L’AGLC : Socle de l’enseignement des langues nationales

Face au défi du trilinguisme, voire multilinguisme scolaire au Cameroun, l’Alphabet Général des Langues Camerounaises (AGLC) s’impose comme l’outil de standardisation idéal pour le primaire et le secondaire. En harmonisant l’écriture de notre patrimoine linguistique, cet alphabet facilite l’apprentissage des élèves. Pour EDU-KULTUR, c’est le piédestal pédagogique incontournable pour réussir l’ancrage durable de nos langues nationales.

 

Une boussole scientifique au service de l’école camerounaise

L’enseignement des langues camerounaises ne saurait se faire dans l’improvisation. Pour bâtir un système éducatif trilingue, voire multilingue solide (maîtrise d’une ou de plusieurs langues nationales en plus des deux langues officielles : le français et l’anglais), les structures de formation formelles et non formelles disposent d’un outil historique et puissant : l’AGLC. Né en 1978 sous l’impulsion des éminents linguistes Maurice Tadadjeu et Étienne Sadembouo, et adopté sous l’égide de l’Université de Yaoundé et de l’ONAREST (avec l’appui de SIL International), cet alphabet harmonisé sur base latine a été réédité en 1984.

Aujourd’hui parrainé par l’Association Nationale des Commissions de Langues Camerounaises (ANACLAC), l’AGLC n’est pas un simple outil de laboratoire. C’est le garant d’un « code commun » indispensable pour produire des manuels scolaires et des supports didactiques uniformes en langues nationales, capables de cohabiter pacifiquement avec le français et l’anglais dans nos salles de classe.

 

Un stock de symboles partagés pour faciliter l’apprentissage

Le principal défi de l’enseignement des langues nationales au primaire et au secondaire réside dans la transition d’une langue à l’autre pour les apprenants. L’AGLC résout magistralement cette équation en proposant un réservoir de symboles uniques dotés de la même valeur phonétique d’une langue à l’autre.

Pour les élèves, l’avantage est immédiat : la reconnaissance des lettres devient intuitive. Un enfant du primaire peut ainsi déchiffrer graphiquement une langue du terroir même s’il n’en maîtrise pas encore toutes les subtilités sémantiques. En puisant ses consonnes et ses voyelles dans ce tronc commun –qui partage de nombreuses lettres avec le français et l’anglais–, l’AGLC matérialise la vision d’EDU-KULTUR : bâtir l’unité nationale par la célébration de notre diversité linguistique.

 

Tons et graphies : les règles d’or d’une pédagogie d’excellence

L’AGLC fixe des principes rigoureux qui structurent l’écriture et, par ricochet, l’apprentissage scolaire :

La notation obligatoire des tons : dans nos langues, le ton change le sens d’un mot ou sa fonction grammaticale. L’AGLC impose l’écriture des tons sur les centres de syllabes pour éviter les contresens majeurs lors de la lecture.

L’uniformisation des sons : un même son s’écrit par un même symbole, indépendamment de la langue camerounaise étudiée, afin de créer des réflexes d’apprentissage durables chez l’élève.

La forme scripte privilégiée : Pour faciliter la lecture sur les tableaux et dans les manuels, l’AGLC prescrit l’usage des lettres scriptes plutôt que cursives.

En vulgarisant et en appliquant rigoureusement les principes de l’AGLC, le système éducatif camerounais offre à la jeunesse les clés de son identité culturelle. EDU-KULTUR réaffirme son engagement : valoriser cet alphabet, c’est pérenniser l’enseignement de nos langues et garantir la réussite scolaire de nos enfants.

Pour matérialiser cette pédagogie sur le terrain, l’AGLC structure l’écriture de nos langues autour de trois piliers fondamentaux : les tons, les voyelles et les consonnes. Explorons en détail ces trois éléments essentiels, en commençant par la mélodie de nos mots. La première clé de lecture concerne le système tonologique.

 

Le ton

Le ton, trait placé au-dessus d’une voyelle et aussi sur les consonnes m, n et ŋ, définit la hauteur relative de la voix lors de la prononciation des syllabes des mots.

Chaque langue camerounaise opère son choix des tons à marquer ou pas par convention. Par exemple la langue Ewondo ne marque pas le ton bas sur les voyelles, la langue Basaa quant à elle ne marque pas le ton haut, la langue Ghomala’, elle, ne marque pas le ton moyen.

L’AGLC distingue deux types de tons : les tons simples ou ponctuels et les tons complexes ou modulés.

 

Les tons simples ou ponctuels

Quand les tons simples ou ponctuels sont réalisés, le niveau de la voix ne change pas de courbe durant l’exécution de la syllabe ou du son. Ainsi, il y a trois tons simples ou ponctuels : le ton bas, le ton moyen, le ton haut.

 

Le ton bas

Le ton bas, noté  [  ̀ ], est l’accent grave marqué au-dessus des voyelles et des consonnes (m, n et ŋ). Quand il est réalisé, la voix s’abaisse. On dit que la voix est basse.

: attraper (Ewondo)       

 : les jumeaux (Fe’efe’e)

 : pouvoir (Basaa)         

: la viande (Awing)

 

Le ton moyen

Le ton moyen, noté [  ̄ ], est l’accent plat marqué au-dessus des voyelles et des consonnes (m, n et ŋ). Quand il est réalisé, la voix est inférieure à celle du ton haut, mais supérieure à celle du ton bas. On dira alors que la voix est moyenne.

 : la main (Fe’efe’e)       

 : l’enclos (Ghomala’)

 : machette (Fe’efe’e)      

 : la houe (Fe’efe’e)   

     

Le ton haut

Le ton haut,noté [  ́ ], est l’accent aigu marqué au-dessus des voyelles et des consonnes (m, n et ŋ). Quand il est réalisé, la voix est élevée. On dit que la voix est haute.

 : la terre (Ewondo)                  

 : la mère (Ghomala’)

: l’œil (Shüpamem)                  

 : un, une (Bakoko)

 

Les tons complexes ou modulés

Un ton complexe ou modulé est la combinaison de deux tons simples sur la même syllabe. En présence d’un ton complexe ou modulé, la hauteur de la voix change de courbe lors de la prononciation de la syllabe. On dit que le ton est mélodique et la voix est modulée. Il existe deux tons complexes: le ton haut-bas et le ton bas-haut.

 

Le ton bas-haut ou ton montant

Le ton bas-haut, noté [  ̌ ],est l’accent antiflexe marqué au-dessus des voyelles. Il est la réunion d’un accent grave et d’un accent aigu. Quand il est réalisé, la voix descend puis se relève sans interruption. On dit que le ton est montant et la voix montante.

bǎ : être collé (Ewondo)    

 : le fusil (Ghomala’)

 : être fermé (Ewondo)    

 : le totem (Ghomala’)

 

Le ton haut-bas ou ton descendant

Le ton haut-bas,noté [  ̂ ], est l’accent circonflexe qui est marqué au-dessus des voyelles. Il est la réunion d’un accent aigu et d’un accent grave. Quand il est réalisé, la voix monte puis descend sans interruption. On dit que le ton est descendant et la voix descendante.

bî : cela (Fe’efe’e)            

pî : la perte (Ghomala’)

sî : oindre (Ewondo)         

bô : être couché (Ewondo)

 

L’AGLC recommande d’écrire les tons modulés en dédoublant les voyelles quand la langue permet de le faire sans créer une perturbation de sens des mots provenant d’un contraste entre les voyelles brèves et les voyelles longues.

zɨ́ɨ̀ : la terre (Rikpa)

mɔ̀ɔ́ : l’huile (Rikpa)

yòó : l’igname (Basaa)

kíì : la peur (Gbaya)

séè : ici (Fe’efe’e)

 

Les voyelles

Une voyelle est un son du langage humain produit par la vibration des cordes vocales, sans que le passage de l’air ne soit bloqué ou freiné par la langue, les dents ou les lèvres. Les voyelles sont le centre des syllabes et portent le ton. Les voyelles sont réparties en trois types : les voyelles simples, les voyelles longues et les voyelles complexes.

 

Les voyelles simples

Une voyelle simple est une voyelle dont le timbre (le son) reste totalement stable et uniforme du début à la fin de son émission. On distingue trois catégories de voyelles simples : les voyelles brèves, les voyelles brèves spécifiques et les voyelles nasales.

 

Les voyelles brèves

Les voyelles brèves des voyelles dont la prononciation a une courte durée. L’AGLC compte cinq voyelles brèves: ɑ, e, i, u, o.

 

La voyelle ɑ

Elle se prononce /ɑ/, exactement comme dans les mots français: « papa, la, ta, ananas ».

pɑ́ : planter, guetter (Ghomala’)    

sɑ́ : la prune (Ewondo)      

lɑ́ : lécher (Basaa)                      

tɑ́ : le père (Ghomala’)

 

La voyelle e

Elle se prononce /e/ comme le son « é » dans les mots français « bébé, dé, thé, été« .

sé : le sol (Ngombalè)       

 : la haine (Fe’efe’e)

fè : la gifle (Ghomala’)      

bé : cuire (Ewondo)

 

La voyelle i

Elle se prononce /i/, exactement comme dans les mots français « si, dit, niche ».

lìdí : la nourriture (Bakoko)         

 : la terre (Ewondo)

tí : donner (Basaa)                     

 : pourrir (Ghomala’)

 

La voyelle u

Elle se prononce /u/, comme le son « ou » dans les mots français « fou, loup, bout ».

 : la main (Ghomala’)     

 : tomber (Ewondo)

fú : la ville (Mboum)         

tù : la tête (Ngombalè)

 

La voyelle o

Elle se prononce /o/, exactement comme le son « o » dans les mots français : « dos, saut, beau« .

 : prendre (Awing)                 

 : les enfants (Ghomala’)

sô : douter, nier (Ewondo) 

fò : le chef (Ngombalè)

 

Les voyelles brèves spécifiques

Les voyelles brèves spécifiques sont des lettres prononcées de manière brève ou rapidement avec des caractéristiques précises. L’AGLC compte sept voyelles brèves spécifiques sont: α, ə, ɛ, ɨ, ɔ, ʉ, ü.

 

La voyelle α

Pour la prononcer cette voyelle, il faut ouvrir la bouche comme pour prononcer /ɑ/ et en diminuer légèrement l’ouverture de la bouche tout en ramenant la mâchoire inférieure vers le haut.

nὰk : marcher (Fe’efe’e)    

: le frère, le parent (Fe’efe’e)

lὰ : prendre (Ghomala’)     

nά : sur (Fe’efe’e)

 

La voyelle ə

Elle se prononce /ə/, comme le son « e » dit « muet » dans les mots français: « renard, vœu, feu« .

fə́ : venir (Ghomala’)                  

və́ : la cendre (Ghomala’)

̀ : aller (Ewondo)          

bə̀bə̀ : regarder (Ewondo)  

 

La voyelle ɛ

Elle se prononce /ɛ/ comme le son « è » dans les mots français « mère, paire, fête ».

kɛ̀ : aller (Basaa)              

sɛ̀ : l’étoile (Ghomala’)

fɛ̂ : donner (Awing)          

lɛ̂ : raconter (Ewondo)

 

La voyelle ɨ

Elle se prononce /i/ avec les lèvres largement étirées.

sɨ̀ : le sol (nda’ nda’)         

pɨ̀ : les gens (Awing)

 

La voyelle ɔ

Elle se prononce /ɔ/ comme le son « o » ouvert dans les mots français: « porte, nord »

pɔ̀ : les gens (Ghomala’)

lɔ́ : vomir (Basaa)

sɔ̌ : la saison des pluies (Fe’efe’e)

kɔ̂ : tomber (Douala)

 

La voyelle ʉ

Elle se prononce /y/ avec les lèvres largement étirées.

tʉ̌ : la calebasse (Ghomala’)

dʉ̀ : la liane (Ghomala’)

wʉ́ : la mort (Shüpamem)

mʉ̀ : moi (Fe’efe’e)

 

La voyelle ü

Elle se prononce /y/ comme le son « u » dans les mots français : « tu, nu, utile ».

 : la cendre (Shüpamem)

 

Les voyelles nasales

Une voyelle nasale est une voyelle produite en laissant l’air s’échapper simultanément par la bouche et par le nez.

Elles sont notées dans les langues nationales avec une cédille en dessous de la voyelle par souci de laisser le dessus des voyelles libre pour la marque des tons uniquement.

Toutes les voyelles simples peuvent être nasalisées : ɑ̧, α̧, ȩ, ə̧, ɛ̧, , ɨ̧, , ɔ̧, , ʉ̧, ü̧. Elles constituent un grand ensemble dans lequel chaque langue va choisir ses voyelles nasales qu’elle désire utiliser.

D’autres langues n’en tiennent tout simplement pas compte et fonctionnent alors comme si les voyelles nasales n’existaient pas.

bɛ̧̀ : semer (Maka)

sɔ̧̀ : chercher (Maka)

nù̧ : l’huile (Tupuri)

 

Les voyelles longues

Une voyelle longue est une voyelle dont la durée d’émission (le temps de prononciation) est sensiblement plus étirée que celle d’une voyelle brève ou simple.

La voyelle longue est transcrite par le dédoublement d’une voyelle simple. Toutes les voyelles simples peuvent subir des dédoublements et devenir longues. Elles constituent un grand ensemble dans lequel chaque langue possède quelques-unes seulement.

mɛ̀ɛ̀ : la maison (Rikpa)

tō̧ō̧ : les urines (Tupuri)

kɔ̀ɔ̀ : la ceinture (Fe’efe’e)

vʉ́ʉ́m : la chasse (Shüpamem)

 

Les voyelles complexes

Une voyelle complexe est une succession de deux voyelles différentes rapidement prononcées d’un seul trait, de façon à faire partie d’une seule et même syllabe.

Lors de l’émission de la voyelle complexe le timbre (le son) change de nature au cours de sa prononciation. Ainsi, on les appelle des diphtongues.

Sur le plan théorique, toutes les combinaisons des voyelles simples sont possibles pour former un grand ensemble dans lequel chaque langue va choisir les couples qu’elle désire utiliser.

kàɨ̀ : la saison sèche (Mboum)

gíà : la chasse (Gbaya)

pʉ̀ə̀ : le sac (Ghomala’)

fìè : le marché (Rikpa)

 

Les consonnes

Une consonne est un son du langage humain produit lorsque le passage de l’air venant des poumons est bloqué, freiné ou resserré, à un endroit précis de la bouche (par la langue, les lèvres, les dents ou le palais).

L’AGLC identifie trois types de consonnes : les consonnes simples, les consonnes géminées et les consonnes complexes.

 

Les consonnes simples

Les consonnes simples sont des sons consonantiques qui font intervenir qu’un seul point d’articulation dans la bouche et sont représentés par une seule lettre (un seul graphème). L’AGLC distingue deux catégories de consonnes simples : les consonnes brèves et les consonnes brèves spécifiques.

 

Les consonnes brèves

Les consonnes brèves sont des consonnes dont la prononciation a une courte durée. Elles se prononcent à peu près de la même manière dans toutes les langues camerounaises. L’AGLC compte dix-sept consonnes brèves: b, d, f, g, h, k, l, m, n, p, r, s, t, v, w, y, z.

 

La consonne b

Elle se prononce /b/, exactement comme le son « b » dans les mots français : « bébé, bal ».

bɔ̀ : le poulailler (Ghomala’)

 : cuire (Ewondo)

 

La consonne d

Elle se prononce /d/, exactement comme le son « d » dans les mots français : « dé, dos ».

: le toit, la malédiction (Ghomala’)

dìə́ : l’intérieur (Ghomala’)

 : le bambou (Mboum)

díà : couteux, cher (Ewondo)

 

La consonne f

Elle se prononce /f/, exactement comme le son « f » dans les mots français : « fois, fin, faux ».

fɛ̀ : la machette (Ewondo)

fʉ̀ : le chef (Fe’efe’e)

fóè : éplucher (Ewondo)

fə́ : venir (Ghomala’)

 

La consonne g

Elle se prononce /g/, exactement comme le son « g » dans les mots français : « gai, gale, gare ».

gǎ : le fusil (Ghomala’)

gò : la jeune fille (Ghomala’)

gòò : la chaussure (Rikpa)

 

La consonne h

Elle se prononce /h/, exactement comme le son « h » expiré (en soufflant un filet d’air) dans les mots anglais : « house, hot ».

hàà : la boisson alcoolisée (Ewondo)

 : le remède (Fe’efe’e)

hə̌m : la cervelle (Ghomala’)

hìà : le cousin (Ghomala’)

 

La consonne k

Elle se prononce /k/, exactement comme le son « k » dans les mots français : « cacao, képi, kaki ».

: le champ (Fe’efe’e)

kóé : l’escargot (Ewondo)

kɔ̂ : tomber (Douala)

 

La consonne l

Elle se prononce /l/, exactement comme le son « l » dans les mots français : « la, loin, lune ».

lɔ̀ : pleurer (Ghomala’)

lὰ : prendre (Ghomala’)

lɛ̂ : raconter (Ewondo)

lòè : le rire (Ewondo)

 

La consonne m

Elle se prononce /m/, exactement comme le son « m » dans les mots français : « mère, maïs, mil ».

: l’homme (Ghomala’)

 : la mère (Ghomala’)

mōō : l’enfant (Fe’efe’e)

mɛ̀ : modeler (Ewondo)

 

La consonne n

Elle se prononce /n/, exactement comme le son « n » dans les mots français : « nid, noir, nappe ».

: et (Douala)

nʉ̀ὰ : les herbes (Fe’efe’e)

nɔ́ : chasser (Ghomala’)

nə̀ : être (Ewondo)

 

La consonne p

Elle se prononce /p/, exactement comme le son « p » dans les mots français : « papa, papier, père ».

pɔ̀ : venir (Douala)

púè : la souris (Douala)

pɔ̂ : la machette (Douala)

 : la main (Fe’efe’e)

 

La consonne r

Elle se prononce /r/, exactement comme le son « r » dans les mots français : « rire, rat, rue ».

rù : l’étoile (Bakoko)

 

La consonne s

Elle se prononce /s/, exactement comme le son « s » dans les mots français : « sauce, scie, soir ».

 : le visage (Fe’efe’e)

 : tarir (Basaa)

sí : la terre (Ewondo)

 

La consonne t

Elle se prononce /t/, exactement comme le son « t » dans les mots français : « tu, tête, thé ».

tí : donner (Basaa)

 : le père (Ghomala’)

tū : la tête (Fe’efe’e)

tʉ̄ : débroussailler (Fe’efe’e)

 

La consonne v

Elle se prononce /v/, exactement comme le son « v » dans les mots français :  » vie, vélo, wagon ».

vʉ̀ : tomber (Ghomala’)

vɔ́ : la cendre (Ghomala’)

 : la forêt, la paresse (Ghomala’)

vòè : jouer (Ewondo)

 

La consonne w

Elle se prononce /w/, dans les mots d’origine anglaise comme « week-end, web ».

wáá : la fatigue (Basaa)

 : le miel (Ewondo)

wɛ̀ : toi (Basaa)

 : la chose (Fe’efe’e)     

 

La consonne y

Elle se prononce /j/, exactement comme le son « y » dans les mots: « yaourt, Yaoundé ».

yɔ́ : regarder (Ghomala’)

yɛ́ : faire mal (Ghomala’)

 : savoir (Basaa)

 

La consonne z

Elle se prononce /z/, exactement comme le son « z » dans les mots français :  » zéro, zèbre, zizanie ».

zə̀ : être aimer (Ghomala’)

zìà : coller (Ghomala’)

 : arriver (Ewondo)

zìè : la faim (Ewondo)

 

Les consonnes brèves spécifiques

Les consonnes brèves spécifiques des phonèmes uniques (non combinés) dont la réalisation orale est instantanée (brève) et dont les caractéristiques articulatoires sont propres au système phonologique de la langue locale. Voici les consonnes brèves spécifiques que propose l’AGLC : ɓ, ɗ, c, j, , , ǹ, ŋ, ƴ, ’.

 

La consonne ɓ

Elle se prononce /ɓ/. C’est une consonne implosive : contrairement au « b » ordinaire où l’on chasse l’air vers l’extérieur, on produit le ɓ en aspirant légèrement l’air vers l’intérieur de la gorge au moment de s’ouvrir les lèvres.

ɓàà : le bras (Gbaya)

ɓɛ́ɛ́ : le puits (Basaa)

 

La consonne c

Elle se prononce //, exactement comme le son « tch » dans les mots anglais : « chair, church« . C’est en réalité une combinaison de deux consonnes qui se prononcent comme une seule : [t] et [sh].

 : la trompette (Ngombalè)

càà : jouer (Bakoko)

cí : choisir (Ghomala’)

 : la poussière (Eton)

 

La consonne ɗ

Elle se prononce /ɗ/. C’est une consonne implosive : on la produit en aspirant légèrement l’air vers l’intérieur de la gorge au moment de décoller la langue du palais.

ɗùú : le feu (Rikpa)

ɗû : le bambou (Mboum)

 

La consonne j

Elle se prononce //, exactement comme le son « j » dans les mots anglais :  » Jack, John ».

jèè : le porc (Rikpa)

jɛ́ : manger (Basaa)

jǔ : la dette (Ghomala’)

 : vomir (Eton)

 

La consonne m̀

Spécifique à plusieurs langues camerounaises, c’est une nasale syllabique. Elle porte un ton bas (  ̀ ) et se prononce en prolongeant le son [m] bouche fermée (comme un léger bourdonnement ou un murmure bas), en servant de centre de syllabe à la place d’une voyelle.

Sur le plan graphique, lorsque la consonne m̀ est associée à une autre consonne, les deux sons sont dissociables et réalisés en deux émissions de voix bien distinctes.

Lors de la réalisation de ces séquences phoniques, on observe un léger temps d’arrêt entre l’attaque de la consonne m̀ et la consonne subséquente. Elle est notée devant les consonnes p, b, m, f, v et kp.

m̀bɛ́ : la porte (Ewondo)

m̀fí : l’utilité (Ewondo)

m̀mie : la génération (Ewondo)

m̀mú : l’année (Eton)

 

La consonne m̄

C’est une nasale syllabique qui porte un ton moyen (  ̄ ). Elle se réalise avec la voix moyenne en prolongeant le son [m] lèvres fermées sur une hauteur musicale stable, et elle occupe le centre de la syllabe à la place d’une voyelle.

Spécifique à certaines langues camerounaises comme le Ghomala’, elle est fréquemment utilisée devant une autre consonne pour marquer le pluriel de certains mots. Les deux consonnes restent dissociables à l’oral.

m̄dzə̀ : les habits

m̄lěŋ : les chevaux

m̄kɛ́ : les assiettes

 

La consonne ǹ

Spécifique à plusieurs langues camerounaises, c’est une nasale syllabique qui porte un ton bas (  ̀ ). Elle se prononce en prolongeant le son [n] (comme un léger bourdonnement ou un murmure bas produit derrière les dents) et sert de centre de syllabe à la place d’une voyelle.

Sur le plan graphique et phonétique, lorsque la consonne ǹ est associée à une autre consonne, les deux consonnes sont dissociables et réalisées en deux émissions de voix bien distinctes.

Lors de la prononciation de ces séquences, on observe un léger temps d’arrêt entre l’attaque de la consonne ǹ et la consonne qui suit. Elle se note généralement devant les consonnes t, d, n, l, s, z, ts et kp.

ǹ : je (Rikpa)

ǹtò : la tête (Rikpa)

ǹlɛ́ɛ́ : la case (Bakoko)

ǹcàà : le jeu (Bakoko)

 

La consonne ŋ

Appelée nasale vélaire, la consonne ŋ se prononce lorsque l’arrière de la langue touche le fond du palais (le fond de la gorge), laissant l’air s’échapper par le nez. Dans les langues camerounaises, elle présente deux contextes d’utilisation principaux :

1. En fin de syllabe ou de mot :

Elle correspond exactement à la prononciation du groupe de lettres « ng » dans les mots anglais comme « sing« , « walking » ou « talking« .

lóŋ : construire (Ewondo)

náŋ : le pied (Gbaya)

gáŋ : la racine (Rikpa)

sìŋ : le chant (Mboum)

 

2. En début de mot (devant une voyelle) :

Contrairement au français ou à l’anglais, elle peut initier une syllabe dans de nombreuses langues camerounaises. On produit le même son de « ng » anglais, mais immédiatement suivi d’une voyelle.

ŋɛ́ : être mince (Ghomala’)

ŋɔ́ : être collant (Ghomala’)

ŋáá : paille (Shüpamem)

ŋúə́ : serpent (Shüpamem)

 

La consonne ŋ̀

Spécifique à plusieurs langues camerounaises, c’est une nasale syllabique qui porte un ton bas (  ̀ ). Elle se prononce en prolongeant le son [ŋ] (le « ng » du mot anglais sing, produit en collant l’arrière de la langue au fond du palais) et sert de centre de syllabe à la place d’une voyelle.

Sur le plan graphique et phonétique, lorsque la consonne ŋ̀ est associée à une autre consonne, les deux consonnes sont dissociables et réalisées en deux émissions de voix bien distinctes.

Lors de la prononciation de ces séquences, on observe un léger temps d’arrêt entre l’attaque de la consonne ŋ̀ et la consonne qui suit. En orthographe pratique, cette nasale syllabique se note généralement devant les consonnes vélaires (k, g) ainsi que devant certaines autres consonnes selon les conventions de chaque langue.

ŋ̀ɔ́ : la tête (Basaa)

ŋ̀wà : la fourchette (Basaa)

ŋ̀mú : la tête (Bakoko)

 

La consonne ƴ

Caractéristique majeure de la langue Fulfulde, la consonne ƴ est une glottale injective. Pour la prononcer, on forme le son d’un « y » français, mais au lieu d’expulser l’air vers l’extérieur, on produit une légère aspiration vers l’intérieur de la gorge (un son implosif ou « avalé »).

ƴàmòl : la question (Fulfulde)

ƴóldè : la colline (Fulfulde)

ƴàmùgò : questionner (Fulfulde)

ƴàmōōwò : le questionnaire (Fulfulde)

 

La consonne ’

Appelée coup de glotte, cette consonne se note par une apostrophe [’] et correspond au symbole phonétique /ʔ/. Elle se prononce tout au fond de la gorge par un blocage net et instantané du passage de l’air.

Dans les langues camerounaises, elle se place le plus souvent en fin de mot après une voyelle, ou entre deux voyelles.

zò’ : la chute (Rikpa)

fa’ : le travail (Ngombalè)

kú’ù : le lit (Ngombalè)

zé’ə̀ : apprendre (Awing)

 

Les consonnes géminées

Une consonne géminée (ou consonne longue) est une consonne dont la durée de prononciation est sensiblement plus étirée et maintenue que celle d’une consonne brève. Sur le plan graphique, la gémination se traduit simplement par le doublement de la lettre de la consonne concernée.

mmàà : la mère (Rikpa)

dèbbò : la femme (Fulfulde)        

ɓòggòl : la corde (Fulfulde)

léggàl : le bois (Fulfulde)

nèbbàm : l’huile (Fulfulde)

 

Les consonnes complexes

L’AGLC propose des digraphes et des trigraphes pour représenter les consonnes complexes. Ces sons se déclinent en consonnes complexes orales (bv, gb, dz, pf, ts,…), ou modifiés par la prénasalisation (mb, nd, ŋg, nj,…), la nasalisation (ŋm), la labialisation (pw, fw, sw, kw,…), la palatalisation (by, dy, ky, sy,…) ou la glottalisation (kh, ph, dh…).

Une consonne complexe est un phonème consonantique unique qui combine plusieurs mouvements articulatoires combinés en une seule émission de voix.

Sur le plan théorique, toutes les combinaisons possibles de consonnes constituent un grand ensemble dans lequel chaque langue camerounaise choisit les structures qu’elle désire utiliser dans son orthographe.

Ainsi, nous allons les étudier par catégories :

•  Les consonnes complexes orales

•  Les consonnes complexes prénasalisées

•  Les consonnes complexes nasales

•  Les consonnes complexes labialisées

•  Les consonnes complexes palatalisées

•  Les consonnes complexes glottalisées

 

Les consonnes complexes orales

Une consonne complexe orale est un son unique produit par la combinaison de deux mouvements articulatoires simultanés ou successifs, sans résonance nasale.

 

La consonne bv

Elle se prononce /bv/ suite à la réalisation combinée de [b] et [v] en une seule émission de voix.

bvʉ̌ : le chien (Ghomala’)

bvʉ̀ : la patate (Ghomala’)

bvò : vieux (Ghomala’)

bvɔ̌ : la graine (Ghomala’)

 

La consonne dz

Elle se prononce /dz/ suite à la combinaison de [d] et [z].

dzìá : le chant (Ewondo)

dzù : pardonner, excuser (Ewondo)

dzʉ̌ : la vie, le dehors (Ghomala’)

 

La consonne gb

Elle se prononce /gb/ suite à la réalisation combinée de [g] et [b] en une seule émission de voix.

gbè: saisir, attraper (Eton)

gbə́b : le vol (Eton)

 

La consonne kp

Elle se prononce /kp/ suite à la réalisation combinée de [k] et [b] en une seule émission de voix.

kpə̀ : abattre (Eton)

kpál : caqueter (Eton)

kpə̀kpà : la brosse à dents (Ewondo)

 

La consonne pf

Elle se prononce /pf/ suite à la combinaison de [p] et [f].

pfiə̀ : verser (Ghomala’)

pfə́ : le cadavre (Ghomala’)

pfá : manger (Ghomala’)

 

La consonne sh

Elle se prononce /ʃ/, exactement comme le son « ch » dans les mots français :  » chant, chien, chat ».

shì̧ : le poisson (Tupuri)

shǘ’ : la nuit (Shüpamem)

shù : la guerre (Ghomala’)

shʉ̄ᾱ : la prune (Fe’efe’e)

 

La consonne ts

Elle se prononce /ts/ suite à la combinaison de [t] et [s].

tsǒ : le nom (Ghomala’)

tsʉ̂ : manger (Ghomala’)

tsâ : suivre (Ewondo)

tsé : le matin (Ewondo)

 

La consonne zh

Elle se prononce /ʒ/, exactement comme le son « j » dans les mots français :  » jaune, joie, jeune ».

zhé : bailler (Ghomala’)

zhí : grandir (Ghomala’)

zhʉ̀ὰ : voler (Fe’efe’e)

zhínù : le savoir (Fe’efe’e)

 

Les consonnes complexes prénasalisées

Ces consonnes se caractérisent par un léger son nasal (comme le « m » ou le « n ») qui précède immédiatement l’articulation de la consonne principale, le tout prononcé en un seul bloc.

 

La consonne mb

Elle se prononce /mb/ suite à la réalisation combinée de [m] et [b] en une seule émission de voix.

mbɔ́ : la graine (Eton)

mbə̌ : la marmite (Eton)

mbə́ : avoir été (Ewondo)

mbá : moi (Douala)

 

La consonne mgb

Elle se prononce /mgb/ suite à la réalisation combinée de [m], [g] et [b].

mgbà : la sollitude (Ewondo)

mgbáb : la chicotte (Ewondo)

mgbə́l : la sorcellerie (Ewondo)

 

La consonne mpf

Elle se prononce /mpf/ suite à la réalisation combinée de [m], [p] et [f].

mpfāə́ : manger (Ghomala’)

mpfʉ̄ : la sauce nkwǐ (Ghomala’)

 

La consonne mv

Elle se prononce /mv/ suite à la réalisation combinée de [m] et [v] en une seule émission de voix.

mvìé : la marmite (Ewondo)

mvɔ̀í : la santé, la paix (Ewondo)

mvóé : l’ami (Ewondo)

 

La consonne nd

Elle se prononce /nd/ suite à la combinaison de [n] et [d] en une seule émission de voix.

ndɨ́ : la corde (Rikpa)

ndéé : dormir (Ngombalè)

ndɛ̂ : l’habitation (Awing)

ndìè : le petit-fils (Ewondo)

 

La consonne ng

Elle se prononce /ng/ suite à la combinaison de [n] et [g] en une seule émission de voix.

ngò’ : la pierre à écraser (Fe’efe’e)

ngù’ : l’année (Fe’efe’e)

ngòè : la torche (Ewondo)

ngì : le gorille (Ewondo)

 

La consonne nj

Elle se prononce /nj/ suite à la réalisation combinée de [n] et [j].

njò’ : la patate (Fe’efe’e)

njàm : derrière (Fe’efe’e)

njá : la crevette (Awing)

njìə̀ : la famine (Awing)

 

La consonne nk

Elle se prononce /nk/ suite à la réalisation combinée de [n] et [k] en une seule émission de voix.

nkɔ̀ʼ : le seau (Awing)

 

La consonne nt

Elle se prononce /nt/ suite à la réalisation combinée de [n] et [t] en une seule émission de voix.

ntú : l’injure (Shüpamem)

 

La consonne ndz

Elle se prononce /ndz/ suite à la réalisation combinée de [n], [d] et [v].

ndzòɛ̀ : la paire de ciseaux (Ewondo)

ndzí : savoir (Ewondo)

ndzààg : le bois (Ewondo)

ndzɛ̌ : les légumes (Awing)

 

La consonne nts

Elle se prononce /nts/ suite à la réalisation combinée de [n], [t] et [s].

ntsāə̄ : la chefferie (Ghomala’)

ntsò : le palmier dattier (Awing)

 

La consonne nkw

nkwùmə̀ : la boîte (Awing)

 

La consonne ŋg

La consonne ŋg se prononce /ŋg/ suite à la réalisation combinée de [ŋ] et [g]. Cette consonne est le choix de certaines langues qui l’utilisent par convention en lieu et place de la  consonne nasale /n/.

ŋgùn: l’ordure (Eton)

ŋgɔ̀k : la pierre (Bassa)

ŋgùlɛ̀ : le lézard (Douala)

ŋgúán : le village (Shüpamem)

 

La consonne ŋk

Elle se prononce /ŋk/ suite à la réalisation combinée de [ŋ] et [k]. Cette consonne est le choix de certaines langues qui l’utilisent par convention en lieu et place de la  consonne nasale /n/.

ŋkùt : les pieds (Shüpamem)

ŋkʉ̀ʉ̀t : la corde (Shüpamem)

ŋkɛ̀ : l’eau (Shüpamem)

ŋkūɔ̀ : le message (Ghomala’)

 

La consonne ŋkh

ŋkhə̄ : cent (Ghomala’)

 

La consonne ŋw

ŋwə́ : le mois (Ghomala’)

 

La consonne nky

nkyè : le grenier (Awing)

 

La consonne ndw

ndwìgtə̀ : la fin (Awing)

 

Les consonnes complexes nasales

Cette catégorie regroupe les sons entièrement nasaux (où l’air s’échappe uniquement par le nez).

La consonne ŋm

Elle se prononce /ŋm/ suite à la réalisation simultanée et en une seule émission de voix des sons nasaux [ŋ] et [m].

ŋmàm : huit (Eton)

 

Les consonnes complexes palatalisées

Cette catégorie regroupe les consonnes dont le son de base est modifié par un rapprochement de la langue vers le palais dur (palatalisation). Dans l’orthographe de l’AGLC, cette modification est systématiquement représentée par l’ajout de la lettre y après la consonne principale. Toutes les consonnes peuvent être palatalisées et chaque langue choisit les consonnes complexes palatalisées à utiliser pour son orthographe.

 

La consonne by

byé : enfanter (Ewondo)

byǒ : les ignames (Ewondo)

 

La consonne py

pyâ : l’avocat, l’avocatier (Eton)

 

La consonne ny

Elle se prononce /ɲ/, exactement comme le son « gn » dans les mots français :  » pagne,montagne ».

nyɔ̀ : la bouche (Basaa)

nyá : le buffle (Ghomala’)

nyóé : le serpent (Ewondo)

nyìì : quatre (Ewondo)

 

La consonne dzy

dzyé : être rempli, être rassasié (Ewondo)

 

La consonne fy

fyə̂ : le jeu (Ghomala’)

 

La consonne shy

shyə̄ : l’eau (Ghomala’)

 

Les consonnes complexes glottalisées ou aspirées

Cette catégorie regroupe les consonnes dont le son de base est modifié par un resserrement ou une fermeture des cordes vocales (au niveau de la glotte), ou par une aspiration. Dans l’orthographe de l’AGLC, cette modification glottale ou aspirée est représentée par l’ajout de la lettre h après la consonne principale. Toutes les consonnes peuvent être glottalisées et chaque langue choisit les consonnes complexes glottalisées à utiliser pour son orthographe.

 

La consonne bh

bhə́ : le fruit noir (Ghomala’)

 

La consonne dh

dhə́ : le mari (Ghomala’)

 

La consonne gh

ghě : l’herbe (Ghomala’)

ghə̀ə̀ : la parole (Fe’efe’e)

 

La consonne kh

khə̄ : la corde (Ghomala’)

khù : le pied (Fe’efe’e)

 

La consonne ph

phə́ : le coin (du mur) (Ghomala’)

phì : la cola (Fe’efe’e)

 

La consonne th

thʉ̄ : l’arbre (Fe’efe’e)

 

Les consonnes complexes labialisées

Cette catégorie regroupe les consonnes dont le son de base est modifié par un arrondissement et une projection des lèvres vers l’avant (labialisation). Dans l’orthographe de l’AGLC, cette modification est systématiquement représentée par l’ajout de la lettre w après la consonne principale. Toutes les consonnes peuvent être labialisées et chaque langue choisit les consonnes complexes labialisées à utiliser pour son orthographe.

 

La consonne bw

bwé : casser (Ewondo)

 

La consonne dzw

dzwé : le nez (Ewondo)

 

La consonne kw

kwà : les W.C. (Ghomala’)

kwé : le singe (Ewondo)

 

La consonne fw

fwé : la nouvelle (Ewondo)

 

La consonne mw

mwòm : huit (Ewondo)

 

La consonne pw

pwâ : la fatigue (Ghomala’)

 

La consonne tw

twə̧̄ : le lapin (Tupuri)

 

Vous pouvez également lire: 

Les classes nominales de l’Ewondo : Comprendre le singulier, le pluriel et l’accord verbal

 

Notes et références

ABEGA Prosper, Tonologie de la langue ewondo: l’ewondo sans les tons est une langue morte, Presses de l’UCAC, 1998.

ESSONO Jean-Marie, Langue et culture ewondo, Belles lettres, 2000.

ESSONO Jean-Marie, Phonétique-phonologie et morphophonologie, Cameroon university press, 2006, Pp. 35-104.

NGUEFFO Noé et SADEMBOUO Etienne, Phonétique pratique – classe de 6ème, Collection PROPELCA n°41, 2010.

NGUEFFO Noé et SADEMBOUO Etienne, Phonétique pratique – classe de 5ème, Collection PROPELCA n°42, 2010.

SADEMBOUO Etienne, L’Alphabet Général des Langues Camerounaises : 1979-2019. Quel accueil et quelle perspective après 40 ans d’adoption ?, Akofena, (Hors-série n°05), 2023, 109-114.

VAN DE VELDE Mark et ESSELE ESSELE Kisito, Dictionnaire éton – français, Yaoundé, Éditions CLÉ, 2022.

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