La classification et localisation des langues du Cameroun : Le guide ultime du cours de Langues Nationales

Ce document offre une cartographie administrative rigoureuse des langues du Cameroun. Conçu pour les élèves du secondaire, les étudiants en LCC et les enseignants de LCN, ce cours complet permet de localiser scientifiquement chaque langue, dialecte et parler au sein du territoire camerounais.

 

Introduction générale

Le Cameroun est fréquemment qualifié d’« Afrique en miniature », non seulement pour la diversité de ses écosystèmes, mais surtout pour sa richesse culturelle et linguistique exceptionnelle. Avec plus de 250 langues nationales vivantes réparties sur l’ensemble de son triangle national, le pays se dresse comme l’un des laboratoires linguistiques les plus denses. Loin d’être une barrière, cette mosaïque constitue le socle de l’identité camerounaise et un patrimoine précieux qu’il convient d’étudier avec la plus grande rigueur scientifique.

Pour structurer et comprendre cette extraordinaire diversité, les chercheurs et linguistes regroupent ces langues au sein de grands ensembles appelés phylums, qui se subdivisent ensuite en sous-phylums, familles, branches et langues. À leur tour, ces langues se fragmentent en dialectes, eux-mêmes composés de parlers locaux distincts. Ce sont ces parlers qui traduisent les subtilités d’un village ou d’un groupement à un autre. Des rives du Lac Tchad aux denses forêts de l’Est et du Sud, en passant par les savanes de l’Adamaoua et les montagnes de l’Ouest et du Nord-Ouest, chaque communauté a ainsi développé ses propres micro-variations de communication, profondément ancrées dans leur histoire et leur territoire administrativement découpé en arrondissements et départements.

Ce document s’impose comme un guide de référence et un support de cours complet de Langues Nationales (LN). Il est spécialement calibré pour répondre aux besoins de trois publics essentiels :

Les élèves du secondaire : pour les accompagner efficacement dans la localisation géographique des langues, des dialectes et des parlers, l’association des phylums majeurs à leurs langues nationales, ainsi que l’identification, l’orthographe et la cartographie scientifique de leur propre langue nationale, de son dialecte d’origine et de son parler local au sein de son arrondissement ;

Les étudiants de Langues et Cultures Camerounaises (LCC) : pour leur offrir un outil de recherche universitaire précis, documenté et conforme aux réalités du terrain ;

Les enseignants de Langues et Cultures Nationales (LCN) : pour leur servir de manuel pédagogique d’appui, structuré et fiable pour la conduite de leurs leçons.

 

À travers une cartographie administrative chirurgicale, nous explorerons la localisation exacte de chaque langue nationale, de chaque dialecte et de chaque parler, afin d’offrir une perspective claire, moderne et exhaustive de l’espace linguistique camerounais.

 

Présentation

Les langues au Cameroun sont classées en phylums de langues. Un phylum de langues est un grand ensemble de langues ayant des similitudes qui indiquent une langue ancestrale d’origine commune. Chaque phylum est constitué de familles de langues.

Une famille de langues est un ensemble de langues apparentées qui ont évolué par transmission de génération en génération de locuteurs à partir d’une langue ancestrale commune.

La classification des langues peut s’étendre sur dix niveaux hiérarchiques distincts, à savoir :

1. le phylum de langue

2. le sous-phylum de langue

3. la famille de langue

4. la sous-famille de langue

5. la branche de langues

6. la sous-branche de langues

7. le groupe de langues

8. la langue

9. le dialecte

10. le parler

 

Exemple d’application : La classification du mugum

Le mugum, parlé dans la région de l’Ouest du Cameroun, s’analyse ainsi à travers la pyramide linguistique : c’est (10) un parler du (9) dialecte ngémba (ou ghomala’-ouest), appartenant à (8) la langue ghomala’, au sein du (7) groupe Bamiléké-Central, issu de (6) la sous-branche Grassfield-Est, dépendante de (5) la branche Grassfield, de (4) la sous-famille Bantou, de (3) la famille Bantoïde, du (2) sous-phylum Bénoué-Congo, le tout englobé dans le (1) phylum Niger-Kordofan.

 

Ainsi, la fiche d’identification technique du mugum se décline de la manière suivante :

Niveau Unité Linguistique Appellation Officielle
1 Phylum Niger-kordofan
2 Sous-phylum Benoué-congo
3 Famille Bantoïde
4 Sous-famille Bantou
5 Branche Grassfield
6 Sous-branche Grassfield-Est
7 Groupe Bamiléké-Central
8 Langue Ghomala’
9 Dialecte Ngémba ou Ghomala’-Ouest
10 Parler Mugum

 

La classification des langues du Cameroun

 Il existe au Cameroun trois phylums de langues: NILO-SAHARIEN, AFRO-ASIATIQUE et NIGER-KORDOFAN

 

I. Le phylum NILO-SAHARIEN

Le phylum NILO-SAHARIEN a deux sous-phylums de langues: SAHARIEN et CHARI-NIL.

 

A. Le sous-phylum SAHARIEN

Il possède une unique langue :

– le kanuri : présente dans deux régions du Cameroun:

      ♦ dans la région de l’Extrême-Nord, il est parlé dans les arrondissements de Mora et de Kolofata (département du Mayo-Sava), de Maroua et de Bogo (département du Diamaré), de Waza (département du Logone-et-Chari), ainsi que de Mindif et de Guidigis (département du Mayo-Kani) ;

    ♦ dans la région du Nord, il est parlé dans l’arrondissement de Figuil (département du Mayo-Louti).

 

B. Le sous-phylum CHARI-NIL

Il possède également une unique langue :

– le sara : présent dans la région du Nord, il est parlé dans les arrondissements de Figuil (département du Mayo-Louti), de Garoua (département de la Bénoué), ainsi que de Rey-Bouba, de Tcholliré et de Touboro (département du Mayo-Rey).

 

II. Le phylum AFRO-ASIATIQUE

Il se compose également de deux sous-phylums de langues: le SÉMITIQUE et le TCHADIQUE.

 

A. Le sous-phylum de langues SÉMITIQUE

Il possède une unique langue :

-l’arabe : présent dans la région de l’Extrême-Nord, il est parlé dans les arrondissements de Maroua (département du Diamaré) et de Blangoua (département du Logone-et-Chari).

 

B. Le sous-phylum de langues TCHADIQUE

Il regroupe trois familles de langues: TCHADIQUE-OUEST, TCHADIQUE-CENTRE et TCHADIQUE-SUD.

 

1. La famille de langues TCHADIQUE-OUEST

On y retrouve une unique langue :

– le hausa : elle est parlée dans les arrondissements de Guider (département du Mayo-Louti) et de Garoua (département de la Bénoué) dans la région du Nord.

 

2. La famille de langues TCHADIQUE-CENTRE

Elle est constituée de deux sous-familles de langues: TCHADIQUE-CENTRE-OUEST, TCHADIQUE-CENTRE-EST.

 

2.1. La sous-famille de langues TCHADIQUE-CENTRE-OUEST

On y trouve trois branches de langues: MARGI-GBWATA, DABA et MAFA-WANDALA.

 

2.1.1. La branche de langues MARGI-GBWATA

Elle regroupe deux sous-branches de langues: MARGI et GBWATA.

 

2.1.1.1. La sous-branche de langues MARGI

Elle est présente dans la région de l’Extrême-Nord, spécifiquement dans le département du Mayo-Tsanaga. Elle compte trois langues:

– le psikyá, parlé dans les arrondissements de Mokolo et de Mogodé ;

– le hya parlé dans l’arrondissement de Mogodé ;

– le bana parlé dans l’arrondissement de Bourha.

 

2.1.1.2. La sous-branche de langues GBWATA

Elle a trois groupes de langues: GBWATA-NORD, GBWATA-CENTRE et GBWATA-SUD.

 

2.1.1.2.a. Le groupe de langues GBWATA-NORD

Présent dans les régions de l’Extrême-Nord et du Nord, il comprend cinq langues:

– le jimjimén parlé dans l’arrondissement de Bourha (département du Mayo-Tsanaga), région de l’Extrême-Nord ;

– le zizilivékén parlé dans l’arrondissement de Bourha (département du Mayo-Tsanaga), région de l’Extrême-Nord ;

– le gude parlé dans l’arrondissement de Bourha (département du Mayo-Tsanaga), région de l’Extrême-Nord et dans l’arrondissement de Mayo-Oulo, région du Nord ;

– le sharwa parlé dans l’arrondissement de Bourha (département du Mayo-Tsanaga), région de l’Extrême-Nord et dans l’arrondissement de Mayo-Oulo (département du Mayo-Louti), région du Nord ;

– le tsuvan parlé dans l’arrondissement de Bourha (département du Mayo-Tsanaga), région de l’Extrême-Nord et dans l’arrondissement de Mayo-Oulo département du Mayo-Louti, région du Nord.

 

2.1.1.2.b. Le groupe de langues GBWATA-CENTRE

Il possède une unique langue :

– le njanyi : elle est présente dans l’arrondissement de Mayo-Oulo (département du Mayo-Louti), ainsi que dans ceux de Dembo et de Baschéo (département de la Bénoué) dans la région du Nord.

 

2.1.1.2.c. Le groupe de langues GBWATA-SUD

Il possède une unique langue :

– le gbwata (proprement dit) : présente dans la région du Nord, elle se segmente en trois dialectes :

      • le demsa : parlé dans les arrondissements de Demsa et de Baschéo (département de la Bénoué) ;

          • le kokoumi : parlé dans l’arrondissement de Garoua (département de la Bénoué) ;

          • le jelepo : parlé dans l’arrondissement de Béka (département du Faro).

 

2.1.2. La branche de langues DABA

Elle se divise quant à elle en deux groupes : le DABA-NORD et le DABA-SUD.

 

2.1.2.a. Le groupe de langues DABA-NORD

Il possède une unique langue :

– le buwal-gavar : parlée dans l’arrondissement de Mokolo (département du Mayo-Tsanaga), au sein de la région de l’Extrême-Nord.

 

2.1.2.b. Le groupe de langues DABA-SUD

Il comprend trois langues :

– le besleri : parlé dans l’arrondissement de Hina (département du Mayo-Tsanaga, région de l’Extrême-Nord) ;

– le daba (proprement dit) : présent dans deux régions. Il est parlé dans les arrondissements de Mayo-Oulo (département du Mayo-Louti, région du Nord), de Bourha et de Hina (département du Mayo-Tsanaga, région de l’Extrême-Nord), ainsi que dans l’arrondissement de Ndoukoula (département du Diamaré, région de l’Extrême-Nord) ;

– le mazagway : également présent dans deux régions. Il est parlé dans l’arrondissement de Guider (département du Mayo-Louti, région du Nord) et dans l’arrondissement de Hina (département du Mayo-Tsanaga, région de l’Extrême-Nord).

 

2.1.3. La branche de langues MAFA-WANDALA

Présente dans la région de l’Extrême-Nord, elle se divise en deux sous-branches : WANDALA et MAFA.

 

2.1.3.1. La sous-branche WANDALA

Elle comprend trois groupes de langues : WANDALA-EST, WANDALA-OUEST et WANDALA-CENTRE.

 

2.1.3.1.a. Le groupe de langues WANDALA-EST

Localisé dans le département du Mayo-Sava, comprend deux langues :

– le gélebda : parlé dans l’arrondissement de Mayo-Moskota ;

– le wandala (proprement dit) : présent dans l’arrondissement de Mora, il se divise en deux dialectes :

    • le mura à Mora ;

    • le malgwa à Kolofata.

 

2.1.3.1.b. Le groupe de langues WANDALA-OUEST

Localisé dans l’arrondissement de Mokolo (département du Mayo-Tsanaga), regroupe trois langues :

– le gévoko ;

– le hdi ;

– le mabas.

 

2.1.3.1.c. Le groupe de langues WANDALA-CENTRE

Il possède une unique langue :

– le parékwa : parlé dans l’arrondissement de Mora (département du Mayo-Sava).

 

2.1.3.2. La sous-branche de langues MAFA

Elle comprend également trois groupes de langues : MAFA-NORD-OUEST, MAFA-NORD-EST et MAFA-SUD.

 

2.1.3.2.a. Le groupe de langues MAFA-NORD-OUEST

Il possède une unique langue :

– le matal : parlé dans l’arrondissement de Mora (département du Mayo-Sava, région de l’Extrême-Nord).

 

2.1.3.2.b. Le groupe de langues MAFA-NORD-EST

Présent dans la région de l’Extrême-Nord, il comprend deux langues :

– le mbuko : parlé dans l’arrondissement de Méri (département du Diamaré) ;

– le pélasla : parlé dans l’arrondissement de Tokombéré (département du Mayo-Sava). Il possède quatre dialectes également présents dans l’arrondissement de Mora (département du Mayo-Sava) :

      • le démwa ;

      • le ndreme ;

      • le mbérem ;

      • le hurza.

 

2.1.3.2.c. Le groupe de langues MAFA-SUD

Situé dans la région de l’Extrême-Nord, il comprend quinze langues :

– le wuzlam : parlé dans l’arrondissement de Tokombéré (département du Mayo-Sava) ;

– le muyang : parlé dans l’arrondissement de Tokombéré ;

– le mada : parlé dans l’arrondissement de Tokombéré ;

– le mélokwo : parlé dans l’arrondissement de Tokombéré ;

– le gemzek : parlé dans l’arrondissement de Tokombéré ;

– le dugwor : parlé dans l’arrondissement de Tokombéré ;

– le zélgwa-minew : parlé dans les arrondissements de Tokombéré (Mayo-Sava) et de Koza (département du Mayo-Tsanaga) ;

– le merey : parlé dans l’arrondissement de Tokombéré (département du Mayo-Sava) ;

– le giziga : il se divise en deux grands dialectes :

      • le giziga-nord : parlé dans l’arrondissement de Méri (département du Diamaré) ;

   • le giziga-sud : parlé dans les arrondissements de Maroua et de Mindif (département du Diamaré), ainsi que de Kaélé et de Moutourwa (département du Mayo-Kani).

– le mofu-duvangar : parlé dans l’arrondissement de Méri (département du Diamaré) ;

– le mofu-gudur : parlé dans les arrondissements de Mokolo et de Bourha-Gawaza (département du Mayo-Tsanaga) ;

– le tchuvok : parlé dans l’arrondissement de Mokolo (département du Mayo-Tsanaga) ;

– le mefele : parlé dans l’arrondissement de Mokolo ;

– le mafa : localisé dans le département du Mayo-Tsanaga, il se fragmente en trois dialectes majeurs :

         • le mafa-centre (ou le mokolo) : dans les arrondissements de Koza et de Mokolo ;

         • le mafa-ouest (ou le magoumaz) : dans l’arrondissement de Mokolo ;

         • le mafa-est (ou le soulédé) : dans l’arrondissement de Soulédé-Roua.

– le baldamu : considéré comme une langue en voie d’extinction critique, il est historiquement localisé dans l’arrondissement de Bogo et s’observe aujourd’hui vers celui de Maroua (département du Diamaré).

 

2.2. La sous-famille de langues TCHADIQUE-CENTRE-EST

Présente dans la région de l’Extrême-Nord, se divise en cinq branches : YEDINA, MANDAGE, MIDA’A, MUNJUK et KADA.

 

2.2.1. La branche de langues YEDINA

Elle possède une unique langue :

– le yedina : parlé dans les îles du Lac Tchad, dont la majorité des locuteurs se trouve au Tchad.

 

2.2.2. La branche de langues MANDAGE

Située dans le département du Logone-et-Chari, elle comprend deux groupes : MANDAGE-NORD et MANDAGE-SUD.

 

2.2.2.a. Le groupe de langues MANDAGE-NORD

Il regroupe quatre langues dans le département du Logone-et-Chari, région de l’Extrême-Nord :

le mpadé : parlé dans les arrondissements de Makari, de Fotokol, d’Hilé-Alifa et de Goulfey;

le malgbe : parlé dans l’arrondissement de Goulfey ;

le maslam : parlé dans les arrondissements de Makari, de Goulfey et de Kousséri ;

l’afadé : parlé dans l’arrondissement de Makari.

 

2.2.2.b. Le groupe de langues MANDAGE-SUD

Il compte deux langues dans le département du Logone-et-Chari, région de l’Extrême-Nord :

le msér : parlé dans les arrondissements de Kousséri et de Logone-Birni ;

le lagwan : parlé dans l’arrondissement de Logone-Birni.

 

2.2.3. La branche de langues MIDA’A

Localisée dans le département du Logone-et-Chari (région de l’Extrême-Nord), comprend deux langues :

le jina : parlé dans les arrondissements de Logone-Birni et de Zina ;

le majéra : parlé dans l’arrondissement de Zina.

 

2.2.4. La branche de langues MUNJUK

Il compte une unique langue :

– le munjuk : parlé dans le département du Mayo-Danay (région de l’Extrême-Nord). Il se structure en deux dialectes :

         • le beege : parlé dans l’arrondissement de Kaï-Kaï (département du Mayo-Danay) ;

      • le mpus : parlé dans les arrondissements de Maga et de Yagoua (département du Mayo-Danay), de Zina (département du Logone-et-Chari) et de Bogo (département du Diamaré).

 

2.2.5. La branche de langues KADA

Elle possède une unique langue :

– le guidar : parlé dans l’arrondissement de Kaélé (département du Mayo-Kani, région de l’Extrême-Nord), ainsi que dans les arrondissements de Guider et de Figuil (département du Mayo-Louti, région du Nord).

 

3. La famille de langues TCHADIQUE-SUD

Elle comprend la branche MASANA qui est présente dans la région de l’Extrême-Nord. Elle se divise en deux groupes : MASANA-NORD et MASANA-SUD.

 

3.a. Le groupe de langues MASANA-NORD

Présent dans la région de l’Extrême-Nord, il comprend deux langues :

le masana (proprement dit) : parlé dans les arrondissements de Yagoua, de Kalfou, de Wina, de Vélé et de Guéré (département du Mayo-Danay). Il se segmente en trois dialectes :

      • le masana-centre : situé dans l’arrondissement de Yagoua, il regroupe quatre parlers :

                o yagwa ;

                o domo ;

                o walya ;

                o bugudum.

      • le masana-ouest : il comprend deux parlers :

                o gizay (arrondissement de Guéré) ;

                o viri (arrondissement de Wina) ;

      • le muzuk : parlé dans l’arrondissement de Guidigis (département du Mayo-Kani).

le museyna : parlé dans les arrondissements de Guéré et de Gobo (département du Mayo-Danay).

 

3.b. Le groupe de langues MASANA-SUD

Localisé dans la région du Nord, il comprend une unique langue :

– le zime : il se structure en trois dialectes :

      • le peve : parlé dans l’arrondissement de Bibémi (département de la Bénoué) et de Rey-Bouba (département du Mayo-Rey) ;

      • le taari : parlé dans l’arrondissement de Rey-Bouba (département du Mayo-Rey).

      • le lame : parlé également dans l’arrondissement de Rey-Bouba (département du Mayo-Rey).

 

4. La famille de langues TCHADIQUE-EST

Il comprend la branche de langues KWANG, dotée d’une unique langue :

-le kera : parlé dans l’arrondissement de Wina (département du Mayo-Danay, région de l’Extrême-Nord).

 

III. Le phylum NIGER-KORDOFAN

Il se divise en trois sous-phylums : OUEST-ATLANTIQUE, ADAMAWA-OUBANGUIEN et BENOUÉ-CONGO.

 

A. Le sous-phylum de langues OUEST-ATLANTIQUE

Il possède une unique langue :

– le fulfulde : se décline en trois dialectes :

      • le fulfulde fuunaangere (« peul de l’Est » ou peul de Maroua) : parlé dans la région de l’Extrême-Nord au sein des arrondissements de Maroua, de Bogo, de Petté, de Mindif et de Moulvoudaye (département du Diamaré), de Gawar et de Mokolo (département du Mayo-Tsanaga), de Yagoua et de Kalfou (département du Mayo-Danay), ainsi que de Guidigis et de Kaélé (département du Mayo-Kani) ;

      • le fulfulde hiirnangere (« peul de l’Ouest » ou peul de Garoua) : parlé dans la région du Nord au sein des arrondissements de Garoua, de Pitoa, de Bibémi, de Ngong (Tchéboa), de Lagdo et de Dembo (département de la Bénoué), de Figuil (département du Mayo-Louti), de Rey-Bouba (département du Mayo-Rey) et de Béka (département du Faro) ;

      • le fulfulde hooseore (« peul de la montagne ») : parlé dans la région de l’Adamoua au sein des arrondissements de Galim-Tignère et de Tignère (département du Faro-et-Déo), de Ngaoundéré (département de la Vina), de Meiganga, de Djohong et de Dir (département du Mbéré), de Tibati (département du Djerem), ainsi que de Banyo et de Bankim (département du Mayo-Banyo).

 

B. Le sous-phylum de langues ADAMAWA-OUBANGUIEN

Il s’articule autour de deux grandes familles de langues : ADAMAWA et OUBANGUIEN.

 

1. La famille de langues ADAMAWA

Elle comprend quatre sous-familles de langues : SAMBA, KOBO-DII, MBUM et FALI.

 

1.1. La sous-famille de langues SAMBA

Elle possède une unique langue :

– le samba (proprement dit) : qui se divise en deux dialectes :

   • le samba-leeko : parlé dans l’arrondissement de Béka (département du Faro, région du Nord) ;

  • le daganyonga : parlé dans les arrondissements de Balikumbat (département de la Ngo-Ketunjia) et de Santa (département de la Mezam), dans la région du Nord-Ouest.

 

1.2. La sous-famille de langues KOBO-DII

Elle se scinde en deux groupes : KOBO-DII-NORD et KOBO-DII-SUD.

 

1.2.a. Le groupe de langues KOBO-DII-NORD

Présent dans la région du Nord, il comprend cinq langues :

– le kobo (proprement dit) :parlé dans l’arrondissement de Béka (département du Faro) ;

– le koma-ndera : parlé également dans l’arrondissement de Béka (département du Faro) ;

– le kompana : parlé pareillement dans l’arrondissement de Béka (département du Faro) ;

– le longto : parlé dans l’arrondissement de Poli (département du Faro) ;

– le doayo : il se décline en deux dialectes :

      • le taara (arrondissement de Poli, département du Faro) ;

      • le marka (arrondissement de Tchéboa, département de la Bénoué).

 

1.2.b. Le groupe de langues KOBO-DII-SUD

Présent dans la région de l’Adamaoua, il comprend une unique langue :

– le peere : principalement identifié dans l’arrondissement de Tignère (département du Faro-et-Déo), il présente trois dialectes :

      • le pɛɛre muure (arrondissement de Mayo-Baléo, département du Faro-et-Déo) ;

      • le zongbi (arrondissement de Ngaoundéré, département de la Vina) ;

      • le dan muure (arrondissement de Banyo, département du Mayo-Banyo).

 

1.3. La sous-famille de langues MBUM

Elle se compose de deux groupes : MBUM-NORD et MBUM-SUD.

 

1.3.a. Le groupe de langues MBUM-NORD

Il regroupe trois langues :

– le tupuri : parlé massivement dans le département du Mayo-Kani (arrondissements de Kaélé, de Moulvoudaye, de Dziguilao, de Guidigis, de Kar-Hay, de Datcheka et de Tchatibali), dans le département du Diamaré (arrondissement de Kalfou) pour l’Extrême-Nord, ainsi que dans l’arrondissement de Béka (département du Faro) dans la région du Nord ;

– le mundang : parlé dans les arrondissements de Mindif (département du Diamaré), de Moulvoudaye et de Kaélé (département du Mayo-Kani) pour la région de l’Extrême-Nord, ainsi que dans l’arrondissement de Bibémi (département de la Bénoué, région du Nord) ;

– le mambay : parlé dans les arrondissements de Bibémi (département de la Bénoué) et de Figuil (département du Mayo-Louti), dans la région du Nord.

 

1.3.b. Le groupe de langues MBUM-SUD

Il comprend quatre langues :

– le mbum (proprement dit) : partagé entre la région de l’Adamaoua (arrondissements de Ngaoundéré et de Mbé dans la Vina, de Ngaoundal et de Tibati dans le Djerem, de Tignère dans le Faro-et-Déo) et la région du Nord (arrondissements de Touboro dans le Mayo-Rey et de Poli dans le Faro) ;

– le pana : parlé dans l’arrondissement de Touboro (département du Mayo-Rey, région du Nord) ;

– le kali-dek : parlé dans les arrondissements de Belel et de Ngaoundéré (département de la Vina, région de l’Adamaoua) ;

– le gbete : parlé dans l’arrondissement de Bélabo (département de la Lom-et-Djérem, région de l’Est).

 

1.4. La sous-famille de langues FALI

Il comprend deux groupes distincts : FALI-NORD et FALI-SUD.

 

1.4.a. Le groupe de langues FALI-NORD

Il possède une unique langue :

– le fali-nord (ou le fali-bossoum: présent dans la région du Nord, il est parlée dans les arrondissements de Mayo-Oulo, de Guider (département du Mayo-Louti) et de Dembo (département de la Bénoué). Il compte six dialectes :

      • le buyum (Mayo-Oulo) ;

      • le raan (Mayo-Oulo) ;

      • le batum (Mayo-Oulo) ;

      • le reusi (Mayo-Oulo) ;

      • le bésum (Mayo-Oulo) ;

      • le bvéri (partagé entre Mayo-Oulo et Guider).

 

1.4.b. Le groupe de langues FALI-SUD

Il possède également une unique langue :

– le fali-sud (proprement dit) : parlé au sein de la région du Nord. II se subdivise en trois dialectes :

           • le kaang (arrondissement de Pitoa, département de la Bénoué) ;

      • le fali-tinguelin (arrondissement de Pitoa, département de la Bénoué) qui intègre trois parlers :

                o ram (localité de Tsolaram) ;

                o toro (Hosséré Toro) ;

                o mango (Noudja) ;

      • le fali-bélé (arrondissement de Dembo, département de la Bénoué) qui regroupe deux parlers :

                o gbélé ;

                o puuri.

 

2. La famille de langues OUBANGUIENNE

Elle comprend une unique sous-famille de langues, l’OUEST-OUBANGUIEN, qui est constituée de trois langues :

– le gbaya : doté d’une très vaste aire géographique, il est parlé au sein de trois régions :

     ♦ dans la région du Nord : dans l’arrondissement de Touboro (département du Mayo-Rey) ;

    ♦ dans la région de l’Adamaoua : dans les arrondissements de Meiganga, de Djohong et de Dir (département du Mbéré), de Ngaoundal et de Tibati (département du Djerem), ainsi que de Tignère (département du Faro-et-Déo).

    ♦ dans la région de l’Est : dans les arrondissements de Garoua-Boulaï, de Bétaré-Oya et de Bertoua (département de la Lom-et-Djérem), ainsi que de Kette, de Batouri et de Ndélélé (département de la Kadey).

– le bangandu : localisé dans la région de l’Est, spécifiquement dans l’arrondissement de Moloundou (département de la Boumba-et-Ngoko).

– le baka : il s’étend sur deux régions administratives :

    ♦ dans la région de l’Est : dans les arrondissements de Ndélélé et de Gari-Gombo (département de la Kadey), de Mbang, de Moloundou et de Yokadouma (département de la Boumba-et-Ngoko), ainsi que de Dimako, de Doumé, d’Abong-Mbang, de Lomié et de Ngoyla (département du Haut-Nyong).

    ♦ dans la région du Sud : exclusivement au sein du département du Dja-et-Lobo, dans les arrondissements de Bengbis, de Meyomessala, de Sangmélima, de Djoum, d’Oveng et de Mintom.

 

C. Le sous-phylum BENOUÉ-CONGO

Ce sous-phylum se compose de quatre grandes familles de langues : JUKUNOÏDE, CROSS-RIVER, BENDI et BANTOÏDE.

 

1. La famille de langues JUKUNOÏDE

Présente dans la région du Nord-Ouest, elle comprend six langues :

– le mbembe : parlé dans l’arrondissement d’Ako (département du Donga-Mantung) ;

– le njukun : parlé dans l’arrondissement de Furu-Awa (département de la Menchum) ;

– le kutep : également parlé dans l’arrondissement de Furu-Awa (département de la Menchum) ;

– l’uhuum-gigi : parlé dans l’arrondissement de Furu-Awa (département de la Menchum) ;

– l’akum : parlé dans les arrondissements de Furu-Awa et de Wum (département de la Menchum) ;

le beezen-nsaa : parlé dans les arrondissements de Furu-Awa et de Wum (département de la Menchum).

 

2. La famille de langues CROSS-RIVER

Présente dans la région du Sud-Ouest, au sein du département du Ndian, elle regroupe deux langues :

le korop : parlé dans l’arrondissement de Mundemba ;

– l’efik : parlé dans les arrondissements de Kombo-Abedimo, d’Isangele, d’Idabato, de Kombo-Itindi, d’Ekondo-Titi et de Mundemba.

 

3. La famille de langues BENDI

Elle a une unique langue

– le boki : parlé dans l’arrondissement d’Akwaya (département de la Manyu, région du Sud-Ouest).

 

4. La famille de langues BANTOÏDE

Elle s’articule autour de deux sous-familles : MAMBILOÏDE et BANTOU.

 

4.1. La sous-famille de langues MAMBILOÏDE comprend cinq langues :

le njoyame : parlé dans les arrondissements de Mayo-Baléo et de Galim-Tignère (département du Faro-et-Déo, région de l’Adamaoua) ;

le nizaa : parlé dans les arrondissements de Tignère, de Galim-Tignère et de Banyo (région de l’Adamaoua) ;

le kwanja : parlé à Bankim et Mayo-Darlé (département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua). Il est constitué de deux dialectes :

      • le nyasunda ;

      • le nyamdung.

le mambila : partagé entre les arrondissements de Banyo et de Mayo-Darlé (département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua) et l’arrondissement de Nwa (département du Donga-Mantung, région du Nord-Ouest) ;

le vute : doté d’une très large dispersion, il est présent dans les arrondissements de Banyo (Mayo-Banyo) et de Tibati (Djerem) dans l’Adamaoua ; dans l’arrondissement de Bélabo (Lom-et-Djérem) à l’Est ; ainsi que dans la région du Centre au sein des arrondissements de Yoko, de Ngoro, de Mbangassina et de Ntui (département du Mbam-et-Kim), ainsi que de Mbandjock, de Nanga-Eboko et de Nsem (département de la Haute-Sanaga). Il compte neuf dialectes :

    • le wawa (arrondissement de Banyo, département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua) ;

    • le bamnyo (arrondissements de Tibati, département de Djerem, région de l’Adamaoua) ;

    • le nduvum (arrondissement de Tibati, département de Djerem, région de l’Adamaoua) ;

  • le kumbere (arrondissement de Tibati, département de Djerem, région de l’Adamaoua et arrondissement de Yoko, département du Mbam-et-Kim, région du Centre ;

    • le mbanjo (arrondissement de Mbandjock, département de la Haute-Sanaga, région du Centre) ;

    • le nujum (arrondissement de Yoko, département du Mbam-et-Kim, région du Centre) ;

    • le nudoo (arrondissement de Yoko, département du Mbam-et-Kim, région du Centre) ;

    • le ngoro (arrondissement de Ntui, département du Mbam-et-Kim, région du Centre) ;

  • le nugane (arrondissement de Yoko, département du Mbam-et-Kim, région du Centre et arrondissement de Bélabo, département de la Lom-et-Djérem, région de l’Est).

 

4.2. La sous-famille de langues BANTOU

Elle est représentée au Cameroun par sept branches distinctes : TIVOÏDE, EKOÏDE, NYANG, BEBOÏDE, GRASSFIELD, MBAM et ÉQUATORIAL.

 

4.2.1. La branche de langues TIVOÏDE

Elle recense treize langues :

le njwande : originellement parlé dans l’arrondissement de Banyo (département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua), certains groupes se sont installés dans les arrondissements de Tignère et de Galim-Tignère (département du Faro-et-Déo, région de l’Adamaoua) où ils ont adopté la langue mbum ;

le tiv : parlé dans l’arrondissement d’Akwaya (département de la Manyu, région du Sud-Ouest) ;

– l’iyive : (Akwaya) ;

l’itcheve : (Akwaya) ;

l’evand : (Akwaya) ;

l’ugaré : (Akwaya) ;

l’eman : (Akwaya) ;

le tchaka : (Akwaya) ;

l’assumbo : (Akwaya) ;

l’ihatum : (Akwaya) ;

l’amasi : (Akwaya) ;

l’esimbi : parlé dans les arrondissements de Wum et de Menchum Valley (département de la Menchum, région du Nord-Ouest) ;

le batomo : parlé dans l’arrondissement de Menchum Valley (département de la Menchum, région du Nord-Ouest).

 

4.2.2. La branche de langues EKOÏDE

Localisée dans la région du Sud-Ouest (département de la Manyu), elle comprend une langue :

– l’ejagham qui se divise en trois dialectes :

      • le babong-mbakem (arrondissement d’Eyumodjock) ;

      • l’ejagham-ouest (arrondissement d’Eyumodjock), avec ses deux parlers :

                o etung ;

                o ekwe ;

      • l’ejagham-est(arrondissement de Mamfe), avec également deux parlers :

                o keaka ;

                o abang.

 

4.2.3. La branche de langues NYANG

Située dans la région du Sud-Ouest (département de la Manyu), elle contient trois langues :

le denya : présent dans les arrondissements d’Akwaya et de Mamfe, il compte quatre dialectes :

      • le bitieku ;

      • le takamanda ;

      • le bajwa ;

      • le basho ;

le kendem : parlé dans les arrondissements d’Upper Bayang et de Mamfe ;

le kenyang : présent dans les arrondissements de Mamfe, d’Upper Bayang et d’Akwaya, il compte deux dialectes :

      • le bas-kenyang (à Mamfe) ;

      • le haut-kenyang (à Upper Bayang et à Akwaya).

 

4.2.4. La branche de langues BEBOÏDE

Elle s’organise en deux grands groupes dans la région du Nord-Ouest : BEBOÏDE-OUEST et BEBOÏDE-EST.

 

4.2.4.a. Le groupe de langues BEBOÏDE-OUEST

Elle comprend six langues :

le naki : parlé dans les arrondissements de Furu-Awa et de Wum (département de la Menchum) ;

le bu : parlé dans l’arrondissement de Fungom (département de la Menchum) ;

le misong : parlé dans l’arrondissement de Fungom ;

le koshin : parlé dans l’arrondissement de Fungom ;

le mungong :parlé dans l’arrondissement de Bum (département du Boyo)

le tchung : parlé dans l’arrondissement de Bum.

 

4.2.4.b. Le groupe de langues BEBOÏDE-EST

Situé dans la région du Nord-Ouest, il comprend cinq langues :

le bebe : parlé dans l’arrondissement de Misaje, département du Donga-Mantung ;

le kemezung : parlé dans l’arrondissement de Misaje ;

le ntchane  : parlé dans l’arrondissement de Misaje ;

le nsari : parlé dans l’arrondissement de Misaje ;

le noone : parlé dans les arrondissements de Noni et de Nkambe (Donga-Mantung), ainsi que de Bum (département du Boyo).

 

4.2.5. La branche de langues GRASSFIELD

Elle s’organise en sept groupes de langues : MOMO, MENCHUM, RING, NGEMBA, BAMILÉKÉ-CENTRAL, NOUN et NORD.

 

4.2.5.1. Le groupe de langues MOMO

Établi dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il comprend dix langues :

le mundani : parlé dans l’arrondissement de Wabane (département du Lebialem, région du Sud-Ouest).

le basa :parlé dans l’arrondissement de Njikwa (département de la Momo, région du Nord-Ouest)

le ngwo avec deux dialectes :

      • l’okorobi dans l’arrondissement de Njikwa (département de la Momo, région du Nord-Ouest) ;

      • le ngwo, dans l’arrondissement de Njikwa ;

le konda : présent dans l’arrondissement de Njikwa avec trois dialectes :

      • le bako ;

      • l’ikweri ;

      • le konda ;

      • le banya ;

le widikum : présent dans les arrondissements de Mbengwi, de Batibo, de Widikum et de Ngie (département de la Momo, région du Nord-Ouest), compte huit dialectes :

      • le ngishe ;

      • le meta’ ;

      • le ngie ;

      • le moghamo ;

      • l’iyirikum ;

      • le batibo ;

      • le kugwe ;

      • le besi.

le busam : parlé dans les villages Bifang, Ambambo, Dinku de l’arrondissement de Widikum (département de la Momo, région du Nord-Ouest).

le menka : parlé dans l’arrondissement de Widikum-Menka (département de la Momo, région du Nord-Ouest). Il est composé de quatre dialectes :

      • l’atong ;

      • l’akanunku ;

      • l’ekaw ;

      • l’anjing ;

– l’ambele : parlé dans l’arrondissement de Widikum-Menka (département de la Momo, région du Nord-Ouest). Il a un dialecte :

      • le bifang;

le ngamambo : divisé entre trois dialectes :

      • le mbu (arrondissement de Santa, département de la Mezam, région du Nord-Ouest) ;

      • le nja (arrondissement de Bamenda, département de la Mezam) ;

      • le ngembo (arrondissement de Mbengwi, département de la Momo, région du Nord-Ouest) ;

le njen : parlé dans l’arrondissement de Batibo (département de la Momo, région du Nord-Ouest).

 

4.2.5.2. Le groupe de langues MENCHUM

Situé dans la région du Nord-Ouest, il compte deux langues principales :

le modele : parlé dans l’arrondissement de Menchum Valley (département de la Menchum), avec ses trois dialectes :

      • l’ushe ;

      • l’ido ;

      • l’ushaku;

le befang : parlé dans les arrondissements de Menchum Valley (département de la Menchum) et de Bafut (département de la Mezam), avec ses quatre dialectes :

      • le gé ;

      • l’okomanjang ;

      • le bangwe ;

      • l’obang.

 

4.2.5.3. Le groupe de langues RING

Situé au sein de la région du Nord-Ouest, il regroupe sept langues :

– l’aghem : parlé dans les arrondissements de Wum et de Fungom (département de la Menchum), comptant sept dialectes :

      • l’aghem ;

      • le wi-isu ;

      • le kumfutu ;

      • le cha’ ;

      • le kuk ;

      • le nyos ;

      • le fungom;

le mmem : parlé dans les arrondissements de Fungom (département de la Menchum), de Njinikom et de Fundong (département du Boyo) ;

le lamnso’ : parlé dans les arrondissements de Kumbo, de Jakiri et de Mbven (département du Bui) ;

le kénswei-nsei : parlé dans l’arrondissement de Ndop (département de la Ngo-Ketunjia) ;

le bamunka : parlé également dans l’arrondissement de Ndop (département de la Ngo-Ketunjia) ;

le vengo : parlé dans l’arrondissement de Ndop (département de la Ngo-Ketunjia) ;

le wushi : parlé dans l’arrondissement de Babessi (département de la Ngo-Ketunjia).

 

4.2.5.4. Le groupe de langues NGEMBA

Parlé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il compte sept langues :

le bafut : il comprend deux dialectes :

      • le bufe (arrondissement de Bafut, département de la Mezam) ;

      • le beba’  partagé entre les arrondissements de Menchum Valley (département de la Menchum, de la région du Nord-Ouest) et d’Akwaya (département de la Manyu, région du Sud-Ouest) ;

le mundum : présent dans les arrondissements de Bafut (département de la Mezam) et de Mbengwi (département de la Momo), avec ses deux dialectes :

      • l’anyang ;

      • le mberewi.

le mankon : identifié dans les arrondissements de Bafut et de Bamenda (département de la Mezam), il compte six dialectes :

      • le mangkunge ;

      • le songwa ;

      • le shomba ;

      • le mbutu ;

      • le bagangu ;

      • le njong.

le bambili : parlé dans l’arrondissement de Tubah (département de la Mezam), avec ses deux dialectes :

      • le mbui ;

      • le mbili.

le nkwèn-mendankwe : parlé dans l’arrondissement de Bamenda (département de la Mezam), avec ses deux dialectes :

      • le nkwèn ;

      • le mendankwe.

le pinyin : parlé dans l’arrondissement de Santa (département de la Mezam), il a un dialecte :

      •  l’alatining.

l’awing : parlé dans les arrondissements de Santa et de Bamenda (département de la Mezam), avec deux dialectes :

      • le mbwé’wi ;

      • le bamukumbit.

 

4.2.5.5. Le groupe de langues BAMILÉKÉ-CENTRAL

Il couvre la région de l’Ouest, avec de légères ramifications dans le Littoral (Nkam) et le Sud-Ouest (Lebialem). Il compte dix langues :

le kwa’ : avec deux dialectes :

      • le mbiam (arrondissement de Bazou, département du Ndé, région de l’Ouest) ;

      • le kwa’ (arrondissement du Nord-Makombé, département du Nkam, région du Littoral) ;

le nwe : parlé dans les arrondissements de Fontem, d’Alou et de Wabane (département du Lebialem, région du Sud-Ouest).

le ghomala’ : emblématique de la région de l’Ouest, il s’articule autour de quatre grands blocs dialectaux :

      • le ghomala’-ouest (ou le ngemba) avec cinq parlers :

                o fú’da de Bafounda (arrondissement de Mbouda, département des Bamboutos) ;

                o sa (arrondissement de Penka-Michel, département de Koung-Khi) ;

                o monjo (arrondissement de Bamendjou, département des Hauts-Plateaux) ;

                o meka de Bameka (arrondissement de Bamendjou) ;

                o mugum (arrondissement de Bafoussam III, département de la Mifi) ;

      • le ghomala’-nord avec deux parlers :

                o fu’sap (arrondissement de Bafoussam I) ;

                o lang (arrondissement de Bafoussam II) dans le département de la Mifi ;

      • le ghomala’-central avec quatre parlers :

                o jo (arrondissement de Poumougne, département du Koung-Khi et arrondissement de Bamendjou, département des Hauts-Plateaux) ;

                o yogam (arrondissement Bayangam, département du Koung-Khi) ;

                o de Bahouan (arrondissement de Bamendjou, département des Hauts-Plateaux) ;

                o hom (arrondissement de Baham, département des Hauts-Plateaux) ;

      • le ghomala’-sud avec trois parlers :

                o tè’ (arrondissement de Batié, département des Hauts-Plateaux) ;

                o pa à Bapa (arrondissement de Bangou, département du Ndé) ;

                o denkwop à Badenkop (arrondissement de Bangou, département du Ndé ;

le fe’efe’e : parlé dans le département du Haut-Nkam (région de l’Ouest), il comprend deux dialectes :

      • le fe’efe’e-central avec quatre parlers :

                o njee-poantu (à cheval entre l’arrondissement de Bandja et l’arrondissement de Bafang dans le groupement traditionnel de Babouantou) ;

                o fa’ (arrondissement de Bafang) ;

                o nka’ (arrondissement de Banka) ;

                o nee (arrondissement de Bana) ;

      • le fe’efe’e-nord présent dans l’arrondissement de Bandja avec quatre parlers :

                o tugni de Fotouni ;

                o la’fi de Balafi ;

                o mkwet de Fondjomekwet ;

                o nti de Fondani ;

le nda’ nda’ : localisé à l’Ouest, il compte trois dialectes :

      • le nda’ nda’-ouest  avec trois parlers :

                o tcha’ de Batcha dans l’arrondissement de Bana, département du Haut-Nkam ;

                o nyep de Bangou dans l’arrondissement Bangangté, département du Ndé ;

                o shingu de Batchingou (arrondissement Bangangté) ;

      • le nda’ nda’-est avec ses trois parlers :

                o ngwe de Bangoua dans l’arrondissement de Bangangté, département du Ndé ;

                o dengfap à Bangang-Takam dans l’arrondissement Bangangté, département du Ndé et à Bandrefam dans l’arrondissement de Bayangam, département du Koung-Khi ;

                o twefap de Batoufam (arrondissement de Bayangam) ;

      • le nda’ nda’-sud est localisé dans le département du Ndé avec ses troisparlers :

                o mena de Bamena dans l’arrondissement de Bangangté ;

                o lek de Balengou dans l’arrondissement de Bazou ;

                o zua de Bazou dans l’arrondissement de Bazou ;

le ngombale : est localisé dans le département des Bamboutos avec trois dialectes :

      • le penyu dans l’arrondissement de Babadjou ;

      • le babadjou dans l’arrondissement de Babadjou ;

    •  le bamessingue à cheval entre les arrondissements de Babadjou et de Mbouda dans le département des Bamboutos ;

le mengaka : parlé à Galim, à Bagam et à Bamendjing dans l’arrondissement de Galim, département des Bamboutos ;

le ngomba : localisé dans l’arrondissement de Mbouda, département des Bamboutos, il est subdivisé en trois dialectes :

      • le bamesso ;

      • le bamendjinda ;

      • le bamete ;

le ngyemboon : réparti à l’Ouest, il a cinq dialectes :

      • le balessing dans l’arrondissement de Penka-Michel, département de la Menoua ;

   • le balatchi dans les arrondissements de Penka-Michel, département de la Menoua et de Babadjou, département des Bamboutos ;

      •  le bamougong à l’est de l’arrondissement de Batcham dans le département des Bamboutos ;

      •  le bangang à l’ouest de l’arrondissement de Batcham ;

      •  le batcham au centre de l’arrondissement de Batcham ;

le yemba : pilier du département de la Menoua (région de l’Ouest), il présente cinq dialectes :

      • le yemba-est dans l’arrondissement de Nkong-Ni ;

      • le yemba-central dans les arrondissements de Dschang et de Fongo-Tongo ;

      • le yemba-ouest à Fondomera, à Fompap dans l’arrondissement de Santchou et à Fontsa-Toula dans l’arrondissement de Fokoué ;

      • le yemba-sud à Fomopea dans l’arrondissement de Fokoué ;

      • le yemba-sud-est à Baloum dans l’arrondissement de Penka-Michel.

 

4.2.5.6. Le groupe de langues NOUN

Ce groupe s’étend sur les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. Il comprend huit langues :

le mengambo : parlé dans la localité de Bamenyam au sein de l’arrondissement de Galim (département des Bamboutos, région de l’Ouest) ;

le medumba : parlé dans les arrondissements de Bangangté, de Bassamba et de Tonga (département du Ndé, région de l’Ouest) ;

le shupamem : parlé dans l’ensemble du département du Noun (région de l’Ouest). Il possède un dialecte :

      • le pi : (parlé à Bapi), situé dans l’arrondissement de Bafoussam II (département de la Mifi, région de l’Ouest) ;

le bangolan : parlé dans l’arrondissement de Babessi (département de la Ngo-Ketunjia, région du Nord-Ouest) ;

le mboyakum : parlé dans l’arrondissement de Ndop (département de la Ngo-Ketunjia, région du Nord-Ouest) ;

le le ngoobechop : parlé également dans l’arrondissement de Ndop (département de la Ngo-Ketunjia, région du Nord-Ouest) ;

le chuufi : parlé dans l’arrondissement de Ndop (département de la Ngo-Ketunjia, région du Nord-Ouest) ;

le mungaka : parlé dans le Nord-Ouest et l’Ouest, il compte quatre dialectes :

      • le bali-nyonga (arrondissement de Bali, département de la Mezam, région du Nord-Ouest) ;

    • le bapakum (arrondissement de Babessi, département de la Ngo-Ketunjia, région du Nord-Ouest) ;

    • le ti de Bati, partagé entre les arrondissements de Galim et de Mbouda (département des Bamboutos, région de l’Ouest) ;

    • le ndè de Bandeng, situé dans l’arrondissement de Bafoussam II (département de la Mifi, région de l’Ouest).

 

4.2.5.7. Le groupe de langues GRASSFIELD EST-NORD

Situé exclusivement dans la région du Nord-Ouest, au sein du département du Donga-Mantung, il regroupe cinq langues :

le limbum : parlé dans les arrondissements de Nkambe et de Ndu ;

le dzodinka : parlé dans l’arrondissement de Nwa ;

le mbe’ : parlé dans l’arrondissement de Nwa ;

le yamba : parlé dans l’arrondissement de Nwa, décliné en trois dialectes :

      • le kwak ;

      • le sam ;

      • le ntong ;

      • le mfe.

le mfumte : parlé dans l’arrondissement de Nwa, décliné en trois dialectes :

      • le mfumte-nord ;

      • le mfumte-sud;

      • le mfumte-centre.

 

4.2.6. La branche de langues MBAM

Elle s’articule autour de deux sous-branches de langues : BASAA et YAMBASA-SANAGA.

 

4.2.6.1. La sous-branche de langues BASAA

Très hétérogène, elle s’étend sur le Littoral, l’Ouest, l’Adamaoua et le Centre. Elle regroupe sept langues :

le ndemli : parlé dans la région du Littoral au sein du département du Nkam (arrondissements de Yabassi, Yingui et Nkondjok).

le tikari : partagé entre l’arrondissement de Magba (département du Noun, région de l’Ouest) et l’arrondissement de Nwa (département du Donga-Mantung, région du Nord-Ouest). Il se segmente en quatre dialectes :

      • le tige : situé dans l’arrondissement de Ngambe-Tikar (département du Mbam-et-Kim, région du Centre) ;

      • le kong : également dans l’arrondissement de Ngambe-Tikar ;

      • le nditam : situé dans l’arrondissement de Ngambe-Tikar ;

      • le twum-wu : situé dans l’arrondissement de Bankim (département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua).

le ninyo’o : parlé dans l’arrondissement de Makénéné (département du Mbam-et-Inoubou, région du Centre).

le tunen : localisé dans le Centre et le Littoral, il présente quatre dialectes :

     • le toboan : parlé à Inoubou (arrondissement de Ndikinimeki, département du Mbam-et-Inoubou, Centre) et à Etoundou (arrondissement de Nitoukou, département du Mbam-et-Inoubou, Centre) ;

      • le mese : parlé dans l’arrondissement de Kon-Yambetta (département du Mbam-et-Inoubou, région du Centre) ;

      • le tuling : partagé entre l’arrondissement de Yingui (département du Nkam, région du Littoral) et l’arrondissement de Ndikinimeki (région du Centre) ;

      • le nomande : parlé dans les arrondissements de Bokito et de Bafia (département du Mbam-et-Inoubou, région du Centre) ;

l’atomp : parlé dans l’arrondissement de Kon-Yambetta (département du Mbam-et-Inoubou, région du Centre) ;

le nigi (oule yambèta) (l’arrondissement de Kon-Yambetta) ;

le bati : éclaté géographiquement entre l’arrondissement de Bokito (département du Mbam-et-Inoubou, région du Centre) et les arrondissements de Ndom et Nyanon (département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral).

 

4.2.6.2. La sous-branche de langues SANAGA-YAMBASSA

Présente dans la région du Centre, elle se divise en deux groupes de langues : YAMBASSA et SANAGA.

 

4.2.6.2.1. Le groupe de langues YAMBASSA

Localisé au sein du département du Mbam-et-Inoubou, il regroupe quatre langues :

le nugunu : parlé par les Gunu dans l’arrondissement d’Ombessa ;

le nubaca : parlé dans l’arrondissement de Bokito ;

le dumbulè : parlé également dans l’arrondissement de Bokito ;

le nuasuè : parlé dans l’arrondissement de Bokito, il se structure en trois dialectes :

      • le mmaala (de Mmahle) ;

      • le nulibie ;

      • le nyanben (de Yangben).

 

4.2.6.2.2. Le groupe de langues SANAGA

Il comprend une unique langue :

– le tuki : qui se fragmente en sept dialectes réparties sur trois départements de la région du Centre :

      • le tukombe (des Bakombe) : dans l’arrondissement de Bafia (Mbam-et-Inoubou) ;

      • le tungoro (des Aki) : dans l’arrondissement de Ngoro (Mbam-et-Kim) ;

      • le tonjo (des Bunju) : dans l’arrondissement de Mbangassina (Mbam-et-Kim)

      • le tutsingo (des Batsingo) : dans l’arrondissement de Mbangassina (Mbam-et-Kim) ;

      • le totchenga (des Batchenga) : dans l’arrondissement de Ntui (Mbam-et-Kim) ;

      • le tumele (des Bambele) : dans l’arrondissement de Ntui (Mbam-et-Kim) ;

    • le leti (des Manguissa) : dans les arrondissements de Sa’a et d’Ebebda (département de la Lekié).

Note culturelle : Les Manguissa se caractérisent par un bilinguisme traditionnel, pratiquant également le njowi, une variante du dialecte eton  de la langue beti-fang).

 

4.2.7. La branche de langues ÉQUATORIAL

Bien qu’elle s’articule théoriquement autour de deux sous-branches (ÉQUATORIAL-NORD et ÉQUATORIAL-SUD), seule la sous-branche ÉQUATORIAL-NORD est représentée sur le territoire camerounais à travers cinq groupes de langues : BAFIA, CÔTIER, BASSA-BETI, MEKA et KAKO.

 

4.2.7.1. Le groupe de langues BAFIA

Situé dans la région du Centre (départements du Mbam-et-Inoubou et du Mbam-et-Kim), il compte cinq langues :

le tebèya : parlé dans l’arrondissement de Ngoro, département du Mbam-et-Kim ;

le lefa’ : identifié dans l’arrondissement de Deuk (département du Mbam-et-Inoubou), il possède trois dialectes :

      • le ngong (de Bangong) ;

      • le zakan (de Zakan) ;

      • le maja (de Gwife) ;

le dimbong : parlé dans l’arrondissement de Kon-Yambetta, département du Mbam-et-Kim ;

le ripɛy : également parlé dans l’arrondissement de Kon-Yambetta ;

le rikpa’ : langue des Bekpa’ (généralement appelés Bafia), parlée dans les arrondissements de Bafia, de Kiki (département du Mbam-et-Inoubou) et de Kon-Yambetta.

 

4.2.7.2. Le groupe de langues CÔTIER

Très vaste, il longe la façade maritime du pays à travers trois régions (Sud, Sud-Ouest, Littoral) et comprend huit langues :

le yasa : parlé dans l’arrondissement de Campo (département de l’Océan, région du Sud) ;

le batanga : situé dans le département de l’Océan (Sud), il compte trois dialectes :

      • le batanga (proprement dit) dans l’arrondissement de la Lokoundjé ;

      • le banoo dans l’arrondissement de Kribi II ;

      • le bapuku dans l’arrondissement de Kribi I ;

le bakolè : parlé dans l’arrondissement de Bamusso (département du Ndian, région du Sud-Ouest) ;

le wumbuko : parlé dans les arrondissements de Buea (département du Fako) et de Mbonge (département de la Meme) dans la région du Sud-Ouest ;

le mokpwe : parlé dans les arrondissements de Buea et de Muyuka (département du Fako, région du Sud-Ouest) ;

l’isu : parlé dans les arrondissements de Limbe III et de Tiko (département du Fako) ;

le bubia : parlé dans les arrondissements de Limbe I, Limbe II et Limbe III (département du Fako) ;

le duala : langue phare de la région du Littoral et de certaines zones du Sud-Ouest, elle s’articule autour de sept dialectes :

     • le duala (proprement dit) : parlé dans les arrondissements de Douala I, II, III, IV, V et de Manoka (département du Wouri) ;

      • le yapoma : parlé au sein de la communauté Bakoko (Wouri) ;

      • le malimba : parlé dans l’arrondissement de Manoka (Wouri) ;

      • le pongo : parlé dans l’arrondissement de Dibombari (département du Moungo) ;

      • le bodiman parlé dans l’arrondissement de Yabassi (département du Nkam) ;

      • l’oli : parlé dans l’arrondissement de Yabassi ;

    • le mungo : parlé dans l’arrondissement de Dibombari (département du Moungo, région du Littoral) ainsi que dans l’arrondissement de Tiko (département du Fako, région du Sud-Ouest).

 

4.2.7.3. Le groupe de langues BASAA-BETI

Ce groupe s’étend sur cinq régions (Centre, Littoral, Sud, Sud-Ouest, Est) et comprend cinq langues :

le bankon : il se segmente en deux dialectes :

      • le bankon (proprement dit): parlé au sein de l’arrondissement de Dibombari (département du Moungo, région du Littoral).

    • le barombi : localisé dans la région du Sud-Ouest, il est réparti en trois îlots dans les arrondissements de Mbonge et de Kumba (département de la Meme), ainsi que d’Ekondo-Titi (département du Ndian).

– le basaa : principalement parlé dans les départements du Nyong-et-Kellé (région du Centre) et de la Sanaga-Maritime (région du Littoral), à l’exception de l’arrondissement d’Édéa. Il compte trois dialectes :

      • le dibubum (arrondissement du Nord-Makombé, département du Nkam, Littoral) ;

      • le yabassi (arrondissement de Yabassi, département du Nkam, Littoral) ;

      • le basaa ba duala (arrondissements de Douala III et V, département du Wouri, Littoral).

– le bakoko : présent dans la région du Littoral, il se décline en six dialectes :

      • l’adiè (arrondissement d’Édéa, Sanaga-Maritime, Littoral) ;

      • le yasug (arrondissement de Mouanko, Sanaga-Maritime, Littoral) ;

      • le yakalag (arrondissement de Mouanko) ;

      • le yapoma (arrondissement de Douala III, Wouri, Littoral) ;

      • le yabyang-yabeke (arrondissement de Dibombari, Moungo, Littoral) ;

      • le bisoo (arrondissement de Ndom, département de la Sanaga-Maritime).

– le beti-fang : se divise en trois dialectes :

    • l’ewondo (ou le beti) : parlé majoritairement dans la région du Centre au sein des départements du Mfoundi, de la Méfou-et-Akono, du Nyong-et-So’o et de la Méfou-et-Afamba (arrondissement de Soa). En région du Sud, département de l’Océan, il est partagé par les communautés Enoah dans l’arrondissement de Mvengue, ainsi que par les Evuzock dans les arrondissements de la Lokoundjé et de Bipindi, et les Ngoué dans l’arrondissement de Lolodorf. Il totalise sept parlers :

         o le bene (Mfou et Nkolafamba, département de la Méfou-et-Afamba, région du Centre) ;

         o le mvog-niengue (Akonolinga, département du Nyong-et-Mfoumou, région du Centre) ;

         o le yengono (Akonolinga) ;

         o le yembana (Mengang, département Nyong-et-Mfoumou, région du Centre) ;

         o le mvele (arrondissements d’Olanguina, Awaé, Edzendouan, Essé et Afanloum, département de la Méfou-et-Afamba, région du Centre) ;

          o le mbidambani (Dzeng et Endom, département du Nyong-et-Mfoumou, région du Centre) ;

          o le fong (Ngoulemakong et Zoétélé, département du Dja-et-Lobo, région du Sud).

      • l’eton : localisé dans le département de la Lékié (région du Centre). Il comprend le parler njowi (arrondissements de Sa’a et d’Ebebda), parlé par les Manguissa (qui  sont bilingues avec le leti leur langue propre).

      • le bulu : prédominant dans la région du Sud, il est parlé dans les départements de la Mvila (Ebolowa I, Efoulan, Mengong, Biwong-Bulu, Mvangan, Akom II), du Dja-et-Lobo (Sangmélima, Bengbis, Meyomessala, Djoum, Meyomessi) et de l’Océan (Nyété). Il comprend trois parlers :

          o le yezum (arrondissement de Lembé-Yezoum, département de la Haute-Sanaga, région du Centre) ;

           o l’omvang (arrondissement d’Ayos, département du Nyong-et-Mfoumou, région du Centre) ;

            o le yebekolo (arrondissement d’Ayos et arrondissement de Nguelemendouka, département du Haut-Nyong, région de l’Est).

      • le fang : localisé dans la région du Sud, il s’étend au sein des arrondissements de la Lokoundjé et de Bipindi (département de l’Océan), d’Ebolowa II et de Mvangan (département de la Mvila), de Djoum, d’Oveng et de Mintom (département du Dja-et-Lobo), ainsi que de Ma’an et d’Ambam (département de la Vallée-du-Ntem). Il compte deux parlers :

                o le mvang : est localisé dans la région du Sud au sein de l’arrondissement de Campo (département de l’Océan), des arrondissements d’Ebolowa II et de Mvangan (département de la Mvila), ainsi que de ceux de Ma’an et d’Ambam (département de la Vallée-du-Ntem) ;

                o le ntumu : est localisé dans la région du Sud au sein des arrondissements de Ma’an, d’Ambam, d’Olamzé et de Kyé-Ossi (département de la Vallée-du-Ntem), de l’arrondissement d’Ebolowa II (département de la Mvila), ainsi que de ceux d’Oveng, de Djoum et de Mintom (département du Dja-et-Lobo).

– le bembele : est une langue qui a un dialecte :

      • le bebele ou le bamvele. Il est parlé dans la région du Centre dans les arrondissements de Minta, de Bibey et de Nanga-Eboko, département de la Haute-Sanaga et dans la région de l’Est dans les arrondissements de Diang et de Bélabo, département de la Lom-et-Djérem. Le bebele ou le bamvele compte trois parlers :

                o le yasem (arrondissement de Ngoro, Mbam-et-Kim, Centre) ;

                o le bafek (arrondissement de Ntui, Mbam-et-Kim, Centre);

                o le yangavok (arrondissement de Ntui).

 

4.2.7.4. Le groupe de langues MEKA

Établi principalement dans la région de l’Est, avec des ramifications dans les régions du Centre et du Sud, il comprend six langues :

– le meka (proprement dit) : partagé entre la région du Centre (arrondissements d’Akonolinga et d’Endom, département du Nyong-et-Mfoumou), la région du Sud (arrondissements de Bengbis et de Zoétélé, département du Dja-et-Lobo) et la région de l’Est. Ses dialectes sont :

      • le bebende (Abong-Mbang, Doumé-Tand, Messamena, département du Haut-Nyong, région de l’Est) ;

      • le mbwas (Doumé et Doumé-Tand, département du Haut-Nyong, région de l’Est) ;

      • le besep (arrondissement de Nguelemendouka, département du Haut-Nyong, région de l’Est) ;

      • le byep (arrondissements de Diang et Bélabo, département du Lom-et-Djérem, région de l’Est) ;

      • le bekol (ou le bikele) (arrondissement de Messamena, département du Haut-Nyong, région de l’Est).

– le so’ : parlé à Akonolinga (département du Nyong-et-Mfoumou, Centre), ainsi qu’à Messamena (département du Haut-Nyong, Est) et Bengbis (département du Dja-et-Lobo, Sud).

le kwasio : localisé dans le département de l’Océan (région du Sud). Il possède deux dialectes :

      • le mvumbo (Bipindi, Lolodorf et Mvengue) ;

      • le mabi (Kribi I, Kribi II et Lokoundjé) ;

– le bagyeli : parlée dans le département de l’Océan (région du Sud) au sein des arrondissements de Kribi II, d’Akom II, de Bipindi et de Lolodorf ;

– le koozime : dans la région de l’Est (département du Haut-Nyong), il se divise en quatre dialectes :

      • le bajwe’e (arrondissement de Somalomo) ;

      • le ngyeme (arrondissement d’Abong-Mbang) ;

      • le nzime (arrondissement de Lomié) ;

      • le njem (arrondissement de Ngoyla).

le mpo : situé dans la région de l’Est (départements de la Boumba-et-Ngoko et de la Kadey), il compte huit dialectes :

      • le mpyémo (arrondissements de Gari-Gombo et Yokadouma, département de la Boumba-et-Ngoko, région de l’Est) ;

      • le bijugi (arrondissement de Yokadouma, département de la Boumba-et-Ngoko) ;

      • le popo (arrondissement de Yokadouma) ;

      • le kunabeeb (arrondissements de Yokadouma, Salapoumbé et Moloundou, département de la Boumba-et-Ngoko) ;

      • le mpoman(arrondissement de Moloundou, département de la Boumba-et-Ngoko) ;

      • l’esel (arrondissement de Moloundou) ;

      • le mezime(arrondissement de Mbang, département de la Boumba-et-Ngoko)

      • le bagéto (arrondissement de Mbang).

 

4.2.7.5. Le groupe de langues KAKO

Situé entièrement dans la région de l’Est, il regroupe trois langues :

– le polri : il compte deux dialectes :

      • l’asom (arrondissements de Dimako et Bélabo, département de la Lom-et-Djérem) ;

      • le kinda (arrondissement de Bélabo, département de la Lom-et-Djérem) ;

– le kwakum : décliné en trois dialectes :

      • le baki (arrondissement de Bélabo, département du Lom-et-Djérem) ;

      • le beten (arrondissement de Bélabo) ;

      • le til (arrondissement de Dimako, département du Haut-Nyong) ;

– le kako (proprement dit) : parlé dans les arrondissements de Batouri et de Kenzou (département de la Kadey), de Nguélébok (département de la Lom-et-Djérem) et de Mbang (département de la Boumba-et-Ngoko).

 

Conclusion générale : un patrimoine à préserver et à valoriser

En définitive, l’exploration de la cartographie linguistique du Cameroun met en lumière l’extraordinaire complexité et la beauté de son patrimoine culturel. Loin d’être un simple inventaire technique, la répartition des langues à travers les phylums Nilo-Saharien, Afro-Asiatique et Niger-Kordofan dessine une véritable carte d’identité historique du triangle national. Des montagnes de l’Extrême-Nord aux forêts profondes de l’Est et du Sud, chaque phylum, chaque langue, chaque dialecte et chaque parler local s’inscrit de manière chirurgicale dans un espace administratif précis, témoignant des flux migratoires, des alliances et de l’adaptation des communautés camerounaises.

Pour les enseignants de Langues et Cultures Nationales (LCN), la maîtrise de cette arborescence scientifique constitue le socle indispensable d’une transmission pédagogique de qualité, fidèle aux directives du ministère des Enseignements Secondaires. Pour les étudiants de Langues et Cultures Camerounaises (LCC), ce panorama complet ouvre des perspectives de recherche infinies sur la dynamique, l’évolution, et parfois même la sauvegarde critique des langues menacées d’extinction, à l’instar du baldamu.

Enfin, pour les élèves du secondaire, ce voyage à travers les mots et les territoires est une clé essentielle pour l’appropriation de cette cartographie. Cela, les invite à devenir des citoyens conscients et fiers de leurs racines. En apprenant à identifier, orthographier et localiser scientifiquement leur propre langue nationale au sein de son arrondissement, les élèves participent activement à la préservation de la mémoire collective de la nation camerounaise. Car maîtriser sa langue maternelle, tout en respectant et en comprenant celle de l’autre, demeure le plus puissant vecteur de consolidation de l’unité nationale, de la tolérance et du vivre-ensemble harmonieux au Cameroun.

 

Références bibliographiques

BINAM BIKOI Charles, Atlas linguistique du Cameroun, Cerdotola, 2012.

BINAM BIKOI Charles, Cartographie administrative des langues du Cameroun, Cerdotola, 2012.

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