s’exprimant le long des concessions traditionnelles et des communautés rurales des villages de Bangem-Village, Mouandong et Ebam ;
- le nlong: correspondant au dialecte du peuple Elung. Son aire d’expression historique s’organise sur les hauts plateaux et les zones de collines, s’étendant au sein de l’arrondissement de Bangem (département du Koupé-Manengouba) et dans la localité d’Elong au cœur de l’arrondissement de Melong (département du Moungo). Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition, s’articulant de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles englobant les villages de Elung-Village, Nhia, Muetan et Melong-Elong ;
- le mwambong: son aire d’expression historique s’organise sur les bas-plateaux de contact écologique et les plaines forestières qui s’étendent au pied des contreforts occidentaux du mont Koupé, principalement au sein de la portion rurale de l’arrondissement de Tombel (département du Koupé-Manengouba, région du Sud-Ouest). Ce langue se déploie au sein d’un espace rural de forte cohésion sociale, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel de chefferies et de concessions agricoles du peuple Mwambong englobant précisément les villages historiques de Nyasoso, Ngusi, Mbulle, Bendume et Ndom ;
– le nsose [653] : communément appelé bassossi, est la langue du peuple Bassossi, une communauté d’agriculteurs traditionnels historiquement établie dans l’arrière-pays forestier et les zones collinaires qui bordent l’axe routier reliant Kumba à Mamfé. Cette langue se concentre de manière prédominante dans le département du Koupé-Manengouba (région du Sud-Ouest), s’étendant de manière compacte au sein de l’arrondissement de Nguti. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de cantons et de chefferies traditionnelles. Elle se structure autour de deux dialectes :
- le nwase : correspondant au bassossi proprement dit, localisé dans la région du Sud-Ouest du Cameroun au sein du département du Koupé-Manengouba. Principalement parlé par le peuple Bassossi, ses locuteurs sont établis à travers les plaines forestières et les axes de communication centraux de l’arrondissement de Nguti. Il se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles englobant précisément les villages historiques de Nguti-Centre, Mienge et Babubock ;
- le miyengen : parlé par le peuple Ngemingu localisé dans la région du Sud-Ouest. Son aire d’expression historique s’organise de manière localisée au sein d’une enclave géographique spécifique, s’étendant dans la portion collinaire et reculée de l’arrière-pays forestier au sein de l’arrondissement de Nguti (département du Koupé-Manengouba). Ce dialecte se déploie au sein d’un espace rural homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de communautés agricoles englobant précisément le village traditionnel de Miyengen et ses environs immédiats.
3.1.3.4.2.8.1.3. Le sous-groupe BASAA-BETI
Ce groupe de la branche Bantoue (sous-branche Équatorial) se déploie de manière prédominante au sein des vastes plateaux forestiers et des vallées équatoriales qui couvrent la quasi-totalité de la région du Centre, ainsi que de larges portions des régions du Sud, du Littoral et de l’Est au Cameroun. Son implantation historique s’étire le long des bassins hydrographiques majeurs de la Sanaga, du Nyong et du Ntem, s’organisant de manière compacte au sein des zones de forêts denses et de transition écologique caractérisées par des écosystèmes forestiers riches. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de cantons ou des organisations lignagères segmentaires et leurs systèmes de subsistance basés sur une riche agriculture forestière (cacao, manioc, maïs, banane plantain), le petit élevage de basse-cour et de fortes dynamiques de mobilité ou d’échanges sociolinguistiques transfrontaliers et intercommunautaires. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de six langues nationales distinctes : le basaa, le bakoko, le beti-fang, le bembele, le bebil et le bankon.
– le basaa [401] : est la langue du peuple Bassa, une vaste communauté d’agriculteurs et de pêcheurs traditionnels historiquement établie au sein des massifs forestiers denses et des bassins fluviaux du Grand Sud. Cette langue est localisée à cheval sur trois régions majeures du Cameroun : la région du Centre (intégralité du département du Nyong-et-Kellé), la région du Littoral (départements de la Sanaga-Maritime, du Wouri et du Nkam) et la région du Sud (portion septentrionale du département de l’Océan). Son implantation historique s’organise de manière compacte le long des bassins hydrographiques de la Sanaga et du Nyong, s’étendant de l’arrière-pays forestier jusqu’à la lisière de la zone côtière. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement étendue et s’articule à travers un réseau dense de cantons et de chefferies traditionnelles réparties au sein de ces provinces. Cette langue est structurée en plusieurs dialectes :
- le yabasi: parlé au sein du département du Nkam (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les rives forestières et les collines de l’arrière-pays littoral, s’étendant au cœur de l’arrondissement de Yabassi. Ce dialecte se déploie le long de réseaux fluviaux enclavés, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles englobant les localités de ce secteur ;
- le dibubum : parlé par le peuple Diboum au sein du département du Nkam (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise de manière localisée au sein d’une enclave géographique spécifique, s’étendant également au cœur de l’arrondissement de Yabassi. Ce dialecte se déploie au sein d’un espace rural homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés agricoles et d’habitations traditionnelles ;
- le basaa ba duala : parlé au sein du département du Wouri (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines littorales et les zones périphériques qui bordent la métropole économique, s’étendant de manière prépondérante dans l’arrondissement de Douala V. Ce dialecte de contact se déploie au sein des espaces périurbains, où son usage s’articule de façon unie autour de la chefferie traditionnelle Bassa et de ses concessions environnantes ;
– le bakoko [402] : est la langue du peuple Bakoko, une vaste communauté d’agriculteurs et de pêcheurs traditionnels historiquement établie au sein des massifs forestiers denses et des bassins hydrographiques du littoral. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région du Littoral (départements de la Sanaga-Maritime, du Moungo, du Wouri et du Nkam), tout en présentant des extensions dans la région du Sud (département de l’Océan) et de l’Ouest (département du Haut-Nkam). Son implantation historique s’organise de manière prépondérante le long de la basse vallée de la Sanaga et de l’arrière-pays aquatique de Douala. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et s’articule à travers un réseau de cantons et de chefferies traditionnelles réparties au sein de ces provinces. Ce continuum linguistique est structuré en sept dialectes :
- l’adie : parlé au sein du département de la Sanaga-Maritime (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les rives forestières et les plaines alluviales du bas-pays, se concentrant de manière prépondérante autour de la commune d’Edéa au sein de la communauté Elog Mpoo. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles englobant les villages historiques de Dehane, Bonguen, Mpoo et Apouh ;
- le yakalag : parlé au sein du département de la Sanaga-Maritime (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les zones de contact forestier et les plaines côtières qui dessinent la partie méridionale du territoire, s’étendant notamment dans l’arrondissement de Mouanko. Ce dialecte se déploie au sein des espaces périurbains et ruraux, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés de pêcheurs et d’habitations traditionnelles englobant les localités maritimes de Yakalag, Marienberg, Elog-Ngango et Mouanko-Village ;
- le yasug : parlé à cheval sur le département de la Sanaga-Maritime (région du Littoral) et le département de l’Océan (région du Sud). Son aire d’expression historique s’organise le long des réseaux fluviaux et des axes forestiers de basse altitude, s’étendant depuis l’arrondissement de Dizangué jusqu’au bassin de la Lokoundjé. Ce dialecte s’exprime de façon unie à travers deux grands secteurs géographiques : dans sa zone lacustre septentrionale autour des villages de Yasug, Mbongo, Pitt-Sanaga et Dizangué-Village, et dans son extension méridionale le long de l’axe de la Lokoundjé à travers les localités de Bonguen, Dehane, Elogbatindi, Mbongoo et Bella ;
- le yapoma : parlé au sein du département du Wouri (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines littorales et les zones périphériques qui bordent la métropole économique, s’étendant au sud-est de l’arrondissement de Douala III. Ce dialecte de contact se déploie au sein d’un espace rural et périurbain homogène, où son usage s’articule autour de la chefferie traditionnelle Bakoko du Wouri et de ses habitations environnantes englobant précisément les localités de Yapoma, Mbanga-Japoma, Yassa et Ndogpassi ;
- le yabang-yapeke : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines fertiles et les zones de transition de l’arrière-pays littoral, s’étendant de manière compacte au sein de l’arrondissement de Dibombari. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de cultures de rente, s’articulant de façon unie autour d’un réseau exclusif de concessions agricoles et de communautés villageoises englobant précisément les villages de Yabang, Yapeke, Bomono Ba Mbengue et Kake-Bakoko ;
- le bisoo : parlé par les Basoo au sein du département du Nkam (région du Littoral). Son aire d’expression historique constitue un isolat dialectal septentrional, localisé de manière exclusive dans l’arrière-pays forestier profond de l’arrondissement de Nkondjok. Ce dialecte s’exprime au sein d’un espace rural homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés d’agriculteurs traditionnels englobant principalement les villages historiques de Bisoo, Ndonga, Sollé et Mamba ;
- le dimbambang : parlé par le peuple Bang de manière résiduelle le long des franges géographiques orientales du pays bakoko, s’exprimant au sein d’un isolat linguistique stabilisé dans les cantons de transition de la Sanaga-Maritime. Son usage s’articule de façon structurée autour de communautés villageoises insérées dans les forêts de plaine englobant notamment le village de Dimbambang et ses localités périphériques directes ;
– le beti-fang [403] : Il est subdivisé en quatre dialectes :
- l’ewondo : communément appelé kóló, est le premier grand ensemble dialectal du peuple Beti, une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie au sein des denses massifs forestiers de la zone équatoriale. Son aire linguistique principale se déploie de manière continue au cœur de la région du Centre, où elle occupe la totalité des départements du Mfoundi, de la Mefou-et-Afamba, de la Mefou-et-Akono, du Nyong-et-So’o et une partie du Nyong-et-Mfoumou, tout en présentant des extensions méridionales dans la région du Sud (départements de la Mvila, du Dja-et-Lobo et de l’Océan). Sur le terrain, l’usage de la langue s’articule à travers un vaste réseau de chefferies et de groupements claniques structurés en plusieurs parlers :
o le mvele : parlé au sein de la région du Centre (département de la Mefou-et-Afamba) à travers les arrondissements d’Olanguina, d’Awaé, d’Edzendouan, d’Essé et d’Afanloum, s’articulant autour des concessions rurales des villages historiques d’Awaé, Essé, Mefou et Mvua ;
o le bene : parlé à cheval sur la région du Centre (arrondissements de Mfou et Nkolafamba) et la région du Sud (arrondissement de Biwong-Bane), innerve le réseau des communautés de Mfou, Nkolafamba, Biwong-Bane et Nkolngok ;
o le mbida-mbani : parlé au sein de la région du Centre (département du Nyong-et-Mfoumou), se concentrant de façon unie autour des localités de Endom, Mbani et Soh dans l’arrondissement d’Endom ;
o le mvog-nyenge : localisé au cœur de la région du Centre, s’exprimant le long du fleuve Nyong près des villages de Mekas, Mengueme et Andom dans l’arrondissement d’Akonolinga ;
o le yengono : parlé de façon exclusive au sein de communautés rurales spécifiques de l’arrondissement d’Akonolinga, dans la région du Centre, autour de la localité traditionnelle de Yengono ;
o le yembana : localisé de manière restreinte au sein de l’arrondissement de Mengang dans la région du Centre, structuré directement autour des villages de Mengang et Yembana ;
o le fong : parlé au sein de la région du Sud (départements du Dja-et-Lobo et de la Mvila), s’articulant de façon unie autour des chefferies englobant les villages de Zoétélé, Ngoulemakong, Nkoumadzap et Mekalat ;
o le ngoe : constituant un isolat occidental dans l’arrondissement de Lolodorf au sein de la région du Sud (département de l’Océan), s’exprimant au cœur de la communauté traditionnelle du village de Ngoué ;
o l’enoa : parlé par les peuples Enoah et Yanda au sein de l’arrondissement de Mvengué dans la région du Sud (département de l’Océan), se fixant le long des concessions traditionnelles des villages de Mvengué, Enoah, Yanda et Koum ;
o l’evuzock : parlé au sein de la région du Sud (département de l’Océan), s’articulant autour du réseau de forêts denses des villages d’Evuzock, Bipindi et Lolodorf-Rural dans les arrondissements de la Lokoundjé et de Lolodorf ;
- le bulu : est traditionnellement parlé par le peuple Bulu. Son aire linguistique se déploie principalement à travers la région du Sud, occupant les départements de la Mvila (arrondissements d’Efoulan, d’Ebolowa I et II, de Mengong, de Biwong-Bulu et de Mvangan), du Dja-et-Lobo (arrondissements de Sangmélima, de Meyomessi, de Bengbis et de Djoum) et de l’Océan (arrondissements d’Akom II et de Nyété), tout en débordant au nord vers la région du Centre (arrondissements d’Ayos et d’Akonolinga). Sur le terrain, ce dialecte présente une forte cohésion linguistique et intègre deux parlers majeurs :
o le yebekolo : parlé au sein de la région du Centre (département du Nyong-et-Mfoumou), se déployant le long de la haute vallée du Nyong autour des grands villages de Kobdombo, Ayos-Rural, Yebekolo et Nnanga dans les arrondissements d’Ayos, d’Akonolinga et de Kobdombo ;
o l’omvang : parlé à cheval sur la région du Centre et la région de l’Est, s’exprimant au cœur des zones de contact forestier des villages d’Ovang (arrondissement d’Ayos) et de Nguelemendouka (département du Haut-Nyong) ;
- l’eton : est traditionnellement parlé par le peuple Eton, une communauté d’agriculteurs sédentaires établie au sein des plateaux forestiers de la région du Centre. Son aire linguistique principale occupe de manière dense et continue la quasi-totalité du département de la Lékié (à l’exception de l’arrondissement de Batchenga). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une très forte homogénéité territoriale et s’articule à travers un réseau de grandes chefferies traditionnelles et de concessions agricoles. Elle intègre un parler local spécifique :
o le njowi : parlé au sein de la région du Centre (département de la Lékié), s’organisant de manière compacte dans l’arrière-pays sédentaire des arrondissements de Sa’a et d’Ebebda. Ce parler se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage quotidien s’articule de façon unie autour d’un réseau dense de communautés villageoises englobant précisément les localités de Sa’a et d’Ebebda, ainsi que leurs villages périphériques majeurs, où il a été adopté historiquement par une grande parti du peuple manguissa qui a abandonné le leti au profit de ce parler eton ;
- le fang : parlé par les communautés Fang, Zaman, Ntoumou et Mvae. Son aire linguistique se déploie de manière prédominante à travers les denses massifs forestiers de la région du Sud (départements de la Vallée-du-Ntem, de la Mvila, du Dja-et-Lobo et de l’Océan), s’organisant de manière compacte le long de la bande frontalière internationale avec le Gabon et la Guinée Équatoriale. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties au sein de deux parlers principaux :
o le mvang : parlé par le peuple Mvae au sein de la région du Sud (départements de la Vallée-du-Ntem et de l’Océan). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines forestières et les zones littorales de transition, s’étendant à travers les arrondissements de Ma’an (localités de Mvae-Ouest et Ntoumou-Centre), d’Ambam (secteurs de Ntoumou-Nord et Mvae-Est) et de Campo, s’articulant autour des villages traditionnels de Ma’an, Ambam, Campo et Mvangan ;
o le ntumu : parlé au sein de la région du Sud (département de la Vallée-du-Ntem). Son aire d’expression historique couvre les bassins fluviaux et les zones de contact transfrontalières, s’étendant de manière compacte à travers les arrondissements de Ma’an (secteurs de la Boucle du Ntem I et II), d’Ambam (zone Ntoumou-Sud), d’Olamzé et de Kyé-Ossi, s’exprimant de façon unie autour des chefferies et des habitations des villes frontalières d’Olamzé, Kyé-Ossi, Abang-Minko et Minyame ;
– le bembele [404] : communément rattaché au groupe Eki, est la langue du peuple Bebele (ou Bamvele), une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie de part et d’autre du fleuve Sanaga. Son aire linguistique principale se déploie au cœur de la région du Centre, principalement dans le département de la Haute-Sanaga et du Mbam-et-Kim, tout en débordant de manière continue vers la région de l’Est dans les départements du Lom-et-Djerem et du Haut-Nyong. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée en raison de la barrière fluviale et s’articule à travers un réseau de sept dialectes :
- le bebele : parlé par le peuple Bamvele au sein de la région du Centre (département de la Haute-Sanaga) et de la région de l’Est. Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines forestières au sud de la Sanaga, couvrant les arrondissements de Bibey et de Minta, tout en empiétant sur Nsem, avant de s’étendre à l’Est dans les arrondissements de Diang (Lom-et-Djerem) et de Nguélémendouka (Haut-Nyong). Ce dialecte se déploie de façon unie autour d’un réseau de concessions ruraux englobant précisément les villages historiques de Bibey-Centre, Mekone I, Metep, Wall, Nguen et Ouassa-Bamvele ;
- le yekaba : parlé par le peuple Yekaba au sein de la région du Centre (département de la Haute-Sanaga). Son aire d’expression historique s’organise de manière compacte dans l’arrière-pays sédentaire de l’arrondissement de Nanga-Eboko, où son usage s’articule autour d’un réseau dense de communautés villageoises englobant précisément les grands villages traditionnels de Bissaga, Menga’a-Biboa, Simbane, Zengoaga et Zoa ;
- le bajia : parlé par le peuple Badjia au sein de la région du Centre (département de la Haute-Sanaga). Son aire d’expression historique s’étire le long des terres fertiles situées au sud du fleuve Sanaga, s’intégrant au continuum géographique des concessions agricoles de la zone de Minta et de Nanga-Eboko autour des localités de Minta-Urban, Elot, Mbargue et Ngo ;
- le yesamba : parlé par le peuple Yesamba au sein de la région du Centre (département de la Haute-Sanaga). Son aire d’expression historique constitue un isolat communautaire stabilisé au sud du fleuve, s’exprimant de manière prépondérante le long des habitations traditionnelles de l’arrondissement de Bibey autour des villages de Yesamba, Mekak et Dea ;
- le bafek : parlé par le peuple Bafeuk au sein de la région du Centre (département du Mbam-et-Kim). Son aire d’expression historique franchit la rive septentrionale de la Sanaga, s’étendant à travers les massifs forestiers de transition à cheval sur les arrondissements de Ntui et de Yoko, où il innerve les réseaux de concessions englobant notamment les villages de Bafeuk-Station, Nguele-Mendouka et Nkol-Abanda ;
- le yangavok : parlé par le peuple Yangafeuk au sein de la région du Centre (département du Mbam-et-Kim). Son aire d’expression historique s’organise le long des collines et des plaines de contact, se déployant de manière unie à cheval entre la portion orientale de l’arrondissement de Ngoro et la frange occidentale de l’arrondissement de Ntui, structurant le réseau des villages de Yangavok, Kinding-Ndjabi et Kinding-Nde ;
- le yasem : parlé par le peuple Asem au sein de la région du Centre (département du Mbam-et-Kim). Son aire d’expression historique s’organise de manière très localisée comme un isolat dialectal septentrional, se cantonnant de façon exclusive au cœur de la communauté rurale et des concessions du seul village de Yassem, situé à l’extrémité nord de l’arrondissement de Ngoro ;
– le bebil [405] : est la langue du peuple Bebil, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs forestiers de transition de la région de l’Est. Son aire linguistique principale se déploie de manière continue au cœur du département du Lom-et-Djerem, occupant une zone charnière s’étendant à travers les arrondissements de Diang et de Belabo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions agricoles et de communautés villageoises qui flanquent les axes de transit forestiers, englobant précisément les localités historiques de Deng-Deng, Manssa, Mambaya, Goyoum, Kandé et Ondiki ;
– le bankon [406] : est la langue du peuple Bankon (dont une fraction historique a donné naissance au peuple Barombi), une communauté d’agriculteurs et de pêcheurs traditionnels historiquement établie au sein des plaines forestières et des bassins lacustres de l’arrière-pays littoral. Cette langue est localisée principalement dans la région du Littoral (département du Moungo), tout en présentant des extensions insulaires dans la région du Sud-Ouest (départements de la Mémé et du Ndian). Son implantation historique s’organise au nord de la métropole de Douala et à l’ouest du fleuve Wouri, le long de la rivière Abô. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et s’articule à travers un réseau de cantons et de communautés villageoises réparties au sein de ces différentes provinces. Ce continuum linguistique est structuré en deux grands dialectes principaux :
- le bankon (proprement dit) : parlé au sein du département du Moungo (région du Littoral). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines fertiles et les zones de contact forestier du bas-pays, s’étendant au nord de l’estuaire du Wouri sur l’intégralité de la portion septentrionale de l’arrondissement de Dibombari. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions traditionnelles englobant précisément les villages historiques de Bonaléa, Bomono, Mwaso et Kake ;
- le lombe : parlé au sein des départements de la Mémé et du Ndian (région du Sud-Ouest). Son aire d’expression historique s’organise de manière fragmentée au sein de trois îlots géographiques spécifiques et enclavés du haut-pays. Ce dialecte se déploie au sein d’espaces lacustres et forestiers homogènes, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés du peuple Barombi englobant précisément le premier îlot situé au nord du Mont Cameroun autour du lac Barombi-Koto (arrondissement de Kumba), le deuxième îlot localisé à l’ouest de Kumba autour du lac Barombi-Mbo (arrondissement de Kumba), et le troisième îlot fixé dans la portion nord-orientale de l’arrondissement d’Ekondo-Titi ;
3.1.3.4.2.8.1.4. Le sous-groupe MEKA
Ce groupe de la branche Bantoue (sous-branche Équatorial) se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs forestiers de la région de l’Est (principalement à travers les départements du Haut-Nyong et de la Boumba-et-Ngoko, ainsi que la frange sud de la Kadey), tout en présentant un isolat occidental majeur au cœur du département de l’Océan dans la région du Sud au Cameroun. Son implantation historique s’étire le long des grands bassins hydrographiques du Nyong, de la Boumba, de la Lokoundjé et du fleuve Dja, s’organisant de manière compacte au sein des écosystèmes forestiers équatoriaux profonds. Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par des chefferies de clans et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture forestière de basse altitude (cacao, café, manioc, banane plantain), le petit élevage de basse-cour, ainsi que pour les savoir-faire traditionnels de chasse, de cueillette ou de pêche fluviale des populations autochtones et littorales. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de sept langues nationales distinctes qui forment un continuum culturel et géographique : le mekaa, le so, le bikele, le kwasio, le bagyeli, le mpo et le koonzime.
– le mekaa [411] : est la langue du peuple Makaa, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs forestiers de la région de l’Est. Son aire linguistique principale se déploie de manière continue à travers tout le nord du département du Haut-Nyong, tout en s’étendant vers le département du Lom-et-Djerem et présentant plusieurs îlots migratoires dans les régions du Centre et du Sud. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et s’articule à travers un réseau de cinq dialectes et parlers interconnectés :
- le bebende : parlé par la communauté Bebend au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines forestières qui dessinent les secteurs septentrionaux du territoire, s’étendant de manière prépondérante dans tout le nord de l’arrondissement d’Abong-Mbang et de l’arrondissement de Bebeng autour des villages historiques de Bebend, Anjou, Kandja et Mbang-Oasis ;
- le besep : parlé par la communauté Besep au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’organise sur les plateaux de transition forestière de l’arrière-pays sédentaire, se concentrant de manière exclusive au nord de l’arrondissement de Nguélémendouka autour du réseau de concessions traditionnelles des localités de Besep, Mbouanz et Ncol-Menda ;
- le mbwas : parlé par la communauté clanique des Mbwaanz au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’étire le long des terres fertiles de la haute vallée forestière, s’intégrant au continuum géographique des concessions agricoles réparties à travers les arrondissements de Doumé et de Doumatang englobant les villages traditionnels de Doumé-Château, Mbwaanz, Koumou et Mbono ;
- le bekol : parlé au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique constitue un ensemble de communautés stabilisées au cœur du massif forestier, s’exprimant de manière prépondérante le long des habitations traditionnelles et des chefferies englobant les localités de Bekol, Mbang et Messaména-Rural ;
- le byep : parlé par le peuple Byep au sein de la région de l’Est (départements du Lom-et-Djerem et du Haut-Nyong), de la région du Centre et de la région du Sud. Son aire d’expression historique s’organise à l’Est à travers l’est de l’arrondissement de Diang, le sud de l’arrondissement de Bélabo et l’ouest de l’arrondissement de Bertoua autour des localités de Byep-Gare, Goyoum et Bonis ; se déployant également au sein du Centre (département du Nyong-et-Mfoumou) à travers les îlots villageois d’Ayos-Est, Yebekolo-Byep et Endom-Mekas ; et enfin dans la région du Sud (département du Dja-et-Lobo) autour des campements forestiers de Bengbis-Byep et Zoétélé-Mekalat ;
– le so [412] : est la langue du peuple So, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs forestiers de transition. Son aire linguistique principale se déploie à cheval sur la région du Centre et la région de l’Est au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière compacte le long du haut bassin du fleuve Nyong, occupant toute la partie orientale de l’arrondissement d’Akonolinga (département du Nyong-et-Mfoumou) et débordant légèrement vers le sud-ouest de l’arrondissement de Messamena (département du Haut-Nyong). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule de façon unie à travers un réseau de concessions traditionnelles et de communautés rurales, se concentrant de manière prépondérante le long des plaines agricoles du canton de Melan et Emvane à Akonolinga à travers les villages historiques de Melan, Emvane, Zilli, Efoufoup et Yemba, tandis que son aire d’expression innerve le réseau d’habitations de la portion limitrophe occidentale de Messamena autour des localités de Melen, Nkol-Volan et Bibou ;
– le bikele [413] : est la langue du peuple Bikélé, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs forestiers équatoriaux de la région de l’Est. Son aire linguistique principale se déploie de manière continue au cœur du département du Haut-Nyong, occupant l’intégralité du vaste canton Bikele de part et d’autre du fleuve Nyong au sein de l’arrondissement de Messamena. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement bipartie par la barrière fluviale et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes :
- le bikeng : parlé par le clan Bikeng du peuple Bikélé au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines forestières qui bordent la rive septentrionale du fleuve, s’étendant principalement dans le groupement de Bikele-Nord au sein de l’arrondissement de Messamena. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages de référence de Messamena-Ville, Akok-Bikélé, Long-Mamp, Nkol-Volan, Mimbang et Efoulan ;
- le bikay : parlé par le clan Bikay du peuple Bikélé au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’organise de manière structurée en s’éloignant vers le sud du fleuve Nyong, s’étendant de façon prépondérante dans le groupement de Bikele-Sud au sein de l’arrondissement de Messamena. Ce dialecte se déploie le long des massifs forestiers profonds qui descendent vers la réserve de faune du Dja, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de communautés et de clairières agricoles englobant précisément les villages historiques de Somalomo, Badouma, Melen, Zoulabot et Nemeyong ;
– le kwasio [421] : est la langue du peuple Kwasio (comprenant les Ngumba et les Mabi), une communauté d’agriculteurs et de pêcheurs traditionnels historiquement établie au sein des denses massifs forestiers de l’intérieur et des plaines littorales. Cette langue est localisée principalement au cœur du département de l’Océan, dans la région du Sud au Cameroon. Son implantation historique s’organise de manière continue depuis la zone côtière atlantique jusqu’aux reliefs forestiers de l’arrière-pays sédentaire. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes :
- le mvumbo : parlé par la communauté clanique des Ngumba au sein de la région du Sud (département de l’Océan). Son aire d’expression historique s’organise sur les plateaux forestiers et les zones accidentées de l’intérieur des terres, s’étendant de manière prépondérante à travers les arrondissements de Lolodorf et de Bipindi. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau dense de concessions rurales englobant précisément les villages de référence de Bibia, Bikoka, Ngovayang, Koumbizik, Bingambo, Madong, Mbikiliki et Mougue ;
- le mabi : parlé par le clan côtier des Mabéa au sein de la région du Sud (département de l’Océan). Son aire d’expression historique s’organise le long de la bande littorale et des réseaux hydrographiques maritimes, s’étendant principalement au cœur de l’arrondissement de Kribi (notamment Kribi 1er) et débordant vers l’arrondissement de l’Ibonda (Lokoundjé). Ce dialecte se déploie au sein d’un espace côtier homogène, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau de villages de pêcheurs et d’habitations maritimes englobant précisément les localités de Bwambé, Ebome, Eboundja, Lobe, Lolabé, Mbeka’a et Ebodié ;
– le bagyeli [422] : est la langue de la communauté autochtone des Pygmées Bagyeli et Bakola, un groupe de chasseurs-cueilleurs traditionnels historiquement établi au cœur des massifs forestiers denses du littoral méridional. Cette langue est localisée exclusivement au sein du département de l’Océan, dans la région du Sud au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière nomade et semi-sédentaire à travers un vaste réseau de campements forestiers profonds et de zones de transition. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement dispersée mais socialement unifiée, s’articulant à travers les espaces sylvestres et les concessions ruraux des arrondissements de Kribi, d’Akom II, de Bipindi et de Lolodorf. L’aire de d’expression s’organise autour d’un réseau de pôles résidentiels traditionnels, s’exprimant de façon unie au cœur de campements historiques majeurs tels que Mvundè, Ngongo, Mabvoungou, Nabombouama, Lala, Ngovayang et Bikala ;
– le mpo [431] : est la langue du grand ensemble des peuples Mpo-Mekaa, une communauté d’agriculteurs et de chasseurs traditionnels historiquement établie au sein des denses massifs forestiers équatoriaux et le long des grands réseaux fluviaux du bassin du Congo. Cette langue est localisée principalement au cœur du département de la Boumba-et-Ngoko et sur la frange méridionale du département de la Kadey, dans la région de l’Est au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière continue à travers les forêts du sud-est tunant vers les frontières de la République Centrafricaine et de la République du Congo. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et s’articule à travers un vaste réseau de concessions et de communautés rurales réparties en huit dialectes principaux :
- le mezime : parlé par le peuple Medjime au sein de la région de l’Est (département de la Kadey). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines forestières accidentées de la partie méridionale du territoire, s’étendant au sud et à l’ouest du chef-lieu de l’arrondissement de Mbang autour des villages historiques de Mambaya, Djoum, Ndolé et Mbosse ;
- le bageto : parlé par le peuple Bangantou au sein de la région de l’Est (département de la Kadey). Son aire d’expression historique couvre les plateaux de transition s’étendant au sud et à l’est du chef-lieu de l’arrondissement de Mbang autour des localités de Kagnol, Timangolo, Gounté et Gnanzo.Le mpyemo : parlé par le peuple Mbimou au sein de la région de l’Est (département de la Boumba-et-Ngoko). Son aire d’expression historique s’organise le long de l’axe routier reliant Gari-Gombo à Yokadouma, se concentrant de manière exclusive au cœur de la localité de Gribi au sein de l’arrondissement de Gari-Gombo, ainsi que dans les villages de Zokandja et Nguélemendouka-Est ;
- le mpopo : parlé par le peuple Mbombo au sein de la région de l’Est (département de la Boumba-et-Ngoko). Son aire d’expression historique s’organise sur les rives fertiles qui bordent la rive nord de la rivière Boumba, s’étendant de manière prépondérante dans l’arrondissement de Yokadouma englobant les villages traditionnels de Kika, Lokomo, Nguilili et Ngato
- le bijugi : parlé par le peuple Bidjouki au sein de la région de l’Est (département de la Boumba-et-Ngoko). Son aire d’expression historique s’organise de manière localisée au sein d’une enclave forestière de l’arrondissement de Yokadouma, se structurant de façon unie autour de la communauté rurale de la localité de Mboy et des villages de Poutou et Mampelé ;
- le kunabeeb : parlé par le peuple Konabembé au sein de la région de l’Est (département de la Boumba-et-Ngoko). Son aire d’expression historique s’organise à l’ouest et immédiatement au sud du chef-lieu de l’arrondissement de Yokadouma, s’étendant également vers l’ouest le long des rives forestières du fleuve Dja autour des localités de Massea, Zoulabot, Mbalam et Ngola ;
- le mpoman : parlé par le peuple Boman au sein de la région de l’Est (département de la Boumba-et-Ngoko). Son aire d’expression historique s’organise de manière compacte au sein des forêts denses de l’arrondissement de Salapoumbé, où son usage s’articule à travers un réseau de concessions englobant précisément les villages de Salapoumbé-Centre, Nola-Boman, Mouloundou-Nord et Lobéké ;
- l’esel : parlé par le peuple Essel au sein de la région de l’Est (département de la Boumba-et-Ngoko). Son aire d’expression historique s’organise de manière très localisée à l’extrémité sud-orientale du pays, s’étendant exclusivement à l’est de l’arrondissement de Moloundou le long des rives et des réseaux fluviaux du fleuve Ngoko autour des localités de Moloundou-Gare, Socambo, Mbéla et Yenga ;
– le koonzime [432] : est la langue du grand ensemble des peuples Nzimé (englobant les communautés Badjoué, Djimou et Ndjem), une communauté d’agriculteurs sédentaires historiquement établie au sein des denses massifs forestiers équatoriaux de la région de l’Est au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière compacte au sein des arrondissements de Lomié, de Messaména, de Mindourou et de Somalomo dans le département du Haut-Nyong, ainsi que dans l’arrondissement de Ngoila dans le département de la Boumba-et-Ngoko, s’étendant à travers la grande réserve de faune du Dja. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de concessions et de communautés rurales réparties en quatre dialectes majeurs :
- le bajwe’e : parlé par la communauté Badjoué au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’organise sur les plateaux forestiers de la partie méridionale de l’arrondissement de Messaména, s’étirant depuis la région du Dja supérieur jusqu’à un segment de l’axe routier reliant Abong-Mbang à Lomié, où son usage s’articule de façon unie autour des localités de Messaména-Centre, Somalomo-Village, Akok et Mimbang
- le nyeme : parlé par la communauté Djimou au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’organise sur les zones forestières de l’arrière-pays sédentaire, couvrant toute la portion occidentale de l’arrondissement de Mindourou où son usage s’articule autour d’un réseau dense de concessions traditionnelles englobant les villages de Mindourou-Carrefour, Eshobi et Zoulabot ;
- le nzime : parlé par le peuple Nzimé proprement dit au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’étire le long des terres fertiles et des clairières forestières s’étendant aux alentours et à l’est de l’arrondissement de Lomié, s’intégrant au continuum géographique des chefferies traditionnelles des villages de Lomié-Urbain, Eschiambor, Bosquet et Ngoila-Nord ;
- le njem : parlé par le peuple Ndjem au sein de la région de l’Est (département de la Boumba-et-Ngoko). Son aire d’expression historique constitue un ensemble de communautés stabilisées à l’extrême sud du domaine koonzime, s’exprimant de manière prépondérante le long des habitations traditionnelles de l’arrondissement de Ngoila autour des localités de Ngoila-Centre, Mbalam, Zoulabot II et Ngola.
3.1.3.4.2.8.1.5. Le sous-groupe KAKO
Ce groupe de la branche Bantoue (sous-branche Équatorial) se déploie de manière prédominante au sein des denses massifs forestiers et des savanes arborées de transition de la région de l’Est au Cameroun, occupant la totalité de la frange orientale du département de la Kadey et s’étendant vers le nord-est de la Boumba-et-Ngoko. Son implantation historique s’étire le long de la frontière internationale avec la République Centrafricaine, s’organisant de manière compacte au carrefour des aires culturelles bantoues et oubanguiennes (Gbaya). Les communautés s’y rattachant sont réputées pour leurs structures villageoises traditionnelles sédentaires régies par de grandes chefferies de cantons et leurs systèmes de subsistance basés sur l’agriculture (manioc, maïs, arachide, café), le petit élevage de basse-cour et d’intenses dynamiques d’échanges marchands ou migratoires transfrontaliers. Ce sous-groupe est représenté au Cameroun par un ensemble de trois langues nationales distinctes : le kako, le polri et le kwakum.
– le kako [440] : est la langue du peuple Kako, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des massifs forestiers de l’arrière-pays oriental, localisée principalement au cœur du département de la Kadey, dans la région de l’Est au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière compacte le long de la bande frontalière avec la République Centrafricaine, s’étendant à l’intérieur des terres en zone de contact direct avec l’aire culturelle gbaya. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule de façon unie à travers un réseau de grandes chefferies de cantons et de concessions agricoles qui innervent plusieurs circonscriptions, s’exprimant précisément dans l’arrondissement de Batouri (canton Kako-Nord) autour des villages de Kambélé, Tapare, Narké et Mboulaye, le long du réseau traditionnel de l’arrondissement de Ndélélé (canton Kako-Sud) reliant les localités de Lolo, Gari-Gombo, Oul, Mborguéné et Kentzou, ainsi qu’au cœur des concessions rurales de l’arrondissement de Kette à travers les communautés de Boubara, Mama, Taoul et Lidiba ;
– le polri [462] : est la langue du peuple Pol, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des zones de transition savane-forêt et des denses massifs forestiers de l’arrière-pays oriental. Cette langue est localisée principalement au cœur de la région de l’Est au Cameroun, occupant de manière continue de vastes secteurs du département du Lom-et-Djérem (arrondissements de Bétaré-Oya et de Bélabo) tout en présentant des enclaves isolées dans le département du Haut-Nyong (arrondissements de Lomié et de Dimako). Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement éclatée et s’articule à travers un réseau de concessions traditionnelles réparties en deux dialectes interconnectés :
- l’azom : parlé par le clan Azom au sein de la région de l’Est (départements du Lom-et-Djérem et du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique constitue le domaine le plus méridional de la langue, s’étendant au nord de la commune de Bertoua, au sud du canton Pol dans l’arrondissement de Bélabo, ainsi qu’au cœur de l’arrondissement de Dimako. Ce dialecte se déploie le long d’un espace géographique continu, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau traditionnel englobant précisément les villages de Manssa, Mambaya, Goyoum, Kandé, Ondiki, Nguinda, Banda, Grand-Pol et Dimako-Brousse ;
- le kinda: parlé par le clan Kinda du peuple Pol au sein de la région de l’Est (département du Lom-et-Djérem). Son aire d’expression historique s’organise sur les plaines forestières et les plateaux qui dessinent la partie septentrionale du pays pol, s’étendant de manière prépondérante dans la portion nord de l’arrondissement de Bélabo. Ce dialecte se déploie le long de reliefs de transition et de vallées cultivées, où son usage s’articule de façon unie autour d’un réseau restreint de concessions rurales englobant précisément les villages historiques de Bélabo-Kinda, Deng-Deng, Mélèn, Koumé et Sakit ;
– le kwakum [463] : est la langue du peuple Kwakum, une communauté d’agriculteurs sédentaires traditionnellement établie au sein des denses massifs forestiers et des plaines de contact écologique de la région de l’Est au Cameroun. Son implantation historique s’organise de manière compacte au sein des arrondissements de Dimako et de Doumé dans le département du Haut-Nyong, tout en s’étendant à travers des poches limitrophes de l’arrondissement de Bélabo dans le département de la Lom-et-Djérem. Sur le terrain, l’usage de la langue présente une configuration géographiquement structurée et s’articule à travers un réseau de concessions et de chefferies traditionnelles réparties en quatre dialectes interconnectés :
- le kwakum (proprement dit) : parlé par le clan Kwakum de la zone forestière au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique s’organise le long de l’axe routier central et à l’intérieur des terres forestières de l’arrondissement de Doumé. Ce dialecte se déploie de façon unie autour d’un réseau de concessions rurales englobant précisément les villages de référence de Sibita, Ngon, Mendim et Doumé-Station ;
- le til : parlé par le clan Til au sein de la région de l’Est (département du Haut-Nyong). Son aire d’expression historique occupe les axes oriental et septentrional (l’est et le nord) de l’arrondissement de Dimako. Ce dialecte s’étend à l’intérieur des terres en zone de contact direct avec les communautés Pol, s’articulant de façon unie autour des villages traditionnels de Baktala, Longtimbi, Dongé et Mbangé ;
- le baki : parlé par le clan Baki au sein de la région de l’Est (département de la Lom-et-Djérem). Son aire d’expression historique s’organise le long de l’axe ferroviaire et de la route reliant le nord de Bertoua au sein de l’arrondissement de Bélabo. Son usage s’articule à travers un réseau d’habitations et de concessions de l’arrière-pays englobant précisément les localités de Deng-Deng, Goyoum et Saturne ;
- le beten : parlé par le clan Beten au sein de la région de l’Est (département de la Lom-et-Djérem). Son aire d’expression historique se déploie au cœur d’une zone de transition écologique et de contact migratoire située dans l’arrondissement de Bélabo. Ce dialecte s’exprime de façon unie le long des habitations traditionnelles du village de Mansa ainsi que de ses campements forestiers rattachés.
- La macro-famille INDO-EUROPÉENNE
Ce tronc linguistique, introduit de manière moderne sur le territoire national à travers les dynamiques coloniales, commerciales et administratives, cohabite avec les grands phylums autochtones du Cameroun. Bien que ses langues officielles de référence (le français et l’anglais standard) soient régies par des normes institutionnelles exogènes, sa présence a généré de profondes restructurations linguistiques au contact des réalités locales. Cette dynamique a donné naissance à des parlers véhiculaires hybrides, adoptés à grande échelle par les populations locales comme de véritables langues maternelles ou d’échanges interethniques. Au Cameroun, ce groupe est représenté par une variante nationale majeure :
– le pidgin-english [004] : est la grande langue véhiculaire transrégionale de la partie occidentale du Cameroun, dont l’usage s’articule de façon dynamique à travers un vaste espace de contact interethnique. Son aire d’expression historique déborde largement les frontières administratives des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (où l’anglais standard est la langue officielle de l’administration et de l’enseignement), pour englober et innerver de manière dense les réseaux économiques et les places de marché des régions de l’Ouest et du Littoral, historiquement ancrées dans la mouvance du français. Sur le terrain, l’usage de cette langue présente une configuration géographiquement mobile et s’articule à travers un réseau de communication unifié au sein de tous les grands centres urbains du pays, se concentrant de manière prépondérante le long des concessions, des quartiers populaires et des pôles commerciaux où sont installées de fortes communautés originaires du Grand Ouest.
Références bibliographiques
BINAM BIKOI Charles, Atlas linguistique du Cameroun, Cerdotola, 2012.
BINAM BIKOI Charles, Cartographie administrative des langues du Cameroun, Cerdotola, 2012.
